14 mars 2026

N°177 de Mil et une- Ma participation

 Avec le mot facultatif : Chaîne
 Je vous raconte ici un réel souvenir d'enfance revenu instantanément  à  ma mémoire en regardant cette image. J'ai sciemment omis le côté actuel donné par les voitures qui suivent  les roulottes.
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Les romanichels

Je me souviens, quand j'étais petite, nous les gosses, nous attendions leur venue avec impatience. Avec eux, c'est un peu de rêve qui arrivait au village porté par ce vent de liberté qui pousse celles et ceux qui ont brisé les chaînes d'une société policée, établie, convenable. Leurs roulottes aux couleurs vives, tirées par des chevaux, attiraient nos regards. Nous les appelions les romanichels, les romanos comme on disait de façon péjorative. S'ils faisaient rêver les gamins, ils faisaient peur à la plupart des adultes Pour eux, les romanos étaient des pouilleux, des voleurs de poules, des pas grand chose qui n'amènent que des ennuis là où ils se pointent. 
Ahhh on allait la surveiller de près la maison tout le temps qu'ils seraient là !
Certains avaient des chaussures mais beaucoup allaient pieds nus, surtout leurs enfants qui étaient beaux comme des soleils mais qui faisaient presque aussi peur que leurs parents !
- Regardez moi ça m'âme Michel ces mioches dépenaillés et sales comme des peignes ! Y'en a sûrement pas un qui sait lire ou écrire là-dedans !
- Vous avez raison ! Une honte ! Et leur tignasse doit être pleine de poux ! Faut pas laisser nos enfants les approcher sinon ils en attraperont, ça c'est sûr ! Parole, c'est que d'la vermine ces gens là, j'vous l'dis !
- Et les femmes, vous avez vu comment elles exhibent leur poitrine ! Elles se croient où là ? On est des gens civilisés nous ! Des bons chrétiens, pas vrai monsieur le curé? 
Et de se signer à tout va pour se préserver des mauvais sorts que jettent "ces gens-là", c'est bien connu !
- Et je vous parle pas des hommes qui vous regardent de haut comme s'ils étaient les rois du monde alors que ce sont des voleurs, des bagarreurs, des moins que rien ! Il paraît même qu'ils volent les enfants !
Et bla bla bla et bla bla bla... Le pire soûlot du village faisait figure se saint homme face à " Ces étrangers venus d'on ne sait où monsieur le maire ! Faut faire quelque chose !"
Oh oui je me souviens de ce temps là ! Le soir nous allions en douce les voir installer leur campement. Ça riait, ça parlait fort avec un accent indéfinissable, ça chantait au son du violon et de l'accordéon. Les femmes et les petites filles dansaient autour du feu en faisant tournoyer leur longue jupe...
Je me souviens aussi que peu de villageois manquaient à l'appel quand les romanichels exécrés se transformaient en saltimbanques pour donner leur spectacle sur la place, entre l'église et la mairie. 
 -C'est qu'on a si peu de distraction ici , m'âme Michel !
Une chèvre, un chien savant, un cheval et sa jolie écuyère virevoltant au son du violon, quelques acrobaties et le tour était joué. On oubliait jusqu'à la prochaine fois les méchancetés prononcées à leur arrivée. On applaudissait et on mettait sa petite pièce quand le panier passait parmi les spectateurs. Pour un soir, ils devenaient les comédiens de la chanson d'Aznavour. Le lendemain, il repartaient comme ils étaient venus dans leurs roulottes colorées.


10 mars 2026

L'anagramme N°15 de Nanou- Serge


BAGARREUSE 

Serge

Serge 38 berges bien sonnées, est ce qu'on appelle un beau gars. 1,80 mètres de muscles taillés au sabre, sans une once de gras, ce qui est plutôt pas mal à l'aube de la quarantaine ! Aujourd'hui, il est sage et n'aurait tendance à abuser que du beurre sur une épaisse tranche de pain frais et croustillant ! De ça et de la garbure, son plat préféré. Pour ne pas succomber, il s'impose un drastique serrage de ceinture ! Si je dis aujourd'hui, c'est parce qu'il n'a pas été  de tout temps cet homme -là ! Avant de s'assagir, Serge était un rageur prompt à la castagne. Il traînait dans les rues de la ville, toujours prêt à arguer d'une bonne excuse pour se ruer , poings dégainés, sur un rival. L'éternelle guerre des bandes, il ne connaissait que ça ! Et il buvait plus que de raison !
Sa piaule ressemblait d'avantage à une auge à cochons qu'à un logement digne de ce nom. Il y rentrait ivre mort quasiment chaque soir, après avoir écumé tous les bars du coin dont il était un très fidèle usager ! Il y buvait jusqu'à tomber par terre et quand le barman n'arrivait plus à le gérer, il le jetait dehors où le jeune alcoolique allait gerber son trop plein dans le caniveau ! Combien de nuits en cellule de dégrisement a-t-il passées, il ne saurait en faire le compte. Sans oublier un nombre impressionnant de garde à vue pour trouble de l'ordre public. Ce qui l'a fait réagir, c'est la peine de prison dont il a écopé après avoir roué de coups un agent qui tentait de le maîtriser. A sa sortie, il s'est regardé dans un miroir et ne s'est pas reconnu. «Il faut que je me barre d'ici, ça commence à urger grave !» S'est il dit, choqué par son reflet hagard et bouffi ! C'est à ce moment précis qu'il a troqué son âme bagarreuse pour celle d'un repenti décidé à mener sa barge vers une eau plus tranquille ! Ça n'a pas été simple et surtout, le sevrage a été long mais il a tenu bon !
Voilà pourquoi Serge est devenu berger, un métier pas facile qui le rend plus heureux qu'il ne l'a jamais été. Le plein air, la montagne, les arbres, sa bergerie, son chien Baga et ses moutons... Sa vie le comble ! Désormais, il ne se bagarre plus que contre lui-même afin de ne pas retomber dans ses travers ! Pour l'aider, il a Sara, l'institutrice du village. Elle sait tout de son passé tumultueux et combien il a dû suer sang et eau pour se débarrasser définitivement de ses démons. Demain, il vont se passer mutuellement la bague au doigt. Ce sera le plus beau jour de sa vie ! 
 

