Liste 120: Inattendu, transmettre, tourmente, voix, défendre, tension, semblable, autrement, fortune, mémoire.
Rebondissement
Rodrigue Delavenne, plus connu sous le triste pseudo de "l'énucléateur" a pris la peine maximale : 30 ans incompressibles. Les familles des victimes auraient préféré que la perpétuité existe encore. Ce verdict sans appel n'a rien d' inattendu,. Il est même largement justifié par l'horreur des crimes qu'il a commis et avoués en souriant.. Aucune voix ne s'est élevée pour le défendre. Même son avocate n'a pas été capable de lui trouver la moindre circonstance atténuante ! Sur quinze ans :douze familles massacrées à leur domicile,. Douze gentilles familles totalement semblables dans leur structure : le père, la mère et trois très jeunes enfants, dont une fillette de deux ans, presqu'encore un bébé et deux petits garçons de quatre et six ans. A aucun moment, au cours des longues heures de son interrogatoire il n'a expliqué la raison de ses actes.
A la question «Pourquoi ?», inlassablement posée tour à tour par Philomène et chacun des membres de son équipe, il répondait toujours :« Quand j'ai envie de tuer, je tue ! Je ne peux pas faire autrement » Et il lâchait ça, comme il aurait dit : «Quand mon linge est sale, je le lave, je ne peux pas faire autrement !»,sans montrer le moindre signe de tension., sans la plus petite trace de culpabilité. Il aurait tout aussi bien pu débiter la liste des courses. Un vrai profil de psychopathe qui n'arrivait cependant pas à convaincre Philomène. Elle gardait en mémoire l'espèce d'avertissement que lui avait donné son mari par delà les frontières de la mort : «Affaire classée ma Philo ? Pas si sûr ! Il te reste une porte à ouvrir pour avoir la réponse à ta dernière question : pourquoi ?» Or, même pris dans la tourmente de son procès, Rodrigue Delavenne n'avait pas craché le moreau ! Il avait plaidé coupable sans jamais revenir sur ses aveux. Et il avait laissé Philomène sur sa faim avec son «Pourquoi ?»sans vraie réponse.
Rodrigue Delavenne, célibataire sans attaches, la quarantaine avantageuse., fonctionnaire territorial sans histoire jusqu'à ce qu'il soit accusé des crimes les plus odieux, allait passer les plus belles années de sa vie en prison. Fils unique, il avait pourtant les moyens de mener une existence tranquille avec son traitement confortable et la petite fortune dont il avait hérité à la mort de ses parents. Lesquels avaient péri ensemble dans l'incendie accidentel de leur maison. Accidentel ? Philomène n'en était pas si sûre ! Son avocate venait de lui transmettre un message lapidaire signé «Le Prince de la mort» qui disait :
«J'ai des aveux à vous faire. Au sujet de mes parents. Entre autres choses. Je vous attends. Venez !»
Quatre points ! Noirs à n'en pas douter ! Dans sa tête, l'avertissement posthume de son mari, résonne de nouveau.











