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12 janvier 2026

N°316- Potion philosophale et ragoût "Chteumeuleu"


Défi 318 proposé par Martine Martin

Je mets ce vieux poème parce qu'il me semble correspondre à l'esprit de ce défi :


Potion philosophale


Dans le chaudron de mon cœur

Je prépare ma potion :

Quelques pincées de bonheur,

Du concentré d’émotion,


Quatre kilos de sourires

Arrosés de bonne humeur,

Quelques morceaux de délire

Un gros bouquet de douceur,


Une poignée de tendresse

Émincée très finement,

J’ajoute de l’allégresse,

De l’humour, très largement.


Pour lier ce doux breuvage

À la fin je mets toujours,

-L’oublier serai dommage-

À profusion de l’amour.


(9/11/2012)

©A-M Lejeune


Et maintenant une recette mijotée tout exprès pour ce défi gastronomique


Le ragoût "Chteumeuleu"


Allumez un grand feu, mettez-y le chaudron

Veillez à ce qu'il soit accroché comme il faut

Il faudra le remplir d'un bon volume d'eau.

En attendant qu'ça "bouille", épluchez des oignons,


Un bon kilo ou deux, c'est selon votre goût !

Pas besoin de saler, laissez couler vos larmes,

C'est c'qui donne au ragoût, sa saveur et son charme.

Vous pouvez ajouter quelques feuilles de chou


Pour votre "Chteumeuleu", choisissez plutôt celles

Qui racontent la joie et les gais faits divers.

Muscade et paprika, dix grains de poivre vert

Rajouteront du peps à ces bonnes nouvelles.


Ah ! J'allais oublier : jetez dans le bouillon

Vos querelles passées, vos soucis, vos embrouilles

Quelques navets dodus  et une belle  d'andouille,

Du venin de commère mais juste un soupçon.


La cuisson atténue l'amer des ingrédients

Qui relèvent  un peu ce bon ragoût de fête.

Sans casser quelques œufs, fait-on une omelette ?

Vous verrez que l'ensemble  en sera plus gourmand !


Laissez tout mijoter, une heure ou deux, ou trois.

Ou quatre, en touillant bien  votre  odorant mélange.

Il suffit de sentir pour que déjà l'on mange ! 

C'est prêt ? Alors savourez -le ce "Chteumeuleu" de roi !


Bon app '



 

04 janvier 2026

1 thème-4 mots N°5 -Ma participation-Je veux mes vœux

5/Meilleurs vœux
Tiroir - Excentrique - Vadrouille - Bricolage
***
Je veux mes vœux

J'ai fouillé le tiroir où je range les vœux
Qu'en phrases bien tournées chaque année je formule,
Je n'ai rien retrouvé, pas même une virgule
Pas un mot, pas un verbe ! Où sont-ils ? Je les veux !

En vadrouille sont-ils partis sans m'avertir
Fatigués de servir, la même ritournelle ?
Bonheur, amour, santé, des sous dans l'escarcelle
Souhaits habituels pour l'an neuf à venir...

Rêvaient-ils d'exaucer d'excentriques envies ?
Par exemple un voyage aux confins de l'Arctique
Rejoindre les dauphins dans leur ballet nautique
Ou changer d'un seul coup d'univers et de vie ?

Qu'importe s'ils sont simples mes vœux je les veux !
A toi qui souffre tant, je souhaite du courage,
Plein de nouveaux outils pour l'as du bricolage
Pour toi qu'il a quittée, un nouvel amoureux..

J'ai retrouvé mes vœux qu'ils soient sages ou fous
Je vous les offre en vrac pour cette année nouvelle
Que selon vos désirs elle soit riche et belle
Que chaque jour qui passe à votre cœur soit doux.

Meilleurs vœux !
A-M Lejeune
 

03 janvier 2026

L'hiver des sans-abri

Un vieux poème pour une réalité toujours d'actualité, hélas !

