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02 novembre 2026

N°334 des Croqueurs de mots


Défi N°334 mené par Dômi


Être ou avoir été...

Je me souviens... J'avais 7 ans. Mon père était encore de ce monde.., Avec ma copine Isabelle, nus aimions jouer à "Quand je serai grande...". Être grande pour nous, c'était avoir 20 ans parce qu'autour de nous, les adultes disaient que 20 ans, c'est le bel âge, celui de l'insouciance. Nous ne nous projetions pas plus loin. Nous imaginer  40 ans plus tard, ça ne nous traversait pas l'esprit. Pour nous,47 ans était déjà un âge canonique. Maman avait 31 ans, papa 34. Ils  étaient jeunes, certes mais nantis d'une  couvée de 7 enfants, ils faisaient  déjà figure de "vieux". Du coup, ni eux ni nous évidemment, ne pouvions imaginer reculer de 40 ans en arrière !
J'ai 75 ans et  je ne rêve aucunement  de faire un saut de 40 ans dans le passé, même si  en 1986  j'étais plus fringante qu'aujourd'hui comme les photos que je joins  vous le  montrent. Certes, à 35 ans, j'escaladais sans trop d'effort et sans m'essouffler,  les pentes escarpées de Haute-Provence où nous passions nos vacances avec les enfants. J'étais encore capable de courir. Je n'avais pas  ces foutues lombalgies permanentes dont je souffre désormais. Sans avoir la vue perçante, j'avais néanmoins de bons yeux.  J'étais au top de ma forme en somme et je profitais pleinement de la vie avec mon mari et nos deux enfants. J'accueillais les hauts, reconnaissante. Je supportais les bas en essayant de rester positive. Confiante, entre rire et larmes comme tout un chacun,  j'avançais en me disant que le pire, je l'avais vécu après la mort de mon père avec toutes les conséquences désastreuses  que ce brutal départ  avait causé à notre famille.
    40 ans plus tard, j'ai pris de l'âge, du poids et un peu de sagesse, peut-être mais dans le fond, je n'ai pas changé ! Ou si peu ! Je prends toujours ce que la vie m'apporte avec le maximum d'optimisme parce que je me dis que j'ai la chance d'avoir résisté aux mauvais coups du sort. Je suis toujours debout ! Bancale parfois mais debout à faire face au quotidien et au temps qui passe, entourée de ceux que j'aime. mon mari, ma fille et mon beau-fils, mon fiston, mes petites filles et..les chats qui gouvernent notre maisonnée.
Alors  regarder en arrière avec  un peu de nostalgie, pourquoi pas mais remonter le temps, décidément, non ! 
Très honnêtement, et j'espère ne blesser personne en affirmant cela, la phrase que j'aime le moins entendre c'est :« C'était mieux avant !» Ou alors allez dire ça à  la petite fille de 7 ans qui venait de perdre son père, ou à celle de presque 12 qu'on enlevait à sa mère et qui était séparée de ses frères et sœurs !
J'aimais ma vie d'il y a 40 ans avec ses hauts et ses bas. En dépit des aléas et du contexte actuel, j'aime ma vie d'aujourd'hui. Peut-être est-ce simplement que j'aime la vie. Oui, je l'aime infiniment tout en ayant conscience que mon avenir est derrière moi, que le temps s'écoule inexorablement et que par conséquent, il me  faut savourer chaque goutte de ce don précieux qu'est la vie tant qu'elle m'est accordée.
En revanche je l'avoue, l'heure d'hiver et l'heure d'été, ça me gave !

De 1986  à 2026
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23 octobre 2026

Sujet N°333 proposé par Martine

Avec toutes mes excuses amis  croqueurs de mots, je poste aujourd'hui seulement ma participation pourtant écrite avant le 19. 
Le jeudi 15 dans la soirée, ma vue est devenue très floue côté droit. Le lendemain, j'étais aux urgences ophtalmiques  à Amiens où on me retirait l'implant de cortisone posé le 6 octobre. il s'était déplacé de la rétine à la cornée par une fissure dans l'implant  installé après ma cataracte.. Du coup, un peu déboussolée, j'en ai oublié de poster ma participation lundi dernier..
NB : comme je l'ai lu dans d'autres participations, je republie mon texte avec les interprètes des chansons
***

Défi 333  proposé par Martine 

Écrire une histoire avec des extraits de plusieurs chansons au moins 3 mais si possible plus. Elle nous permet de rajouter un texte personnel très court pour débuter,  entre deux extraits et pour conclure.
 pour le lundi 19 octobre.

Je suis venue te dire...

