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12 juillet 2026

Sujet N°120 de Filigrane- Un sac de billes

 La photo
Le livre :"Un, sac de billes" de Joseph Joffo
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Mes jeux d'enfance

Jouer à la marelle, je l'ai fait avec Isabelle, ma meilleure amie d'enfance.
Nous la tracions maladroitement à la craie au beau milieu de la route puis, chacune  à notre tour, nous sautions sur un pied de case en case, de la terre jusqu'au ciel. Avec elle j'ai aussi concocté des tambouilles aux herbes, à la terre et à l'eau de la rivière dans sa jolie dinette que je lui enviais. Puis nous faisions semblant de les manger. Un jour c'était elle la maman et moi l'enfant difficile, le lendemain nous inversions les rôles...
Mais c'est avec mes deux grands frères, mes cousins, ma cousine et toute  leur bande de casse-cou recrutés chez les gamins du village, que je préférais jouer à Tarzan, à d'Artagnan, aux ccw boys et aux indiens, entre autres héros  qui avaient le pouvoir d'inspirer notre imagination débordante.. Ceux  des films qui passaient le jeudi dans l'arrière-salle du café du village, ou ceux des BD que nous lisions.
Quand ils ne construisaient pas des cabanes  ou ne rejouaient pas «La guerre des boutons» à leur façon avec la bande des«Brouard-Pierre» comme on les appelait dans le village, mes frères   s'adonnaient à des jeux plus calmes ! Enfin, il faut le dire vite parce que  le calme cessait dès que leur petite sœur avait le malheur de vouloir participer. M'avoir dans  pattes, avait le don de les mettre sérieusement en boule ! Un sac de billes, un parcours compliqué entre parpaings, collines de sable et autres obstacles à franchir pour les billes de verre et d'agate, et mes deux frangins turbulents devenaient très sages et concentrés. Du coup, sitôt que je faisais mine de m'approcher,  ils devenaient pires que des bulldogs dont un misérable roquet aurait voulu piquer l'os. En l'occurence, le misérable roquet, c'était moi ! Ils ne voulaient pas de moi dans leurs batailles rangées de billes et de calots - mes frères disaient "gallots" - au terme desquelles le perdant cédait quelques uns de ses précieux trésors au gagnant.  
Pour les jeux de guerres et de batailles fictives entre deux camps ennemis, je n'avais de place qu'en tant que victime idéale : indienne prisonnière chez les cowboys, femme blanche attachée au poteau de torture chez les indiens, captive des méchants libérée par les mousquetaires... Et j'acceptais ce rôle ingrat parce que c'était pour moi, le seul moyen d'être intégrée à l'un ou l'autre des camps. Un rôle qui m'a valu pas mal de tirage de cheveux, quelques bleus et horions. De petites blessures de guerre dont j'étais en fait très fière parce qu'elles m'ont servi d'adoubement pour être acceptée dans la bande ! Une bande d'invincibles héros dont Isabelle qui n'aimait que nos gentils jeux de filles, n'a jamais fait partie.

An'Maï.

Un article sur les jeux de billes qui m'a permis de rectifier une petite erreur dans cette narration de mes souvenirs. C'est calots et non pas gallots comme disaient mes frères, que j'aurais dû écrire.

https://www.ribambel.com/activites-en-exterieur/les-noms-des-billes-par-tailles-on-fait-le-point

18 juin 2026

Jeu 119 de Fligrane- Lettre d'une inconnue.


La dactylographe-Doisneau

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 Lettre d'une inconnue à un inconnu