La complainte du sans-abri

« J’ai froid ! » dit l’homme seul, sur son bout de trottoir,
Tu vas pouvoir dormir bien au chaud sous ta couette…
Je n’ai pour me couvrir, qu’un carton sur ma tête,
Je ne veux pas mourir, comme un chien dans le noir,

J’ai froid…Je tends la main…Tu ne veux pas me voir
Ils sombrent dans l’oubli, les mots de l’Abbé pierre
Combien ferment les yeux, face à notre misère
Alors qu’un seul regard peut nous rendre l’espoir.

J’ai froid, j’ai faim j’ai mal… je quête un peu d’amour,
Pas juste une piécette au fond de ma sébile.
J’ai tout perdu tu sais, mon toit et ma famille…
Regarde-moi, veux-tu, un instant, sans détour.

Regarde-moi, j’ai froid, tu peux me réchauffer
En me tendant la main comme à l’un de tes frères
En m’offrant de tes yeux la radieuse lumière.
Je ne serai plus seul si tu sais t’arrêter.

Je ne veux pas des gens, charité ni pitié
Ce qui me fait souffrir, c’est leur indifférence
Ou qu’ils fassent semblant d’ignorer la souffrance
De tous les sans-abri qui peuplent leurs cités.

« J’ai froid ! » Dit l’homme seul sur son bout de trottoir…
Combien d’indifférents vont détourner la tête ?
Merci toi l’inconnu, pour cette cigarette,
Pour cette main tendue, pour ce regain d’espoir.

01-11-2019
©Anne-Marie Lejeune

06 octobre 2025

Poésie . des vers libres aux règles établies



Dans mon dernier billet j'ai évoqué la poésie du cœur, libérée des contraintes académiques  mais  la musique des mots peut prendre toutes les formes sans perdre cette vibration unique que l'inspiration du moment lui donne.
Je poétise comme ça me vient comme je le sens et si ça sort en alexandrins, tant mieux ou tant pis. Il m'arrive aussi parfois de composer à la demande comme je l'ai fait dans certains forums  où les règles étaient imposées. J'ai ainsi pratiqué le sonnet ou le pantoum en essayant de respecter la forme sans sacrifier le fond qui m'est propre. Je . crois que la rivière poétique peut couler tout droit sans jamais déborder des berges, ou être plus libre de ses mouvements, capricieuse et serpentine, tout en émanant de la même source, le cœur.
****

 Dérision poétique (27/09/2010)

Jeu poème
Tu poètes
Il poète,
Pouêt !
Jeu ? Peut-être
Tu peux être
Un poète,
Pouêt !
Nous aimons
Nous semons
Des maux doux,
Des mots fous
Des mots beaux
Des bobos
Des mots bof !
Car nous Hommes,
Nous sommes
Tous poètes,
Pouêt !

***
Poète moi ?

Je ne suis jamais qu’une
Enfileuse de mots,
De perles que la lune
Glisse sous mon stylo.

Je suis une fileuse
Et la soie de mes vers
Me vient des nébuleuses
Du fond de l’univers.

Je suis une semeuse
D’adjectifs, de sujets,
Une simple brodeuse
De verbes réguliers.

Est-ce ma faute si
Les mots tissent leur toile
Au plafond de mes nuits
Où brillent les étoiles ?

Poète moi ? Sans doute
Chaque fois que là-haut
La lune qui m’envoûte
Efface un peu mes maux.

***

Hiver (5 /03/2010)
(Pantoum)

Le froid mordant transit les plaines.
Tremblent glacés les arbres nus
Le givre a recouvert mes peines,
L’eau de mes yeux ne coule plus.

Tremblent glacés les arbres nus.
Le gel a figé la fontaine
L’eau de mes yeux ne coule plus
Si tristement mon pas se traîne…

Le gel a figé la fontaine
Le ruisseau court au ralenti
Si tristement mon pas se traîne
Et moi je traîne mon ennui

Le ruisseau court au ralenti
La neige étale ses flocons
Et moi je traîne mon ennui
Aux blancs confins de l’horizon.