- Je suis venue te dire que je m'en vais, et  tes larmes n'y pourront rien changer ! (Serge Gainsbourg)
-- Je t'en supplie Martine, ne me quitte pas ! Il faut  oublier, tout peut s'oublier ! (Jacques Brel)
- Tu regrettes tes écarts  mais maintenant  c'est trop tard ! Mon vieux t'es un connard avec un grand C ! Fallait pas commencer ! (Lio)
- T'en vas pas comme ça , sans me laisser la moindre chance ! (Nancy Holloway)
- Tu m'as trompée Martin !  J'ai le cœur blessé à tout jamais ! (Pétula Clark)
-Pardonne moi ! Reviens moi comme avant ! Je t'aime trop et je ne peux  pas vivre sans toi !  Pour te garder, moi je t'offrirai des perles de pluie venues d'un pays où il ne pleut pas ! (Mireille Matthieu, Franck Michaël, Jacques Brel)
 - Paroles, paroles que tu sèmes au vent Martin !  Je pars ! Le vol de nuit s'en va,, destination Bahia, Buenos Aires ou Cuba, du moment que ç'est loin de toi ! (Dalida,  Nicolas Peyrac)
- Reviens, je t'aime ! Tu ne peux pas me laisser tout seul ! Tu ne peux pas me laisser souffrir comme ça ! (Frédéric François)
- Tu m'oublieras Martin ! Avec le temps, va tout s'en va ! (Larusso, Léo Ferré)
-Puisque tu pars Martine, j'irai où tu iras, mon pays sera toi !  (Jean-Jacques Goldman, Céline Dion)
- Non, non, non  ! Il faut que tu t"y fasses Martin  ! Voila, c'est fini ! (Camélia Jordana, Jean-Louis Aubert)
- Et maintenant, que vais-je faire de tout ce temps que sera ma vie ? (Gilbert Bécaud)
-Ce n'est plus mon problème  Je suis triste pour toi mais je dois m'en aller ! Je ne veux plus t'aimer !(Niagara)
. J'ai bien compris Martine ! Tu t'en vas ! Je reste là seul et perdu, comme aux pires heures de l'enfance !J'ai peur de l'hiver et du froid, J'ai peur du vide, de l'absence ! Je voudrais pouvoir te demander :"Dis, quand reviendras-tu ?" Mais en vérité, que tu reviennes, je ne m'y attends plus ! (Alain Barrière,  Barbara, Patrick Fiori)
-Jamais Martin. Un dernier petit conseil , ne retiens pas tes larmes, pleurer ça fait du bien ! Maintenant mon vieux, ça me fait de la peine mais il faut que je m'en aille ! (Amel Bent, Graeme Allwright )

05 octobre 2026

Défi 332 des Croqueurs de môts

Défi 332 : Les marqueurs du temps ... mené par Jeanne Fadosi !

Faites parler à votre convenance les 3 aiguilles d'une montre à aiguilles
ou les 4 ou 6 chiffres (ou les nombres) d'une montre numérique 
ou les deux   (pensées, conversation, joute oratoire ...)
***

 Les aiguilles de la montre

Montre d'or à gousset 
Ou simple bracelet
Chacune dans le monde
Du temps rythme la ronde

Nous  sommes leurs  aiguilles,
Pour nous, pas de resquille
Tic, tac !  En mouvement
Sur nos petits cadrans,

Chacune à notre place, 
Marquant le temps qui passe,
Nous tournons, nous tournons
Toutes à l'unisson..

Je suis la plus petite,,
Je ne cours pas trop vite,
Pour faire deux grands tours, 
iI me faut tout un jour.

Moi, je suis la plus grande
Et chaque heure je sscande
Je vais cahin-caha
De un à douze, au pas .

Moi, je suis la trotteuse
La fine , la fonceuse,
Soixante tours chrono
Pour une heure au galop !

Si ta montre s'arrête, 
Ne te prends pas la tête,
Il faut la remonter
Pour la réanimer.

©A-M Lejeune

21 septembre 2026

N°331 des Croqueurs de Môts

***

« La diabolique leçon de piano »D'après le dessin de Claude Serre

Trois  mots  imposés : Cacophonie - soupir – portée

 Léonard et Monsieur Bastien

«Je pourrais jouer ce prélude de Bach  les yeux fermés !» se rengorgeait Léonard devant ses camarades du cours de musique de  Monsieur Bastien . Ce que ne savait pas le jeune prétentieux, c'est que son professeur était derrière la porte. Le brave homme, pourtant doté d'une patience  infinie,, était las des vantardises de ce gamin insupportable.. Léonard se croyait le meilleur, alors  qu'il était capable de transformer en cacophonie les morceaux les plus harmonieux du répertoire qu'il enseignait avec amour à ces gamins dont certains, il devait bien le reconnaître, était peu doués. 
C'était le retour des vacances. Le professeur de piano allait retrouver, non sans crainte pour son ouïe, sa  horde de barbares, incultes comme il appelait certains de ses élèves. Des barbares  dont Léonard, qu'il avait en secret surnommé Attila, était assurément  le pire ! Il redoutait l'instant où  le gamin indiscipliné allait taper comme un sourd sur les touches et massacrer joyeusement le fameux prélude comme il avait déjà massacré "La lettre à Élise" , du grandiose Beethoven..
«Dommage pour la musique !»  Se disait-il , fatigué d'avance,  en faisant entrer Léonard.
Sans attendre sa permission, le gamin s'installa au piano.. Monsieur Bastien  ne put retenir un  soupir d'exaspération quand il commença  à marteler les touches sans délicatesse,. D'un coup, il crut  voir les notes noires s'envoler de la portée, telle une nuée d'oiseaux effarouchés par un coup de fusil ! L'illusion fut si forte qu'il dut enlever puis remettre ses lunettes pour la dissiper.
«Ça ne peut pas durer ainsi !» Pensait-il. 
    En écoutant les accords dysharmoniques s'élever du piano, il eut la sensation que  l'instrument  martyrisé criait sa souffrance. 
«Stop !», Hurla le vieux professeur excédé ! Puis , sans  laisser à Léonard le temps de réagir, il enchaîna, un sourire diabolique aux lèvres :« Tout à l'heuré, j'ai bien entendu que tu pouvais jouer le prélude de Bach les yeux fermés ? On va vérifier ça tout de suite !». Là-dessus il sortit le grand mouchoir blanc qu'il avait toujours dans la poche de sa veste et banda fermement les yeux du garçon éberlué !
«Joue maintenant, petit prodige méconnu !"
Sa stupéfaction atteignit des sommets quand il entendit la célèbre mélodie s'élever  harmonieusement dans la salle,  sans la moindre fausse note...
    Ce que Monsieur Bastien ne peut deviner, c'est que Léonard  a la phobie de ces touches noires et blanches.. C'est ce que lui a suggéré comme explication, Claudie, sa femme, psychologue   Elle connait Léonard et son père qui est odontologue. .Le gamin lui a un jour confié que le clavier du piano  lui fait penser à la bouche édentée d'un des patients de son père qu'il a vue un jour  dans son cabinet. Chaque fois qu'il est en face des touches du piano, il perd ses moyens . S'il joue mal, c'est pour pour conjurer cette vision horrible.. Désormais, chaque leçon de piano se déroulera  pour lui les yeux bandés..

