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11 janvier 2026

Proposition N°108 de Nanou- Manon



- Phrases : chemisier à carreaux - le maire de la commune - un temps de chien - une blouse blanche - allez, asseyez-vous - filet d’eau - un bouquet de fleurs.
- Mots ou expressions : avoir le béguin – bibelots – raire – bugle – animal.
- et/ou Thème : Campagne

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Manon

Avoir le béguin pour Paul Leduc, le maire de la commune qui est également le seul médecin à des kilomètres à la ronde, est le plus compliqué des dilemmes pour Manon, la sauvageonne qui vit seule dans sa bicoque encombrée de bibelots hétéroclites. Une cabane plus qu'une maison à la sortie du village, assez éloignée du centre pour qu'elle s'y sente en sécurité mais encore trop près à son goût pour sa tranquillité. Il ne se passe pas un jour sans qu'un gamin mal élevé ne vienne toquer à sa porte en l'accablant des pires moqueries. "Sorcière ! Boiteuse ! Pouilleuse ! Laideron !".
C'est la campagne profonde ici. Un bois où elle aime se promener à l'aube en jeans et chemisier à carreaux, chaussée de ses vieilles baskets; une petite rivière qui se transforme en filet d'eau lors des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents; des prés pour faire paître les troupeaux, des champs de blé et de pommes-de terre, les principales cultures du coin.... Pas de quoi illustrer une carte postale ! Le village en lui-même, c'est l'église, la mairie-école, la maison du maire qui est également le cabinet où il reçoit sa patientèle avec une blouse blanche à l'ancienne alors qu'il a tout juste la quarantaine ! Trois grosses exploitations agricoles flanquées de leurs habitations cossues, un café-épicerie-dépôt de pain et une cinquantaine de maisons aux murs teintés d'ocre et aux toits de lauses. On a vite fait le tour.
Ici, tout le monde connaît tout le monde. Et tout le monde clabaude à qui mieux mieux sur la pauvre sauvageonne qui vit seule, comme un animal pestiféré dans sa cabane délabrée depuis la mort de son père, un alcoolique notoire. Sa mère n'est pas morte mais c'est tout comme puisqu'elle s'et enfuie avec un autre homme en la laissant avec son géniteur. Elle n'avait que 12 ans et à partir de ce jour, sa vie avec ce dégénéré a été un enfer. Il n'a jamais abusé d'elle en revanche, il la battait comme plâtre à tout propos et pour couvrir ses pleurs, il jouait du bugle à tue-tête. L'instrument maudit est tout ce qu'il lui a laissé ! Ça et la jambe droite déformée, cassée l'année de ses 16 ans, un soir où il était rentré ivre-mort. Sans soins, l'os s'était réparé à la va comme je te pousse. C'est depuis ce temps-là qu'elle claudique, d'où le triste surnom. de boiteuse, entre autres. 
Les quelques sous qu'elle gagne, c'est en faisant le ménage deux fois par semaine, à cinq kilomètres de là, chez une vieille dame de la ville voisine où personne ne la connaît .C'est là-bas qu'elle fait des courses de première nécessité. Le reste du temps, pour se nourrir, elle chasse du petit gibier, ramasse et cueille ce que la nature lui donne gratuitement. Pour s'habiller, elle accepte sans aucune honte les vêtements que d'anonymes bonnes âmes déposent parfois dans des cartons sur le pas de sa porte quand elle n'est pas là..  Il y en a peu mais il y en a ! Il arrive que quelques vivres soient ajoutés à ces dons.
Il fait un temps de chien ! Manon tousse à s'en déchirer la poitrine. Hier elle a voulu aller se cueillir un bouquet de fleurs des champs et elle a pris froid. Elle entend raire le grand cerf dans le bois. L'automne sera bientôt là, puis l'hiver... Elle ne peut laisser la maladie s'installer. Il faut qu'elle aille consulter le trop séduisant médecin de campagne dont elle s'est si vite éprise l'année passée, lorsqu'un chien errant a mordu férocement sa jambe torse. Alors qu'il faisait  sa tournée quotidienne, c''est lui qui l'a retrouvée, inanimée, sur le chemin du village. En reprenant connaissance, c'est son beau visage inquiet qu'elle a vu penché vers elle. Coup de foudre instantané pour elle ! Sous le choc et malgré la douleur,  elle  a tenté de s'enfuir. Il l'a rattrapée sans peine, l'a fait monter dans sa voiture et l'a ramenée chez elle. Là, il l'a  soignée sans rien lui demander en retour, lui faisant promettre de venir le voir au moindre souci de santé. Elle ne l'a pas revu depuis.
Elle attend son tour sous les regards  aussi curieux que  dégoûtés des autres patients. "La sorcière, ici !" semblent-ils dire. 
Il sort, la fait entrer sans même la regarder. "Allez, asseyez vous" Dit-il. Puis il lève enfin les yeux.
" Vous ?" Lâche-t-il dans un souffle, l'air à la fois étonné et heureux.
Manon sait à présent que le coup de foudre n'a pas été à sens unique.