La neige étale ses flocons…
L’hiver va-t-il durer toujours ?
Aux blancs confins de l’horizon
J’attends le retour des beaux jours

L’hiver va-t-il durer toujours ?
Souffle le vent à perdre haleine
J’attends le retour des beaux jours
Le froid mordant transit mes peines.
***

CHIFFONS (10/05/2015)(Acrostiche)

Chiffons de femmes aux troublants parfums
Houle d’écume où se plongent les mains
Îlots secrets si riches de promesses
Froufrous soyeux propices aux caresses
Falbalas, fanfreluches de satin
Ou de soie. Océan où le marin
Naviguant au jugé pour atteindre la rive
Se prend aux doux filets traînant à la dérive.
***

Native (7 /01/2014)
(Alexandrins)

Je suis née de la mer, d’une mère bretonne
Mais aussi du bocage, d’un père normand,
De l’océan je sais la houle qui moutonne,
De la verte prairie, je sais les pommiers blancs.

Chaque fois que j’entends les vagues mugissantes
Qui viennent en grondant fracasser les rochers,
Je vibre et je frissonne sous la déferlante.
C’est la voix de ma mère que j’entends chanter.

Chaque fois que je vois la neige printanière
S’envoler, parfumée, des branches des vergers,
Je repars les yeux clos des années en arrière
Et la voix de mon père en moi vient résonner.

De ces deux-là je tiens mes racines profondes.
Même si j’ai posé mon cœur en Picardie,
Vers le souvenir d’eux, mon âme vagabonde
S’échappe et fait revivre les années enfuies.

Alors allez savoir pourquoi de la montagne
Je me sens la payse tout pareillement.
Devant les hautes cimes l’émotion me gagne,
Minuscule caillou à l’ombre d’un géant.

Si je n’y suis pas née, j’aimerais tant y vivre
Aux sentiers rocailleux, promener mes pas lents
Puis m’envoler parfois, tel un grand oiseau ivre
Vers mes pommiers fleuris et mes flots rugissants.
***
 Nocturne
20-01-2020

Là-bas,
Vers le clair d'ouest
Se lève un vent de lune...
Gracieux
L'oiseau de chine
Dans l'encre de nuit
S'envole.
Sous l'édredon du logis
La fée de plumes
S'endort
Et dehors
Dans le ciel s'allument
Les étoiles de sable
Du marchand d'or.
***
Rigueurs d’hiver
(Sonnet)

Voici venir l’hiver habillé de froidure,
La neige a recouvert la plaine, le coteau.
La nature est sublime sous ce blanc manteau
Mais pour les sans abri, la vie sera plus dure.

Aussi belle que soit l’immaculée parure
Faisant d’humbles prairies de somptueux tableaux
Pour tous les pauvres hères sous leurs oripeaux
Elle devient cruelle et froide sépulture.

Si le givre et le gel aux fastes éclatants
Qui cisèlent joyaux, perles et diamants
Procurent à l’esthète des frissons d’ivresse,

Est-il consolateur pour celui qui meurt seul
Ultime et dérisoire preuve de richesse
D’avoir un si unique et si parfait linceul ?

01 octobre 2025

Poésie

 

En 2005, lors d'un salon du livre auquel je participais avec quelques un de mes ouvrages, je me suis retrouvée face à un charmant jeune homme, féru de poésie classique qui m'a tenu le crachoir pendant  un bon quart d'heure sur ce sujet épineux des règles de la poésie. Il avait feuilleté l'un de mes recueils et manifestement, ça l'interrogeait sur ma façon de composer, assez anarchique à ses yeux. J'avais un stylo pour les dédicaces et à tout hasard du papier pour occuper  les temps creux, je lui ai donc répondu par écrit directement sur mon stand, ce jour-là :
Je ne sais pas si je l'ai convaincu mais il est reparti avec le recueil qu'il venait de parcourir et entre ses pages il a glissé la dédicace circonstanciée que j'avais pris soin de recopier pour mon usage personnel.