07 septembre 2026

N°330 des Croqueurs de môts


***

Défi 330 mené m par Marie-Sylvie
✦ L’ESPRIT DU SUJET :Écrire autour de la couleur bleue et de ce désir profond de s’évader, de prendre le large, de suivre un sillage ,de rêver un ailleurs.
 
✦ LA CONTRAINTE  :Intégrer les 10 mots suivants (au singulier ou au pluriel) : 
 AZUR - SILLAGE - ÉCUME - RIVAGE - COQUILLAGE - HORIZON - BRISE - SIFFLER - AMARRER - VOLER  

Le coquillage

J'ai retrouvé un coquillage
Ramassé un jour sur la plage...
Mon esprit d'un coup a volé
Vers ce rivage du passé...
Dans l'azur bleu pas un nuage
Annonciateur de ces orages
Qui troublent parfois l'horizon.
La brise sifflait sa chanson.
Au loin, d'un voilier le sillage
Semblait m'inviter au voyage.
Comme lui  j'aurais pu voguer.
Avant de venir m'amarrer
Sur le quai d'une île lointaine, 
De rêves bleus ma cale pleine !
Blanc coquillage, souvenir...
De la mer  j'entends le soupir. 
Sur le sable la vague écume...
Dans mon cœur se lève la brume,
Le ciel indigo devient gris, 
J'ai peur qu'en moi vienne l'oubli

©A-M Lejeune
 

29 juin 2026

N°329 des Croqueurs de mots

Défi 329 mené par Annick Lotus : Vacances j'oublie tout !!!

 Écrire un texte (prose, poésie…) avec pour thème « Les vacances  » mais avec deux contraintes:
1- Ecrire votre texte avec l’anaphore « C’est le temps… » (répétition en tête de phrase ou de paragraphe). 
2 – Et avec 5 mots obligatoires: transhumance, farniente, rire, soucis, heure
***

C'est le temps

C'est le temps des vacances,
Des grandes transhumances
Sur les routes de France.

C'est le temps de l'oubli,
Du travail, des soucis... 
On se vide l'esprit.

C'est le temps des balades,
Plus d'heure, montre en rade
Et du rire en salade.

C'est le temps des voyages, 
Du farniente en partage,
Allez, fais tes bagages ! 

C'est le temps, c'est le temps !
Le soleil nous attend,
Montagne ou océan ?
On s'en fout, c'est le temps ! 

04 mai 2026

N°326 des Croqueurs de mots



 N°326
Proposé par Annick, 
Elle nous propose d'écrire un texte (prose ou poésie)
– soit en utilisant des titres de romans, de chansons, de fables ou de poèmes (ex: Les trois mousquetaires rendent visite à la Dame aux camélias. Ils partent visiter Notre Dame de Paris et… …)
– soit en utilisant les titres de chapitres d’un livre que vous avez particulièrement aimé. 

A l'enterrement d'une feuille morte...
(Entre la fontaine et le pré vert)

