Affichage des articles dont le libellé est Défis "Mil et une". Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Défis "Mil et une". Afficher tous les articles

11 juillet 2026

Mil et une -Sujet 194


Parasols

toile de Eduardo Ungar (clic) merci à Emma et en hommage

le mot facultatif : souvenir

***
Réconciliation-Monopoly
***

Les vieux amis

Rappelle toi mon ami, mon vieux copain d'enfance, ce baiser sur ta joue déjà ronde. Nous avions passé l'après midi à jouer au Monopoly avec mon frère et ta sœur. Tu guignais l'Avenue des Champs-Élysées et la Rue de la Paix. Je tes les avais soufflées sous le nez.  Tu m'en avais tellement voulu que ça avait fait rire les autres ! Énervé plus que de raison, tu avais balayé cartes et pions d'un revers de main rageur avant de quitter la table et d'aller bouder tout seul dans ton coin. Nous n'étions que des gosses mais ce souvenir reste gravé dans ma mémoire, tout comme celui de notre réconciliation avec ce baiser sur ta joue et ces mots de consolation que je t'avais murmurés à l'oreille :« Promis Jacquou, la prochaine partie je te les laisse !»
Nous avons grandi Jacques ! Les rondeurs, toi et moi, nous les avons prises de partout. Mais  qu'importe que les années nous aient changés, jusqu'à aujourd'hui, nous sommes parvenus à rester les meilleurs amis du monde.  Oh ! Comme je voudrais que rien ne change ! Assise à la terrase du Grand Café, sous l'un des parasols jaune et vert qui la fleurissent, je t'ai vu arriver, ton bouquet de fleurs caché dans le dos. Je sais ce que tu mijotes mon vieux pote ! Je sais que tu crèves d'envie d'entamer avec moi une partie  d'un tout autre genre que celles qui nous rassemblaient autour d'une carte de Monopoly. 
Depuis bien des jours, crois-moi, j'ai capté tous les signaux que tu m'envoies ! Déjà, quand tu étais môme, tu ne savais pas dissimuler tes sentiments !
 Mon cher Jacquou, comment te dire sans te blesser que ce que tu rêves d'emporter et qui est pour toi tellement plus important que l'Avenue des Champs-Élysées et la Rue de la Paix réunies, tu ne l'obtiendras pas. Notre amitié m'est précieuse, la perdre me ferait énormément souffrir ! Pourtant, je crains que cette fois, aucun baiser  sur ta joue ronde, ne puisse en recoller les morceaux quand je t'aurai dit ce qu'assurément,  tu ne souhaites pas entendre. 
Cigarette à la main, assise à cette table devant le verre que je m'apprêtais à siroter, je t'observe du coin de l’œil. Tu es si prévisible mon vieil ami, que j'entends déjà ce que tu veux me dire ! Et je vais t'arrêter avant que tu ne le fasses ! Je le dois au souvenir sacré de notre amitié d'enfance. J'ai quelqu'un dans ma vie alors Jacques, même si ça doit te   briser le cœur,il faut que tu acceptes le fait que nous ne serons jamais rien d'autre que de vieux amis.

An'Maï





 

27 juin 2026

Mil et une - Sujet 192 - Semaine du 20 juin au 27 juin

La cabane
Un mot facultatif  ballon
***
La cabane

Cabane au  Canada ou château en Espagne,
L'enfant grimpé là-haut a lâché le ballon
Et construit de ses mains, dans l'arbre sa maison.
Rêve-t-il ce gamin  au pays de cocagne

Où quand il sera grand, il cherchera fortune ?
De géantes cités sera-t-il bâtisseur
Ou  bien deviendra-t-il du ciel explorateur
Et ira-t-il un jour se poser sur la lune ?

A moins que simplement, il ne parte en voiture
Au gré de ses envies vers d'autres horizons
Sera-t-il sur une île un nouveau Robinson ?
 De Crusoë d'un trait, il a lu l'aventure.

