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16 septembre 2026

Homonymes N°17 de Nanou



Ecrire un texte avec les homonymes :ceint, sain, saint, seing, sein
et/ou
Si je vous dis SINGULIER ,vous pensez à quoi. Écrire un texte avec ce mot et ceux qui vous sont venus à l’esprit.:(en bleu dans mon texte)
et/ou
Acrosticher le mot SINGULIER

***


.J'ai choisi les deux premières propositions.

Un suspect singulier

Ce suspect-là, 33 ans, très propre sur lui malgré  ses cheveux noirs et longs,, est différent de ceux auxquels Philomène et son équipe ont déjà été confrontés. Sa personnalité surprend parce qu'elle ne cadre pas avec celle d'un assassin !  Il a grandi dans un environnement  très sain.  Fils unique, aimé et choyé au sein d'un foyer  bourgeois aisé,  outre une excellente éducation, il a reçu de ses parents tout l'amour dont peut rêver un enfant. Adulte, il  a suivi la même voie qu'eux en devenant à son tour professeur des écoles, les rendant extrêmement fiers de lui.  A ses petits élèves, il enseigne avec sérieux et compétence, les arcanes de la conjugaison  à tous les temps ,de la première personne du singulier à la troisième du pluriel.  Il leur inculque aussi la grammaire, les mathématiques et autres bases de connaissances  à acquérir en CM2. Certes ce n'est pas un saint  mais avec ses grands yeux innocents, on lui donnerait facilement le bon Dieu sans confession. Pour autant Philomène n'est  pas prête à lui fournir  un blanc seing et à le libérer sans autre forme de procès. Quelque chose détonne chez lui en dépit  du calme  remarquable dont il fait preuve. Un calme insolite même, au regard des circonstances particulières qui ont amené à son interpellation. C'est une paroissienne chargée de préparer l'église pour les offices dominicaux, qui a  signalé son comportement très étrange à la gendarmerie locale.
- Il est là  au dernier rang, chaque dimanche matin, une bonne heure avant la grand messe. Au début, je trouvais ça un peu curieux, puis je me suis habituée à sa présence. Il prie à genoux. Ça dure un bon moment, quasiment jusqu’à l'arrivée des premiers fidèles. Après quoi il s'en va sans jamais assister à la messe. Bizarre non ? Et puis il y a eu dimanche dernier ! Je savais qu'il serait là ! Pas manqué !  Mais je vous jure  sur la Bible qu'en le voyant, le front ceint d'une couronne d'épines comme le Christ, j'ai failli avoir une attaque ! Il était allongé dans le chœur, face contre terre devant l'autel, seulement vêtu d'un caleçon et il hurlait «Mea culpa ! Mea culpa !» en se frappant la tête sur le sol ! Je me suis dit qu'il devait avoir fait quelque chose de très grave pour agir ainsi, alors je me suis enfuie et j'ai décidé de prévenir la police !
L'enquête a trouvé sa conclusion quand, suite aux aveux du jeune enseignant, on a découvert,  là  où il a enterré chacun d'eux,  les corps  soigneusement  enveloppés d'un drap blanc, de quatre enfants disparus sans laisser de trace. Quatre villages, quatre disparitions inexpliquées, quatre écoles où il a été en poste.  A-t-il tué avant ? Cela reste encore à élucider. Pour l'heure il n'a avoué que ces quatre crimes.

01 septembre 2026

Proposition n°112

 

- Phrases :  tremblement de terre - diminuer la consommation - une carrière prometteuse - une œuvre d’art - vaquer à ses occupations - conversations téléphoniques - garçon de café.

- Mots ou expressions : à bonne école - toucher du bois – indiquer – grenouilles – exécution.

- et/ou Thème : CANICULE

Martin
Les grenouilles ne sont pas à la fête. Martin non plus  ! 
La jolie mare des pauvrss rainettes s'est transformée en triste marigot presque à sec. Quant à Martin, tout semble indiquer que cette saison figurera parmi les plus creuses d'une carrière prometteuse de garçon de café  au  bar de la place qui vient de l'embaucher. 
Les conversations téléphoniques des rares clients qui osent s'attabler  sous les parasols,  tournent toutes autour du même sujet : la canicule !  Et on débat sans fin sur  l'arrêté municipal qui demande à chacun de  diminuer  la consommation d'eau de façon drastique ! Un trembement de terre n'aurait pas mieux vidé les terrasses des cafés ! Il faut avouer que la chaleur est si étouffante que même vaquer à ses occupations les plus simples, est épuisant ! Martin a beau avoir été à bonne école et être passé maître dans l'exécution de délicieux cocktails, dont chacun grâce à son talent est une oeuvre d'art, depuis que cette maudite canicule s'est installée, son savoir faire ne lui est d'aucune utilité ! On ne lui commande que des boissons fraîches, soda, eau gazeuse, thé glacé «Avec des glaçons s'il vous plaît !»
Il sert des bières  aussi, demis et pintes  en quantité «Parce que ça dessoiffe par cette chaleur, jeune homme !» ! Ce qui marche le mieux,c'est encore la distribution gratuite d'éventails ! Heureusement pour l'équipe, les pourboires sont généreux ! Ça aide  à supporter la tenue stricte de service  imposée par le patron. 
«Je sais qu'il fait  très chaud mais pas question de se présenter débraillé devant la clientèle» A-t-il ordonné péremptoire après avoir surpris Margot, les manches de son chemisier blanc repliées jusqu'aux coudes ! A la pause, Martin s'est  empressé d'aller la consoler.  Il est un peu amoureux d'elle alors il ne lui reste plus qu'à toucher du bois pour qu'elle succombe à son charme avant la fin de l'été.  Au terme de son contrat saisonnier, elle retournera à Paris où elle est étudiante. Lui restera ici à servir cafés et boissons diverses en espérant la voir revenir à la belle saison.