C'était un beau matin quoique triste,  rappelle-toi Barbara !
A l'enterrement d'une feuille morte ensemble nous allions. En tête du cortège, au milieu du pré vert,  deux escargots marchaient, du crêpe autour des cornes.
Pour accompagner la défunte à sa dernière demeure entre le chêne et le roseau, nous chantions en chœur la chanson de l'oiseleur. C'était sa préférée, rappelle-toi Barbara !
Le lion et le rat chantaient faux mais  bien moins que le loup et l'agneau. L'un hurlait pendant que l'autre bêlait ! Quelle cacophonie ! 
- Faites les taire !  C'est insupportable ! Coassa  en se gonflant d'importance, la grenouille  qui veut se faire aussi grosse que le bœuf !
-Quelle prétentieuse celle-là ! S'écrièrent le meunier, son fils et l'âne  lui bien sûr, se contenta de braire.
Le soleil  commençait à taper fort, alors nous fîmes une halte au bord de la fontaine, le temps de nous désaltérer.
 Il faut bien le dire, la cigale et la fourmi avaient du mal à suivre, les pauvres petites !
 Après nous être rafraîchis, Nous reprîmes notre chemin. Qui en marmonnant des pater noster, qui en chantant à tue-tête la chanson de Prévert :"Les feuilles mortes" Un air de circonstance !
Sans attendre les autres, le lièvre et la tortue faisaient la course, arbitrés par le cancre qui pour une fois, avait la parole. Le corbeau et le renard se disputaient pour un bout de fromage, comme d'habitude.
- Ces deux-là ne savent rien faire d'autre ! Lança la laitière et le pot au lait en déséquilibre sur sa tête, tomba et se renversa sur le sol.  Elle en fut bien marrie mais c'était un peu tard pour se plaindre !
- Adieu veau, vache, cochon, couvée ! Prononça sentencieux le laboureur. Et ses enfants qui fermaient la marche se mirent à rire comme des bossus ! 
-Travaillez, prenez de la peine et ne gaspillez pas comme elle le fruit de votre labeur, ajouta- le père à l'intention de ses fils un rien dissipés !
- Vous allez voir ce que vous allez voir, ça va être un bel enterrement !  Prédit l'amiral en renouant sa cravate.
- Eh bien moi, j'aurais préféré aller à la pêche à la baleine, même dans un petit bateau ! Grommela le dromadaire mécontent.
-  Quand est-ce qu'on arrive ? J'ai mal aux pieds  ! Se plaignit Barbara
- On y est ! Bavèrent les deux escargots  qui menaient le cortège.
Au milieu de la prairie, debout sur une de ses longues pattes, près d'un trou proprement creusé dans l'herbe verte entre le chêne et le roseau, se tenait le héron au long bec, emmanché d'un long cou, chapeau haut-de-forme sur la tête et queue de pie noire oblige pour un maître de cérémonie funèbre.
- Prenez place ! Dit-il aux membres du cortège, nous allons commencer !
Sur une plaque était déjà gravée l'épitaphe de la défunte : "Ci-git la feuille morte ! Paix à son âme. In memoriam"

20 avril 2026

N°325 des Croqueurs de mots

Proposé par Zaza 

« Imaginez deux jeunes gens en quête d’aventures qui découvrent un vieux grimoire de recette de vin dans un domaine vinicole. Soudain, ils entendent un bruit inquiétant. Ne seraient-ils pas seuls, quelqu’un les suivrait-il ?
À vous de continuer cette histoire abracadabrantesque ! »
***

Franck et Dany

Dany et moi, le vin on s'en moque comme du jus d'une vieille chaussette ! Mais voilà, nos parents respectifs eux, sont de grands amateurs de ce breuvage issu des vignes du Seigneur comme ils disent. Du coup, cette année-là, les vacances c'était la Bourgogne avec visite de caves et de domaines viticoles jusqu'à plus soif ! Tu parles si ça nous intéresse ! Moi c'est Franck. Dany et moi on est copains depuis l'enfance. Nous avons des années de vacances communes vu que nos parents sont amis depuis toujours. Tous les deux, on vient de fêter nos 14 ans alors la dégustation de pinard, c'est vraiment pas notre came ! En revanche, faire de l'urbex en douce de nos darons, ça nous branche un max. On n'a pas les mêmes valeurs !
Ni mon pote ni moi on ne s'attendait à ce qui nous est arrivé au cours d'une de ces visites... On s'emm......un max pendant que nos parents s'extasiaient devant des montagnes de tonneaux. On s'est bien marrés une chouille en les regardant goûter les grands crus mais ça nous a vite gavés ! Ils en buvaient un peu, faisaient de drôles de bruits avec leur bouche avant de tout recracher. Dégueu ! Ils étaient tellement occupés qu'ils n'ont pas capté qu'on prenait la tangente. Elle était immense cette cave et dès notre arrivée, on avait repéré une porte basse entr'ouverte sur un escalier taillé dans la roche. Et nous voilà partis à l'aventure dans les sous-sols du domaine. En dessous de la grande salle ouverte aux visiteurs, il y en avait une autre, aussi vaste mais plus sombre, plus ancienne, plus poussiéreuse où s'alignaient des rangées de tonneaux en apparence hors d'âge. Le pied pour nous ! Ça sentait le vieux vin et le moisi, il faut le dire ! Mais ce n'était pas ça qui allait nous arrêter, au contraire !
On était là, à fureter un peu partout éclairés par la maigre lueur de nos portables quand Dany a vu, coincé entre deux barriques, un petit livre à la couverture de cuir usée par le temps. C'était un grimoire très ancien semblait-il. Ses pages jaunies étaient remplies de recettes de vin. Une aubaine ! Ça devait valoir un paquet de thunes ce truc !
-Faut juste trouver l'acheteur ! Jubilait Dany, enthousiaste ! On ira faire un tour sur le dark web en rentrant. En attendant faudra bien cacher notre trouvaille !
On faisait déjà des plans sur la comète quand soudain, on a entendu un bruit inquiétant derrière nous. Des pas lourds sur le sol inégal de la cave, une respiration rauque, comme essoufflée. Quelqu'un nous suivait, j'en étais sûr ! Mais qui ? Nos parents se seraient annoncés ! Sûr qu'on les aurait entendus ! En me retournant, j'ai cru apercevoir une ombre immense. Impossible de faire demi tour ! L'ombre nous barrait la route ! On a beau avoir l'habitude d'explorer des lieux interdits, on crevait de trouille. Alors j'ai hurlé :«Qui va là ?» Comme je l'ai si souvent lu dans les bouquins d'épouvante que je dévore ! Le hic c'est qu'on était dans la réalité, pas dans la fiction de mes histoires à faire peur. On avait peut-être affaire à un criminel en fuite, armé et prêt à tout pour ne pas finir en taule ! 
Quel abruti j'étais d'avoir braillé comme un putois au lieu de me taire et de me faire tout petit. Elle était où la sortie de ce tunnel ?
«Qu'est ce que vous foutez là les gamins ?» Grogna l'ogre tapi dans l'ombre.
On était foutus, faits comme des rats ! Je sentais déjà le souffle de la mort dans mon cou. Elle nous avait rattrapés sous la forme d'un géant vêtu de noir. La lumière crue d'une lampe torche m'aveugla. Dany s'était planqué derrière moi, tremblant comme une feuille. Ah ! On peut compter sur les copains en cas de danger !
-Y a des parents paniqués là-haut ! Les vôtres je pense ! Allez on remonte, je vous montre le chemin ! Non mais j'vous jure, on peut pas les tenir ces ados !
En fait, l'ogre n'était pas si grand ! C'est son ombre sur les parois de la cave qui était gigantesque. Nous en avons été quittes pour une belle peur et pour une grosse engueulade de la part de nos parents. Le pire c'est que sous le coup de la surprise, j'ai lâché le précieux grimoire. Adieu le bénef qu'on aurait pu en tirer !

