Vieillir
Avoir comme l'on dit
Vieillir
La fugue de Bouclette
A force de barnouiller à toutes lertes par monts et par vaux pour retrouver ma fugueuse cabrette j'avais les didettes en codron et je grinfalais comme une feuille secouée par mille vents. J'avais eu beau parcourir la collouste dans tous les sens, pas la moindre trace de ma Bouclette ! Cette barnouille m'épuisait autant que l'angoisse qui m'étreignait à l'idée que peut-être le loup avait fait un festin de Bouclette. La calorte était étouffante et j'avais le fifalin qui battait la breloque. Soudain, j'entendis stricader à quelques jerses devant moi ! Un bêlement léger dans les gruniers environnants, touffus et chargés de baies en cette saison.
-Bouclette, c'est toi ma belle ? Criais-je, remplie d'espoir.
Nouveau bêlement plus fort cette fois ! Et je la vis sortir toute grinfalante de derrière les gruniers ma Bouclette chérie ! J'en aurais pleuré de soulagement ! «Quelle idée de se faire autant de mouron pour une cabrette aventureuse ! » Me dis-je tandis que mon fifalin malmené reprenait un rythme normal.
- Ne me rejoue jamais la petite chèvre de Monsieur Seguin ma follette, tu as bien compris ? Grondai-je gentiment ! Elle me gratifia d' un «bêêê !» que je pris pour un oui mais comme je connais Bouclette, qui n'en fait qu'à sa tête, ça pouvait tout aussi bien dire «Cause toujours, tu m'intéresses !»
©An'Maï
Luna mater
Suis-je née de la Lune,Si belle SélénéQui berce tendrementBien trop de mes nuits blanches?Parfois si blond croissantQu'enfant je voulais mordreEt parfois médaillonSur un collier d'étoiles,Qu'un pierrot amoureuxOffre à sa Colombine,Je voudrais tant l'atteindreMais je suis prisonnière.Sous la charpente obscureDe ma prison nocturne,Mon lit est la celluleOù les yeux grands ouvertsJe rêve d'évasion.Et pendant que certains,Croyant faciliterLeur endormissement,Recomptent les moutonsÉpargnés par le loup,Qui n'est qu'un chien courantsur une morne plage,Moi je compte les arbresPour trouver le sommeil.Un deux trois...tous pareils !Des arbres alignésSur fond de gris nuages...Tourne tourne ma vieSur les rubans usésD'une vieille cassetteTournent tournent les pagesAvant que tout s'arrête...Avant qu'au bout du bout,Je traverse le pontQui mène à cet ailleursAuquel je crois si peu.En attendant je nageComme tant d'autres nagentDans l'océan profondDe ces bizarres nuitsOù le sommeil me fuit.Et quand enfin pourtant,La cruelle me prend,Je rêve en souriantQue je suis un enfantEndormi et confiantDans les bras de la Lune.
An'Maï
Sujet 148 - QUINZAINE du 12 au 26 juillet (ter)
Participation N°1
(avec les 5 images et les 5 mots)
Le Temps
Vite, vite !