Poème (2005)

Tu me parles de mots,
Je te parle du cœur,
Tu me parles de rimes
Je te parle d’amour.
Je te parle d’eau claire
Jaillissant de la source,
Du doux chant de la pluie
Sur le feuillage dru.
Je te parle du vent
Qui murmure parfois
De si grisants secrets,
Du cri de l’océan
Fracassant les rochers,
De la vague mourant
Sur le sable mouillé.
Tu me parles de mots,
Je te parle de rires
De soupirs et de larmes.
Je te parle des rêves
Que l’on fait éveillé,
De ces joies qui transcendent,
Des chagrins qui étouffent.
Tu me parles de mots,
De vers, de rimes riches,
De quatrains, de sonnets,
D’exercices de style !
Lorsque j’écris des mots,
Je veux qu’ils soient musique,
Qu’ils deviennent torrents,
Rivières serpentines
Ou ruisseaux bondissants !
Tu me parles de mots,
Je veux que mes mots parlent,
Qu’ils chantent, qu’ils frémissent,
Qu’ils explosent en moi
Tels des feux d’artifice,
Qu’ils s’écoulent au rythme
De ce sang bouillonnant
Qui fait battre mon cœur.
Tu me parles de mots,
Je veux que mes mots soient
Comme soie sur ta peau,
Caresses et poèmes,
Frissons que ta peau aime.

©Anne-Marie Lejeune 

(extrait du recueil  : "De la source à la mer")

 Que vous en composiez ou que simplement vous aimiez en lire, la poésie, c'est quoi pour vous ?

22 septembre 2025

N° 311 ces "Croqueurs de môts" - Rosa

 

N°311

Proposé par Jill Bill

Chatte sur un vélo de « Alain Séchas »
(Photo JB Bruxelles 2024)
*
Trois mots imposés : Lavoir, l'avoir, la voir
***
Rosa

Rosa sur son vélo
Au lavoir vite alla
Frotter short et maillot,
Tout ça sans tralala

Vous auriez dû la voir 
La chatte de gouttière
Qui jouait dans le noir
La jolie lavandière

Elle s'en est allée
Comme elle était venue
Sur la route pavée.
Je sais pour l'avoir vue

Fut immortalisée
L'étrange apparition.
Sur son vélo posée
Elle fait sensation !



21 septembre 2025

Mon ressenti pour l'image N°55

Il s'envole

Il s'envole, vole, au Temps qui passe accroché.
Il s'envole, vole et traverse les nuages.
Il fut, il est, sera avant d'avoir été
Du printemps à l'hiver, il n'est que de passage.

Le Temps bat la mesure au ciel de notre vie
Et qu'on le veuille ou non, c'est lui qui nous transporte.
C'est lui qui nous balade entre soleil et pluie
Puis un jour il nous lâche et se ferme la porte.

Il n'en fait pas exprès, il file au gré du vent,
Comme insensible tourne notre vieille Terre.
Le Temps n'éprouve pas le moindre sentiment
Pour nous, pauvres humains, ce n'est pas un mystère.

Il n'est que les poètes pour lui en prêter,
Pour l'accuser de tout. Il a le mauvais rôle !
Or, nous le savons bien, il ne fait que passer;
Il défile tic...tac,  tic...tac... Et puis s'envole.

©A-M Lejeune

20 septembre 2025

Participation au ujet N°153 de Mil et une suite :" Les flots de l'amer"

 

Sujet 153 - semaine du 13 au 20 septembre

Les flots de l'amer

J'ai souvent navigué
Sur les flots de l'amer
Mon esquif malmené
En a beaucoup souffert.

Le souffle des grands vents
L'a tant fragilisé
Que sa coque se fend,
Que son mât est brisé

Et sa voile autrefois
Si joliment gonflée,
Giflée par le noroît,
S'affale, déchirée.

Sur la toile les mots
Par les embruns trempés,
S'effaceront bientôt
Ou seront oubliés.

A l'angoisse enchaînée
Comme au banc de galère
Je rame fatiguée
Sur les vagues amères.

