21 mai 2026

Liste 112 et image 61-Ma participation

 

Les mots : 
Brillante, séparément, horoscope, galaxie, formuler, parfaite, absorber, icône, cosmopolite, végétation
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L'image
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Un pont pour Sybil

Au bout du pont de pierre,  la brillante lumière du soleil l'attirait irrésistiblement. Elle avait beau être légèrement voilée par une espèce de brûme impalbable, elle n'en représentait pas moins à ses yeux, l'ultime but à atteindre. Absorbée par les gros pavés raboteux, la lueur dorée paraissait lui indiquer le chemin à suivre. Le pont  était très étroit  et pas forcément très solide. Il était certainement préférable de ne l'emprunter  que séparément si l'on arrivait devant lui en groupe. Mais elle était seule et il était là, ouvert rien que pour elle, tentant, tel un portail temporel vers une autre galaxie. L'occasion parfaite pour Sybil d'échapper enfin à sa morne vie dans cette immense mégapole où elle se sentait si petite, si perdue, si seule  au milieu de la foule cosmopolite en perpétuel mouvement. Seule et sans autre ressouce que sa maigre indemnité de chômage. Elle avait beau chercher sans relâche, pas de travail pour elle depuis que la boîte où elle était secrétaire avait fermé.
De chaque côté, de ce passage, deux bouquets de cardères  semblaient monter la garde. Il n'y avait pas d'autre végétation que ces grands chardons et que quelques arbres en ce lieu hors du temps ! Pouvait elle le traverser sans risque ce pont étrange ? Devait elle formuler  un sésame magique pour gagner le droit d'y passer ? Dans la poche de sa veste légère, la petite icône de la vierge que sa mère lui avait donnée avant de mourir, se mit à vibrer. Interloquée, elle la sortit et la regarda. Elle brillait aussi fort que le soleil à l'autre bout du pont et le visage de sa mère avait remplacé celui de la Madone. Le portrait lui souriait. Dans sa tête une voix douce lui murmurait :«Va ma fille, traverse ! La vie est dure, le pont étroit mais tu vas y arriver. papa et moi, nous veillons sur toi !»  
Rassurée elle s'engagea sur le pont et se dirigea d'un pas ferme vers la lumière....
Alors elle se réveilla, le sourire aux lèvres et les yeux remplis de larmes. Comme d'habitude, elle sortit acheter son pain, le journal et déposer quelques CV ici et là. Machinalement, elle ouvrit le quotidien pour consulter son horoscope. Elle fut à peine étonnée d'y lire les prédictions pour son signe : vous êtes à un tournant de votre vie, une voie royale s'ouvre devant vous. Foncez ! Elle regagna sa chambrette sous les toits en chantonnant !  Elle ne fut pas  non plus très surprise quand son portable sonna. Une voix masculine des plus agréables lui proposait un entretien pour un CDI à la mairie. C'était demain ! Elle allait traverser le pont.

20 mai 2026

PropositionN°111 de Nanou



- Phrases : la surface de la mer - une bonne bouffée d’air - monticule de dossiers - ses opinions politiques - par le premier train - mots inaudibles - le flot des véhicules.
- Mots ou expressions : souvenir – ouvrir - tailler une bavette – minutieux – hebdomadaire.
- et/ou Thème : JUSTICE