19 juin 2026

Valse des mots N°19 de Nanou



Crépuscule, heureux, regarder, montagne, désir, secret, tristesse, manger, destin, maison.
***
Léonard et Violette

Le crépuscule est le moment de la journée que Léonard préfère, celui où les sommets environnant se  découpent encore dans le ciel qui s'assombrit.  Il  est aime  les regarder s'estomper petit à petit  jusqu'à n'être plus que des ombres immenses et protectrices. Demain, il verra la montagne se réveiller, teintée d'or par les premiers rayons du soleil levant. C'est un spectacle grandiose, inouï, dont il ne se lasse pas. De la fenêtre de sa petite maison nichée dans le vallon, il est aux premières loges. Depuis qu'il s'est installé dans ce coin perdu des Alpes de Haute Provence, la tristesse qu'il ressentait en permanence,s'amenuise avec le temps qui passe. Le décès de sa femme l'a anéanti. Dans le secret de son cœur, il maudit toujours le Destin de la lui avoir enlevée. Ça fait deux ans maintenant que le crabe l'a vaincue, deux ans qu'elle l'a laissé seul à manger le pain noir du chagrin. Combien de fois a-t-il eu le désir de la rejoindre ? Il ne sait plus ! Ce qu'il sait en revanche c'est qu'il ne pouvait trahir la promesse qu'elle lui avait arrachée avant de s'éteindre :
«Tu dois vivre Léonard ! Tu dois vivre pour nous deux ! Et pour nos enfants surtout ! Promets le moi ! Tu as encore de belles années devant toi ! Profite !»
Il avait promis et tenu sa promesse même si parfois, l'envie d'en finir le tenaillait jusqu'à la souffrance. Vivre sans Violette lui paraissait impossible !
Demain ses enfants viennent le rejoindre pour deux semaines de vacances. Il y aura Marine, qui ressemble tellement à Violette, Jeffrey son bout en train de gendre et leurs deux enfants, Candice et Ewan. Viennent aussi Lucas, qui est son portrait craché au même âge et Antonin, son compagnon.
«Eh oui mon chéri, les temps changent ! L'important c'est qu'il soit heureux  pas vrai !»
Il se souvient ! C'est ce qu'a dit son épouse adorée quand leur fils a débarqué  chez eux avec l'homme de sa vie !
Demain, le chalet va s'animer, résonner de rires et d'éclats de voix.  Violette sera là, au milieu de la famille réunie. Au-dessus de la cheminée,  son portrait souriant les éclairera tous.
 

20 mai 2026

PropositionN°111 de Nanou



- Phrases : la surface de la mer - une bonne bouffée d’air - monticule de dossiers - ses opinions politiques - par le premier train - mots inaudibles - le flot des véhicules.
- Mots ou expressions : souvenir – ouvrir - tailler une bavette – minutieux – hebdomadaire.
- et/ou Thème : JUSTICE

