Veuillez excuser la longueur de ce texte qui signe la fin de l'abominable histoire de "L'énucléateur"
Merci
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Liste 122
Sincérité, hésiter, salutaire (s), parcourir, certainement, sommet (s) , problématique (s), exigence (s), intact (s, es)), fenêtre (s)
Toute la vérité, rien que la vérité
Le message de Rodrigue Delavenne l'avait laissée perplexe et avait rallumé sa curiosité de policière. Pourtant Philomène avait beaucoup hésité avant de céder à ce qui ressemblait davantage à une exigence qu'à une simple demande. Cette affaire qu'elle avait placée au sommet de l'horreur, ne l'avait pas laissée intacte. Parmi toutes celles qu'elle avait eu à résoudre, celle-ci était de loin la pire à ses yeux.
Aucun des meurtres sur lesquels elle avait enquêté ne l'avait laissée insensible, même si bien souvent elle avait dû s'endurcir pour les mener au bout. Mais dès qu' il s'agissait de familles entières, surtout avec de très jeunes enfants, elle était toujours particulièrement bouleversée et avait beaucoup de mal à ne rien laisser voir de ses émotions. Certainement parce qu'elle n'avait pas eu le temps d'en fonder une selon son cœur avec son mari. En l'enterrant, elle avait enterré avec lui tout espoir de devenir mère.
La sauvagerie des massacres perpétrés par "l'énucléateur" l'avait si profondément touchée, qu'elle avait jugé salutaire de prendre quelques jours de repos dès la fin du procès. Elle était consciente que ça pouvait être problématique pour son équipe mais Fanny et Alexandre, très attachés à leur intraitable supérieure, avaient parfaitement compris son besoin de prendre du recul et lui avaient assuré qu'elle pouvait partir tranquille.
De la fenêtre ouverte de sa chambre d'hôtel, elle regarde la mer. Le bruit doux et régulier du ressac ne parvient pas à l'apaiser. Dans la poche de sa veste, le message de Rordrigue l'appelle :"Venez !"
Elle a repris la route. A peine rentrée, elle a parcouru le lourd dossier de Rodrigue Delavenne puis l'a relu de A à Z.
Le lendemain elle s'est rendue à la prison où l'assassin est incarcéré...
Doit-elle douter de sa sincérité ? Tout ce qu'il lui a avoué, son éternel sourire cynique aux lèvres, l'a replongée dans l'horreur. A l'en croire, son destin sanglant était écrit d'avance. A sept ans, il avait tué son chat avec un couteau de cuisine, juste parce qu'il l'avait griffé. Non content de l'avoir étripé, il lui avait arraché les yeux.
« Il s'appelait Pompon. il était tout blanc. Je l'adorais. Pourquoi m'a-t' il griffé ? Je saignais. Le sang à coulé sur sur sa fourrure immaculée ! C'était beau ! Je l'ai pris dans mes bras et il m'a de nouveau griffé ! J'ai vu rouge ! Je l'ai tué ! Pour me punir, on m'a fait enfermer dans un établissement spécialisé. J'y suis resté 2 ans. Quand ils ont pensé que j'étais guéri, Ils m'ont renvoyé à mes parents.»
Il a raconté son histoire comme si elle s'était déroulée la veille. Puis il est devenu intarissable.
"Les voisins avaient trois gosses, une gamine de deux ans qui chouinait pour un rien et deux chiards de quatre et six ans sapés comme des petits princes. Il y avait leur chien aussi, un caniche qui me tapait sur le système. Un jour il a réussi à traverser la haie et s'est mis à m'aboyer dessus. Je lui ai filé des coups de pieds. Ils braillaient comme des putois de l'autre côté. Quand ils ont récupéré leur clebs, il était mal en point. Cette histoire m'a valu d'être enfermé à la cave au pain sec et à l'eau pendant une semaine. C'était les vacances d'accord, mais dans le quartier, personne ne s'est inquiété de ne plus me voir ! Suite à cette punition, je me suis tenu tranquille. En apparence du moins car dans le noir de la cave, la haine s'est mise à pousser en moi telle un champignon vénéneux. Contre mes parents d'abord et contre toutes ces gentilles familles proprettes et bien rangées. Les parents, les mômes , je les mettais tous dans le même sac poubelle ! La haine m'a tenu compagnie et m'a empêché de devenir cinglé !»
Il s'est bien tenu tranquille comme il dit. Bon élève très assidu dans le primaire, puis dans le secondaire et le supérieur. il faisait même partie des plus doués. Des plus calmes surtout ! Plus question de se faire remarquer! Comme ses chers parents avaient eu la bonne idée de déménager après les faits qui avaient rendu leurs voisins plus qu'hostiles envers eux et leur "saleté de rejeton", nul ne connaissait son vilain passé de tueur de chat ni son internement. La haine l'habitait toujours mais il la tenait fermement en laisse.
A 25 ans tout avait rebasculé. Il était tombé fou amoureux d'une adorable jeune femme sur son lieu de travail à l'office notarial. Elle avait six ans de plus que lui. Très réservée, Sylvia ne parlait jamais d'elle. Afin de lui avouer son amour, il avait attendu de mieux la connaître. Un jour, sans se faire voir, il l'avait suivie pour voir où elle habitait. Et là, glacé, il avait découvert qu'elle était mariée et déjà mère de trois enfants. Une fillette de deux ans et deux petits garçons de quatre et six ans. Deux semaines plus tard, la famille entière était assassinée de la plus horrible des façons , celle qui allait ouvrir la route sanglante de l'énucléateur. Dans le même temps, ses parents périssaient dans l'incendie de leur maison.
«Ils ont fait de moi ce que je suis ! Je ne pouvais les laisser vivre ! Voilà ! Je n'ai plus rien à vous dire ! C'est là toute la vérité, rien que le vérité, je vous le jure !» A t'il conclu presque tristement pour une fois.
Le lendemain, Rodrigue Delavenne était retrouvé mort, empoisonné dans sa cellule..
Le gardien qui lui a procuré la substance létale attend son jugement