Les vacances de Philomène

Sa journée de repos hebdomadaire ne suffit plus à lui faire oublier le monticule de dossiers entassés sur son bureau, d'autant plus qu'elle ne peut jamais s'empêcher d'ouvrir le premier sur la pile puis le second  et ainsi de suite jusqu'au dernier, celui du meurtre non élucidé de son mari. Un travail minutieux de relecture qui lui a parfois permis de remonter le fil ténu de quelques affaires classées ! «Classé»  Un mot qu'elle déteste ! Rien n'est jamais classé pour elle à part ses fameux dossiers ! Elle ne pense pas qu'elle est à elle seule le bras armé de la Justice ! Pas son genre ! C'est seulement  qu'elle ne lâche rien tant qu'il y a une petite chance de découvrir la vérité. Elle n'est pas non plus du genre à étaler ses opinions politiques comme le font certains de ses collègues ! Elle n'a pas de temps pour ça ! Ces discussions qui vont dans tous les sens et au cours desquelles en fait, chacun expose son point de vue sans vraiment s'intéresser à celui des autres, ça la gave ! Elle ne les écoute que d'une oreille distraite, uniquement quand elle y est obligée  et même dans ce cas, ce qu'elle capte n'est pour elle qu'une boullie de mots inaudibles.
En toute circonstance, elle reste fixée sur un  unique objectif : les enquêtes en cours et ses dossiers non résolus. Elle sait que dans la profession, on pense qu'elle est bornée, froide, voire hautaine Certains disent d'elle qu'elle est pire qu'un bull dog qui ne veut pas lâcher son os mais elle s'en moque ! Chacune des affaires qu'elle n'a pu résoudre, est une épine dans le pied de Philomène Larivière.  Et chacune de ces épines la ramène immanquablement à l'époque où elle était encore Philomène Demolin,  jeune policière prometteuse sous les ordres de son mari, un flic aguerri et pugnace. Un flic hors pair dont on a retrouvé le corps sans vie, criblé de balles dans une ruelle, le lendemain d'une filature qu'il avait effectuée seul. L'unique erreur de sa carrière ! Elle ne comprend toujours pas pourquoi ce jour -là,  il est parti sans elle,  sa coéquipière. Pourquoi il a décidé d'ignorer cette règle d'or :«jamais seul». Le souvenir de ce temps heureux auprès de l'homme qu'elle aimait plus que sa vie, ne lui laisse aucune trève.  
Elle est fatiguée ! 
Il a fallu qu'elle le  soit sacrément pour s'octroyer un congé d'une semaine et filer par le premier train vers la côte normande. Pas question pour elle de  prendre  sa voiture. Supporter le flot des véhicules sur la route en cette période estivale, l'aurait achevée. Pas question non plus de tailler une bavette avec un  autre voyageur. Pour être sûre d'éviter ça, elle a lu et dormi ou fait semblant de dormir  durant tout le trajet ! Ces vacances représentent une bonne bouffée d'air !  Elle en a besoin et elle les a bien méritées ! La justice, la police, les malfaiteurs, voleurs et assassins de tout poil, peuvent attendre ! Même son équipe devra se passer d'elle ! Elle a toute confiance en Alex pour juguler la naturelle impétuosité de Fanny et pour mettre dans les clous le jeune et prometteur Joël, sa nouvelle recrue. 
Il fait encore doux en dépit de l'heure tardive. Elle a la plage presque pour elle seule. Reposée, elle admire en silence la surface de la mer qu'illuminent les feux du couchant. Le murmure des vagues l'apaise. Oublier...oublier... Les crimes,les cambriolages, le sang, la mort...Oublier la  rébérbative commissaire Larivière et redevenir  pour un instant, la radieuse Philomène Demolin...
 Demain, il fera jour.Il paraît qu'une tempête se prépare. Un beau spectacle en perspective !

19 mai 2026

Atelier N°1/2026 d'Ecridelle


Atelier n° 1/2026

J'ai choisi les sujets : 1 et 2 :

Sujet 1) 6 mots; Alerte, peur, ressentir, agir, calmer, tranquille.