Les vacances de Philomène

Sa journée de repos hebdomadaire ne suffit plus à lui faire oublier le monticule de dossiers entassés sur son bureau, d'autant plus qu'elle ne peut jamais s'empêcher d'ouvrir le premier sur la pile puis le second  et ainsi de suite jusqu'au dernier, celui du meurtre non élucidé de son mari. Un travail minutieux de relecture qui lui a parfois permis de remonter le fil ténu de quelques affaires classées ! «Classé»  Un mot qu'elle déteste ! Rien n'est jamais classé pour elle à part ses fameux dossiers ! Elle ne pense pas qu'elle est à elle seule le bras armé de la Justice ! Pas son genre ! C'est seulement  qu'elle ne lâche rien tant qu'il y a une petite chance de découvrir la vérité. Elle n'est pas non plus du genre à étaler ses opinions politiques comme le font certains de ses collègues ! Elle n'a pas de temps pour ça ! Ces discussions qui vont dans tous les sens et au cours desquelles en fait, chacun expose son point de vue sans vraiment s'intéresser à celui des autres, ça la gave ! Elle ne les écoute que d'une oreille distraite, uniquement quand elle y est obligée  et même dans ce cas, ce qu'elle capte n'est pour elle qu'une boullie de mots inaudibles.
En toute circonstance, elle reste fixée sur un  unique objectif : les enquêtes en cours et ses dossiers non résolus. Elle sait que dans la profession, on pense qu'elle est bornée, froide, voire hautaine Certains disent d'elle qu'elle est pire qu'un bull dog qui ne veut pas lâcher son os mais elle s'en moque ! Chacune des affaires qu'elle n'a pu résoudre, est une épine dans le pied de Philomène Larivière.  Et chacune de ces épines la ramène immanquablement à l'époque où elle était encore Philomène Demolin,  jeune policière prometteuse sous les ordres de son mari, un flic aguerri et pugnace. Un flic hors pair dont on a retrouvé le corps sans vie, criblé de balles dans une ruelle, le lendemain d'une filature qu'il avait effectuée seul. L'unique erreur de sa carrière ! Elle ne comprend toujours pas pourquoi ce jour -là,  il est parti sans elle,  sa coéquipière. Pourquoi il a décidé d'ignorer cette règle d'or :«jamais seul». Le souvenir de ce temps heureux auprès de l'homme qu'elle aimait plus que sa vie, ne lui laisse aucune trève.  
Elle est fatiguée ! 
Il a fallu qu'elle le  soit sacrément pour s'octroyer un congé d'une semaine et filer par le premier train vers la côte normande. Pas question pour elle de  prendre  sa voiture. Supporter le flot des véhicules sur la route en cette période estivale, l'aurait achevée. Pas question non plus de tailler une bavette avec un  autre voyageur. Pour être sûre d'éviter ça, elle a lu et dormi ou fait semblant de dormir  durant tout le trajet ! Ces vacances représentent une bonne bouffée d'air !  Elle en a besoin et elle les a bien méritées ! La justice, la police, les malfaiteurs, voleurs et assassins de tout poil, peuvent attendre ! Même son équipe devra se passer d'elle ! Elle a toute confiance en Alex pour juguler la naturelle impétuosité de Fanny et pour mettre dans les clous le jeune et prometteur Joël, sa nouvelle recrue. 
Il fait encore doux en dépit de l'heure tardive. Elle a la plage presque pour elle seule. Reposée, elle admire en silence la surface de la mer qu'illuminent les feux du couchant. Le murmure des vagues l'apaise. Oublier...oublier... Les crimes,les cambriolages, le sang, la mort...Oublier la  rébérbative commissaire Larivière et redevenir  pour un instant, la radieuse Philomène Demolin...
 Demain, il fera jour.Il paraît qu'une tempête se prépare. Un beau spectacle en perspective !

01 mai 2026

Valse des mots N°18 de Nanou

Silencieux, frisson, rosée, colère, voyage, éternité, amour, respect, multitude, soupir

Tessa  et Sam.
(Dénouement)

Silencieux, Sam observait Tessa. La teinte rosée de ses joues témoignait encore de sa colère. Après leur discussion animée, elle avait refusé de se lover dans ses bras comme il le lui demandait, signe que son amour semblait s'ébrécher plus vite que les vieilles tasses dans le buffet de la cuisine.  Une multitude de petites choses, tendait à prouver son intuition. Sa tasse par exemple, qu'elle ne lavait plus après son troisième café. Ses chaussettes et ses caleçons sales qu'elle ne ramassait plus systématiquement derrière lui. Le respect de leurs petits rituels quotidiens qu'elle oubliait de plus en plus souvent comme le bisou du matin avant son départ pour le boulot à l'accueil de l'hôpital, leurs éternelles discussions au sujet des vacances, leur projet de voyage à Londres sans cesse remis. La faute à qui ? A Sam le bon à rien incapable  de garder un taf plus de trois semaines, ce qui était déjà un record pour lui, il devait bien se l'avouer. Le pire,  c'est qu'elle ne le regardait plus. Et le pire du pire c'était que depuis une éternité, elle  n'était plus demandeuse de gros câlins au lit. Quand lui voulait, il prenait et elle se laissait faire sans réagir. Elle ne lui parlait même plus de cet enfant qu'elle rêvait de faire avec lui ! Un frisson d'appréhension le parcourut. Et si elle allait le quitter ?
Elle avait l'air fatiguée. Il en fut convaincu quand elle s'installa sur le canapé sans plus s'occuper de lui. Ce n'était pas dans ses habitudes, même un dimanche comme aujourd'hui. Il prit un torchon et entreprit d'essuyer assiettes et verres posés sur l'égouttoir de l'évier. Il fallait vraiment qu'il répare ce foutu lave-vaisselle ! Un soupir lui échappa. Il méritait sa réprobation.  Pourquoi cette  blague ridicule de fabrique de couteaux à Malte alors que la simple vérité aurait suffi ? Il n'y avait aucune honte à la dire pourtant !  Toujours cette maudite crainte d'être mal jugé ! Il sortit enfin le contrat de sa poche.
- Tessa..
-Quoi encore ?
-J'ai vraiment trouvé du boulot. Regarde!
Dubitative, elle prit le papier, le déplia et lut à voix haute : " Contrat d'engagement  à titre d'employé à l'unité de traitement des déchets, de monsieur Sam Prigent. La période d'essai de 3 mois  à dater du lundi 1er septembre, sera suivie d'un CDI si monsieur Prigent  remplit les conditions exigées."
-Tu as signé ?
-J'ai signé. Je commence demain matin ! Ce n'est pas brillant mais c'est un boulot comme un autre ! Et celui-là, je vais faire ce qu'il faut pour le garder, promis juré ! Je t'aime ma chérie !
Je suis fière de toi mon Sammy ! Et surtout, je t'aime moi aussi ! Pardonne mes accès de mauvaise humeur de ces derniers temps ! C'est que....dans  huit mois nous serons trois ! Du coup, c'est vraiment chouette que tu aies trouvé du travail tu vois !