27 décembre 2025

Valse des mots N°15 de Nanou-Cloup-Cloup


réciproquement – intégrer – grenouille – hiver – détacher – remerciements - imaginaire - éclater – ébrouer – criminelle.
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Cloup-Cloup

C'est l'hiver au Pays imaginaire, le royaume de Cloup-Cloup la grenouille. Il faut bien intégrer que ce monde n'existe que si vous faites l'effort d'y croire. Et réciproquement. Pourquoi ? Parce que ces deux mondes ne peuvent coexister si l'un des deux décide de nier l'existence de l'autre. Si demain Cloup-Cloup, reine incontestée du Pays imaginaire, proclame du haut de son trône que seul est réel son royaume, pouf ! Nous disparaitrons illico presto. Et réciproquement ! En effet, il suffit que s'efface définitivement en chacun de nous ce qui subsiste de notre âme d'enfant pour faire éclater en une criminelle seconde, la bulle qui protège tous les pays imaginaires de la planète, là, juste derrière le miroir magique.
Pas d'inquiétude pour l'instant, tout va bien dans l'univers de Cloup-Cloup qui n'en finit pas de s'ébrouer comme un chien mouillé, pour détacher de sa robe verte toutes les gouttes givrées que son bain matinal y a laissé. Après s'être un peu séchée mais pas trop tout de même- n'oublions pas que c'est une grenouille - elle enfile sa robe de chambre rouge et s'installe devant son miroir afin de s'apprêter pour la journée qui commence. Maître Crapaudin, son valet de chambre attitré, frappe discrètement. "Entrez !" Coasse-t-elle joliment. Il entre, la salue avec un grand respect et dépose cérémonieusement sur le lit royal, la couronne sertie d'émeraudes et la robe d'apparat du même vert scintillant , rebrodée de perles de rosée, de sa bien aimée souveraine
Aujourd'hui, Sa Majesté Cloup-Cloup, reine du Pays imaginaire sorti tout droit de ma tête pour mes petites-filles, reçoit ses sujets en son palais de verdure. Assise sur son trône de jaspe et d'ambre, elle va écouter avec patience et compréhension, les doléances de son peuple pour l'année écoulée. Elle va également recevoir sous forme de menus présents choisis avec amour, ses remerciements pour ses bienfaits. Ce n'est pas pour rien que tous  ses sujets sans exception, l'appellent "La bonne reine".
Devant mon miroir, je m'apprête pour le réveillon du Nouvel an. Une touche de maquillage, deux gouttes de parfum...Je souris, heureuse au reflet de Cloup-Cloup qui me fait face, souriante, elle aussi. Je souffle un peu de buée sur la surface brillante. j'y dessine un cœur et j'écris : "Bonne année Cloup-Cloup". " Bonne année ! Merci à toi de m'avoir inventée, grâce à toi et à tes petites filles, j'existe !" Me répond-elle en coassant joyeusement.
C'est vrai ! Mes petites filles on grandi mais je sais que Cloup-Cloup la grenouille vit toujours dans leur mémoire.
***
Bonne année à venir à toutes et tous
Que votre imaginaire continue à vibrer en vous.
Bisous du cœur.
                                                                