06 avril 2026

Croqueurs de mots-Défi 324

 Jazzy nous propose d’écrire une page d’un roman qui n’existe pas, comme si c’était une page arrachée à un livre perdu. Rédiger le texte qui est écrit dessus en s'inspirant au besoin de certains genres littéraires (fantasy, romance, policier…).
Inclure cette phrase : La nature fait les hommes semblables et la vie les rend différents.



Trois frères

...en regardant sans cesse derrière lui dans la rue trop éclairée à son goût. Pourquoi ce foutu maire a t-il décrété de rallumer les lampadaires la nuit ? Cela risque de rendre ses petites occupations nocturnes illicites beaucoup plus périlleuses. Il peste intérieurement. La sécurité, la sécurité... Et sa propre sécurité alors ! Que le foutu maire en question soit Arnaud l'un de ses chers frères jumeaux, le fout encore plus en rogne ! Si totalement vêtu de noir dans une rue sombre, il devient presque invisible, en pleine lumière, autant s'accrocher direct dans le dos une pancarte avec en grosses lettres rouges le mot cambrioleur ! Le pire dans tout ça, c'est qu' Aristide, leur aîné de seulement quelques minutes, a eu l'idée géniale d'intégrer la gendarmerie ! Le pompon pour Anthony qui n'en mène pas large à l'idée de se retrouver un jour, ou plutôt une nuit, nez à nez avec son flic de frère.
Des trois, il est le seul à avoir comme qui dirait «mal tourné» ! Ah ça, pour sûr, il est loin, très loin d'être une copie conforme des deux autres ! Il a pourtant fini par dégoter un emploi stable et décent dans cette supérette de quartier mais ce n'est pas assez bien payé pour permettre à sa meuf de mener la vie de luxe dont elle rêve. Le jour, garnir des rayons et la nuit dégarnir des maisons momentanément vides, voilà à quoi il est condamné ! Heureusement, ses dignes frères et ses braves parents ignorent cette partie obscure de sa vie ! Sa mère et son père mourraient de honte s'ils savaient!
«La nature fait les hommes semblables et la vie les rend différents»
Il se rappelle fort à propos ce sujet de philo du bac qu'il avait su parfaitement développer à l'époque. Ça lui avait même valu un très honorable 13,5 ! Grâce à cette note, il avait été reçu avec la mention bien ! Il ne se doutait pas alors, à quel point l'avenir allait lui démontrer la justesse de cette assertion.
Trois frères jumeaux, élevés pareillement par des parents tout ce qu'il y a de bien, gentils, aimants, courageux, honnêtes comme on dit. Résultat des courses de cette éducation exemplaire : deux rejetons rangés, respectables et respectés, bons maris, bons pères, rien à redire ! Et lui le troisième larron, devenu voleur à la petite semaine pour satisfaire les gouts dispendieux d'une épouse aussi vénale qu'exigeante. On se pose des questions hein !
Il sursaute. Des pas résonnent dans son dos. Une voix l'interpelle. Cette fois...


 

23 mars 2026

Croqueurs de mots-Défi N°323

Le monde à venir nous questionne. Ensemble inventons-le ! 
Les 10 mots : alunir, anticipation, continuum, dystopique, humanoïde, particule, programmer, sidéral, théorie, transmuter.
Il faut en utiliser au moins trois.
***
Dystopie ?