An'Maï
***
Ce poème, tristement d'actualité, fait écho à un autre, écrit en 2007
Les années se suivent et finissent toujours par se ressembler

Vague à l’âme

Je me sens mal,
Je vague à l’âme.
Je vogue triste
Sous les embruns
De mes larmes.
L’amer me griffe,
Mon cœur, fragile
Et frêle esquif
Craque et chavire.
Sa voile blanche
Que le vent déchire
En lambeaux sales,
S’affale.
Je coule,
La houle
M’avale…

A-M Lejeune

09 septembre 2025

Le grand échiquier

 Poème posté sur Facebook en 2013


Le Grand Échiquier

Sur le grand Échiquier de la Terre,
Trace ta route mon frère
Va de l’avant droit et fier
Toi le pion anonyme
Parmi les anonymes pions
Redresse-toi
Lève le front
Fait face et fonce !
Fait face en évitant l’amer
Suis ton chemin sur le damier
Noir et blanc de l’échiquier
En prenant garde aux fous du roi,
Aux rois des fous,
Aux reines déchues,
Aux tours de garde
Où ne t’attend nulle sœur Anne
Aux quatre cavaliers
De l’Apocalypse annoncée.

Sur le grand Échiquier de la Terre
Trace ta route mon frère
Repose-toi sous l’arbre vert
Abreuve-toi à la rivière,
Aux rayons opales de la lune
Au flot scintillant
D’un ciel de nuit...
Si tu fatigues mon frère,
Besoin d’amour et de lumière
Besoin de pain et de chaleur
Demande asile
Dans la maison du bonheur,
L’humble chaumière
Où tu entendras la chanson
De la tendresse,
Des rires d’enfant heureux,
Des bûches craquant
Dans la cheminée.

Sur le grand Échiquier de la Terre
Trace ta route mon frère !
Et quelles que soient tes misères
Tes rancœurs tes colères
Quand vient le soir
Illuminé d'étoiles
Pense aux pièges que tu as évités
Aux rêves qui t’ont fait voler,
Aux mains que l’on t’a tendues
Aux joies que tu as reçues
À celles que tu as données…
Alors lève tes yeux émerveillés
Vers la voûte constellée
Et dis- toi que tu as ta place
Là-haut, avec la Terre
Dans la Voie Lactée.
Toi, le pion anonyme
Parmi les anonymes pions
Tu es, n'en doute pas
Une pièce unique et irremplaçable
Sur le Grand Échiquier

12/04/2013

©A-M Lejeune


29 août 2025

Arc-en-ciel poétique d'Elea d'août


Mot imposé : Bulles
***
Les bulles de savon
Légèrement s'élèvent
Pour les enfants qui rêvent
A d'autres horizons...
Avant de se dissoudre,
Où donc s'envolent-elles ?

©A-M Lejeune


23 août 2025

Clin d'œil à Gigi...

 Pour faire écho à sa publication sur son logorallye  ici https://lesmotsdeghislaine.blogspot.com/2025/08/mon-texte-loggorallye-no-2.html
Pour moi, ragots = ragoût infame de médisance
Il y a des années- ma fille a 52 ans, mon fils 45-, j'avais l'habitude de retrouver les autres mamans devant l'école où nous attendions la sortie de nos enfants en bavardant gentiment.
L'une d'elle habitait mon quartier et  je la croyais mon amie jusqu'au jour où, arrivée après elle devant l'école, je l'ai surprise en pleine conversation animée avec une autre maman que je connaissais sans vraiment beaucoup l'apprécier.  Très occupées à "blablater", ou plutôt à déblatérer, elles ne m'avaient pas vue. C'est mon nom  que j'ai entendu prononcer alors j'ai tendu l'oreille, masquée par les toilettes publiques tandis que ces deux charmantes dames cassaient joyeusement du sucre sur mon dos ! A l'époque, j'étais conseillère municipale. Ceci explique peut-être cela mais ça n'excuse pas la méchanceté gratuite ! Et celle que je croyais mon amie n'était pas la moins virulente ! Je me suis approchée avec un "Bonjour mesdames" innocent. Elles sont devenues rouges comme des coquelicots et celle qui se disait mon amie et dont la fille jouait avec la  mienne devant la maison m'a dit d'un air un peu gêné  : 
- Oh, bonjour madame Lejeune, on ne vous avait pas vue, ça va ? 
-Pas trop bien !Je vous écoute depuis quelques minutes, du coup...
Après ça, on ne s'est plus parlé pendant quelque temps. Un jour, elle a frappé à ma porte. Elle voulait s'excuser. J'ai pardonné mais ça n'était plus pareil entre nous. Puis elle a déménagé. Fin de l'histoire. Nous ne nous sommes  jamais revues par la suite. Après cela, je n'ai plus essayé de me faire d'amies dans mon quartier. Juste des relations de bon voisinage, ça me suffit ! On papote un peu  de jardin à jardin, on cause des de nos enfants, de la pluie et du beau temps... et sitôt que ça dévie vers des "on dit" sur l'un ou sur l'autre, je prétexte une occupation urgente pour  couper court !