En attendant il cloue une à une les planches
De sa maison perchée, de son palais de bois
Ce sera son domaine.  Il sera le seul roi
De la belle cabane calée  dans  les branches

Il y invitera ses amis et son père,
Son héros, son mentor qui lui a tout appris
Qui lui a fait confiance et prêté ses outils.
 Sans jamais s'en mêler , il l'a  seul laissé faire.

Ni cabane lointaine ou royale demeure...
L'enfant grimpé là-haut  reprendra son ballon
Et puis très sagement, apprendra ses leçons,
Les yeux sur la pendule où s'écoulent les heures.

An'Maï




 

20 juin 2026

Mil et une-Sujet 191 – semaine du 13 juin au 20 juin

***

sujet 191 – semaine du 13 juin au 20 juin

La Préhistoire, tout une Histoire

***

La petite fille des temps anciens

Étendue sur sa couche d'herbe sèche, couverte d'une fourrure d'auroch, Ehi Sha se détend un peu en repensant à tout ce qu’elle a appris aujourd’hui : cueillir les baies comestibles dans les buissons piquants,  remplir une outre d'eau et la ramener sans en renverser une goutte, tanner les peaux que les anciennes assembleront pour en faire des vêtements... Tout cela en guettant le moindre bruit furtif annonçant l'approche d'une bête sauvage assoiffée de sang. Oubliant un instant ses craintes, elle sent le sommeil la gagner. Près d’elle, Sha Rah, sa mère, respire mieux. La toux qui lui déchire la poitrine  jour et nuit, semble vouloir se calmer. La bouche grande ouverte, elle ronfle si fort que c’en est rassurant. Elle n’est pas la seule à faire du bruit. Il y a aussi ceux qui parlent en rêvant, ceux qui se tournent et se retournent en grognant sur leur couche parce qu’ils ne peuvent dormir à cause de ceux qui s'accouplent bruyamment. Il y a Ouhm Rah, la plus ancienne du clan, qui psalmodie en veillant sur le feu. Il y a les nourrissons qui geignent contre leur mère…Tous ces sons autour d’elle, c’est la vie !
            Avant de fermer les yeux, elle regarde les parois sombres de la caverne faiblement éclairées par les braises rougeoyantes du foyer dans lequel Ouhm Rah remet du bois de temps à autre. Les dessins qui l’ornent sont si beaux ! Ils racontent les chasses qui ont vu périr tant d’hommes vaillants, jeunes et moins jeunes. Elle reconnaît le renne, le cheval, le bison ou l’auroch. Il y a d’autres animaux dont elle ne sait pas le nom. Il y a aussi des traces de mains. Beaucoup sont celles des chasseurs. Combien de ces empreintes sont celles de disparus ? Dans un petit coin connu d’elle seule, il y a les siennes. En voyant faire les grands, elle aussi a voulu laisser une trace pour se souvenir de l’avènement de son septième cycle.
            Nées du reflet des flammes, des ombres mouvantes dansent sur les sombres rochers redonnant la vie à ces animaux tués et mangés depuis longtemps. 
Apaisée, Ehi Sha s’endort enfin.

(Un court extrait de mon roman "Les rêves d'Élisa", remanié pour la circonstance)

16 mai 2026

Mil et une-Sujet N°186

Vous voyez ce que je vois !

Le mot facultatif :VOCALISE

L'âne

Naseaux à la fenêtre l'âne vocalise,
C'est que d'être enfermé, vraiment ça le fait braire
Dans sa prison coincé, il ne sait trop que faire
Et de claustrophobie, il redoute la crise.

«Voyez ce que je vois, là bas dans l'herbe tendre
Cette ânesse jolie qui sans moi fait bombance
Et de pousses bien grasses se remplit la panse,»
Semble dire la bête qui braille à cœur fendre.

«Qu'ai-je fait dites moi pour mériter ce sort ?
A son aise elle mange tandis que j'ai faim,
Je n'ai eu pour repas qu'un dur quignon de pain,
On m'a mis à la diète, voudrait on ma mort ?