Je suis plongée dans un roman d'anticipation, un récit dystopique dont je ne parviens pas à m'extraire tant la théorie qu'il développe, me semble moins farfelue qu'il n'y paraît. Oui je sais, je suis moi même un brin farfelue ! l'histoire se déroule dans un futur pas si éloigné. Un tyran humanoïde règne sur les survivants d'une Humanité décimée par un terrible fléau : un nuage de particules gazeuses délétères, venu de l'espace sidéral, qui contraint hommes et femmes à vivre dans des bulles protectrices et à ne sortir que revêtus de scaphandres. Dans ce monde où vieillards et enfants en bas âge ont été les premiers à succomber au gaz mortel, ce sont les robots qui sont chargés de programmer le travail journalier des esclaves humains. Un cheptel stérilisé, corvéable à merci, qu'une technologie extraterrestre maintient en vie tant qu'on a besoin de lui. Tout manquement à la Loi, toute incartade, toute velléité de rébellion est sévèrement puni.
L'unique tâche des rares survivants est de maintenir ouvert le continuum espace-temps qui permet au Tyran de transmuter sur Terre le reste de son peuple, avant l'extinction de sa propre planète, brûlée par les radiations solaires dont elle se rapproche dangereusement. Pour ce faire et par roulement à travers le monde, ses soldats robots entassent les équipes hebdomadaires dans des vaisseaux à propulsion subluminique qu'ils font alunir sur la face cachée de notre satellite. Ils y déposent les esclaves humains qu'ils obligent alors à chanter, chanter, chanter jusqu'à épuisement. Que ce soit une cacophonie importe peu, c'est ce chœur de voix humaines qui garde ouverte la porte spatiotemporelle. Quand le dernier habitant de la planète en péril aura franchi le passage, qu'adviendra-t-il de l'Humanité ? 
Protégée par mon scaphandre, je chante, chante, chante avec les autres. Soudain, remplie d'une terreur sans nom, je réalise que j'ai intégré la dystopie que je suis en train de lire. 
Vite, vite, refermer le livre, revenir  à mon présent ! Ce monde n'est pas utopique mais c'est le mien !
Trop tard !




09 mars 2026

Croqueurs de mots-Défi N°322

***
C Salade de rêves 

Défi 322 proposé par Domi
Thème 14 : Moi aussi j'ai marché sur la lune

Au clair de la lune

Quand j'étais petite, moi aussi j'ai marché sur la lune ! 
Je sais, vous allez dire que j'invente, que c'est l'âge qui me joue des tours, que peut-être je perds un peu la boule... 
Alors moi, je vous assure que pourtant c'est la stricte vérité et je peux le prouver !
- Tu peux le prouver ?
-Je peux !
-A mon avis, elle radote la pauvre ! Ce n'est pas qu'un peu qu'elle perd la boule ! Tu ne crois pas Pierrot ?
-Je suis bien d'accord ! Marcher sur la lune ! Et puis quoi encore ? Je ne sais pas ce qu'elle prend mais c'est costaud !
-Hep ! Je vous entends hein ! Je vieillis mais je ne suis pas sourdingue ! Je vous raconte comment c'est arrivé ?
-C'est ça, raconte, nous sommes toute ouïe, ha ha ha !
- Je me revois encore. Je suis en train de faire mes devoirs, le truc que je détestais le plus au monde à cette époque ! Et là, paf ! Je me retrouve instantanément sur la lune !
- Tu veux dire dans la lune ! De ta part ça ne serait pas surprenant, pas vrai Colombine ?
-C'est sûr mon Pierrot chéri !
- Très drôle ! Non ! J'ai bien dit sur la lune !
-Tu as dit aussi que tu peux le prouver, c'est le moment ou jamais ! Ma Colombe et moi on t'écoute !
- Quand j'étais petite, mes parents me disaient souvent que je n'avais pas les pieds sur terre ! Cette phrase a fini par faire son chemin dans ma tête ! Je me disais que finalement, ce n'était pas drôle d'avoir les pieds sur terre ! Alors ce jour-là, j'ai oublié mes devoirs et  ni une ni deux, je me suis envolée...
- Et ?
- J'ai atterri sur la lune, ou du moins j'ai aluni ! Et je ne suis jamais redescendue !
- Elle se moque de nous je pense Colombine ! A qui on parle là, hein? Une extraterrestre ? Un clone ?
- Tu as raison Pierrot ! Tu ne nous prendrais pas pour des idiots par hasard Anne-Marie ?
-Un peu quand même les tourtereaux !
- Je ne t'ai pas crue, tu sais ! Tu l'as crue toi Colombine ?
- Pas du tout !
- Mais vous m'avez écoutée ! Moralité : si vous voulez garder les pieds sur terre, n'écoutez jamais les histoires d'une rêveuse invétérée ! En revanche, si vous souhaitez vous envoler, suivez-moi ! En route pour la lune !
"Au clair de la lune, mon ami Pierrot
Prête moi ta plume
Pour écrire un mot..."

23 février 2026

Défi N°321 des Croqueurs de môts


Voici ce qu'elle nous propose :
Pour cette semaine vous allez devoir composer avec des consignes bien singulières. Plusieurs éléments à mettre en scène.
Vous commencerez par placer des personnages qui devront faire face à des situations.
Le neveu de Lucienne
Un chômeur hyperactif
Un personnage décide que c’est la dernière fois
Cela se passe parmi des grands singes
Avec un problème : le poisson n’était pas frais
Utiliser des objets : une jupe très courte, un pinceau et un escabeau
texte comique et déjanté recommandé mais vous pouvez en écrire une tragédie grecque.
***

