Le
monde à venir nous questionne. Ensemble inventons-le !
Les
10 mots : alunir, anticipation, continuum, dystopique, humanoïde,
particule, programmer, sidéral, théorie, transmuter.
Il faut en utiliser au moins trois.
***
Dystopie
?
Je
suis plongée dans un roman d'anticipation, un récit
dystopique dont je ne parviens pas à m'extraire tant
la théorie qu'il développe, me semble moins farfelue qu'il
n'y paraît. Oui je sais, je suis moi même un brin farfelue ! l'histoire se déroule dans un futur pas si éloigné. Un
tyran humanoïde règne sur les survivants d'une Humanité
décimée par un terrible fléau : un nuage de particules
gazeuses délétères, venu de l'espace sidéral, qui
contraint hommes et femmes à vivre dans des bulles protectrices et
à ne sortir que revêtus de scaphandres. Dans ce monde où
vieillards et enfants en bas âge ont été les premiers à succomber
au gaz mortel, ce sont les robots qui sont chargés de programmer
le travail journalier des esclaves humains. Un cheptel stérilisé,
corvéable à merci, qu'une technologie extraterrestre maintient en
vie tant qu'on a besoin de lui. Tout manquement à la Loi, toute
incartade, toute velléité de rébellion est sévèrement puni.
L'unique
tâche des rares survivants est de maintenir ouvert le continuum
espace-temps qui permet au Tyran de transmuter sur Terre le
reste de son peuple, avant l'extinction de sa propre planète, brûlée par les radiations solaires dont elle se rapproche
dangereusement. Pour ce faire et par roulement à travers le monde, ses soldats robots entassent les équipes hebdomadaires dans des vaisseaux à propulsion subluminique qu'ils font alunir sur
la face cachée de notre satellite. Ils y déposent les esclaves
humains qu'ils obligent alors à chanter, chanter, chanter jusqu'à
épuisement. Que ce soit une cacophonie importe peu, c'est ce chœur
de voix humaines qui garde ouverte la porte spatiotemporelle. Quand
le dernier habitant de la planète en péril aura franchi le
passage, qu'adviendra-t-il de l'Humanité ?
Protégée par mon
scaphandre, je chante, chante, chante avec les autres. Soudain,
remplie d'une terreur sans nom, je réalise que j'ai intégré la
dystopie que je suis en train de lire.
Vite,
vite, refermer le livre, revenir à mon présent ! Ce monde n'est pas utopique mais c'est le mien !
Trop
tard !
