21 avril 2026

Anagramme N°16 de Nanou-Tessa et Sam

Anagramme n°16 : CLASSEMENT
Les  mots trouvés à partir de classement sont en gras dans le texte

Tessa et Sam
(dialogue de sourds)

 - Au classement des casse-pieds, tu tiens la première place Sam ! Je t'assure,  ton comportement  me  lasse  à un point que tu n'imagines même pas  ! Tu  es salement dans la mélasse  alors  cesse d'agir de la sorte avant que je ne perde mon calme !
-Tu te prends pour qui Tessa ? Que tu fasses partie de la  classe des nantis ne te donne pas le droit de me parler sur ce ton sec ! Tu me tances comme  si j'avais  dix ans ! Tu me menaces, tu me tacles sans arrêt pour des bricoles ! Bientôt tu me diras de refaire comme il faut le nœud de mes lacets !
-Justement, parlons en...
-Stop Tessa ! Je sens que la moutarde me monte au nez !  Tu es ma femme, pas ma mère !  Elle avait la main leste avec moi ma mère ! Et mon père n'était pas plus clément ! J'aurais une masse de souvenirs à te raconter là-dessus !
- Cale tes états d'âme dans une boîte Sam !  Et remets le couvercle par-dessus ! Je travaille moi pendant que toi tu te cames au café et à la télé et que la vaisselle sale  s'entasse dans l'évier ! Tu pourrais au moins laver ta tasse !  Mais rien n'entame ta fainéantise à ce que je vois ! Tu clames haut et fort que tu vas chercher du boulot, tu t'y mets quand dis moi ?
-Ho la la ! Que  d'histoires pour pas grand-chose ! Mate moi bien Tessa ! Tel que tu me vois, Je viens d'en dégoter  un au poil  !
-Poil dans la main oui ! Tu vas faire quoi ? Peigner la girafe peut-être ? Tu fais ça très bien ! Allez ! Dans quoi tu te lances cette fois ! Coiffeur de poils dans la main ? C'est fait pour toi  aussi ça !
-T'es drôle toi mais t'es lente à piger ! Allez, viens que je t'enlace et qu'on fasse la paix. Bientôt, on se verra moins. Je pars à Malte fabriquer des lames de couteaux, Tu me crois hein!
-Ca me ferait mal ! Je déteste que tu me mentes Sam !

12 avril 2026

Homonyme N°15 de Nanou

 
Les homonymes : saut, sceau, seau, sot
 Le mot : SAUVETAGE
Les homonymes et les mos inspirés par SAUVETAGE, sont en gras dans le texte
***


Sauvetage

Ceci est une histoire vraie ! Je ne brise pas le sceau d'un secret enfoui en la racontant même si ce nouveau saut dans le passé ne peut que rouvrir de vieilles blessures et me faire verser des seaux de larmes.
Je n'ai pas vécu moi-même ce jour tragique mais ma mère nous l'a raconté et son récit reste à jamais gravé dans ma mémoire.
C'était en juillet 1959, lors du voyage annuel des pompiers du village dont notre père était l'une des recrues volontaires. Il avait le droit d'y emmener une seule personne. Cette année là, c'était le tour de sa mère mais comme la destination était Le Crotoy et que le frère de maman vivait à Saint Valery sur Somme, notre grand-mère lui a cédé sa place.
Après le banquet, nos parents ont donc décidé de se rendre à Saint Valery pour que maman puisse voir son frère. Ils étaient censés prendre un taxi mais papa qui n'avait peur de rien, l'a convaincue de traverser la baie à pieds pendant la marée basse. Je peux le dire aujourd'hui, après tant et tant d'années, c'était sot et présomptueux de sa part de penser qu'il n'y avait aucun danger à le faire ! Chacun sait que c'est d'une folle imprudence quand on ne connait pas parfaitement les heures des marées. En Baie de Somme, la mer monte à la vitesse d'un cheval au galop ! C'est ce qu'on lui avait dit ! Il a pris le risque et l'a payé de sa vie. Ma mère n'a été sauvée de la noyade que grâce au courage exemplaire d'un jeune homme qui a plongé pour la secourir. Un sauvetage de justesse pour lequel il n'a reçu d'autre récompense qu'un article dans le journal. Il pensait d'ailleurs n'en mériter aucune, puisqu'il n'avait hélas pu sauver que notre maman. Je n'ai jamais su le nom de ce sauveteur qui au péril de sa propre vie, a évité à sept enfants de perdre le même jour leurs deux parents.
A-t- il su un jour, que ce sauvetage a pourtant été le prélude d'un naufrage familial ?