Sujet 2)Un texte avec des mots qui finissent par "Aille, Ail " Au moins 5

Jojo


Tous les sens en alerte dans la rue en apparence tranquille, Jojo fait le guet comme  le patron le lui a demandé.  
- Ton unique travail sera de nous avertir si la volaille se pointe, c'est compris ? A commandé Bébert d'un ton aussi glacial que l'air qu'il respire, tapi dans l'encoignure du  haut portail  où il  est posté, totalement immobile et tout de noir vêtu pour se fondre dans l'ombre.
Bébert, c'est le chef ! Un dur de dur, dans le métier depuis un bail !  Il ne perd jamais son sang froid ! Sa devise c'est «agir et réagir au quart de tour» sans jamais se départir de son flegme légendaire. Tout le contraire de Paulo. Lui c'est un énervé de première, toujours le doigt sur la gachette de son calibre. Le genre qui défouraille et tiraille à tout va au moindre bruit suspect ! Paulo, c'est la faille dans le système, voilà pourquoi Bébert préfère l'avoir près le lui pour le calmer en cas de besoin. Pas pour rien que Bébert l'appelle «la Pagaille». Il connaît bien son frère le patron !
Jojo lui, est la dernière recrue de la petite bande. Il doit encore faire ses preuves et s'acquitter vaille que vaille  du rôle de guetteur qui lui est imparti. Quoi qu'il puisse ressentir, froid, peur, fatigue, faim, il est prêt à tout  pour réussir sa mission. 
«Il y a de la maille à l'arrivée ! A  juré Bébert ! Fais bien ton taf et tu en auras ta part !  Fini  pour toi d'être sur la paille  mon pote ! 
En attendant, pour ressentir, il ressent ! Ça caille sous ce porche imposant , du coup il se les pèle sous son chandail noir trop léger ! Ses entrailles gargouillent tellement il crève la dalle !  La préparation du cambriolage a duré trois semaines au cours desquelles il n'a que très peu dormi, alors il baille à s'en décrocher la machoire ! Pour couronner le tout, il tremble et il défaille autant d'appréhension que de froid ! Et si ça n'allait pas marcher !
«Faut que ça aille, faut que ça aille...» Se répète-t-il comme un mantra en serrant si fortement sa pièce fétiche qu'elle va sûrement finir par s'imprimer dans sa paume.
« Tu me fais marrer avec ton bout de ferraille ! » S'est moqué Paulo avant de s'engouffrer avec Bébert dans la luxueuse demeure. 
Qu'importe ce que pense ce demeuré ! Cette pièce d'un franc, une trouvaille de l'ancienne époque récupérée dans la maison de sa grand-mère maternelle, a le pouvoir de le rassurer !
La seule chose que Bébert  et Paulo n'ont pas prévue, c'est la présence de Philomène Larivière  et de son équipe qui les attendaient à la sortie. Une véritable souricière tendue pour arrêter les malfaiteurs dans le colimateur de la police depuis des mois! Un détail d'importance auquel le patron n'a pas pensé !  Comment aurait-il pu savoir ?
Un flag de toute beauté pour la flicaille comme dit Paulo avec mépris et une infiltration parfaitement réussie pour Jojo !
Menottes aux poignets,  Bébert le mitraille du regard. Quant à Paulo, il braille comme un putois. Mais ses injures et ses menaces de mort n'on aucun effet sur Jojo ! Mission accomplie ! Philo jubile et lui le jeune flic frais émoulu de son école de police, il va pouvoir enfin se reposer après ces trois longues semaines à jouer la taupe !
- Bravo Joël ! Tu as de l'avenir dans nos rangs !  Le félicite Philomène en le gratifiant d'une solide poignée de main.
- Merci Patron ! Répond il, plus fier qu'un paon !
Un compliment de Philomène Larivière, c'est la plus belle des récompenses !


16 mai 2026

Mil et une-Sujet N°186

Vous voyez ce que je vois !

Le mot facultatif :VOCALISE

L'âne

Naseaux à la fenêtre l'âne vocalise,
C'est que d'être enfermé, vraiment ça le fait braire
Dans sa prison coincé, il ne sait trop que faire
Et de claustrophobie, il redoute la crise.

«Voyez ce que je vois, là bas dans l'herbe tendre
Cette ânesse jolie qui sans moi fait bombance
Et de pousses bien grasses se remplit la panse,»
Semble dire la bête qui braille à cœur fendre.

«Qu'ai-je fait dites moi pour mériter ce sort ?
A son aise elle mange tandis que j'ai faim,
Je n'ai eu pour repas qu'un dur quignon de pain,
On m'a mis à la diète, voudrait on ma mort ?