Conversation dans l'espace des grands singes

- Au fait Tarzan tu sais qui j'ai rencontré hier ?
- Ben non Jane, mais dis moi vite, j'ai hâte de savoir !
- Marceau, le neveu de Lucienne !
- Lucienne ? Qué Lucienne ?
- Voyons Tarzan ! Ma vieille copine de lycée qui se prend encore pour une minette de 15 ans avec sa jupe  très courte et ses baskets !
-Ah ! Cette Lucienne là !
-Parce que tu en connais une autre toi !
- Ben oui ! La femme d'Edgar
- Tu perds la boule mon pauvre ! Celle-là, c'est Lucie qu'elle s'appelle ! Elle et son mari ont un fils qui ne fout rien à part courir réclamer du fric à papa maman. Ah pour ça, il sait se démener ! Un vrai de vrai chômeur hyperactif !
- C'est quoi un chômeur hyperactif ?
- Exactement ce que je t'ai dit, quelqu'un qui remue beaucoup pour ne rien faire. Un brasseur d'air quoi ! Un boulot apparemment très crevant !
- Et alors ! Lucie, elle a peut-être un neveu qui s'appelle Marceau !
- Ça changerait quoi puisque ce n'est pas Lucienne. Et moi c'est du neveu de Lucienne dont je te cause ! Marceau le véto !
- Et elle devient quoi Lucienne ? Si je me souviens bien, la dernière fois qu'on a mangé chez elle, le poisson n'était pas frais et la viande carbonisée !
- Tu n'es pas au courant ? Je vois à ta tête que tu n'es pas au courant !
- Ne me fais pas languir Jane, raconte ! Et fais vite parce que les "petits" ont faim !
- Elle s'est cassé la figure en repeignant ses fenêtres ! Elle est tombée de l'escabeau et crac, une jambe cassée. Ça aurait pu être pire ! Elle ne s'en sort pas si mal finalement !
-Comment as-tu appris ça toi ?
- C'est Marceau qui m' a raconté. C'est lui qui l'a retrouvée en allant lui rendre visite ! Un coup de chance. Il l'a entendue. Il taut dire qu'elle braillait comme un putois ! Il a réussi à forcer la porte. Elle était étalée par terre, recouverte de peinture blanche. Tu me croiras si tu veux, elle n'avait pas lâché son pinceau !
- Quelle idée aussi de vouloir tout faire toute seule comme quand elle était jeune !
- C'est bien vrai ! Après cette chûte, elle a juré ses grands dieux que c'était bien la dernière fois qu'elle grimpait sur un escabeau !
- Quelle histoire ! Dis moi, tu l'as croisé où Marceau ?
- Ici, voyons mon chéri ! Tu sais bien qu'il vient une fois par mois vérifier l'état de santé des petits
- Bahhh ! J'étais où moi alors ?
- Toi, tu faisais une grosse sieste avec Rocko ! Vous vous étiez encore gavés de bananes ! Ce grand singe gourmand a une très mauvaise influence sur toi ! Il va falloir que je te mette au régime Tarzan !
- Au régime ? Mais j'y suis déjà ma Jane adorée ! 

09 février 2026

Défi 320 des Croqueurs de mots-Ma participation

 N°320 proposé par Durgalola
J'ai écrit une fable à ma façon en 2024, inspirée par deux messieurs de ma connaissance qui se disputaient les faveurs de la même jeune femme. J'y ai juste ajouté une strophe pour y inclure une des deux expressions proposées par Durgalola
***
"Je me sers des animaux pour instruire les hommes"
Jean de La Fontaine
*
Les deux coqs

Deux coqs se chamaillaient pour une jolie poule
Sous les yeux amusés de tout le poulailler. 
Ils luttaient pied à pied à en perdre la boule,
La coquette ravie, semblait s'en amuser.

- Je l'ai eue avant toi petit, ne t'en déplaise !
Se vantait le plus vieux, dressé sur ses ergots.
- Tu l'as eue en effet ! Eh bien j'en suis fort aise
Vu que c'est moi céans, qui détient le gros lot !

Répondait le plus jeune, le torse bombé.
Dans cette basse-cour vivent d'autres poulettes
Aucune ce me semble ne t'a regardé !
Mais tu n'as plus la cote, Où avais -je la tête ?

Tu te crois coq hardi, or tu n'es qu'un vieux beau !
- Holà ! Ferme ton bec prétentieuse volaille
Sinon je t'écrabouille et je te fais la peau !
- Contre moi vieille barbe tu n'es pas de taille !

- Approche ! Tu vas voir de quel bois je suis fait,
Je m'en vais de ce pas te voler dans les plumes !
- Tu ferais mieux je crois, de déclarer forfait,
C'est toi qui va finir le nez dans le bitume !

Tandis que nos deux coqs, la crête émoustillée,
Se livraient énervés à leur joute verbale,
L'objet de leur querelle, pour finir lassée,
Avec un  coquelet est partie en cavale.

Celui-là n'était pas pelleteux de nuage
A vouloir à tout prix se montrer le plus fort.
Sans combattre et risquer d'abimer son plumage,
Discret il a conquis la poulette aux œufs d'or.

22/02/2024 - 05/02/2026 
©Anne-Marie Lejeune (An'Maï)

12 janvier 2026

N°316- Potion philosophale et ragoût "Chteumeuleu"


Défi 318 proposé par Martine Martin

Je mets ce vieux poème parce qu'il me semble correspondre à l'esprit de ce défi :


Potion philosophale


Dans le chaudron de mon cœur

Je prépare ma potion :

Quelques pincées de bonheur,

Du concentré d’émotion,


Quatre kilos de sourires

Arrosés de bonne humeur,

Quelques morceaux de délire

Un gros bouquet de douceur,


Une poignée de tendresse

Émincée très finement,

J’ajoute de l’allégresse,

De l’humour, très largement.


Pour lier ce doux breuvage

À la fin je mets toujours,

-L’oublier serai dommage-

À profusion de l’amour.


