07 juillet 2025

Ainsi...Narrateur


Ainsi...Narrateur ou La curiosité est…

Comme chaque matin, dès l’aube, Michelle S faisait son jogging. Elle avait vu un reportage sur les bienfaits incontestables de cette pratique très matinale. Elle s’y était donc mise sine die. Une petite heure de course tranquille un peu avant le lever du soleil ; puis une bonne douche suivie d’un solide petit déjeuner et elle prenait revigorée le chemin de l’école du quartier difficile où elle tentait péniblement d’inculquer connaissances et civisme à une bande de gamins… fatigants ! Un poste qu’elle n’avait pu refuser. Célibataire, sans attaches, elle débutait dans la profession.
C’était toujours le même parcours dans le parc qui jouxtait sa résidence. Le premier lever aux aurores avait été rude mais elle s’y était faite et désormais, elle adorait ce décrassage du corps autant que de l’esprit ! En solitaire parce qu’elle était bien la seule du coin à jogger de si bon matin ! Du reste, ses collègues masculins et féminins, l’avaient mise en garde contre le risque qu’elle encourait à s’aventurer toute seule sur les sentiers presque en pleine nuit à certaines périodes de l’année.Ce qui était le cas en ce frais matin de décembre ! A une différence près, elle avait décidé in extremis de changer un peu son itinéraire habituel pour emprunter la petite rue faiblement éclairée qui longeait une usine désaffectée.
-C’est une ancienne entreprise de recyclage de textiles usagés, lui avait appris son charmant voisin de palier.
-Pierre-Marie ! S’était-il présenté presque timidement.
Un beau mec derrière ses affreuses lunettes à monture épaisse et noire. BCBG mais un peu coincé, lui avait-il semblé. Elle le voyait d’ailleurs très peu et seul le hasard les avait fait se croiser dans la cage d’escalier un dimanche matin. Son missel à la main, il se rendait visiblement à la messe dominicale ! Le dimanche, elle ne courait pas. C’était repos et une fois sur deux, elle allait voir ses parents qui habitaient à une centaine de kilomètres de là.
-Chouette ! Je suis passionnée de photo urbex ! Il faudra que j’aille y faire un tour un de ces quatre ! Au fait, moi c’est Michelle avait-elle jeté avant de s’élancer dans l’escalier.
Elle devait se dépêcher, ses parents très à cheval sur les horaires, l’attendaient pour déjeuner. Le jeune homme n’avait pas répondu. En fait, il l’avait à peine regardée lors de leur très bref échange. Elle supposait qu’au contraire d’elle, lui avait continué à descendre posément. Mais elle ne désespérait pas de parvenir à s’en faire un ami ! Il était vraiment très mignon ce mec finalement !
Mais revenons à ce frais matin de décembre. Elle devait bien s’avouer que ce bâtiment assez lugubre qui avait servi à recycler des nippes trop usagées pour servir encore et des tas d'autres déchets textiles d’après Pierre-Marie, l’attirait irrésistiblement. Elle brûlait d’y entrer, de l’explorer d’en flairer chaque recoin… C’était cela justement qui lui plaisait dans l’urbex. Capter la vie passée dans des lieux qui tombent en ruines. Il y a toujours un bon shoot à faire dans ces endroits abandonnés, pour qui sait regarder.
-Et toi, tu sais lui avait dit son frère aîné également féru de ce type de photos.
Il fallait qu’elle assouvisse son infinie curiosité. En plein jour, pas possible ! Le panneau « propriété privée, entrée interdite » était suffisamment dissuasif pour une jeune professeur des écoles censée apprendre le respect des règles et des lois à des gamins de CM2 très peu enclins à la discipline. Elle se devait d’être un bon exemple pour eux, pas vrai ? Mais à cette heure, qui risquait de la voir ? Pas un de ses élèves en tout cas ! Et elle n’avait encore jamais croisé d’autres joggers aussi matinaux qu’elle. Elle était persuadée que ce n’était pas ce matin qu’elle en rencontrerait un ! Elle allait entrer en douce, histoire de faire un premier repérage. Pour cela, elle s’était munie d’une bonne lampe de poche à large faisceau en plus de sa coutumière frontale. Ensuite, elle n’aurait plus qu’à revenir aux beaux jours, quand le soleil se lève plus tôt. Il y avait des tas de supers photos à faire dans cette vieille fabrique, elle en était sûre ! Elle s’en réjouissait à l’avance ! Ils allaient en baver d’envie ses potes du groupe « La photo ça démange » dont elle faisait partie sur Facebook!