Je suis l'âne si doux, marchant le long des houx...
Vous savez, celui là, dans cette poésie
Dont vous disiez les vers si sagement appris !
Avez vous oublié ? Allez, souvenez vous ! »

Naseaux à la fenêtre, l'oreille tendue
L'âne guette l'ânesse qui festoie au loin
Il brait à fendre l'âme, elle ne répond point,
Trop occupée qu'elle est à brouter l'herbe drue.

14/05/2026
An'Maï


29 avril 2026

Sujet N°18 de Mil et une - du 25 avril au 2 mai

Miss Tic

Reine du Street Art Parisien, elle nous a quittés en mai 2022. Son œuvre reste.
Vous utiliserez facultativement sa phrase en mots séparés, en incipit ou excipit.

Je ne suis pas loin...

Je suis partie pour rester a-t-elle dit avant de nous quitter mais son oeuvre reste et vient confirmer son propos. A travers ce qu'elle nous a laissé, elle est toujours là. Je ne la connais pas mais ces mots me donnent envie d'aller la rencontrer dans ces rues qu'elle a marquées de son  sceau d'artiste.
Combien comme elle sont partis mais demeurent éternellement vivants. Si le cœur nous en dit, nous pouvons toujours les voir, les lire, les entendre : peintres, photographes, musiciens, sculpteurs, poètes, écrivains, cinéastes, scénaristes...
Et puis il y a les simples mortels qui eux aussi  demeurent vivants pour toujours dans le cœur et la mémoire de ceux qui continuent à  les aimer par delà ce départ définitif. Je le dis et le répète depuis des années parce que j'y crois : la seule et véritable mort pour ceux qui sont partis, c'est  lorsqu'on finit par  les oublier. Voilà pourquoi je garde au fond de moi, tels de précieux trésors, toutes celles et ceux que la faucheuse a emportés vers cet au-delà auquel je ne suis pas sûre de croire. Ce dont je suis sûre, c'est qu'il est dans mon cœur. Ce n'est pas un puits de tristesse mais un ciel de douceur et d'amour. Un endroit chaleureux parce que j'y entretiens la flamme vive pour qu'elle reste allumée.

An'Maï

Pour mémoire, je vous mets la première et la dernière strophe d'un poème magnifique de Henry Scott-Holland . qui fut faussement attribué à Charles Péguy (voir lien dans le nom de l'auteur)

«La mort n’est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté.
Je suis moi, vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours...

La vie signifie tout ce qu'elle a toujours été,
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de votre pensée, 
simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin.
Vous voyez, tout est bien.»
***

25 avril 2026

Sujet N°183 de Mil et une

Tautogramme avec les mots : chapeau, chagrin, charnel, chafouin, chasseur, chavire, champagne, chaource, chaloupe, chalumeau et un intrus : cheval


Charles

Chapeau Charles !
Chafouin charmeur charmant
Chasseur de cœur chanceux
Charnel séducteur chic
Chapardeur d'amour
Chanteur de sérénades
Chabada bada !
Chalumeau chauffé, vite tu l'éteins
Chaloupe pour fuir ? Non
Cheval plutôt ! Pour un cavaleur, normal !
Chagrin pour Charlotte !
Chamboulé, chiffonné,
Chavire son cœur
Champagne trop frais
Charlotte aux fraises
Chaource chipoté...
Chalut, Charlot ! Hic !
Cheers et ciao
Chapitre clos !

18 avril 2026

Sujet N°182 de Mil et une


Le mot :Voyage
L'image

Salvador Dali


Le peintre

Du bout de son pinceau, sur la toile il voyage
En créant chaque fois un nouveau paysage.
Voici un coin de ciel entre le bleu et l'or
Et l'océan profond pour planter le décor...

Presque sur l'horizon, il a peint un oiseau
Puis pour mieux réfléchir a posé son pinceau.
Il aurait pu placer au milieu de sa toile
Un bateau rouge et vert avec sa blanche voile,

Mais il a préféré un soleil jaune pâle
Dont le reflet sur l'eau tranquillement s'étale.
L'oiseau à l'horizon, continue à voler
Sur la grise nuée qu'il vient de dessiner.