Anne-Marie
 

16 décembre 2025

Anagramme N°13 de Nanou-Nicolas

Anagramme n°13

ABANDONNER

Les mots trouvés sont en rouge dans le texte


Nicolas


Tous les sens aux aguets, Nicolas, garde forestier de son état, aborde sa ronde matinale quotidienne dans la forêt du village, à l'affût d'éventuelles traces d'incivilités laissées par les promeneurs de la veille. Il faut avouer que parmi eux, il y a ceux qui respectent la nature et ceux qui la prennent pour une poubelle. Il n'y a pas si longtemps, il a croisé une bande de jeunes désinvoltes qui avaient abandonné leurs canettes de bière vides sur le sentier bordé de fougères. Un abandon conscient, preuve de leur total irrespect de la nature. Et puis il y a les braconniers qui se servent sans scrupule au mépris des lois. Le gibier abonde alors pourquoi se priver, pas vrai ? Quand il en chope un qui rôde là où il ne faut pas, la gibecière pleine, je vous jure que ça barde pour lui. Nicolas est malheureusement abonné à ces infractions qui l'obligent à sévir même quand c'est un de ses vieux potes qui les commettent ! Ce qu'il a le plus de mal à maîtriser, c'est l'onde de colère qui s'empare de lui quand il tombe sur un mégot mal éteint, comme celui qu'il a encore ramassé hier au milieu du feuillage doré qui tapisse le sous-bois en cette fin de novembre très sèche pour la saison. Cette inconscience crasse a le don de le mettre en rage ! Un brandon jamais éteint dans son cœur. Il y a tellement d'abrutis qui n'ont rien dans le ciboulot ! Mais ce matin, tout est calme. Les lève-tôt qu'il croise d'habitude, ont préféré rester au chaud. Le frimas précoce brode ses festons givrés sur les dernières feuilles. L'automne donne son ultime spectacle avant que l'hiver n'entre en scène à son tour. Plus que tout, Nicolas aime s'abandonner à ces instants privilégiés où la forêt n'appartient encore qu'à lui.

04 décembre 2025

Un thème ,4 mots N°4- Ma participation-Mes 90 balais à l'EHPAD

 

4/ Soirée d'anniversaire
Légume - Évidemment - Veiller - Ancien

 

Mes 90 balais à l'EHPAD

 

Ah, je m'en souviendrai longtemps. Euhhh... Peut-être plus aussi longtemps que ça vu mon âge ! Évidemment, toute ma famille était là, du coup. Enfants encore vivants, petits enfants et arrière-petits enfants autour de moi, ça faisait du monde à la cantine. Et un barouf de tous les diables qui n'a pas dérangé madame Verdure qui est plus sourde qu'un pot ! Le personnel de l'EHPAD aux petits soins pour nous tous, s'est efforcé de veiller au bon déroulement de cette fête qui revêtait un caractère exceptionnel puisqu'elle se déroulait en soirée Quand on sait qu'ici c'est coucouche panier vers 19h30, 20 h au plus tard, c'était vraiment une soirée exceptionnelle ! Fernand Dugard, l'Ancien comme on l'appelle, parce qu'il a 102 ans, paradait comme un vieux coq de basse cour en claironnant : "Mon vieux Raymond, je te souhaite de vivre aussi longtemps que moi ! Mais rappelle toi que si je suis si bien conservé, je ne le dois pas à l'éternelle soupe aux légumes ultra mixés qu'on nous sert ici !"
Ça, je le sais ! S'il tient la forme, c'est plutôt grâce aux petits coups de jaja qu'il s'enfile en douce ! Il cache si bien ses bouteilles qu'aucun membre du personnel n'a jamais réussi à mettre la main dessus ! Moi, je sais où il les planque mais je la boucle parce qu'il partage avec moi ! Comme il dit, mourir de ça, c'est quand même mieux que de succomber au choléra. Aujourd'hui, ce serait plutôt au Coronavirus non ?
Mon gâteau, de belle taille - mes enfants avaient prévu grand -j' ai pu le partager avec tout le monde ! Même cette vieille grincheuse de Marguerite Antonin que nous surnommons tous "la mère Tintouin" parce qu'elle en fait pour tout et pour rien,, n'a pas craché dessus !
Une belle soirée d'anniversaire comme je n'aurais plus tant l'occasion d'en vivre, je pense ! Carpe diem !


