Défi N°334 mené par Dômi
Être ou avoir été...
Je me souviens... J'avais 7 ans. Mon père était encore de ce monde.., Avec ma copine Isabelle, nus aimions jouer à "Quand je serai grande...". Être grande pour nous, c'était avoir 20 ans parce qu'autour de nous, les adultes disaient que 20 ans, c'est le bel âge, celui de l'insouciance. Nous ne nous projetions pas plus loin. Nous imaginer 40 ans plus tard, ça ne nous traversait pas l'esprit. Pour nous,47 ans était déjà un âge canonique. Maman avait 31 ans, papa 34. Ils étaient jeunes, certes mais nantis d'une couvée de 7 enfants, ils faisaient déjà figure de "vieux". Du coup, ni eux ni nous évidemment, ne pouvions imaginer reculer de 40 ans en arrière !
J'ai 75 ans et je ne rêve aucunement de faire un saut de 40 ans dans le passé, même si en 1986 j'étais plus fringante qu'aujourd'hui comme les photos que je joins vous le montrent. Certes, à 35 ans, j'escaladais sans trop d'effort et sans m'essouffler, les pentes escarpées de Haute-Provence où nous passions nos vacances avec les enfants. J'étais encore capable de courir. Je n'avais pas ces foutues lombalgies permanentes dont je souffre désormais. Sans avoir la vue perçante, j'avais néanmoins de bons yeux. J'étais au top de ma forme en somme et je profitais pleinement de la vie avec mon mari et nos deux enfants. J'accueillais les hauts, reconnaissante. Je supportais les bas en essayant de rester positive. Confiante, entre rire et larmes comme tout un chacun, j'avançais en me disant que le pire, je l'avais vécu après la mort de mon père avec toutes les conséquences désastreuses que ce brutal départ avait causé à notre famille.
40 ans plus tard, j'ai pris de l'âge, du poids et un peu de sagesse, peut-être mais dans le fond, je n'ai pas changé ! Ou si peu ! Je prends toujours ce que la vie m'apporte avec le maximum d'optimisme parce que je me dis que j'ai la chance d'avoir résisté aux mauvais coups du sort. Je suis toujours debout ! Bancale parfois mais debout à faire face au quotidien et au temps qui passe, entourée de ceux que j'aime. mon mari, ma fille et mon beau-fils, mon fiston, mes petites filles et..les chats qui gouvernent notre maisonnée.
Alors regarder en arrière avec un peu de nostalgie, pourquoi pas mais remonter le temps, décidément, non !
Très honnêtement, et j'espère ne blesser personne en affirmant cela, la phrase que j'aime le moins entendre c'est :« C'était mieux avant !» Ou alors allez dire ça à la petite fille de 7 ans qui venait de perdre son père, ou à celle de presque 12 qu'on enlevait à sa mère et qui était séparée de ses frères et sœurs !
J'aimais ma vie d'il y a 40 ans avec ses hauts et ses bas. En dépit des aléas et du contexte actuel, j'aime ma vie d'aujourd'hui. Peut-être est-ce simplement que j'aime la vie. Oui, je l'aime infiniment tout en ayant conscience que mon avenir est derrière moi, que le temps s'écoule inexorablement et que par conséquent, il me faut savourer chaque goutte de ce don précieux qu'est la vie tant qu'elle m'est accordée.
En revanche je l'avoue, l'heure
d'hiver et l'heure d'été, ça me gave !
De 1986 à 2026



