En deux tableaux Dali a planté le décor
Entre un coin de ciel bleu et un grand soleil d'or.
Le peintre voyageur avec lui nous emporte
Et de ses rêves fous il nous ouvre la porte.

©A-M Lejeune
pseudo blog An'Maï

04 avril 2026

Sujet 180 de Mil et une-Vieillir

Mot facultatif : cadeau
***

Vieillir


Est ce un cadeau de vieillir ?
Avoir comme l'on dit
L'avenir dans le dos. 
Marcher péniblement
En s'aidant d'une canne
Sans attendre des autres
Une aide ou un regard.

Est ce un cadeau de vieillir ?
Marcher, continuer
A aller de l'avant,
Portant à bout de bras
Sa vie, le poids des ans
Et tous ses souvenirs
Au fond d'un sac jetable.

Est ce un cadeau de vieillir ?
Se dit la vieille dame.
Chapeau noir sur la tête
Et long manteau ouvert,
Sans sourire elle avance,
Légèrement courbée
Sur le trottoir hostile.

Est ce un cadeau de vieillir?

©An'Maï

28 mars 2026

Sujet N°179 de Mil et une-Souvenirs

Mot facultatif : carton

***
Souvenirs

Passe, passe le temps.
Au fond d'un vieux carton
Mes souvenirs s'entassent.
Je crains que ne s'effacent
Les mots de la chanson
Et mes rêves d'antan.

Des livres poussiéreux
De dentelle entourés,
J'ai savouré les pages
Et ces blancs coquillages
Sagement alignés
Disent mes jours heureux.

Les aiguilles du Temps
De l'antique réveil
Ont cessé de tourner.
Allons ! Je dois ranger
Et remettre en sommeil
Ces restes émouvants.

Au fond d'un vieux carton
Des livres poussiéreux
Et cinq blancs coquillages,
Racontent d'un autre âge
Rêves et jours heureux.
Les mots de la chanson
Me reviennent. Je pleure...

An'Maï

21 mars 2026

N° 178 de Mil et une-Ma participation


Les mots d’un logo-rallye :
Forgeron -Saperlipopette-Renouveau -Miroir - Livreur -Ornithologue -Danse -Mosaïque Pluie-Contrôle

*
L'ornithologue

Saperlipopette Georgette arrête de ressasser toujours la même rengaine ! Je ne suis pas forgeron, comme notre père et son père avant lui ! Et alors ? Il faudra bien que tu t'y fasses un jour ! Je suis ornithologue ! Ce n'est pas un drame si je n'ai pas suivi leurs traces ! Enfermé dans la forge à façonner le métal, les joues rougies par les flammes comme eux, jamais ! Je sais, tu trouves que c'est le plus beau métier du monde ! Je sais que papa aurait tellement aimé que je prenne sa suite, comme lui a pris la suite de grand-Pa ! Je sais tout ça mais c'était leur choix, pas le mien, point final !
Ils ne pouvaient déroger à la tradition et prendre un autre chemin dis-tu ! Bien sûr que si ! On a toujours le choix pour peu qu'on le veuille de toutes ses forces !
Non, je ne suis pas une tête de linotte même si les oiseaux sont ma passion ! Non, ma vie ce n'est pas le miroir aux alouettes dans le reflet duquel je me suis perdu au lieu de garder les pieds sur terre et de suivre l'exemple de papa, comme tu me le répètes à longueur de journée !
Non, le livreur de cerveau ne s'est pas trompé à ma naissance en me dotant d'une toute petite cervelle de moineau. !
Crois tu que ce Dieu omnipotent et omniprésent qui gouverne tout de là haut à t'entendre, aurait à ce point perdu le contrôle de ma misérable existence ? Lui, le grand manitou, Maître du vent et de la pluie, de la morte saison et du renouveau, de la chaleur du soleil et de la danse des étoiles, Lui, le créateur de la mosaïque humaine dans sa merveilleuse diversité, aurait été incapable de diriger mes pas sur la bonne voie ? Non Georgette! Si tant est qu'Il existe ainsi que tu me l'assures, il m'a mis à la place où je dois être. Au chant du marteau sur le fer, je préfère mille fois celui des oiseaux !
 