03 avril 2026

Proposition N°110 de Nanou

- Phrases : pot d’échappement - un regard furieux - occasions spéciales - une vie naturelle – le regard vide - ses culottes courtes - une grande inspiration.
- Mots ou expressions : s’anuiter – correspondance - pardessus – douloureux – partiellement
- et/ou Thème : TRISTESSE

s'anuiter : s'obscurcir avec la tombée de la nuit
se laisser surprendre par la tombée de la nuit 
***

Oleksandr

Dans son vieux pardessus gris, le regard vide et le cœur douloureux, ombre parmi les ombres de cette fin de journée,  Oleksandr errait dans la rue qui s'anuitait . Déjà, il ne voyait plus que partiellement le ciel, à la faveur d'une trouée dans les hauteurs, entre les tours gigantesques de la nouvelle résidence en cours de construction pour laquelle il faisait partie de l'équipe des poseurs de fenêtres. Il avait raté la dernière correspondance pour rentrer chez lui après de longues heures d'un travail épuisant sur le chantier. Il faisait encore froid. le printemps tardait à s'installer. Il allait devoir se taper deux bonnes heures de marche et supporter la fumée des pots d'échappement mal réglés, avant de retrouver la maigre chaleur de son logement, au dernier étage sans ascenseur d'une tour assez semblable à celles sur lesquelles il travaillait. Ça lui laissait le temps pour réfléchir avec tristesse à tout ce qu'il avait laissé derrière lui, là-bas en Ukraine, la terre de son enfance : une vie naturelle avec Olena sa femme bien aimée et Kostia, leur fils de 8 ans. Il les revoyait tous les deux le jour de son départ pour la France. Sa jolie et courageuse Olena qui luttait pour retenir ses larmes et Kostia, fier et droit dans son jean troué aux genoux, qui lui promettait de prendre soin de sa maman. A cet âge-là, lui ne portait pas de jeans. Il avait dû supporter ses culottes courtes jusqu'à 12 ans ! Le pantalon c'était uniquement pour les occasions spéciales.
Un coup de klaxon rageur le tira brutalement de ses souvenirs heureux. Il se retrouva confronté à un regard furieux, celui du chauffeur de taxi qui avait pilé net pour éviter de le percuter de plein fouet !
-Tu peux pas faire attention connard !
-Layno ! (merde !) ! Vybach mene! (excusez-moi !)  Lâcha-t-il cœur battant.
Aussitôt, le regard de l'homme au volant s'adoucit.
- Alors comme ça, tu es ukrainien ! Moi aussi ! Tu m'as l'air crevé mon pote ! Allez monte, ça gueule derrière ! Je te ramène chez toi. On en profitera pour parler un peu du pays. Moi c'est Nikolaï et toi ?
-  Oleksandr.
- Si je t'appelle Olek, ça te dérange ?
-Va pour Olek, Nikolaï !
-Ben moi, pour les amis c'est Niko, je préfère !
-Ok Niko ! Et merci répondit Oleksandr en prenant une grande inspiration. Il sentait la tristesse l'abandonner. Il n'était plus seul.
-De rien frère !
Ainsi débuta l'amitié entre deux exilés loin de leur patrie natale.
 

22 mars 2026

Valse des mots N°17 pour Nanou

Merci, sortilège, justice, fragile, passage, joie, intelligence, aussi, lointain, courir

Sara

Merci la vie ! Aujourd'hui, Serge et moi nous allons nous marier ! C'est un grand jour pour nous deux et c'est aussi le plus beau ! Mon cœur est rempli de joie tandis que je m'apprête. Je veux être la plus belle pour lui. 
Jusqu'à notre rencontre, j'étais certaine de n'être que de passage dans ce lointain petit village montagnard, une espèce de bout du bout du monde auquel je pensais être incapable de m'adapter. Avant d'atterrir ici, j'enseignais à des gamins de CM2 dans une école de quartier en banlieue parisienne. Je ne cessai de courir. J'étais une vraie de vraie citadine, toujours pressée, toujours en mouvement. En dépit de mes diplômes, je n'avais ni l'intelligence ni assez de recul pour me rendre compte que cette existence me bouffait toute crue ! Je ne suis pas fragile, pourtant cette course effrénée a fini par avoir ma peau. Je suis tombée dans le trou noir de la dépression, victime d'un burn out sévère dont je croyais ne jamais sortir ! Quand j'ai enfin émergé de ce sombre tunnel, j'ai demandé ma mutation. Voilà pourquoi je me suis retrouvée en poste dans ce coin perdu en pleine montagne, seule professeure des écoles d'une classe à plusieurs niveaux, 17 élèves du CP au CM2. 
C'est en me baladant sur les sentiers rocailleux et pentus que j'ai croisé Serge, son chien Baga et son troupeau de moutons. J'ai aussitôt succombé au sortilège de l'amour ! Un coup de foudre réciproque.  Voilà pourquoi je vais épouser un ancien repris de justice doublé d'un ancien alcoolique à ce que m'en ont dit quelques mauvaises langues du village. Pas besoin de ces clabaudages, il m'a tout avoué tout de suite. Moi non plus, je ne lui ai rien caché de mes anciennes galères.  C'est donc en toute connaissance de cause que je vais unir ma vie à celle de  Serge, mon beau berger aux yeux verts. Serge, un homme assagi, repenti, qui tout comme moi a décidé un jour de fuir une existence qui le détruisait.
 