Elle y était, enfin ! Ça la démangeait, oui ! Sa curiosité la démangeait ! Il fallait qu’elle gratte ! Fébrile, elle longea le haut mur pour trouver un accès pas trop ardu pour elle et son mètre cinquante –cinq. Sportive oui, acrobate, non !
Après quelques mètres dans une semi obscurité assez angoissante, elle trouva l’entrée principale. Une haute grille avec le fameux panneau « propriété privée ». Haute mais pas trop dure à escalader, même pour elle ! A y regarder de plus près, elle s’aperçut que la grille mangée par la rouille, était entr’ouverte. Le lourd cadenas pendouillait tristement au bout de sa chaîne inutile. Voilà qui réduisait à néant la mention « entrée interdite ».Bizarre mais qu’elle aubaine pour la fouineuse patentée ! Même si elle était un peu déçue de n’être pas la première à avoir brisé l’interdit ! Elle s’y faufila sans remord ni arrière-pensée. Pour le moment, sa lampe frontale suffisait. Elle n’eut pas besoin de forcer la grande porte de fer de l'usine. Quelqu’un d’autre l’avait fait avant elle. Zut ! Mais bon ! Elle n’allait pas se plaindre qu’on lui ait facilité la tâche ! Elle avait joué la prudence en s’armant d’une bombe lacrymo et d’un bâton de marche.
« Sait-on jamais ? » S’était-elle dite !
L’entrée de l 'entreprise désaffectée ne lui montra rien de fascinant. Des gravats, des toiles d’araignées… Elle entreprit donc d’explorer le reste de la grande bâtisse abandonnée aux rats et à la poussière de l’oubli. Ce furent d’abord un bruit étrange, comme une espèce de ronflement, puis, après quelques pas de plus, une lueur diffuse, qui stoppèrent net sa progression tâtonnante. Elle retint sa respiration, envahie d’une crainte soudaine. Puis la curiosité l’emporta sur la peur.
- J’ai dû rêver ! C’est à force de m’entendre dire que je suis trop imprudente ! Lança-t-elle à voix haute pour chasser les derniers miasmes de cette angoisse disproportionnée.
Et, le bâton pointé en avant - au moins ça tout de même - elle se dirigea courageusement vers la porte à double battant entrebâillée, d’où avaient semblé provenir le bruit et la lueur.
Ladite porte, un large sas de plexiglass en fait, laissait passer à la fois les premières lueurs de l’aube et la lumière falote d’un haut réverbère. Quant à l’espèce de ronflement, ce n’était que le souffle de la trouillarde qu’elle allait finir par devenir si elle continuait à écouter les incessantes mises en garde de ses collègues qui résonnaient dans sa tête ! Elle réprima un fou-rire qui aurait sonné faux même à ses propres oreilles et elle entra…
Dans l’ombre, près de ce qui ressemblait à une grande cuve rouge posée à l’horizontale sur un support d’aciee dans laquelle ronflait… un feu d’enfer, se tenait….Pierre- Marie. Et ce qu’il tenait bien en main, ce n’était pas un missel.
Michelle S, joggeuse très matinale et grande amatrice de photo urbex, ne vit jamais celle, très macabre, que prit un journaliste trois semaines plus tard : le four rouge de l’ancienne entreprise de recyclage, débordant de cendres.
Dans le magma fuligineux, les experts de la police scientifique, retrouvèrent quelques fragments d’os dont l'analyse de l’ADN détermina qu’il s’agissait entre autre, de ceux d’une jeune professeure des écoles qui ne s’était pas présentée dans la classe où elle enseignait, un frais matin de décembre.
L’analyse des cendres a déjà permis d’élucider plusieurs affaires de disparitions de jeunes femmes célibataires, entre 20 et 30 ans. Ainsi a-t-on retrouvé la trace carbonisée de Sarah H, secrétaire de mairie à X, disparue depuis 3 ans sans explication, celle de Bénédicte T, coiffeuse à domicile, disparue depuis deux ans, celle de Barbara A, serveuse, disparue l‘année précédente... Vu la grande quantité de cendres, et le nombre de disparitions encore inexpliquées de jeunes femmes de la région de X, les analyses se poursuivent. De bien brûlants "cold case" si l'on peut dire !
Le serial-incinérateur court toujours !
Non, il marche tranquille vous aurait assuré Michelle S

©Anne-Marie Lejeune

06 juillet 2025

Mil et une suite N°146,version 2-Déception(2)

 

Cette fois, j'ai respecté l'itinéraire des mots du "logo-rallye". Est-ce ainsi que ça doit être fait ?