14 mars 2026

N°177 de Mil et une- Ma participation

 Avec le mot facultatif : Chaîne
 Je vous raconte ici un réel souvenir d'enfance revenu instantanément  à  ma mémoire en regardant cette image. J'ai sciemment omis le côté actuel donné par les voitures qui suivent  les roulottes.
***
Les romanichels

Je me souviens, quand j'étais petite, nous les gosses, nous attendions leur venue avec impatience. Avec eux, c'est un peu de rêve qui arrivait au village porté par ce vent de liberté qui pousse celles et ceux qui ont brisé les chaînes d'une société policée, établie, convenable. Leurs roulottes aux couleurs vives, tirées par des chevaux, attiraient nos regards. Nous les appelions les romanichels, les romanos comme on disait de façon péjorative. S'ils faisaient rêver les gamins, ils faisaient peur à la plupart des adultes Pour eux, les romanos étaient des pouilleux, des voleurs de poules, des pas grand chose qui n'amènent que des ennuis là où ils se pointent. 
Ahhh on allait la surveiller de près la maison tout le temps qu'ils seraient là !
Certains avaient des chaussures mais beaucoup allaient pieds nus, surtout leurs enfants qui étaient beaux comme des soleils mais qui faisaient presque aussi peur que leurs parents !
- Regardez moi ça m'âme Michel ces mioches dépenaillés et sales comme des peignes ! Y'en a sûrement pas un qui sait lire ou écrire là-dedans !
- Vous avez raison ! Une honte ! Et leur tignasse doit être pleine de poux ! Faut pas laisser nos enfants les approcher sinon ils en attraperont, ça c'est sûr ! Parole, c'est que d'la vermine ces gens là, j'vous l'dis !
- Et les femmes, vous avez vu comment elles exhibent leur poitrine ! Elles se croient où là ? On est des gens civilisés nous ! Des bons chrétiens, pas vrai monsieur le curé? 
Et de se signer à tout va pour se préserver des mauvais sorts que jettent "ces gens-là", c'est bien connu !
- Et je vous parle pas des hommes qui vous regardent de haut comme s'ils étaient les rois du monde alors que ce sont des voleurs, des bagarreurs, des moins que rien ! Il paraît même qu'ils volent les enfants !
Et bla bla bla et bla bla bla... Le pire soûlot du village faisait figure de saint homme face à " Ces étrangers venus d'on ne sait où monsieur le maire ! Faut faire quelque chose !"
Oh oui je me souviens de ce temps là ! Le soir nous allions en douce les voir installer leur campement. Ça riait, ça parlait fort avec un accent indéfinissable, ça chantait au son du violon et de l'accordéon. Les femmes et les petites filles dansaient autour du feu en faisant tournoyer leur longue jupe...
Je me souviens aussi que peu de villageois manquaient à l'appel quand les romanichels exécrés se transformaient en saltimbanques pour donner leur spectacle sur la place, entre l'église et la mairie. 
 -C'est qu'on a si peu de distraction ici , m'âme Michel !
Une chèvre, un chien savant, un cheval et sa jolie écuyère virevoltant au son du violon, quelques acrobaties et le tour était joué. On oubliait jusqu'à la prochaine fois les méchancetés prononcées à leur arrivée. On applaudissait et on mettait sa petite pièce quand le panier passait parmi les spectateurs. Pour un soir, ils devenaient les comédiens de la chanson d'Aznavour. Le lendemain, il repartaient comme ils étaient venus dans leurs roulottes colorées.


07 mars 2026

N°176 de Mil et une-Ma participation

***
avec le mot facultatif : silhouette
*
L'inconnue nue

A cette inconnue nue
Je lui tourne le dos.
Elle aurait au moins pu
Le garder son chapeau !
Mais non ! L'avez vous vu ?
Sur un porte -manteau
Au milieu de la rue,
Il est pourtant bien beau !