Cher toi que je ne connais pas et pour lequel je suis aussi une inconnue, je t'écris aujourdhui cette lettre qui fort probablement ne te parviendra jamais puisque tu n'existes pas, si ce n'est dans mon imagination. A moins que ce ne soit dans mes plus profonds désirs .
Pour le faire, parce que j'avais envie de la dépoussiérer, j'ai sorti l'antique machine à écrire de ma grand-mère, certaine que mes doigts sur les touches usées du clavier, saurons trouver les mots.
Assise contre un mur sur les pavés d' un quai de Seine pas trop fréquenté, je me suis mise à l'aise. Pieds nus, en short et top d'été, lunettes de soleil sur le nez, je les cherche ces mots qui se refusent encore à moi.
Qu'écrire et surtout comment écrire ce qu'on a sur le cœur , à quelqu'un qu'on ne connaît pas, qu'on ne connaîtra probablement jamais?
Façon romantique ? «Je suis une jeune fille  un peu fleur bleue qui ne rêve que d'éclore à l'amour. Pour toi je serai la plus belle pour peu que tu consentes à me regarder.»
Ringard? Je ne vous le fais pas dire ! Mais c'est ainsi que devait parler ma grand-mère.  Dans sa folle jeunesse en tout cas ! Parce qu'elle a évolué Mamie ! Elle vit avec son temps et se sert de son ordi pour écrire ses histoires !
Je pourrais écrire :  «Ramène ta fraise beau gosse ! Brun, blond ou roux, je t'attends !»
Ça aussi c'est dépassé. Les jeunes d'aujourd'hui ne s'expriment pas ainsi d'après ce que j'entends ! Quand ils se parlent  en vrai  bien sûr !  Parce qu'en fait, ils communiquent  plus par portable interposé  et sur les réseaux sociaux que face à face ! Et je te jure,quand il leur arrive d'utiliser le français de madame et monsieur tout le monde, c'est bourré de fautes d'orthographe, de grammaire, de conjugaison... Ma pauvre mamie qui est de la vieille école en est outrée ! Au gré du temps, ils inventent et réinventent leur propre charabia ,afin de n'être compris qu'entre eux ! 
Du coup, je t'écrirais un truc du genre «Wesh bg ! Chuis deter, mais fais belek !  Je cherche pas un bail ni un charo ! Pas un kassos non plus ! Ni un mytho. Qu'tu dahek ou qu'tu m'deuh et j'te ban despi ! T'as capté ?»
Bon, d'accord, j'ai récolté ces expressions «djeuns» sur une page web qui date de 2024-2025, alors je ne suis déjà plus dans le coup tellement ça évolue vite !
Et puis qu'importe la manière dont je le fais, je ne t'écris  pas vraiment après tout puisque je ne fais que rêver à la personne que tu pourrais être. Je ne fais qu'imaginer notre possible rencontre après que tu auras lu cette lettre que je ne vais pas envoyer !
Je suis barge ? Certes avec cette antique machine à écrire sur les genoux, c'est ce que doivent penser les promeneurs.
Je m'en moque ! Je t'écris une lettre que je vais jeter dans l'eau de la Seine  après l'avoir glissée dans la canette de soda que je viens de boire, dérisoire bouteille à la mer des temps modernes. Si tu la repêches, réponds moi.
Je t'attends.






28 avril 2026

Jeu N°118 de Filigrane-La soupe aux Schtroumpfs

 La photo (tirée du film (La soupe aux choux")

 Le livre :"La soupe aux schtroumpfs" (bande dessinée de Peyo)
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A la soupe !

- A la soupe la Denrée ! Tu vas te régaler !

- Mais le Glaude, je n'aime pas la soupe ! Aux choux, aus pois aux poireaux ou au pain, je n'aime pas la soupe ! Et quand on y rajoute du vin pour faire chabrot*, ça me débecte !

- Comment ça tu n''aimes pas la soupe ? J'étais pourtant sûr que ça te plairait !

-Ben non tu vois ! Je n'aime pas vos soupes à vous les terriens !Je déteste en particulier le potage au vermicelle ! On dirait des petits vers qui nagent dedans ! Beuuuuurrrrrkkk ! Je n'aime pas non plus le bouillon du pot- au-feu. C'est gras et puis dedans il y a tous ces yeux qui me regardent ! Ça me fout les jetons ! Je n'aime pas le bouillon de toute façon, qu'il soit d'onze heures ou de minuit !

-Tu aimes quoi du coup mon pote ? J'étais persuadé que tu adorais la soupe aux choux !

- Tu as mal compris le Glaude ! Ce que j'adore, c'est la soupe aux Schtroumpfs ! Si tu en as, j'en mange un plein bol ! Deux même ! Ou trois ! J'ai bon appétit ! Sur ma planète, on la fait tellement bien ! Je t'invite à venir la goûter, elle vaut le voyage, crois-moi ! Un pur délice !

- Voyons la Denrée ! On ne mange pas les Schtroumpfs chez nous ! Ces petits bonshommes bleus au bonnet blanc, sont une race protégée ! Tellement protégée qu'on ne peut les voir qu'en ouvrant une BD de Peyo ! Les petits Schtroumpfs, la jolie Schtroumpfette, le grand Schtroumpf, Gargamel et son chat Azraël qui ne rêve que d'avaler quelques Schtroumpfs bien grassouillets....Un régal !

- Un régal tu dis ! Donc ça se mange une BD de Peyo ! Et les Schtroumpfs aussi du coup !

- Non la Denrée, ça se lit ! Une BD, une bande dessinée si tu préfères, c'est un livre avec plein d'images dedans qui racontent une histoire.