10 mars 2026

L'anagramme N°15 de Nanou- Serge


BAGARREUSE 

Serge

Serge 38 berges bien sonnées, est ce qu'on appelle un beau gars. 1,80 mètres de muscles taillés au sabre, sans une once de gras, ce qui est plutôt pas mal à l'aube de la quarantaine ! Aujourd'hui, il est sage et n'aurait tendance à abuser que du beurre sur une épaisse tranche de pain frais et croustillant ! De ça et de la garbure, son plat préféré. Pour ne pas succomber, il s'impose un drastique serrage de ceinture ! Si je dis aujourd'hui, c'est parce qu'il n'a pas été  de tout temps cet homme -là ! Avant de s'assagir, Serge était un rageur prompt à la castagne. Il traînait dans les rues de la ville, toujours prêt à arguer d'une bonne excuse pour se ruer , poings dégainés, sur un rival. L'éternelle guerre des bandes, il ne connaissait que ça ! Et il buvait plus que de raison !
Sa piaule ressemblait d'avantage à une auge à cochons qu'à un logement digne de ce nom. Il y rentrait ivre mort quasiment chaque soir, après avoir écumé tous les bars du coin dont il était un très fidèle usager ! Il y buvait jusqu'à tomber par terre et quand le barman n'arrivait plus à le gérer, il le jetait dehors où le jeune alcoolique allait gerber son trop plein dans le caniveau ! Combien de nuits en cellule de dégrisement a-t-il passées, il ne saurait en faire le compte. Sans oublier un nombre impressionnant de garde à vue pour trouble de l'ordre public. Ce qui l'a fait réagir, c'est la peine de prison dont il a écopé après avoir roué de coups un agent qui tentait de le maîtriser. A sa sortie, il s'est regardé dans un miroir et ne s'est pas reconnu. «Il faut que je me barre d'ici, ça commence à urger grave !» S'est il dit, choqué par son reflet hagard et bouffi ! C'est à ce moment précis qu'il a troqué son âme bagarreuse pour celle d'un repenti décidé à mener sa barge vers une eau plus tranquille ! Ça n'a pas été simple et surtout, le sevrage a été long mais il a tenu bon !
Voilà pourquoi Serge est devenu berger, un métier pas facile qui le rend plus heureux qu'il ne l'a jamais été. Le plein air, la montagne, les arbres, sa bergerie, son chien Baga et ses moutons... Sa vie le comble ! Désormais, il ne se bagarre plus que contre lui-même afin de ne pas retomber dans ses travers ! Pour l'aider, il a Sara, l'institutrice du village. Elle sait tout de son passé tumultueux et combien il a dû suer sang et eau pour se débarrasser définitivement de ses démons. Demain, il vont se passer mutuellement la bague au doigt. Ce sera le plus beau jour de sa vie ! 
 

01 mars 2026

Homonyme N°14 de Nanou

 


Écrire un texte avec les homonymes : cour, cours, court, courre
et/ou
Si je vous dis COURBETTE vous pensez à quoi. Écrire un texte avec ce mot et ceux qui vous sont venus à l’esprit.
et/ou
Acrosticher le mot COURBETTE.
***
Le pote de Philo