Moi, silhouette assise
Tout de rouge vêtue,
Ferais-je la bêtise
De me balader nue ?
Que nenni ! Ma hantise
Serait bien d'être vue
Sans robe ni chemise,
Au milieu de la rue !

An'Maï



28 février 2026

Sujet N°175 de Mil et une...Encore

***

Mot facultatif : Immobile
***
Le banc solitaire

Il est seul, immobile devant son reflet
Il attend le passant qui viendra se poser
Le simple promeneur ou l'amoureux transi,
Le vieillard fatigué par le temps qui s'enfuit...

C'est un vieux banc usé, tristement solitaire
Qu'on vienne s'y asseoir, c'est tout ce qu'il espère,
Mais il ne peut rien faire qu'attendre et attendre...
C'est un vieux banc de bois qui sent son cœur se fendre...

Et son reflet dans l'eau, aussi triste que lui
Ne le console pas de son mortel ennui !
Pas plus que ne le fait le murmure du vent
Qui ne ride que peu le miroir de l'étang.

Or voilà que soudain un joyeux bruit l'enchante
Des cris, des voix d'enfants... C'est la fin de l'attente
Heureux il tend les bras. "Venez !" Semble-t-il dire.
Tandis que son reflet, de joie tremble et s'étire

An'Maï


 

21 février 2026

Ma participation pour le sujet 174 de Mille et une... Encore

***

Revenons à la préhistoire avec le mot :tambouille
*
Façonner la vie

Les femmes d'autrefois, entre leurs mains habiles
Façonnaient avec soin les récipients d'argile
Qui allaient leur servir pour faire leur tambouille.
On en retrouve encore aujourd'hui dans les fouilles.
Éclats d'un temps lointain qu'on nomme préhistoire
Ces morceaux du passé sont un peu leur mémoire.
J'essaie d'imaginer leur vie si difficile.
Qu'auraient-elles pensé de nos rues, de nos villes,
De nos fours programmables, de nos casseroles
Qui cuisent nos repas à une allure folle ?
Nous vivons plus longtemps, nous croyons vivre mieux
Mais si nous regardions le Monde avec leurs yeux,
Nous verrions que courir sans cesse est inutile !
Le Temps se moque bien de nos courses futiles.
Façonnons chaque jour, sagement, avec soin
Comme disait ma mère :"Doucement va loin !"

An'Maï

07 février 2026

Mil et une suite - Sujet 172 -Ma participation

Le mot facultatif : instrument
*
Petit déj'

Petit déj, quatre bols
Pour les quatre petits trolls.
Il est tard, maman s'affole,
Pour les conduire l'école
C'est toujours ell' qui s'y colle.

L'instrument de torture
Pour elle c'est la voiture.
Caser sa progéniture
Puis filer à toute allure,
Ce n'est pas un' sinécure

Le papa lui, travaille,
Que ça chauffe ou que ça caille,
Pour gagner vaille que vaille
Des sous pour la boustifaille
Qui nourrira sa marmaille.

Et ce soir, plus que las
Bougonnant il rentrera.
Les quatre trolls seront là,.
Maman ouvrira les bras
Et lui taira ses tracas.

Ce sont là les moments
D'une famille d'antan.
Aujourd'hui, bien des parents
Bossent tous deux à plein temps.
Qui s'occupe des enfants ?

Quatre bols...Souvenir
Ne pourrait on revenir
En arrière et réunir,
Même le temps d'un soupir
 Autour de la table et des bols
Maman, papa et les trolls ?

20 septembre 2025

Participation au ujet N°153 de Mil et une suite :" Les flots de l'amer"

 

Sujet 153 - semaine du 13 au 20 septembre

Les flots de l'amer

J'ai souvent navigué
Sur les flots de l'amer
Mon esquif malmené
En a beaucoup souffert.

Le souffle des grands vents
L'a tant fragilisé
Que sa coque se fend,
Que son mât est brisé

Et sa voile autrefois
Si joliment gonflée,
Giflée par le noroît,
S'affale, déchirée.

