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Le livre :"U, sac de billes" de Joseph Joffo
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Mes jeux d'enfance
Jouer à la marelle, je l'ai fait avec Isabelle, ma meilleure amie d'enfance.
Nous la tracions maladroitement à la craie au beau milieu de la route puis, chacune à notre tour, nous sautions sur un pied de case en case, de la terre jusqu'au ciel. Avec elle j'ai aussi concocté des tambouilles aux herbes, à la terre et à l'eau de la rivière dans sa jolie dinette que je lui enviais. Puis nous faisions semblant de les manger. Un jour c'était elle la maman et moi l'enfant difficile, le lendemain nous inversions les rôles...
Mais c'est avec mes deux grands frères, mes cousins, ma cousine et toute leur bande de casse-cou recrutés chez les gamins du village, que je préférais jouer à Tarzan, à d'Artagnan, aux ccw boys et aux indiens, entre autres héros qui avaient le pouvoir d'inspirer notre imagination débordante.. Ceux des films qui passaient le jeudi dans l'arrière-salle du café du village, ou ceux des BD que nous lisions.
Quand ils ne construisaient pas des cabanes ou ne rejouaient pas «La guerre des boutons» à leur façon avec la bande des«Brouard-Pierre» comme on les appelait dans le village, mes frères s'adonnaient à des jeux plus calmes ! Enfin, il faut le dire vite parce que le calme cessait dès que leur petite sœur avait le malheur de vouloir participer. M'avoir dans pattes, avait le don de les mettre sérieusement en boule ! Un sac de billes, un parcours compliqué entre parpaings, collines de sable et autres obstacles à franchir pour les billes de verre et d'agate, et mes deux frangins turbulents devenaient très sages et concentrés. Du coup, sitôt que je faisais mine de m'approcher, ils devenaient pires que des bulldogs dont un misérable roquet aurait voulu piquer l'os. En l'occurence, le misérable roquet, c'était moi ! Ils ne voulaient pas de moi dans leurs batailles rangées de billes et de calots - mes frères disaient "gallots" - au terme desquelles le perdant cédait quelques uns de ses précieux trésors au gagnant.
Pour les jeux de guerres et de batailles fictives entre deux camps ennemis, je n'avais de place qu'en tant que victime idéale : indienne prisonnière chez les cowboys, femme blanche attachée au poteau de torture chez les indiens, captive des méchants libérée par les mousquetaires... Et j'acceptais ce rôle ingrat parce que c'était pour moi, le seul moyen d'être intégrée à l'un ou l'autre des camps. Un rôle qui m'a valu pas mal de tirage de cheveux, quelques bleus et horions. De petites blessures de guerre dont j'étais en fait très fière parce qu'elles m'ont servi d'adoubement pour être acceptée dans la bande ! Une bande d'invincibles héros dont Isabelle qui n'aimait que nos gentils jeux de filles, n'a jamais fait partie.
An'Maï.
Un article sur les jeux de billes qui m'a permis de rectifier une petite erreur dans cette narration de mes souvenirs. C'est calots et non pas gallots comme disaient mes frères, que j'aurais dû écrire.
https://www.ribambel.com/activites-en-exterieur/les-noms-des-billes-par-tailles-on-fait-le-point