Impossible de faire court pour vous parler de Philomène, ce serait faire injure à notre amitié qui a débuté non pas dans la cour de l'école primaire mais au collège. Je ne suis pas sa meilleure amie, je suis Stéphane son meilleur pote et même si nous nous sommes un peu perdus de vue au cours des années, nous sommes toujours restés en contact. Nos chemins ont divergé avant la fin de nos études. Après le bac, je suis parti étudier au Royaume Uni où j'ai fini par m'installer durablement. J'y ai rencontré une riche héritière dont la noble famille, adepte de la chasse à courre et des mondanités, m'a néanmoins adopté sans se poser de question sur mes modestes origines. On peut être fortuné et faire partie de ce que j'appelle "le grand monde" sans pour autant être snob. Leur fréquentation ne m'a rendu ni servile ni oublieux du milieu d'où je viens. Voilà pourquoi en dépit de l'éloignement géographique et social, je demeure le meilleur pote de Philomène Larivière.
Philomène quant à elle, a très vite intégré l'école de police pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui, une policière chevronnée qui n'a jamais renoncé à ce qu'elle est depuis toujours : une célibataire endurcie au fort caractère, peu encline à faire des courbettes devant qui que ce soit, pas plus qu'elle n'apprécie qu'on en fasse devant elle. En gros, elle déteste qu'on fasse des manières, des chichis ou des tralalas comme elle dit, quand on s'adresse à elle. Pour elle, la politesse c'est largement suffisant. Philo n'est pas la reine des simagrées. Cette femme remarquable que je ne cesserai jamais d'admirer, n'est pas du style à fréquenter les soirées chics de la jet set mais elle est de loin la meilleure flic que je connaisse ! La preuve, d'après ce que j'en ai vu dans la presse de mon pays d'origine, elle vient encore de démêler les fils d'une affaire qui a fait les gros titres : le crime de la Saint Valentin. 
Contrairement à tout ce qu'on aurait pu croire, ce n'est pas une femme qui a tué Paul Marchand, mais un homme. Pas une épouse bafouée ou une maîtresse jalouse mais un amant trahi !
***
Acrostiche du mot COURBETTE

Courbettes, salamalecs,
Ostentatoires simagrées,
Ultra chics tralalas,
Rase -moquette en deux pliés,
Baise-main et roucoulades
En veux tu en voilà !
Tout beaux, tout chics chichis,
Tout comme il faut m'sieurs dames
Et tout mondain ! Trop peu pour moi !

22 février 2026

Proposition N°109 de Nanou

- Phrases : la haine me consume - changer ses habitudes - petits tas de fruits - mauvaise volonté - la vitrine d’une boulangerie - plisser les yeux - des verres fumés.
- Mots ou expressions : voleter – ancre – frissonner - avoir de la branche – clé.
- et/ou Thème : Hiver
***
Le crime de la Saint Valentin (2)

L'hiver est pluvieux, il s'éternise. Je déteste la pluie ! Je préfère mille fois voir voleter les flocons de la neige qui finit toujours par tout recouvrir ! Quel beau linceul elle aurait fait pour Paul étendu mort au pied du pommier !
J'ai beau m'être débarrassé de lui, la haine me consume encore. Comment ai-je pu le supporter si longtemps, ce mec incapable de changer ses habitudes ridicules? Celle qui m'agaçait le plus, c'était sa manie de faire des petits tas de fruits secs à côté de son verre à l'apéro. Un petit tas de cacahuètes, un petit tas de raisins secs, un petit tas de morceaux de fruits confits...Moi, je vidais le sachet du mélange dans la coupe dédiée à le recevoir et lui, il triait tout. Le pire c'est qu'il comptait en même temps ce qu'il posait sur la table ! Un vrai psycho maniaque !
-Pourquoi n'achètes-tu pas des sachets de chaque sorte ? Me demandait-il chaque fois ! C'est de la mauvaise volonté, vraiment !
-Parce que pour me contrarier, tu mélangerais sûrement tout ! Lui répondais-je.
Je suis la clé de l'énigme mais l'équipe qui enquête sur sa mort ne le sait pas encore. Leur présence dans le coin me fait frissonner  d'angoisse. Posté devant la vitrine d'une boulangerie que je fais mine d'admirer, je les observe de loin, le regard caché par des verres fumés qui me font plisser les yeux. Celle qui semble être la cheffe parle fort. Je l'ai entendue questionner des passants. Elle voulait savoir où habite Mylène Marchand, la femme de Paul. Une suspecte idéale ! Je sais mieux que personne qu'il y avait de l'eau dans le gaz au sein de ce couple en apparence modèle ! J'ai cru comprendre que la policière à l'allure martiale est la redoutable Philomène Larivière. J'ai lu dans la presse qu'elle a résolu pas mal d'affaires assez compliquées ! Elle semble avoir de la branche cette femme ! Ce n'est pas pour me rassurer ! Est-elle sur ma piste ? Si c'est la cas, il va falloir que je lève l'ancre.
J'ai très  froid d'un seul coup et plus que jamais j'ai peur !  Le vent humide de cet hiver pourri, balaye mes certitudes. Méritait-il de mourir ?
 Je t'aimais Paul ! Et toi tu jurais que tu n'aimais que moi, que ta femme ne servait qu'à masquer ta véritable nature. Pourquoi m'as tu trahi ?