- Ah oui, un livre ! On nous en a parlé là-haut ! Ça aussi je croyais que ça se mangeait ! J'ai entendu cette expression plusieurs fois :"Ce livre m'a tellement plu que je l'ai dévoré !"

- Je comprends, je comprends ! Bon, si on allait la goûter maintenant cette soupe en train de bouillonner dans la marmite ! Ma mère me disait toujours "Goûte avant de dire que tu n'aimes pas !"

- Et c'est quoi cette soupe le Glaude ?

- Un velouté aux potirons !

-Ah non le Glaude, ça je ne peux pas !

-Et pourquoi donc la Denrée ?

- Sur ma planète, les potirons sont une race protégée !


* Faire chabrot, ou chabròl en occitan, est une coutume de la moitié sud de la France qui consiste, quand il reste un fond de soupe ou de potage, à ajouter dans l'assiette du vin rouge pour diluer ce bouillon puis de porter le plat à la bouche et à l'avaler à grandes goulées.


16 avril 2026

Jeu 117 de Filigrane et atelier d'écriture créative N°316

- Atelier d'écriture pour le mois d'avril - 
A partir de cette photo 
et de ce livre : 
"L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau et autres récits cliniques"
d'Oliver Sachs
***

Rupture

L'homme l'a posée là comme on pose un chapeau
Ou comme un pardessus sur son porte-manteau.
Il l'a déposée là , l'aurait-il oubliée?
Depuis sa femme attend, la mine résignée.

Une tasse à la main, dans l'autre une revue
Qu'en le guettant, dix fois déjà elle a relue,
Elle fixe le vide, la belle élégante,
Cela lui donne en fait, une allure distante.

«Attends-moi, je reviens !» C'est ce qu'il a promis.
Mais son attente est vaine. Enfin elle a compris !
Sous son joli bibi, son étole de reine
La femme abandonnée à la mine lointaine,

Ne voit rien, n'entend rien, perdue dans ses tourments.
Son mari l'a quittée, d'un coup c'est évident !
Il a pris son chapeau, ses claques et ses cliques.
Voilà d'une rupture le récit clinique.

***
Proposition 316 : Quand e héros change de costume 

Pas si blanche 

Ma mère est morte quand j'étais bébé. Mon père s'est très vite remarié et m'a confiée à une nourrice à qui j'en ai fait voir de toutes les couleurs en grandissant. Petite fille modèle devant lui, je faisais les quatre cents coups dans son dos ! Ma belle-mère avait beau être adorable, je ne l'aimais pas. Elle m'avait volé l'amour exclusif de mon père et je rêvais de me venger d'elle ! Ma nounou satisfaisait le moindre de mes caprices. Je faisais tout ce que je voulais. Dormir jusqu'à pas d'heure, passer du temps à me pomponner devant mon miroir qui me disait toujours que j'étais la plus belle. Il faut avouer que j'avais menacé de le casser s'il osait me montrer une mauvaise image de moi. Capricieuse, coléreuse, égoïste, pas du tout blanche comme neige, voilà qui j'étais ! Et je poussais, comme poussait dans mon cœur une haine féroce contre ma belle-mère. Sitôt qu'elle tentait la moindre approche pour m'amadouer, je filais, dans les bois.
Un jour, j'y ai rencontré tout à fait par hasard sept copains dont le plus grand m'arrivait à la taille. Ils étaient tous à ma botte ces bonshommes ! Lors d'une visite chez eux, j'ai avalé de travers une pomme pourrie et j'en suis quasi morte ! Comme je ne rentrais pas, c'est ce qu'ils ont tous cru au château ! S'il n'y avait eu ce bécasson de Prince Charmant, j'en serais sûrement encore à subir les pleurs de mes copains nains au-dessus de mon cercueil de verre !
Le jour de mon mariage avec le Charmant nigaud, ma belle-mère et mon père ont été invités en tant que souverains du royaume voisin. Je ne vous dis pas leur stupéfaction quand ils ont découvert l'identité de la mariée ! Inénarrable ! Le mieux c'est que mon papounet a gobé les yeux fermés le conte que je lui ai servi en feignant de recouvrer la mémoire : une pomme empoisonnée apportée par la reine déguisée en sorcière ! Elle a eu beau jurer qu'elle n'y était pour rien, il ne l'a pas crue.
Jugée pour un crime qu'elle n'a pas commis, elle est condamnée à danser jusqu'à ce que mort s'ensuive dans des souliers de fer chauffés au rouge ! Et après ça on me dira que la vengeance est un plat qui se mange froid ! Je rigole !