Je suis l'âne si doux, marchant le long des houx...
Vous savez, celui là, dans cette poésie
Dont vous disiez les vers si sagement appris !
Avez vous oublié ? Allez, souvenez vous ! »

Naseaux à la fenêtre, l'oreille tendue
L'âne guette l'ânesse qui festoie au loin
Il brait à fendre l'âme, elle ne répond point,
Trop occupée qu'elle est à brouter l'herbe drue.

14/05/2026
An'Maï


15 mai 2026

Liste 112 et image N°61

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Pour cette quinzaine, vous avez  4 choix :
-Choix 1 :  un texte avec la liste de mots 
-Choix 2 :  un texte à partir de l'image avec vos propres mots
- Choix 3 deux textes , l'un avec la liste, l'autre avec l'image, les deux traités séparément 
-Choix 4 La liste de mots  et l'image traités ensemble en un seul texte
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La  liste 112
Brillante, séparément, horoscope, galaxie, formuler, parfaite, absorber, icône, cosmopolite, végétation
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L'image N°61

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12 mai 2026

Reprise en main

Bonjour, bonjour,

Je récupère tranquillou d'un long et merveilleux Week -end en Ardèche ,à Vogüé dans un très joli village où notre famille s'est réunie pour fêter joyeusement les noces d'or d'un frère de mon mari et de sa femme
 11 heures de route à l'aller, 10 heures au retour, plus le séjour festif, donc pas vraiment reposant, plus la découverte du village aux ruelles escarpée bâti à flanc de falaises... Mon dos en a pris un rude coup !
Mais quel bonheur que ces retrouvailles 
Un ascenseur émotionnel  extraordinaire !
Voila en gros l'explication de mon silence radio.
Je vois où j'en suis ici et ailleurs avec les ateliers et je m'y remets !
Bisous bisous d'An'Maï

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Photos de Vogüé prises par mon fils Olivier

05 mai 2026

Ma participation pour la liste 111

Discipline, vendredi, commettre, scandale, luxueux, hors-normes, destructeur, sous-entendus, échecs, peindre

La discipline de Philomène

Pour  entretenir sa forme hors-normes et garder l'esprit aussi affuté qu'une lame de rasoir, Philomène Larivière s'astreint à une stricte discipline fondée sur quatre piliers essentiels : sport, alimentation, réflexion, loisirs. Son SARL comme elle dit, aussi efficace que bienfaisant. Pas question d'y déroger ! Le laisser-aller serait pour elle aussi destructeur que l'ouragan émotionnel qui a failli avoir sa peau quand son mari a été tué. Le sport, c'est la salle  chaque vendredi soir quand elle n'est pas amenée à enquêter loin de sa sphère géographique. Pour l'alimentation, rien de luxueux. Juste des repas sains, équilibrés et aussi réguliers que possible. Bien sûr, c'est encore trop souvent qu'elle est contrainte de manger vite fait, sur le pouce, pourtant, elle  se voit mal se gaver de hamburgers -frites comme le font Fanny et Alexandre, ses deux nouvelles recrues dont les sous-entendus sur cette "vieille peau de Philo et sur ses éternelles salades composées" ne lui ont pas échappé. Elle n'en fera pas un scandale mais elle les a  à l’œil ces deux morveux qui ont remplacé Agathe et  Xavier. Comme elle la regrette son équipe de choc ! De la Réunion où ils sont désormais en poste, les tourtereaux récemment mariés, lui envoient régulièrement de leurs nouvelles. Pour la réflexion, en dehors des cold cases qu'elle compulse  toujours dans l'espoir de résoudre enfin ces affaires classées, Philomène se livre à des parties d'échecs acharnées avec son ordi. Quand elle arrive à le battre, elle jubile ! Pour ce qui est de ses loisirs, rares mais apaisants, elle les occupe à peindre la nature autour d'elle. Pour l'heure, c'est le boulot qui l'appelle. Un tueur ou une tueuse machiavélique, vient de commettre un crime particulièrement odieux : une famille entière massacrée. Les parents et leurs trois enfants, une fillette de  deux ans et deux garçonnets de quatre et six ans, ont été retrouvés ligotés, baignant dans leur sang au milieu de leur salon. Une véritable boucherie ! Un détail horrible retient son attention: ils ont tous été énucléés !  Cette enquête qui risque d'être éprouvante, va servir de mise à l'épreuve pour Fanny et Alexandre dont c'est la première grosse affaire. Elle va surtout être pour Philomène, l'occasion  de tester leurs capacités.