Déception 2

- Me trainer dans la boue au saut du lit après notre nuit de passion, ce n'est vraiment pas prudent Vanessa !
-Ben, c'est que tu n'as pas été très lumineux mon pauvre Fred ! On était loin de la folie promise !
- Tu abuses là Vanessa ! T'as de la chance que je ne sois pas un violent parce que du coup, je pourrais te battre là, tellement je suis vénère !
-Désolée pour toi si ça te vexe, mais crois moi, le souvenir de cette nuit va vite s'évanouir et tu sais très bien pourquoi !

05 juillet 2025

Mil et une suite- N°146 - Déception

 


        - Vanessa, dis moi pourquoi après notre nuit d'amour tu me traînes ainsi dans la boue ? J'aurais presque envie de te battre tellement je suis vénère !
        - Ben mon pauvre Fred, comment t'expliquer sans te froisser ? En fait, tu n'as pas été très lumineux ! Tu m'avais promis la folie au lit, du coup je m'attendais à beaucoup mieux, genre atteindre le septième ciel, s'évanouir de plaisir, grimper aux rideaux.. Enfin tout ce qu'on dit sur le sujet quoi ! Je t'imaginais en fougueux capitaine au milieu de la tempête de nos draps emmêlés, je n'ai eu droit qu'à un piéton hyper prudent, qui s'arrête trois plombes au passage protégé et qui regarde douze fois avant d'oser traverser ! Je voulais la passion qui explose, à la place je n'ai eu qu'un ballon dégonflé !
        -Là tu exagères Vanessa !
      -A peine ! De la part d'un pilote d'essai, j'aurais pu espérer un vol en Rafale, je n'ai même pas eu droit à un petit looping en Mirage, tout juste à un survol rapide en avion furtif ! Grosse déception pour quelqu'un qui aime les sensations fortes ! Dire que j'ai quitté mon pilote de ligne pour toi, parce que je le trouvais trop père tranquille ! Je ne suis pas loin de penser que j'ai perdu au change !

04 juillet 2025

Mon ressenti pour l'image N°52 - Quel futur ?

 


Quel futur?

L'effeuillerons nous encore
Amour, la marguerite
Dans ce Monde futur
Que nous nous préparons ?
Ou serons nous alors
Des machines sans âme
Regardant une fleur
Sans savoir ce que c'est ?

02 juillet 2025

Ma liste N°105 -De la discute à la dispute

 Liste N°105: Remporter, ultime, indice, basculer, logique, génération, menace, problématique, parole, ambiance.

De la discute à la dispute

En regardant Pierre, son meilleur ami se disputer avec son fils Bertrand, Dominique -Domy pour les intimes- se demandait qui des deux allait remporter la palme de la mauvaise foi ! L'ambiance se dégradait à vue d’œil. L'indice d'acidité des propos échangés avait atteint le plus haut degré. La problématique entre ces deux caractères très forts, c'est qu'une simple prise de parole avait vite tendance à tourner au vinaigre. Et ce n'était pas qu'un problème de génération ! A les voir dressés l'un en face de l'autre comme deux coqs de combat, la menace du pugilat se précisait. C'était malheureusement logique quand on les connaissait ! S'il n'intervenait pas maintenant, on n'allait pas tarder à basculer dans le mélodrame ! Pire, dans le drame au train où ça s'envenimait ! Une ultime fois il tenta de se faire entendre. N'y parvenant décidément pas, il décida de s'interposer entre les deux coléreux ! Mal lui en prit. C'est lui qui reçut en pleine poire le coup de poing rageur que Bertrand destinait à son père. Estourbi, il s'affaissa sur le champ de bataille. Ce qui eut au moins le mérite de calmer enfin les incorrigibles belligérants.
 Fin du premier round ! Mais pour combien de temps avant la reprise ! D'ici à ce qu'ils sachent  en rester à la discute sans que ça dégénère en dispute, les poules auraient des dents ! En attendant lui, il avait le nez cassé ! Ras-le bol de leurs prises de becs !