01 décembre 2025

N° 316 des Croqueurs de Môts :la panne d'électricité


Défi 316 : Proposé par Josette 
Plus d'électricité. Face à l'inattendu. Suite à un phénomène imprévisible, l'électricité: vient à manquer pour une durée indéterminée. Il vous reste une bougie et des allumettes... Vous nous racontez cette expérience. Avec 4 mots imposés ;Atourneuse - Marsouinage - Tranche montagne.
***
Une soirée tranquille.
19 heures, un début de soirée tout ce qu'il y a de plus tranquille un 1er décembre pluvieux de chez nous dans le Noooord ! Pluvieux et un peu frais il faut bien le dire ! Mais rien de grave, pas de quoi s'en faire ! Nous sommes bien au chaud dans notre logement où les radiateurs fonctionnent impeccable grâce à la fée Électricité. Comme tous nos appareils ménagers au demeurant. Sur la plaque de cuisson mijote notre dîner, une bonne soupe aux châtaignes ramassées cet automne, une petite atourneuse à ma façon comme dit mon mari en parlant de mes recettes. Je ne sais pas où il est allé pêcher ce drôle de mot. Ça lui vient de sa grand-mère maternelle à ce qu'il paraît. Une vieille bretonne opiniâtre qui détestait qu'on la contredise et qui avait un vocabulaire bien à elle. Quand elle parlait de marsouinage, ça n'avait rien à voir avec la pêche au marsouin. Pour elle, le marsouinage, c'était les  éternelles querelles des "bonnes femmes" du quartier qui passent leur vie à s'embarbotter pour des riens. Le genre à faire un tranche-montagne d'un  d'une crotte de souris
Pour en revenir à notre soirée pépère, notre soupe avalée, nous nous installons dans la canapé devant la télé pour regarder la fin de notre série préférée du lundi "Menace imminente", avec Patrick Bruel ! Soudain tout devient noir. Une panne intempestive et générale comme le constate vite fait mon mari en allant jeter un coup d’œil dehors. Plus qu'à attendre que le courant se rétablisse ! Le problème c'est que ça dure et que nous n'avons même pas une lampe de poche. Pour moi, être dans le noir complet, c'est l'angoisse absolue. Je panique tandis que mon mari tâtonne à la recherche de la boîte d'allumette et de l'unique bougie que nous gardons pour ce genre d'imprévu rarissime. Je l'entends se cogner à la table de la cuisine. Il lâche un "merde !" retentissant avant de me rejoindre, victorieux, à peine éclairé par la maigre lueur de la flamme vacillante de la bougie. Une soucoupe, un peu de cire fondue et notre petite chandelle miraculeuse tient debout. Côte à côte sur le canapé, une couverture sur les genoux, nous la regardons se consumer en évoquant d'autres jours comme celui-ci dans notre enfance. Des soirées de panne à la lueur d'une bougie, rassemblés près du poêle à charbon, à une époque où l'électricité n'avait pas encore pris toute la place dans les foyers. La lumière revenue nous trouve endormis, pelotonnés l'un contre l'autre sous la couverture..

30 novembre 2025

Homonyme n°12 de Nanou - Arsène

Écrire un texte avec les homonymes :
arrhes, art, are, hart, ars.
et/ou
Si je vous dis ARSOUILLE vous pensez à quoi. Écrire un texte avec ce mot et ceux qui vous sont venus à l’esprit.

Arsène

Mon pauvre Arsène, quel arsouille tu fais ! Piètre magouilleur, piètre fripouille, petit voyou de bas étage, tu n'es pas à la hauteur de celui dont tu portes le prénom, l'illustre Arsène Lupin, prince des voleurs. Tu n'en as ni l'art, ni la manière. Si l'on devait vous comparer à un champ, lui ferait plus d'un hectare, toi à peine un are ! Tu te prends pour un bandit de grand chemin parce que tu as réussi à piquer le portefeuille de quelques touristes sur la place du Trocadéro sans te faire prendre ou encore à arracher le sac d'une vieille dame, tout ça pour 20 euros ! Non mais tu t'es vu ? Tu parles d'une crapule ! Tu crois que ça mérite d'être saigné aux ars ou de connaître la morsure du hart sur ton maigre cou ? Tu te fais des illusions si tu t'imagines qu'un éditeur qui se respecte, te versera des arrhes pour ce bouquin censé raconter tes exploits. Rien qu'en lisant  le titre, je rigole : "Arsène Dupin, roi des pickpocket". Allez, arrête de jouer les canailles, tu n'as pas les épaules pour ça ! Et rentre à la maison,  maman se fait un sang d'encre pour toi !