Les commères (2001)

Bla bla bla ! Bla bla bla…
Les voici, les voilà !
Sur le pas de leur porte
Elles lancent des mots
Et le vent les emporte
Comme des feuilles mortes.
Que de gentils ragots,
Que de mielleux poisons
Distillent les commères !
Que de soupes amères
Cuisent en leurs maisons !
Qu’elles touillent en chœur,
Qu’elles mangent en sœurs
Bavassant, l’air gourmand !
Quand grondent les orages
Chargés de commérages,
N’écoute pas le vent
Qui enfle la rumeur !
Barricade ton cœur
Puis ferme tes volets
Et d’un coup de balai,
Chasse donc les sorcières,
Les commères !

©A-M Lejeune

18 août 2025

Mon ressenti pour l'image N°54-La petite fille et la rose

La petite fille et la rose

Regarde ,dit la rose
A l'enfant qui l'admire,
Dans la ville morose
Où la haine déchire,
Je me suis épanouie
Avec peu de lumière
Mais arrosée de pluie !
Dans cette rue austère
Au milieu des pavés,
Vois combien je suis belle
Et comme j'ai poussé !
Un jour tu seras telle
Si le veut bien la vie.
Profite de l'enfance
Fillette si jolie
Et puis saisis la chance
Grandis !


16 août 2025

N°149 -Mil et une-Suite - Luna mater

Sujet 149 - QUINZAINE du 9 au 23 août

 Luna mater

Suis-je née de la Lune,
Si belle Séléné
Qui berce tendrement
Bien trop de mes nuits blanches?
Parfois si blond croissant
Qu'enfant je voulais mordre
Et parfois médaillon
Sur un collier d'étoiles,
Qu'un pierrot amoureux
Offre à sa Colombine,
Je voudrais tant l'atteindre
Mais je suis prisonnière.
Sous la charpente obscure
De ma prison nocturne,
Mon lit est la cellule
Où les yeux grands ouverts
Je rêve d'évasion.
Et pendant que certains,
Croyant faciliter
Leur endormissement,
Recomptent les moutons
Épargnés par le loup,
Qui n'est qu'un chien courant
sur une morne plage,
Moi je compte les arbres
Pour trouver le sommeil.
Un deux trois...tous pareils !
Des arbres alignés
Sur fond de gris nuages...
Tourne tourne ma vie
Sur les rubans usés
D'une vieille cassette
Tournent tournent les pages
Avant que tout s'arrête...
Avant qu'au bout du bout,
Je traverse le pont
Qui mène à cet ailleurs
Auquel je crois si peu.
En attendant je nage
Comme tant d'autres nagent
Dans l'océan profond
De ces bizarres nuits
Où le sommeil me fuit.
Et quand enfin pourtant,
La cruelle me prend,
Je rêve en souriant
Que je suis un enfant
Endormi et confiant
Dans les bras de la Lune.

An'Maï


24 juillet 2025

L'Arbre à palabres


 Texte écrit pour un ami de plume avec lequel j'ai longtemps échangé, jusqu'à ce qu'un maudit crabe l'emporte. Il s'appelait Jean-Luc Bouton mais son nom de plume était Ysengrin 45. Sur son blog, il avait créé "l'Arbre à palabres" où ses amies et amis en écriture venaient déposer leurs textes.