Image N°52


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Image N°52


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"Préférence" Chez Colette
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"Le cœur a ses raisons" Chez Jeanne Fadosi
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"Je t'M, un peu..." Chez Jill Bill



 

01 juillet 2025

Liste 105 +Récap' liste 104 et image 51

Récap' liste 104
"La vision" Chez Ghislaine
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"Une rose fanée" Chez Marie-Sylvie
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"Retour  au pays" Chez Jill Bill
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"Moments de vie" Chez Annick Lotus
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Récap' image 51
"Félix l'hélix"  Chez Jill Bill
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"Je me rêve escargot" Chez Martine-Martin Cosquer
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"Mon ami l'escargot" Chez François
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"Pluie bonheur" Chez Annick Lotus
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Liste N°105 tirée du magazine Diverto
, 
Remporter, ultime, indice, basculer, logique, génération, menace, problématique, parole, ambiance
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"Arrestation" Chez François
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"Courage" Chez Colette
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"Histoire en devenir-2/" Chez Annick Lotus
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"Peine de cœur" Chez Jill Bill
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La participation de Rose en commentaire
 :
Dans l’ambiance où gronde la menace
Chaque parole pèse, glisse, lasse.
La logique, fissurée, semble vaciller
Sous le poids d’un monde prêt à basculer.
Une génération cherche un cap, un indice
Dans le tumulte sourd d’un ciel sans prémices.
Le doute s’installe, profond, problématique
Comme un chant ancien devenu dramatique.
Mais vient l’instant rare, le choix ultime
Où s’écrit le destin, fragile et sublime.
Et celui qui sait voir, comprendre, remporter
Offrira demain à l’humanité.
Un peu de bonheur en partage dans ce monde perturbé
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30 juin 2025

Homonyme N°10 de Nanou - Le temps des taons


Écrire un texte avec les homonymes :Tant, t'en, tan, taon, temps, tend(s)
et/ou
Si je vous dis tambourin vous pensez à quoi. Écrire un texte avec ce mot et ceux qui vous sont venus à l’esprit. taper, joyeusement, rythme, musique, joie, fête, , danser
et/ou
Acrosticher le mot tambourin

Le temps des taons

Voici venir le temps des taons. Ils piquent, piquent tant que le tendre tan de ma peau en est tout irrité ! Je t'en prie, tends moi la lotion anti taon ! Mais non ! Pas le tambourin ! Où as-tu entendu que le bruit les fait fuir ? Plus de lotion ! Tant pis ! J'attendrai en me grattant que finisse le temps des taons et des moustiques qui piquent piquent tant !

J'ai "mixé" acrostiche du mot tambourin et texte avec les mots qu'il m'a inspirés

Tape tape joyeusement
Avec tes mains sur le tambourin
Mets y du cœur, mets y du rythme
Bam, bam ! Mets-y de la joie !
Oublie les ans, le temps qui pique
Un deux trois, un deux trois !
Rions ensemble et puis dansons.
Ivres de fête et de musique
Nous le vaincrons ce fichu temps !
*


Un poème écrit en 2018

Pièges 

Piéger les taons
Qui piquent, piquent !
Piéger le temps
Qui pique autant...
Oui mais comment,
Ça tique, tique
Oui mais comment
Piéger le temps ?
Car pour les taons,
Je vous explique
Un piège à taons
Cela se vend !
Or pour le temps
Quelle tactique ?
Ce grand méchant
Passe en courant
Tic-tac...

(01-07-2018)
©A-M Lejeune


28 juin 2025

Mil et une-Suite-Sujet N°145 - Le caprice de Marianne

Sujet 145 - semaine du 21 au 28 juin

Le caprice de Marianne

-Marianne, cesse tes caprices, on n'a pas les moyens !
-Ce n'est pas un caprice , ce château sera mien !
-Tu as vu cette bâtisse, imagine l'entretien !
-Que toi tu ne puisses, je comprends Adrien !
Au diable l'avarice ! A faire, tu n'auras rien !
J'engagerai Patrice pour les travaux et le jardin,
-Tes rêves sont factices ! Prends garde aux lendemains !
Tu as beau être actrice , dis toi que tout a une fin !
Quant à ton cher Patrice, c'est un sacré vaurien !
D'après son amie Béatrice, il a un poil dans la main !
-Je sais qu'il te hérisse mais c'est mon cousin
Le fils de tante Alice et de tonton Lucien
Gentils et sans malice, ce sont des gens de bien !
- Oui, mais lui, c'est le vice, l'alcool, les larcins...
-Tu es de la police ? Non ! Alors ne lâche pas les chiens !
Tout le monde n'est pas lisse comme toi, Adrien !
-Bon ! Signons l'armistice jusqu'à demain matin !
Faut que je réfléchisse si devenir chatelain
De ton foutu caprice, finalement me convient !
En attendant, tentatrice, à table, moi j'ai faim !
-Tu veux l'aile ou la cuisse de ce poulet de grain ?