26 septembre 2025

Atelier N°258 de Ghislaine - Cold cases

Sujet 1 .Heure, tôt, tard, après, surtout, avant.
Sujet 2. Certaine, pourquoi, dans, autre, fois, selon.
Sujet 3. Texte avec mots commençants par "" ou "" :
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Cold cases

Il y a un dicton populaire que Philomène Larivière s'est totalement approprié : «L'heure, c'est l'heure ! Avant l'heure, c'est pas l'heure, après l'heure, c'est plus l'heure !». Qu'il fasse froid ou chaud, que ce soit l'hiver ou l'été, qu'elle ait bien ou mal dormi et surtout quelle que soit l'heure à laquelle elle s'est couchée, elle se lève chaque matin à 5 heures tapantes et se met à l'ouvrageAujourd'hui elle est en repos mais pas question de déroger à ses sacro-saintes habitudes. Un à un, elle ouvre les dossiers des affaires non élucidées, dans l'ordre exact elle les a rangés la veille, chaque fois le même : du plus ancien au plus récent. Tous ces crimes qu'elle n'a pas encore résolus, sont des oursins dans le caviar de sa vie, des outrages à sa perspicacité reconnue autant par ses pairs que par ses ouailles, comme elle se plaît à nommer Xavier et Agathe. 
«Allez ouste, au boulot !» Se dit-elle en saisissant résolument le premier dossier de la pile. Elle est certaine que dans les pages rassemblées elle trouvera tôt ou tard un indice, un détail qu'elle aurait oublié  et qui lui permettrait de ré ouvrir l'enquête. Elle n'a pas l'outrecuidance de penser qu'elle est la seule capable de résoudre ces maudits cold cases, ce serait comme croire qu'elle peut vaincre seule un ouragan ! Voilà pourquoi, régulièrement elle fait appel à l'un ou à l'autre de ses fidèles lieutenants, selon leur disponibilité, pour l'aider dans sa recherche de la vérité. Jamais elle n'outrepasse les limites en profitant de sa position de cheffe incontestée pour les déranger à tout propos hors de leurs heures de service. Agathe et Xavier ne sont pour elle ni des ouvriers à sa disposition, ni des outils utilisables à volonté. Elle les considère plutôt comme d'excellents collègues de travail qu'elle respecte pour leur efficacité et pour leur pugnacité. Eux non plus ne renoncent pas facilement ! Mais il viennent de se marier et sont en voyage de noce à Ouarzazate. Si c'est moins loin que les montagnes de l'Oural ils rêvaient de se rendre, c'est encore trop loin pour Philomène qui s'avoue qu'elle poussera un ouf de soulagement quand les tourtereaux rentreront ! En attendant, elle doit se débrouiller sans eux ! 
Ouille ! Déjà 10 heures du mat' ! Il faut qu'elle se glisse dans ses draps blancs ourlés à la main, par sa défunte mère. Cinq heures de taf sans interruption, soutenue par des litres de café décaféiné, puis 3 heures de repos. Un repas sur le pouce à 13 heures et hop, elle se remettra au boulot jusqu'à 20 heures. Elle mangera vite fait avant de se replonger dans ses affaires classées jusqu'à minuit au mieux, jusqu'à 2 heures du mat' dernier carat ! C'est le rythme d'enfer qu'elle s'impose quand elle est en repos depuis....
«A l'ouest rien de nouveau, demain il fera jour !» Se dit-elle en refermant le mince dossier étiqueté: « Meurtre de Marc Demolin-28 septembre 2015» dont l'auteur n'a jamais été retrouvé. D'un pas pesant, recrue de fatigue et rejointe par ses souvenirs, la commissaire Philomène Larivière, veuve Demolin, monte dans sa chambre et s'allonge sans même se déshabiller, dans le lit froid où depuis 10 ans, plus personne ne l'attend.
 

