J'ai écrit une fable à ma façon en 2024, inspirée par deux messieurs de ma connaissance qui se disputaient les faveurs de la même jeune femme. J'y ai juste ajouté une strophe pour y inclure une des deux expressions proposées par Durgalola
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"Je me sers des animaux pour instruire les hommes"
Jean de La Fontaine
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Les deux coqs
Deux coqs se chamaillaient pour une jolie poule
Sous les yeux amusés de tout le poulailler.
Ils luttaient pied à pied à en perdre la boule,
La coquette ravie, semblait s'en amuser.
- Je l'ai eue avant toi petit, ne t'en déplaise !
Se vantait le plus vieux, dressé sur ses ergots.
- Tu l'as eue en effet ! Eh bien j'en suis fort aise
Vu que c'est moi céans, qui détient le gros lot !
Répondait le plus jeune, le torse bombé.
Dans cette basse-cour vivent d'autres poulettes
Aucune ce me semble ne t'a regardé !
Mais tu n'as plus la cote, Où avais -je la tête ?
Tu te crois coq hardi, or tu n'es qu'un vieux beau !
- Holà ! Ferme ton bec prétentieuse volaille
Sinon je t'écrabouille et je te fais la peau !
- Contre moi vieille barbe tu n'es pas de taille !
- Approche ! Tu vas voir de quel bois je suis fait,
Je m'en vais de ce pas te voler dans les plumes !
- Tu ferais mieux je crois, de déclarer forfait,
C'est toi qui va finir le nez dans le bitume !
Tandis que nos deux coqs, la crête émoustillée,
Se livraient énervés à leur joute verbale,
L'objet de leur querelle, pour finir lassée,
Avec un coquelet est partie en cavale.
Celui-là n'était pas pelleteux de nuage
A vouloir à tout prix se montrer le plus fort.
Sans combattre et risquer d'abimer son plumage,
Discret il a conquis la poulette aux œufs d'or.
22/02/2024 - 05/02/2026
©Anne-Marie Lejeune (An'Maï)