An'Maï

25 juin 2025

Les trois petites


Les trois petites, Anne-Marie, celle à lunettes, Evelyne à droite et Marie-Lise, à l'autre bout de la table.. C'est comme ça qu'on nous a vite appelées quand on a débarqué dans notre famille d'accueil en 1962. Les trois petites qui sont chez madame H disait-on aussi quand on nous croisait, toujours ensemble sur le chemin de l'école. Trois petites filles de la fratrie des B qui compte 7 enfants, tous enlevés à leur maman, veuve et tombée dans le pot au noir après la mort accidentelle de son mari.  7 frères et sœurs séparés et placés  par "l'assistance publique" dans différentes familles. Nous étions censés être placés deux par deux en fonction des âges. Mais 7 est un chiffre impair ! Vous voyez le topo Du coup, j'allais me retrouver seule  mais poussée par l'assistante sociale,  la nourrice choisie pour mes deux petites sœurs a accepté de me prendre à l'essai pour un mois. J'allais sur mes 12 ans et madame H craignait que j'aie une mauvaise influence sur les deux petites. Elle m'a finalement gardée. Bénie soit-elle ! C'est ainsi que nous sommes devenues "les trois petites" mais  je suis longtemps restée blessée par  cette "prise à l'essai". Une espèce d'épée de Damoclès toujours brandie au-dessus de ma tête. 
Notre nourrice, mère de 11 enfants et  qui venait elle aussi de perdre son mari de façon tragique, avait besoin d'un supplément de revenus. et d'un dérivatif à son chagrin. En bonne chrétienne, je dois l'admettre,  elle a fait un peu plus que son "travail" de famille d'accueil et ses enfants nous on bien intégrées, même s'il y a eu - et c'est bien normal -, quelques tiraillements de temps en temps. Elle aurait pu nous mettre à l'école laïque comme le souhaitait l'administration mais elle a préféré ne faire aucune différence en nous mettant à l'école privée, comme ses filles encore scolarisées. 
Le hic, c'était lors des  réunions familiales. Imaginez  autour de Thérèse la  Nounou :  Anne-Marie, l'aînée longtemps célibataire puis finalement mariée à Pierre-Alphonse,  Pierre, Renée son épouse et leur fille Nathalie, Jean-Claude et Françoise sa femme, Marie-Françoise, religieuse, Francis et Colette, sa femme, Marie-Josée (qui restera célibataire toute sa vie), Marie- Paule qui finira mariée à Pierre, un vieil ami de la famille, Michel, qui épousera Françoise,  Dominique qui elle épousera Gérard, Elisabeth, et enfin la petite dernière Marie-Christine.  Plus, dans les grandes occasions, la tante Marie, Annick et Eric,  les cousins de Paris et leur père veuf Léo et les parents de la femme de Jean- Claude.  Et enfin,  nous, les 3 petites pièces ajoutées à cette grande famille. Puis, plus tard, les enfants des uns et des autres viendront grossir les rangs ! Une sacrée tablée pas vrai ! Le dimanche, en général, nous mangions dans la cuisine où se trouvait la "grande table". Autour d'elle, même avec les rallonges, il n'y avait pas de place pour tout le monde alors nous, les 3 petites, nous étions installées à la "petite table", rabattable contre le mur. Avec les autres mais à part, jusqu'à ce que Pierre, le vieil amie de la famille décide de venir se caler avec nous tant bien que mal parce que , disait-il, il n'y a pas de raison !
Dans les grandes occasions donc, même à la petite table, nous n'avions pas notre place. Du coup, on nous installait, "comme au restaurant" songions nous, à la table de la vraie salle à manger (celle de la photo) bien trop petite donc plus utilisée comme telle depuis longtemps. Pour faire passer cet isolement du reste de la famille comme une espèce de privilège,  notre nounou venait nous servir,  avec son beau tablier blanc et faisait comme si , effectivement, nous étions des clientes d'un restaurant chic.  Et hop, un joli sourire pour la photo souvenir

Ma communion solennelle.
Ce jour-là, pour caser tout le monde, on avait débarrassé la chambre de  la nounou et on y avait installé la tablée de fête avec de grands draps blancs en guise de nappes.