Les participations : 

https://defisetmoidanmaimistic.blogspot.com/2026/05/liste-111.html

Allez lire...

Chez  "Les histoires d'Elle"
Cliquez sur l'image et hop, vous y êtes !
Bonne lecture

04 mai 2026

N°326 des Croqueurs de mots



 N°326
Proposé par Annick, 
Elle nous propose d'écrire un texte (prose ou poésie)
– soit en utilisant des titres de romans, de chansons, de fables ou de poèmes (ex: Les trois mousquetaires rendent visite à la Dame aux camélias. Ils partent visiter Notre Dame de Paris et… …)
– soit en utilisant les titres de chapitres d’un livre que vous avez particulièrement aimé. 

A l'enterrement d'une feuille morte...
(Entre la fontaine et le pré vert)

C'était un beau matin quoique triste,  rappelle-toi Barbara !
A l'enterrement d'une feuille morte ensemble nous allions. En tête du cortège, au milieu du pré vert,  deux escargots marchaient, du crêpe autour des cornes.
Pour accompagner la défunte à sa dernière demeure entre le chêne et le roseau, nous chantions en chœur la chanson de l'oiseleur. C'était sa préférée, rappelle-toi Barbara !
Le lion et le rat chantaient faux mais  bien moins que le loup et l'agneau. L'un hurlait pendant que l'autre bêlait ! Quelle cacophonie ! 
- Faites les taire !  C'est insupportable ! Coassa  en se gonflant d'importance, la grenouille  qui veut se faire aussi grosse que le bœuf !
-Quelle prétentieuse celle-là ! S'écrièrent le meunier, son fils et l'âne  lui bien sûr, se contenta de braire.
Le soleil  commençait à taper fort, alors nous fîmes une halte au bord de la fontaine, le temps de nous désaltérer.
 Il faut bien le dire, la cigale et la fourmi avaient du mal à suivre, les pauvres petites !
 Après nous être rafraîchis, Nous reprîmes notre chemin. Qui en marmonnant des pater noster, qui en chantant à tue-tête la chanson de Prévert :"Les feuilles mortes" Un air de circonstance !
Sans attendre les autres, le lièvre et la tortue faisaient la course, arbitrés par le cancre qui pour une fois, avait la parole. Le corbeau et le renard se disputaient pour un bout de fromage, comme d'habitude.
- Ces deux-là ne savent rien faire d'autre ! Lança la laitière et le pot au lait en déséquilibre sur sa tête, tomba et se renversa sur le sol.  Elle en fut bien marrie mais c'était un peu tard pour se plaindre !
- Adieu veau, vache, cochon, couvée ! Prononça sentencieux le laboureur. Et ses enfants qui fermaient la marche se mirent à rire comme des bossus ! 
-Travaillez, prenez de la peine et ne gaspillez pas comme elle le fruit de votre labeur, ajouta- le père à l'intention de ses fils un rien dissipés !
- Vous allez voir ce que vous allez voir, ça va être un bel enterrement !  Prédit l'amiral en renouant sa cravate.
- Eh bien moi, j'aurais préféré aller à la pêche à la baleine, même dans un petit bateau ! Grommela le dromadaire mécontent.
-  Quand est-ce qu'on arrive ? J'ai mal aux pieds  ! Se plaignit Barbara
- On y est ! Bavèrent les deux escargots  qui menaient le cortège.
Au milieu de la prairie, debout sur une de ses longues pattes, près d'un trou proprement creusé dans l'herbe verte entre le chêne et le roseau, se tenait le héron au long bec, emmanché d'un long cou, chapeau haut-de-forme sur la tête et queue de pie noire oblige pour un maître de cérémonie funèbre.
- Prenez place ! Dit-il aux membres du cortège, nous allons commencer !
Sur une plaque était déjà gravée l'épitaphe de la défunte : "Ci-git la feuille morte ! Paix à son âme. In memoriam"