(9/11/2012)

©A-M Lejeune


Et maintenant une recette mijotée tout exprès pour ce défi gastronomique


Le ragoût "Chteumeuleu"


Allumez un grand feu, mettez-y le chaudron

Veillez à ce qu'il soit accroché comme il faut

Il faudra le remplir d'un bon volume d'eau.

En attendant qu'ça "bouille", épluchez des oignons,


Un bon kilo ou deux, c'est selon votre goût !

Pas besoin de saler, laissez couler vos larmes,

C'est c'qui donne au ragoût, sa saveur et son charme.

Vous pouvez ajouter quelques feuilles de chou


Pour votre "Chteumeuleu", choisissez plutôt celles

Qui racontent la joie et les gais faits divers.

Muscade et paprika, dix grains de poivre vert

Rajouteront du peps à ces bonnes nouvelles.


Ah ! J'allais oublier : jetez dans le bouillon

Vos querelles passées, vos soucis, vos embrouilles

Quelques navets dodus  et une belle  d'andouille,

Du venin de commère mais juste un soupçon.


La cuisson atténue l'amer des ingrédients

Qui relèvent  un peu ce bon ragoût de fête.

Sans casser quelques œufs, fait-on une omelette ?

Vous verrez que l'ensemble  en sera plus gourmand !


Laissez tout mijoter, une heure ou deux, ou trois.

Ou quatre, en touillant bien  votre  odorant mélange.

Il suffit de sentir pour que déjà l'on mange ! 

C'est prêt ? Alors savourez -le ce "Chteumeuleu" de roi !


Bon app '



 

01 décembre 2025

N° 316 des Croqueurs de Môts :la panne d'électricité


Défi 316 : Proposé par Josette 
Plus d'électricité. Face à l'inattendu. Suite à un phénomène imprévisible, l'électricité: vient à manquer pour une durée indéterminée. Il vous reste une bougie et des allumettes... Vous nous racontez cette expérience. Avec 4 mots imposés ;Atourneuse - Marsouinage - Tranche montagne.
***
Une soirée tranquille.
19 heures, un début de soirée tout ce qu'il y a de plus tranquille un 1er décembre pluvieux de chez nous dans le Noooord ! Pluvieux et un peu frais il faut bien le dire ! Mais rien de grave, pas de quoi s'en faire ! Nous sommes bien au chaud dans notre logement où les radiateurs fonctionnent impeccable grâce à la fée Électricité. Comme tous nos appareils ménagers au demeurant. Sur la plaque de cuisson mijote notre dîner, une bonne soupe aux châtaignes ramassées cet automne, une petite atourneuse à ma façon comme dit mon mari en parlant de mes recettes. Je ne sais pas où il est allé pêcher ce drôle de mot. Ça lui vient de sa grand-mère maternelle à ce qu'il paraît. Une vieille bretonne opiniâtre qui détestait qu'on la contredise et qui avait un vocabulaire bien à elle. Quand elle parlait de marsouinage, ça n'avait rien à voir avec la pêche au marsouin. Pour elle, le marsouinage, c'était les  éternelles querelles des "bonnes femmes" du quartier qui passent leur vie à s'embarbotter pour des riens. Le genre à faire un tranche-montagne d'un  d'une crotte de souris
Pour en revenir à notre soirée pépère, notre soupe avalée, nous nous installons dans la canapé devant la télé pour regarder la fin de notre série préférée du lundi "Menace imminente", avec Patrick Bruel ! Soudain tout devient noir. Une panne intempestive et générale comme le constate vite fait mon mari en allant jeter un coup d’œil dehors. Plus qu'à attendre que le courant se rétablisse ! Le problème c'est que ça dure et que nous n'avons même pas une lampe de poche. Pour moi, être dans le noir complet, c'est l'angoisse absolue. Je panique tandis que mon mari tâtonne à la recherche de la boîte d'allumette et de l'unique bougie que nous gardons pour ce genre d'imprévu rarissime. Je l'entends se cogner à la table de la cuisine. Il lâche un "merde !" retentissant avant de me rejoindre, victorieux, à peine éclairé par la maigre lueur de la flamme vacillante de la bougie. Une soucoupe, un peu de cire fondue et notre petite chandelle miraculeuse tient debout. Côte à côte sur le canapé, une couverture sur les genoux, nous la regardons se consumer en évoquant d'autres jours comme celui-ci dans notre enfance. Des soirées de panne à la lueur d'une bougie, rassemblés près du poêle à charbon, à une époque où l'électricité n'avait pas encore pris toute la place dans les foyers. La lumière revenue nous trouve endormis, pelotonnés l'un contre l'autre sous la couverture..

22 septembre 2025

N° 311 ces "Croqueurs de môts" - Rosa

 

N°311

Proposé par Jill Bill

Chatte sur un vélo de « Alain Séchas »
(Photo JB Bruxelles 2024)
*
Trois mots imposés : Lavoir, l'avoir, la voir
***
Rosa

Rosa sur son vélo
Au lavoir vite alla
Frotter short et maillot,
Tout ça sans tralala

Vous auriez dû la voir 
La chatte de gouttière
Qui jouait dans le noir
La jolie lavandière

Elle s'en est allée
Comme elle était venue
Sur la route pavée.
Je sais pour l'avoir vue

Fut immortalisée
L'étrange apparition.
Sur son vélo posée
Elle fait sensation !