09 mars 2026

J'fais des tubes, j'fais des tubes, toujours plein de tubes

Pour vous !

Servez vous !

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Vous les retrouverez dans mon blog de tubes

Croqueurs de mots-Défi N°322

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C Salade de rêves 

Défi 322 proposé par Domi
Thème 14 : Moi aussi j'ai marché sur la lune

Au clair de la lune

Quand j'étais petite, moi aussi j'ai marché sur la lune ! 
Je sais, vous allez dire que j'invente, que c'est l'âge qui me joue des tours, que peut-être je perds un peu la boule... 
Alors moi, je vous assure que pourtant c'est la stricte vérité et je peux le prouver !
- Tu peux le prouver ?
-Je peux !
-A mon avis, elle radote la pauvre ! Ce n'est pas qu'un peu qu'elle perd la boule ! Tu ne crois pas Pierrot ?
-Je suis bien d'accord ! Marcher sur la lune ! Et puis quoi encore ? Je ne sais pas ce qu'elle prend mais c'est costaud !
-Hep ! Je vous entends hein ! Je vieillis mais je ne suis pas sourdingue ! Je vous raconte comment c'est arrivé ?
-C'est ça, raconte, nous sommes toute ouïe, ha ha ha !
- Je me revois encore. Je suis en train de faire mes devoirs, le truc que je détestais le plus au monde à cette époque ! Et là, paf ! Je me retrouve instantanément sur la lune !
- Tu veux dire dans la lune ! De ta part ça ne serait pas surprenant, pas vrai Colombine ?
-C'est sûr mon Pierrot chéri !
- Très drôle ! Non ! J'ai bien dit sur la lune !
-Tu as dit aussi que tu peux le prouver, c'est le moment ou jamais ! Ma Colombe et moi on t'écoute !
- Quand j'étais petite, mes parents me disaient souvent que je n'avais pas les pieds sur terre ! Cette phrase a fini par faire son chemin dans ma tête ! Je me disais que finalement, ce n'était pas drôle d'avoir les pieds sur terre ! Alors ce jour-là, j'ai oublié mes devoirs et  ni une ni deux, je me suis envolée...
- Et ?
- J'ai atterri sur la lune, ou du moins j'ai aluni ! Et je ne suis jamais redescendue !
- Elle se moque de nous je pense Colombine ! A qui on parle là, hein? Une extraterrestre ? Un clone ?
- Tu as raison Pierrot ! Tu ne nous prendrais pas pour des idiots par hasard Anne-Marie ?
-Un peu quand même les tourtereaux !
- Je ne t'ai pas crue, tu sais ! Tu l'as crue toi Colombine ?
- Pas du tout !
- Mais vous m'avez écoutée ! Moralité : si vous voulez garder les pieds sur terre, n'écoutez jamais les histoires d'une rêveuse invétérée ! En revanche, si vous souhaitez vous envoler, suivez-moi ! En route pour la lune !
"Au clair de la lune, mon ami Pierrot
Prête moi ta plume
Pour écrire un mot..."

08 mars 2026

Défi Créa d'Elle N°1

Le tube 
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Ma créa

Merci encore pour ce nouveau défi création ma copine
Bisous
 

Atelier créa. Coup de pub pour "Les créas d'Elle"

 

Vous connaissez tous  notre chère Ghislaine, dite affectueusement Gigi, ou Ghis, qui nous est revenue avec son blog d'écriture, son blog de nouvelles et son blog de créations.
(liens  à droite sur mon blog: Les écrits d'Elle, Les histoires d'Elle, Les créas d'Elle )
C'est sur le troisième qu'elle nous propose un nouveau défi créatif à partir d'un ou plusieurs tubes. Défi proposé chaque vendredi.
Je vous invite à le découvrir et si ça vous dit, à y participer.
Merci d'avance pour Elle
Pour "Les défis Créas d'Elle", un clic sur le lien ou sur  logo et vous y êtes !
Bises d'An'Maï

"Un cadre, un tube" N°6- Ma participation

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07 mars 2026

N°176 de Mil et une-Ma participation

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avec le mot facultatif : silhouette
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L'inconnue nue

A cette inconnue nue
Je lui tourne le dos.
Elle aurait au moins pu
Le garder son chapeau !
Mais non ! L'avez vous vu ?
Sur un porte -manteau
Au milieu de la rue,
Il est pourtant bien beau !