16 septembre 2025

Logorallye N°3 de Ghislaine - L'assassin de la Saint--Jean

Ma chère Gigi, ne pas faire un de tes ateliers, ce serait comme te faire faux bond alors que tu as toujours été là pour moi, du coup je m'y suis mise pour te faire plaisir  même si mon histoire est aussi noire que mes pensées.
Bisous à toi ma copine.
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L'assassin de la Saint -Jean

Subtile et sagace, telle est Philomène Larivière, chacun s'accorde à le dire. A cela, on peut ajouter tenace et dotée d'une patience à toute épreuve pour dénouer les fils d'une enquête difficile. Ces qualités conjuguées à la sagesse avec laquelle elle sait maintenir la cohésion dans son équipe, font d'elle une adversaire redoutable pour les voleurs, violeurs et assassins de tous poils qui ont le malheur de se retrouver un jour entre ses griffes acérées. L'auteur du crime sauvage qui venait d'être commis dans la petite station balnéaire ou elle se reposait d'une année difficile, ne savait pas encore que sa pire ennemie était dans la place, alors il dormait heureux son horrible forfait accompli.
Il n'en était pas à son premier meurtre et comme pour les quatre autres femmes qu'il avait déjà froidement trucidées, il s'était montré très habile. Il ne tuait jamais sur un coup de tête. Sans honte ni aucun état d'âme qui puisse le gêner aux entournures, il choisissait méthodiquement sa proie puis, aussi méthodiquement, il programmait sa mise à mort, à la Saint Jean, jour de la foire annuelle qui rassemblait une cohorte de colporteurs susceptibles de diriger sur eux les soupçons de la police. A dessein, il ne s'attachait pas à un style particulier, ni à une tranche d'âge définie. De la jeune fille à peine nubile à la mamie au dos voûté, de la très belle à la très moche, pourvu que ce soit une femme, il décidait qui serait sa prochaine victime et il s'en tenait là ! Premier magistrat de la commune, il n'avait pas besoin de se cacher pour les observer à loisir tout en échafaudant le plan machiavélique qui lui permettrait de commettre son crime en toute impunité. Paul Baraton était un quinquagénaire sympathique, pas mal de sa personne, liant, très aimé de ses administrés parce que toujours à l'écoute de leurs difficultés. Voilà quinze ans qu'il était marié à Jeannine Montout, la fille unique de l'ancien maire auquel il avait succédé. Ils avaient quatre enfants très bien élevés, deux garçons et deux filles qui faisaient leur fierté de parents. Il avait tout pour être heureux alors pourquoi le besoin de tuer des femmes sans aucun mobile apparent, s'était il emparé de lui sans crier gare cinq ans auparavant ?
Quand il s'est fait arrêter pour le meurtre de Mélanie Durieux, célibataire de 40 ans et secrétaire de  la mairie, au terme des investigations poussées de Philomène et de son équipe, le lieutenant Xavier Baudry et sa coéquipière Agathe Clermont, il a été incapable de répondre à cette question. Pour le reste, son avocat a bien tenté de lui conseiller de se taire, il a tout déballé d'un coup comme on vomit un flot de bile : les quatre premiers féminicides et celui là, le dernier de la série, élucidé par une femme qui plus est. Un comble pour lui. 
Quand les gendarmes l'ont emmené pour le conduire en détention, il hurlait des injures ordurières à faire rougir la plus coriace des commissaires. 
Durant son procès, la défense a plaidé la folie. Les jurés ne l'ont pas suivi. Paul Baraton a écopé de la perpétuité.

13 septembre 2025

Sujet N°152 de Mil et une suite-Hector et Caroline


Hector et Caroline

Un guéridon usé dont la peinture blanche quelque peu défraîchie. s'écaille, comme celle du mur derrière lui. Sur un livre posé, un vase où trois fleurs finiront fanées. Deux chaises de bistrot et leur galette bleue sur un parquet ancien qui ne dépare pas avec le reste... Le décor est brossé. Il attend les acteurs de la pièce qui va se jouer ici. Ils se sont donnés rendrez vous en ce lieu suranné qui les attend pour se réveiller.
Hector sera assis bien droit sur la chaise contre le mur. Pour la circonstance, il aura revêtu son costume le plus chic : noir à fines rayures blanches, chemise au col empesé rehaussé d'un nœud papillon. Sur la table, il posera son chapeau melon et ses gants, assortis à son complet des grands jours. Il aura apporté un bouquet de roses rouges, comme celle en bouton qui ornera la pochette de sa veste, côté cœur. En face de lui, Caroline émue, attendra le rouge aux joues qu'il se déclare. Plus belle que jamais dans son ensemble vieux rose, un adorable bibi à voilette sur son chignon dont quelques boucles blondes encadreront son visage, elle posera ses mains gantées de dentelle blanche sur ses genoux pour les empêcher de trembler.
Ce sera leur premier vrai rendez-vous, celui qui décidera de leur avenir commun à une époque où les codes très stricts, clament haut et fort qu'on ne badine pas avec l'amour.
Bientôt, les trois coups vont retentir et va pouvoir commencer l'histoire de Caroline et d'Hector.