01 septembre 2025

Sujet N°110 pour Filigrane - Retour vers le futur

Retour vers le futur

        Avec leur cher papa, Meg, Jo, Beth et Amy, les quatre filles du Docteur March, qui soit dit au passage, n'est pas docteur mais pasteur, font un voyage dans le Temps totalement inattendu. En manteaux à carreaux et chapeaux élégants, les quatre demoiselles font la queue devant un guichet pour reprendre un train qui les ramènera à Concord où elles ont vécu leur enfance et connu les heures sombres d'une terrible guerre fratricide.
        Cette étonnante aventure a commencé tout à fait par hasard. Ayant fait leur vie chacune de leur côté, les quatre sœurs ont décidé d'entreprendre ensemble un genre de pèlerinage à Concord, la ville qui les a vu naître. Elles ont accepté que Robert, leur père les accompagne. Lui aussi voulait revoir la ville où il avait été pasteur. Elles sont donc parties de Washington où se sont installés leurs parents. Mary March n'a pas voulu se lancer dans un tel périple ! 
        En route pour le Massachussets, à mi-chemin de leur destination, leur train brinquebalant a été pris dans un violent orage. Il faisait tellement sombre qu'on aurait pu croire que la nuit était tombée. De gros dégâts sur la voie ont obligé le train à s'arrêter dans une gare perdue...presque un siècle plus tard ! Tout a changé sans même qu'elles s'en soient rendu compte : le train, le décor, leurs tenues à la pointe d'une mode qui n'a plus rien à voir avec leurs longues robes si peu commodes...Elles sont descendu de leur wagon pour en avoir le cœur net. Leur père les a suivies, aussi bouleversé qu'elles. Il faut reconnaître que commencer un voyage en 1868 et être catapulté en cours de route près d'un siècle plus tard, a de quoi terrifier même quelqu'un d'aussi téméraire que Jo par exemple ! Laquelle aurait pourtant bien aimé explorer un peu plus cette époque bizarre, image d'un futur qu'elle n'aurait jamais pu aborder sans cette défaillance du flux temporel ! Un sacré roman à écrire ! Mais ses trois sœurs et son père n'ont qu'une envie, retrouver leur monde, leur siècle, leur vie bien rangée. Dans celui-ci ils ne se sentent pas à leur place ! Le journal qu'a acheté Robert avec l'argent qu'il a trouvé dans une des poches de sa veste, parle d'un conflit mondial qui a eu lieu quelques années auparavant. Une guerre tellement plus cruelle et meurtrière que celle qu'il a connue ! Les hommes de ce temps sont devenus fous !
        «Nous devons rentrer à Washington ! Votre mère, vos époux nous attendent ! » A-t-il décrété. Montrer son autorité paternelle lui fait oublier sa terreur grandissante à l'idée que ce soit impossible !
        Amy s'occupe des billets de retour. Meg et Beth tournent le dos . Regardent-elles vers ce passé qu'elles ont quitté, alors que Jo, la plus intrépide des quatre est résolument tournée vers le futur ? Le nez dans son journal, leur père prie intérieurement qu'aucun orage ne vienne perturber leur retour. Sans savoir d'où lui vient cette idée, il soupçonne en effet cet épisode météorologique tumultueux d'avoir changé le cours du Temps.
         Le train arrive enfin ! Les cinq voyageurs égarés en 1950 s'y engouffrent, soulagés. Ils sont si épuisés par leur étrange aventure qu'ils ne tardent pas à sombrer dans un sommeil de plomb.
        Ni les quatre jeunes femmes ni leur père ne se doutent que ce voyage de retour va effectivement les ramener à Washington en...2025 !

©An'Maï


07 août 2025

Sujet N°109 de Filigrane-Les vacances (2) - A quoi pensent-ils?


A quoi pensent-ils ?