Sur la toile les mots
Par les embruns trempés,
S'effaceront bientôt
Ou seront oubliés.

A l'angoisse enchaînée
Comme au banc de galère
Je rame fatiguée
Sur les vagues amères.

An'Maï
***
Ce poème, tristement d'actualité, fait écho à un autre, écrit en 2007
Les années se suivent et finissent toujours par se ressembler

Vague à l’âme

Je me sens mal,
Je vague à l’âme.
Je vogue triste
Sous les embruns
De mes larmes.
L’amer me griffe,
Mon cœur, fragile
Et frêle esquif
Craque et chavire.
Sa voile blanche
Que le vent déchire
En lambeaux sales,
S’affale.
Je coule,
La houle
M’avale…

A-M Lejeune

13 septembre 2025

Sujet N°152 de Mil et une suite-Hector et Caroline


Hector et Caroline

Un guéridon usé dont la peinture blanche quelque peu défraîchie. s'écaille, comme celle du mur derrière lui. Sur un livre posé, un vase où trois fleurs finiront fanées. Deux chaises de bistrot et leur galette bleue sur un parquet ancien qui ne dépare pas avec le reste... Le décor est brossé. Il attend les acteurs de la pièce qui va se jouer ici. Ils se sont donnés rendrez vous en ce lieu suranné qui les attend pour se réveiller.
Hector sera assis bien droit sur la chaise contre le mur. Pour la circonstance, il aura revêtu son costume le plus chic : noir à fines rayures blanches, chemise au col empesé rehaussé d'un nœud papillon. Sur la table, il posera son chapeau melon et ses gants, assortis à son complet des grands jours. Il aura apporté un bouquet de roses rouges, comme celle en bouton qui ornera la pochette de sa veste, côté cœur. En face de lui, Caroline émue, attendra le rouge aux joues qu'il se déclare. Plus belle que jamais dans son ensemble vieux rose, un adorable bibi à voilette sur son chignon dont quelques boucles blondes encadreront son visage, elle posera ses mains gantées de dentelle blanche sur ses genoux pour les empêcher de trembler.
Ce sera leur premier vrai rendez-vous, celui qui décidera de leur avenir commun à une époque où les codes très stricts, clament haut et fort qu'on ne badine pas avec l'amour.
Bientôt, les trois coups vont retentir et va pouvoir commencer l'histoire de Caroline et d'Hector.

30 août 2025

Participation au défi N°150 de Mil et une-Suite - La fugue de Bouclette

 


Les mots inventés d'Emma
pour le Sujet 150 

La fugue de Bouclette

A force de barnouiller à toutes lertes par monts et par vaux pour retrouver ma fugueuse cabrette j'avais les didettes en codron et je grinfalais comme une feuille secouée par mille vents. J'avais eu beau parcourir la collouste dans tous les sens, pas la moindre trace de ma Bouclette ! Cette barnouille m'épuisait autant que l'angoisse qui m'étreignait à l'idée que peut-être le loup avait fait un festin de Bouclette. La calorte était étouffante et j'avais le fifalin qui battait la breloque. Soudain, j'entendis stricader à quelques jerses devant moi ! Un bêlement léger dans les gruniers environnants, touffus et chargés de baies en cette saison.

-Bouclette, c'est toi ma belle ? Criais-je, remplie d'espoir.

Nouveau bêlement plus fort cette fois ! Et je la vis sortir toute grinfalante de derrière les gruniers ma Bouclette chérie ! J'en aurais pleuré de soulagement ! «Quelle idée de se faire autant de mouron pour une cabrette aventureuse ! » Me dis-je tandis que mon fifalin malmené reprenait un rythme normal.

- Ne me rejoue jamais la petite chèvre de Monsieur Seguin ma follette, tu as bien compris ? Grondai-je gentiment ! Elle me gratifia d' un «bêêê !» que je pris pour un oui mais comme je connais Bouclette, qui n'en fait qu'à sa tête, ça pouvait tout aussi bien dire «Cause toujours, tu m'intéresses !»

©An'Maï