08 septembre 2025

N°310 des Croqueurs de môts - Trouvaille au bois


Qu’avez vous fait pendant cette longue escale caliente ? Eh bien vous vous êtes baladés et vous avez trouvé au cours de votre rando une vieille chaussette. Elle était dans les fougères, sur la mousse, accrochée à une branche, au sommet du Ventoux ou dans la mare des canards. A vous de nous expliquer ce que cette banale chaussette pouvait bien faire là.
***

 

Trouvaille au bois

Le bois où j'aime me balader recèle parfois bien des mystères ! Enfin si c'est ainsi qu'on peut appeler les trucs pas très jolis qu'on y trouve, abandonnés là par des indélicats qui confondent la nature avec une poubelle : canettes de bière, boites de coca cabossées, emballages divers et variés, paquets de cigarettes vides... Une fois, avec une de mes petites filles, nos avons compté plus de cent déchets d'origine humaine sur moins d'un kilomètre de sentier ! C'est moche, pour ne pas dire dégueu, totalement irrespectueux du lieu et de la faune qui l'habite. Je déteste mais même si je désapprouve un tel irrespect, du moins la présence de ces déchets là est-elle explicable ! On boit un coup, on jette. On mange un bout, on jette ! Quoi de plus normal en somme ! Il semble que ce soit dans la nature humaine de dégueulasser son environnement ! Si je ne mâche pas mes mots, c'est que je suis colère comme disait ma grand-mère ! En revanche, voir une vieille chaussette accrochée à une branche qui n'en demandait pas tant, je ne comprends pas ! C'est l'étrange trouvaille que j'ai dernièrement faite ! Étrange parce qu'il n'y en avait qu'une et qu'on ne pouvait la manquer tant elle était bariolée. Vous savez, le genre de longue chaussette à rayures de toutes les couleurs, taille 45, qu'aurait pu porter un clown, pas une simple promeneur du dimanche. Et même si...Pourquoi aurait-il abandonné là une seule de ses chaussettes ? A moins que....Clown ou promeneur original, le monsieur en question se soit rhabillé un peu vite fait après une pause mouvementée avec sa belle et que dans la précipitation, il ait oublié d'enfiler sa deuxième chaussette ! J'ai failli cueillir cette drôle de fleur mais je l'ai laissée où elle était. Si le clown-promeneur repasse par ici, il retrouvera peut-être sa chaussette manquante à sa branche accrochée.

04 septembre 2025

Un thème-Quatre mots N°2-Ma participation - Un amour éternel

2/Déclaration d'amour
Survivre - Errances - Trempé - Cachette


Un amour éternel

Je t'aime vieille branche. Tes cheveux sont blancs tout comme les miens mais je t'aime autant qu'au premier jour. Ce que notre amour a perdu en fougue, il l'a gagné en profondeur. Sans toi, je ne ferais que survivre. Tu m'as sauvée de mes errances à une époque où je n'étais pas si loin de me perdre.
Je te revois encore le jour de notre premier rendez-vous. Tu m'attendais, trempé de pluie à la sortie de l'école où, toute jeune institutrice, j'enseignais l'orthographe, la conjugaison, le calcul et les bonnes manières à une bande de gamins pour lesquels le futur, ça semblait si lointain ! Nous nous étions à peine reconnus comme des âmes sœurs à jamais liées, que nous avons dû nous séparer. Une maudite guerre t'a emmené loin de moi. Nous nous écrivions au moins une fois par semaine. Je tremblais pour toi et toi pour moi quand tu as appris que j'étais enceinte. Nous n'étions pas mariés. Mes parents voulaient que je le fasse "passer" cet enfant de toi qui pour eux, était synonyme de honte pour notre famille. J'ai tenu bon, devant eux et à la face de tout le village qui me montrait du doigt. Ce petit dans mon ventre, était tout ce qu'il me resterait de toi si par malheur tu ne revenais pas. Je vivais chez mes parents en attendant ton retour. Chaque lettre que je recevais de toi rejoignait sa cachette : un coffret où j'avais mis la bague de pacotille que tu m'avais donnée avant de partir, en me promettant de m'en offrir une vraie dès que tu serais rentré. Et tu as fini par revenir mon Charles adoré. Notre Louis avait déjà trois ans. Nous nous sommes mariés. Marguerite, puis Marie et Guillaume, les jumeaux, ont suivi Louis. Nous sommes devenus grands-parents, et arrière-grands-parents. Le bonheur quoi !
Je t'aime vieille branche et je sais que pour toi, c'est pareil, même si ta pudeur légendaire t'empêche souvent de me le dire.