Sandalettes aux pieds toutes identiques, bras et jambes nues, ils sont assis en rang d'oignons sur le quai d'une petite gare qui semblerait presque désaffectée s'il n'y avait la présence de cette drôle de famille pour nous dire qu'au moins un train y passe encore. Celui que manifestement ils attendent tous, en apparence bien tranquillement si l'on se fie à leur attitude et à leur position quasi similaire.
Le tag sur le mur attire mon attention. «Body language». Que nous dit-il le langage de leur corps ? Rien manifestement. Ni impatience, ni inquiétude dans leur posture. Rien sur leur visage qui nous apprendrait ce qu'ils pensent en cet instant précis. Rien ! Ils attendent, c'est tout, statues immobiles à jamais figées par un photographe qui passait probablement par là à tout hasard pour faire un cliché "urbex" et que cette famille sagement assise ne pouvait qu'intriguer.
Qui sont-ils, où vont -ils ? Partent-ils en vacances ? Si c'est le cas, ils voyagent léger, léger parce qu'il n'y a pas le moindre bagage visible dans ce décor un rien surréaliste ! Que nous dit-il ce club des cinq familial en noir et blanc ?
Le petit garçon avec des lunettes noires à la façon "Men in black" qui auraient troqué le costume et la cravate pour un short et un tee-shirt, rêve-t-il à de futures aventures mouvementées?
Le papa, sourire en coin, peut-être parce qu'il a capté la présence du photographe sur le quai d'en face, se dit il "Zut, j'ai oublié mon vieil appareil à  la maison, il fait des photos tellement plus chouettes que le portable !» ?
Les petites filles modèles qui regardent chacune de leur côté, se demandent sûrement pourquoi il n'y a pas d'autres voyageurs sur le quai. Ces deux là ne liront pas «Les malheurs de Sophie» de la Comtesse de Ségur dont leur a parlé leur arrière grand-mère comme d'une œuvre magistrale. Trop naze ! Elle yoyote grand-mamie ! Elles préfèrent jouer sur leur portable. Entre les deux sans piper mot, la maman guette sans doute l'arrivée du train en se félicitant intérieurement que tout le monde se tienne tranquille en attendant qu'il se pointe enfin.
Mais j'extrapole parce qu'en réalité, je ne peux savoir à quoi ils pensent, ni même ce qu'ils font là ! En fait, ils posent peut-être pour le photographe qui souhaitait mettre un peu de vie dans son "urbex"

An'Maï

02 août 2025

Sujet N°109 de Filigrane : les vacances


Les vacances de la famille Dubonnet

Ah les vacances ! Parlez-en à Sophie et à Jean Dubonnet, les parents de Chloé, Anaïs et Ewan ! Si les deux fillettes ne ressemblent pas à Madeleine et à Camille, les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur, elles sont tout de même assez sages au regard des circonstances de ce départ en famille qui ne se déroule pas vraiment comme prévu ! Quant à Ewan qui se tient exceptionnellement tranquille lui aussi, c'est habituellement un bon petit diable toujours prêt à faire des bêtises. Non, les malheurs de Sophie et de Jean ne sont pas causés par leurs enfants - enfin pas tout à fait - mais par ce maudit train supplémentaire qui se fait attendre ! Tout ça parce que celui qui était censé les amener à bon port en Bretagne, chez les parents de Sophie qui les attendent, comme chaque année au mois d'août, est parti sans eux ! Le pire, c'est que leurs bagages, les cinq valises archi remplies pour trois semaines de vacances, sont bien dans le train qu'ils ont raté. Et le pire du pire c'est que dans la précipitation, ils ont mis avec les valises, les sacs à dos qu'ils devaient garder avec eux et qui contiennent leurs provisions de route, boissons et sandwiches, parce que, dixit le paternel : «Pas question d'acheter quoi que ce soit dans le train, leur jambon-beurre et leurs boissons coûtent la peau des fesses !» Heureusement tout de même, Sophie a gardé son sac à main et Jean, le sac banane qui ne le quitte jamais. Argent, portables, papiers... Tout est là, ce qui leur a permis de s'expliquer au guichet et de ne pas payer de supplément !
Comment une telle mésaventure a-telle bien pu leur arriver ? Me direz vous ! C'est tout bête, croyez moi ! Ils étaient installés et attendaient le départ qui était retardé de dix minutes à cause d'un incident sur la voie, quand Chloé a hurlé :
- J'veux mon doudou, j'veux mon doudou !
-Et il est où ton doudou ? A demandé Sophie le plus calmement possible.
- Je.. Je l'ai oublié dans la gare . Euhhh, je crois... A bégayé la fillette en larmes !
- Tu es assez grande pour t'en passer maintenant ! A fulminé Jean qui sentait la moutarde lui monter au nez !
-J'veux mon doudou ! A insisté Chloé en tapant du pied.
-Bon, on va aller le chercher, on a le temps ! A concédé Sophie.
Et les voilà tous descendus du train pour aller chercher un doudou tout baveux qui était en fait bien calé dans le sac à dos de la petite, dans la soute à bagages, en route pour la Bretagne !
Anaïs et Ewan boudent. ils ont faim ! Chloé ne cesse de geindre ! Jean et Sophie se retiennent, plus très loin d'exploser !
Ah les vacances ! Ça commence bien pour les Dubonnet !