Moi, silhouette assise
Tout de rouge vêtue,
Ferais-je la bêtise
De me balader nue ?
Que nenni ! Ma hantise
Serait bien d'être vue
Sans robe ni chemise,
Au milieu de la rue !

An'Maï



03 mars 2026

Ma liste 107

 

Liste 107 : Gratin, belle-mère, ruiner, racine, bracelet, inaudible, adieu, trompeur(se), basculer, bolide
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Javier

Ma belle-mère fait partie du gratin dauphinois ! Je sais ma blague est un peu tirée par les cheveux, voire douteuse mais elle n'est pas trompeuse, je vous le jure ! Il se trouve qu'elle habite avec beau-papa, une somptueuse demeure dans le Dauphiné, genre manoir très classe si vous voyez ce que je veux dire ! Belle-maman , Geneviève de son prénom, née Martin, épouse du comte Jean de Brégeansac - rien que ça - n'a donc pas de nobles racines, loin de là ! Mais en devenant comtesse, elle a attrapé des goûts de luxe ! Elle peut se le permettre avec l'argent de son richissime époux. Elle est capable de se ruiner pour un bracelet serti de diamants ou pour un bolide comme la Ferrari qu'elle vient de s'offrir. Alors que sa fille unique ait choisi de basculer du côté obscur en s'accoquinant, comme elle dit, avec moi, le modeste tailleur de pierres, plutôt qu'en acceptant de convoler avec le très honorable et convoité Bertrand de la Ribaudière - de 30 ans son aîné soit dit en passant - l'a mise dans une colère noire ! Plus contre moi d'ailleurs, que contre sa chère Audrey. Moi, c'est Javier Bardem, simple tailleur de pierres comme je vous l'ai dit ! Et même pas français pour couronner le tout ! Je travaillais au manoir à la réfection d'une vieille gloriette qui menaçait de tomber en ruines quand nous nous sommes rencontrés. Nous sommes très vite tombés amoureux au grand désespoir de m'dame Geneviève comme je l'appelais en m'adressant à elle, parce que je savais que ça avait le don de l'agacer au plus haut point ! Si papa Jean n'a pas trop mal pris la chose vu qu'il adore sa fille et lui cède tous ses caprices, il n'en a pas été de même pour madame la comtesse !
J'ai assisté de loin à la conversation que mère et fille ont eue, le jour où Audrey a dit adieu à sa fortune et à sa famille. C'était inaudible - on ne vocifère pas dans ce milieu - mais c'était houleux! Très houleux puisque m'dame Geneviève est allée jusqu'à gifler Audrey ! Comme elle m'avait fait promettre de ne pas intervenir, je me suis tenu tranquille ! Pourtant, je n'avais qu'une envie, aller crêper le chignon impeccable de cette vieille bique.
Nous sommes partis le jour-même sans rien emmener ou presque. Audrey n'a pas dit à ses parents qu'elle était enceinte ! Comment l'auraient-ils pris ?
J'ai trouvé assez vite du travail en région parisienne. Il ny manque pas de vieilles bâtisses qui ont besoin d'un bon tailleur de pierres.
Quand notre petit Guillaume est né, nous n'avons pas prévenu Geneviève et Jean.
- A quoi bon ! M'a rétorqué Audrey quand je lui ai dit que tout de même, ce serait bien de leur dire qu'ils avaient un petit-fils. Ce n'est qu'un bâtard pour ma mère !
Elle a raison bien sûr mais c'est dur à entendre !
Si je ne suis toujours pas parvenu à la convaincre, j'espère néanmoins qu'elle finira par changer d'avis ! Non pas que je souhaite que notre trésor hérite du titre ou de la fortune des Brégeansac, c'est pas mon truc tout ça ! Mais j'aimerais tellement qu'un jour il rencontre ses uniques grands-parents. Ma mère et mon père ne sont plus de ce monde, hélas !

01 mars 2026

Liste N° 107

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Cette liste N° 107 inaugure le retour des 10 mots à placer dans un texte libre(vers ou prose)
Je rappelle qu'un verbe reste un verbe qu'on peut conjuguer à tous les temps. Un adjectif reste un adjectif qu'on peut mettre au masculin, au féminin, au singulier ou  au pluriel etc...

Info importante : cet atelier vous sera proposé comme à l'origine le 1er et le 15 de chaque mois
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Voici donc cette liste N°107 :

Gratin, belle-mère, ruiner, racine, bracelet, inaudible, adieu, trompeur(se), basculer, bolide
(Liste tirée du Télé magazine  hebdomadaire)

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"La belledoche" Chez Claudie
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"Javier" Chez moi
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"Les parieurs" Chez François
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"Château à vendre" Chez Annick Lotus
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