*
Une partie de ma famille d'accueil, plus mon parrain (frère de ma mère) à côté de ma nounou(en noir), et sa femme, tante Giselle, une main sur mon épaule. C'est la seule fois en 10 ans où ils sont venus nous voir

*
Elles ont poussé les 3 petites

Je n'avais pas encore pris mon vol.
***

23 juin 2025

Proposition N°105 de Nanou - Une coupable idéale


- Phrases : décider de son sort - moitié de la salle - protecteurs de la nature - sur le quai de gare - l’enquête suit son cours - une plaie ouverte - la boîte de Pandore.
- Mots ou expressions : sangler – vaste – pénétrer – pauvrette (mot ancien) – sommeil.
- et/ou Thème : Bien-être


Une coupable idéale

Pour son bien-être, Philomène Larivière doit sangler ses émotions de femme et enfiler sa dure carapace de commissaire. Elle connaît bien la pauvrette que l'on vient d'arrêter : Violette Latour, une jeune femme un peu simplette qui fait le ménage à la cantine de l'école. Elle ne ferait pas de mal à une mouche. Pourtant, sans même savoir ce que ça veut dire, elle a ouvert la boîte de Pandore de toutes les suspicions quand une bande de gamins dont c'est le terrain de jeux, l'a trouvée sur le quai de la gare désaffectée, à genoux devant le cadavre de Patrick Mercoux, le leader local de la ligue des protecteurs de la nature. Il gisait dans une mare de sang provenant d'une plaie ouverte au niveau du cœur. Elle tenait encore l'arme du crime à la main, un couteau de cuisine qui avait dû pénétrer profondément pour faire autant de dégâts ! L'air totalement hébété, elle ne cessait de répéter :«L'a beaucoup sommeil Patrick, j'arrive pas à le réveiller. ». Selon toutes les apparences, sa culpabilité ne fait aucun doute pour les partisans et amis de Patrick qui ont eu tôt fait de décider de son sort. Nora, sa fiancée, est de loin la plus acharnée des détracteurs de Violette «Ce n'est pas parce qu'elle n'a pas toute sa tête qu'elle est innocente ! Tout le monde sait qu'elle a le béguin pour Patrick depuis des années !» Clame t-elle à qui veut l'entendre, Philomène en tête, chargée d'élucider l'affaire.
A la mairie où la population s'est réunie dans le vaste salon d'honneur pour rendre un dernier hommage à Patrick, la moitié de la salle est d'accord avec Nora. l'autre moitié ne sait quel parti prendre.
- Nul ne doit tirer de conclusions hâtives tant qu'on n'aura pas toutes les preuves. Or, en l'état actuel des choses, rien ne prouve la culpabilité de Violette. Je ne peux vous en dire plus ! L'enquête suit son cours Nora ! Laisse-nous faire notre travail !
- Elle l'a tué je te dis ! Elle tenait le couteau plein du sang de Patrick ! Un couteau de cuisine de la cantine ! Ce n'est pas une preuve ça  Philo ?
-Non! Et tu le sais bien ! En lançant tes accusations sur la place publique, tu fais entrave à l'action de la police.
Elle aurait mieux fait de se taire Nora, se dira Philomène au terme de ses investigations. Son acharnement violent contre Violette a finalement orienté les soupçons sur elle. Des soupçons largement étayés par la présence de ses empreintes sur le manche du couteau -pas malin ça - et par la découverte d'une autre femme dans la vie de Patrick. De quoi provoquer sa jalousie maladive et justifier son acte criminel. Après avoir tué son fiancé elle a envoyé la simplette à la gare en lui disant que le jeune homme l'attendait là-bas. Elle savait comment fonctionnait Violette : sans réfléchir !  Et ça l'arrangeait bien ! Elle était sûre que la pauvre fille retirerait le couteau et espérait que les gamins seraient au rendez-vous de son coup monté. Bingo !
Elle aurait juste dû se souvenir que Philomène Larivière ne s'arrête jamais aux apparences.
Question bien-être, Nora va être servie ! Des années de prison l'attendent. Elle y sera logée, nourrie, blanchie gratis, pendant que Violette la simplette, continuera à trimer comme femme de ménage à la cantine scolaire.