Je ne t'oublie pas Ysengrin

***

Le réveil de Baobab

Baobab dormait depuis longtemps…Qu’avait-il besoin de rester éveillé ? Personne ne venait plus s’asseoir à l’ombre de son feuillage.
Autrefois, il y avait des lunes de cela, nombreux étaient ceux qui venaient palabrer sans fin sous ses branches. Mais ce temps-là paraissait révolu. Alors Baobab avait décidé de prendre du repos. Ou du moins, le silence alentours avait décidé pour lui. Et il s’était endormi.  Non pas bienheureux mais sur des tonnes de regrets et de mots perdus…

Baobab dormait depuis longtemps quand un souffle plus léger qu’une plume le réveilla. Un souffle poétique qui l’effleurait des racines au faîte… un souffle qui le caressait doucement, tout doucement, comme pour le saluer avant…Ô Dieux de ses ancêtres baobabs ! Pour le saluer avant de monter vers l’azur du ciel pour s’y diluer. Non ! Pas s’y diluer ! Plutôt s’y mêler à la brise tout là-haut !
Ce souffle-là, si particulier, il le reconnaissait. C’était celui du Poète-Griot dont le totem était… un loup. C’est ça, un loup, fier mais pas solitaire, oh non ! C’était lui dont la voix puissante savait rassembler les autres autour de lui, Baobab, l’Arbre à palabres.
Oui, ce souffle qui s’élevait c’était l’émanation de l’esprit immortel de son ami, le poète-conteur, qui rejoignait les étoiles. Et, s’éveillant tout de bon, il l’entendit qui lui disait :
- Eh Baobab, il n’est plus temps de dormir  vieille branche ! Je m’en vais mais je ne serai jamais loin de toi. J’ai laissé mes mots et transmis à ma sœur mon pouvoir de griot. Elle me comprenait. Elle comprendra ton utilité, cher Arbre à palabres ! Bientôt, oui, bientôt, se réuniront autour de toi les voix qui chantent, les voix qui pleurent, celles qui crient et tempêtent… Toutes les voix de mes amis ! Es tu prêt Baobab à les recueillir ces voix, à les écouter, à les rassembler en un seul et vibrant chant d’amitié, comme autrefois ?
- Oui, je suis prêt, répondit l’arbre majestueux en étirant son corps massif encore engourdi de sommeil. Je suis prêt ! Qu’ils viennent et racontent. Qu’ils me livrent leurs maux, leurs mots, leurs rêves… Merci Loup de m’avoir réveillé. Je me sens enfin revivre !
Et c’était vrai ! Tandis qu’il parlait, il sentait l’essence éternelle du Poète-Griot se fondre en lui, sans chagrin ni regrets, apaisé. Il la sentait couler joyeuse avec sa sève régénérée. Et son souffle un peu lourd d’Arbre profondément enfoncé dans la terre asséchée, s’élevait et dansait, là-haut, tout là-haut, dans le vent, avec celui aérien de son ami désormais si loin et pourtant si près de nous.
« Je suis Baobab. Je suis l’Arbre à palabres. Avec Patou, sœur d’Ysengrin le Loup, je vous attends. Venez vous asseoir à l’ombre de mon feuillage. Venez vider votre cœur. Venez raconter vos histoires folles ou sages, tristes ou gaies. Parlez ! Je vous écoute… Il vous écoute ! »

***
Sous ton arbre

Sous ton arbre à palabres je viens Ysengrin
Déposer mon fardeau lourd encor de chagrin
Mais aussi quelques fleurs à l’odeur enivrante
En hommage, poète, à ta verve charmante
Sous ton arbre l’ami, se partagent les maux
Tout autant que les rêves d’un monde plus beau
Où règneraient sans fin l’amour et la sagesse
Où ceux qui nous gouvernent tiendraient leurs promesses
Sous ton arbre le Loup, j’entends toujours ta voix
Tes rimes qui mettaient les femmes en émoi
Ah combien nous l’aimions ta poésie légère
Et ta grivoiserie devenue légendaire !
Sous ton arbre griot tu nous as rassemblés
Amoureux fou des mots, chantre de l’amitié.
Aujourd’hui une fée perpétue la légende
De ce fier Baobab que ton esprit transcende
Comment te remercier de nous avoir offert
La douceur de son ombre au milieu du désert
Sous ton arbre, Ysengrin, seule dans la nuit noire
Je t’écoute apaisée raconter tes histoires…

NB : Le blog de mon ami Ysengrin n'a jamais été fermé
Vous pouvez toujours lire ici :https://le-blog-d-ysengrin45.over-blog.com/