13 février 2026

Valse des mots N°°16 de Nanou-Version 2

Un petit clin d'œil pour Ecridelle avec cette version un peu moins "à l'eau de rose" où l'on retrouve Philomène Larivière en pleine enquête avec ses deux coéquipiers
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Silencieux, frisson, rosée, colère, voyage, éternité, amour, respect, multitude, soupir

Le crime de la Saint-Valentin

Le cadavre étendu dans l'herbe humide de rosée de ce frais matin du 14 février pose à Philomène Larivière et à ses lieutenants, Xavier et Agathe, plus de questions qu'il ne leur apporte  le plus petit élément de réponse. La seule chose que la réputée Philomène peut dire avec certitude, c'est que la victime, un homme d'une quarantaine d'année, a entrepris son voyage vers l'éternité la veille aux alentours de 16 h-17 h, vu la rigidité cadavérique de son corps. Le jogger très matinal qui l'a découvert, a aussitôt  appelé la police. Il était exactement 7 heures du mat'.
Parmi la multitude d'enquêtes qu'elle a menées, celle-là risque d'être l'une des plus étranges. Elle pousse un soupir de frustration en classant d'emblée cette affaire dans la catégorie "ésotérisme", celle qu'elle déteste le plus au monde !
Le corps, totalement nu, d'une pâleur extrême, git les bras en croix au pied d'un pommier où finissent de pourrir quelques fruits. Une mise en scène macabre soigneusement écrite par l'assassin, homme ou femme, qui a commis ce crime horrible. La première chose qu'elle a vue et qui a fait naître un frisson le long de son échine, c'est le cœur, sanguinolent, posé sur la bouche de l'homme exsangue. Puis, la poitrine soigneusement recousue après extraction de l'organe. Agathe, enceinte de trois mois, est allée vomir dans un buisson, soutenue par Xavier qui prend grand soin de sa femme. Les détails qu'elle découvre au fur et à mesure, la confortent dans sa première analyse. Ça ressemble fort à un crime rituel, ce qui impliquerait qu'il a été méticuleusement préparé et non pas perpétré sous le coup de la colère. Les mains du mort, paumes en l'air, sont clouées au sol par des piquets de clôture comme on en voit autour des prés de pâturage. On a posé sur ses yeux et sur son sexe flasque, une rose rouge sans sa tige. Autour de sa tête, sont disposées des roses blanches qui forment comme une auréole. 
Signes de respect ? D'amour peut-être...
Jusque là silencieux le médecin légiste avance une hypothèse qui a déjà fait son chemin dans l'esprit méthodique de Philomène :
-Des points de couture soignés, le cœur posé sur la bouche, des roses rouges sur les yeux et le sexe, des blanches autour de la tête. Ça sent la femme trahie qui portait cet homme aux nues. C'est un saint qu'elle vénérait, c'est un traître qu'elle a tué.
-Vous avez raison Antoine ! Nous allons creuser dans ce sens et chercher la femme.
- On va creuser et trouver patronne ! Acquiescent en chœur Xavier et Agathe, un peu pâle mais remise de ses émotions.

11 février 2026

Valse des mots N°16 de Nanou


Silencieux, frisson, rosée, colère, voyage, éternité, amour, respect, multitude, soupir
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Noah

Trentenaire posé et un peu trop sérieux au goût de la gent féminine, Noah est un calme, un silencieux, un discret peu enclin aux débordements en tous genres. Personne ne l'a jamais vu se mettre en colère ! Que faudrait-il pour qu'il perde son flegme légendaire ? Nu ne le sait ! Noah n'est pas non plus le du genre à susciter le grand frisson chez la multitude de femmes qui gravitent dans le corps enseignant. Il impose le respect alors qu'il rêverait de faire naître la passion chez au moins l'une d'entre elles: Caroline. Mais la belle ne le gratifie pas même d'un regard quand elle le croise dans les couloirs du collège où il enseigne le français. Elle n'a pas le temps ! Pas le temps pour s'extasier , comme lui le fait, devant une rose emperlée de rosée. Pas le temps pour s'interroger sur l'éternité du monde ou sur le caractère éphémère de la vie humaine. Pas le temps pour rêver d'un beau voyage à deux et pour l'organiser avec minutie comme lui a tellement envie de le faire avec elle. Caro comme on l'appelle au collège, est prof d'EPS. C'est une hyper active toujours à courir à droite et à gauche. Elle parle fort, rit fort, aime fort et vite. Elle a fait sienne la devise : "Un de perdu, dix de retrouvés". Elle est en somme tout l'opposé de Noah. Mais ne dit-on pas que les contraires s'attirent ?. Alors contre toute attente, le discret prof de français espère qu'un jour, elle saura s'arrêter et le regarder. Enfin!
La voilà qui arrive, pressée comme d'habitude.
- Salut Caro ! Lance-t-il tout à trac.
-Salut ! Répond-elle sans cesser de courir .
Ce n'est pas encore aujourd'hui qu'elle va s'apercevoir qu'il existe. Désappointé, il retient un soupir et se dirige tête baissée vers sa classe. Soudain, elle s'arrête, se retourne, lui adresse son plus beau sourire..
- Au fait Noah, j'organise une petite fête pour mon anniv' ce soir ! J'aimerais bien que tu viennes ! Tu sais où j'habite. 20h 30, ça te va ? Si tu veux me faire plaisir, un bouquet de roses rouges suffira. Ce sont mes fleurs préférées
Des roses rouges, celles de l'amour.. Ses espoirs ne seraient donc pas vains ?