01 mai 2026

Valse des mots N°18 de Nanou

Silencieux, frisson, rosée, colère, voyage, éternité, amour, respect, multitude, soupir

Tessa  et Sam.
(Dénouement)

Silencieux, Sam observait Tessa. La teinte rosée de ses joues témoignait encore de sa colère. Après leur discussion animée, elle avait refusé de se lover dans ses bras comme il le lui demandait, signe que son amour semblait s'ébrécher plus vite que les vieilles tasses dans le buffet de la cuisine.  Une multitude de petites choses, tendait à prouver son intuition. Sa tasse par exemple, qu'elle ne lavait plus après son troisième café. Ses chaussettes et ses caleçons sales qu'elle ne ramassait plus systématiquement derrière lui. Le respect de leurs petits rituels quotidiens qu'elle oubliait de plus en plus souvent comme le bisou du matin avant son départ pour le boulot à l'accueil de l'hôpital, leurs éternelles discussions au sujet des vacances, leur projet de voyage à Londres sans cesse remis. La faute à qui ? A Sam le bon à rien incapable  de garder un taf plus de trois semaines, ce qui était déjà un record pour lui, il devait bien se l'avouer. Le pire,  c'est qu'elle ne le regardait plus. Et le pire du pire c'était que depuis une éternité, elle  n'était plus demandeuse de gros câlins au lit. Quand lui voulait, il prenait et elle se laissait faire sans réagir. Elle ne lui parlait même plus de cet enfant qu'elle rêvait de faire avec lui ! Un frisson d'appréhension le parcourut. Et si elle allait le quitter ?
Elle avait l'air fatiguée. Il en fut convaincu quand elle s'installa sur le canapé sans plus s'occuper de lui. Ce n'était pas dans ses habitudes, même un dimanche comme aujourd'hui. Il prit un torchon et entreprit d'essuyer assiettes et verres posés sur l'égouttoir de l'évier. Il fallait vraiment qu'il répare ce foutu lave-vaisselle ! Un soupir lui échappa. Il méritait sa réprobation.  Pourquoi cette  blague ridicule de fabrique de couteaux à Malte alors que la simple vérité aurait suffi ? Il n'y avait aucune honte à la dire pourtant !  Toujours cette maudite crainte d'être mal jugé ! Il sortit enfin le contrat de sa poche.
- Tessa..
-Quoi encore ?
-J'ai vraiment trouvé du boulot. Regarde!
Dubitative, elle prit le papier, le déplia et lut à voix haute : " Contrat d'engagement  à titre d'employé à l'unité de traitement des déchets, de monsieur Sam Prigent. La période d'essai de 3 mois  à dater du lundi 1er septembre, sera suivie d'un CDI si monsieur Prigent  remplit les conditions exigées."
-Tu as signé ?
-J'ai signé. Je commence demain matin ! Ce n'est pas brillant mais c'est un boulot comme un autre ! Et celui-là, je vais faire ce qu'il faut pour le garder, promis juré ! Je t'aime ma chérie !
Je suis fière de toi mon Sammy ! Et surtout, je t'aime moi aussi ! Pardonne mes accès de mauvaise humeur de ces derniers temps ! C'est que....dans  huit mois nous serons trois ! Du coup, c'est vraiment chouette que tu aies trouvé du travail tu vois !

Liste 111

Discipline, vendredi, commettre, scandale, luxueux, hors-normes, destructeur, sous-entendus, échecs, peindre

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