 

01 septembre 2025

Sujet N°110 pour Filigrane - Retour vers le futur

Retour vers le futur

        Avec leur cher papa, Meg, Jo, Beth et Amy, les quatre filles du Docteur March, qui soit dit au passage, n'est pas docteur mais pasteur, font un voyage dans le Temps totalement inattendu. En manteaux à carreaux et chapeaux élégants, les quatre demoiselles font la queue devant un guichet pour reprendre un train qui les ramènera à Concord où elles ont vécu leur enfance et connu les heures sombres d'une terrible guerre fratricide.
        Cette étonnante aventure a commencé tout à fait par hasard. Ayant fait leur vie chacune de leur côté, les quatre sœurs ont décidé d'entreprendre ensemble un genre de pèlerinage à Concord, la ville qui les a vu naître. Elles ont accepté que Robert, leur père les accompagne. Lui aussi voulait revoir la ville où il avait été pasteur. Elles sont donc parties de Washington où se sont installés leurs parents. Mary March n'a pas voulu se lancer dans un tel périple ! 
        En route pour le Massachussets, à mi-chemin de leur destination, leur train brinquebalant a été pris dans un violent orage. Il faisait tellement sombre qu'on aurait pu croire que la nuit était tombée. De gros dégâts sur la voie ont obligé le train à s'arrêter dans une gare perdue...presque un siècle plus tard ! Tout a changé sans même qu'elles s'en soient rendu compte : le train, le décor, leurs tenues à la pointe d'une mode qui n'a plus rien à voir avec leurs longues robes si peu commodes...Elles sont descendu de leur wagon pour en avoir le cœur net. Leur père les a suivies, aussi bouleversé qu'elles. Il faut reconnaître que commencer un voyage en 1868 et être catapulté en cours de route près d'un siècle plus tard, a de quoi terrifier même quelqu'un d'aussi téméraire que Jo par exemple ! Laquelle aurait pourtant bien aimé explorer un peu plus cette époque bizarre, image d'un futur qu'elle n'aurait jamais pu aborder sans cette défaillance du flux temporel ! Un sacré roman à écrire ! Mais ses trois sœurs et son père n'ont qu'une envie, retrouver leur monde, leur siècle, leur vie bien rangée. Dans celui-ci ils ne se sentent pas à leur place ! Le journal qu'a acheté Robert avec l'argent qu'il a trouvé dans une des poches de sa veste, parle d'un conflit mondial qui a eu lieu quelques années auparavant. Une guerre tellement plus cruelle et meurtrière que celle qu'il a connue ! Les hommes de ce temps sont devenus fous !
        «Nous devons rentrer à Washington ! Votre mère, vos époux nous attendent ! » A-t-il décrété. Montrer son autorité paternelle lui fait oublier sa terreur grandissante à l'idée que ce soit impossible !
        Amy s'occupe des billets de retour. Meg et Beth tournent le dos . Regardent-elles vers ce passé qu'elles ont quitté, alors que Jo, la plus intrépide des quatre est résolument tournée vers le futur ? Le nez dans son journal, leur père prie intérieurement qu'aucun orage ne vienne perturber leur retour. Sans savoir d'où lui vient cette idée, il soupçonne en effet cet épisode météorologique tumultueux d'avoir changé le cours du Temps.
         Le train arrive enfin ! Les cinq voyageurs égarés en 1950 s'y engouffrent, soulagés. Ils sont si épuisés par leur étrange aventure qu'ils ne tardent pas à sombrer dans un sommeil de plomb.
        Ni les quatre jeunes femmes ni leur père ne se doutent que ce voyage de retour va effectivement les ramener à Washington en...2025 !

©An'Maï