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04 avril 2026

Sujet 180 de Mil et une-Vieillir

Mot facultatif : cadeau
***

Vieillir


Est ce un cadeau de vieillir ?
Avoir comme l'on dit
L'avenir dans le dos. 
Marcher péniblement
En s'aidant d'une canne
Sans attendre des autres
Une aide ou un regard.

Est ce un cadeau de vieillir ?
Marcher, continuer
A aller de l'avant,
Portant à bout de bras
Sa vie, le poids des ans
Et tous ses souvenirs
Au fond d'un sac jetable.

Est ce un cadeau de vieillir ?
Se dit la vieille dame.
Chapeau noir sur la tête
Et long manteau ouvert,
Sans sourire elle avance,
Légèrement courbée
Sur le trottoir hostile.

Est ce un cadeau de vieillir?

©An'Maï

28 mars 2026

Sujet N°179 de Mil et une-Souvenirs

Mot facultatif : carton

***
Souvenirs

Passe, passe le temps.
Au fond d'un vieux carton
Mes souvenirs s'entassent.
Je crains que ne s'effacent
Les mots de la chanson
Et mes rêves d'antan.

Des livres poussiéreux
De dentelle entourés,
J'ai savouré les pages
Et ces blancs coquillages
Sagement alignés
Disent mes jours heureux.

Les aiguilles du Temps
De l'antique réveil
Ont cessé de tourner.
Allons ! Je dois ranger
Et remettre en sommeil
Ces restes émouvants.

Au fond d'un vieux carton
Des livres poussiéreux
Et cinq blancs coquillages,
Racontent d'un autre âge
Rêves et jours heureux.
Les mots de la chanson
Me reviennent. Je pleure...

An'Maï

21 mars 2026

N° 178 de Mil et une-Ma participation


Les mots d’un logo-rallye :
Forgeron -Saperlipopette-Renouveau -Miroir - Livreur -Ornithologue -Danse -Mosaïque Pluie-Contrôle

*
L'ornithologue

Saperlipopette Georgette arrête de ressasser toujours la même rengaine ! Je ne suis pas forgeron, comme notre père et son père avant lui ! Et alors ? Il faudra bien que tu t'y fasses un jour ! Je suis ornithologue ! Ce n'est pas un drame si je n'ai pas suivi leurs traces ! Enfermé dans la forge à façonner le métal, les joues rougies par les flammes comme eux, jamais ! Je sais, tu trouves que c'est le plus beau métier du monde ! Je sais que papa aurait tellement aimé que je prenne sa suite, comme lui a pris la suite de grand-Pa ! Je sais tout ça mais c'était leur choix, pas le mien, point final !
Ils ne pouvaient déroger à la tradition et prendre un autre chemin dis-tu ! Bien sûr que si ! On a toujours le choix pour peu qu'on le veuille de toutes ses forces !
Non, je ne suis pas une tête de linotte même si les oiseaux sont ma passion ! Non, ma vie ce n'est pas le miroir aux alouettes dans le reflet duquel je me suis perdu au lieu de garder les pieds sur terre et de suivre l'exemple de papa, comme tu me le répètes à longueur de journée !
Non, le livreur de cerveau ne s'est pas trompé à ma naissance en me dotant d'une toute petite cervelle de moineau. !
Crois tu que ce Dieu omnipotent et omniprésent qui gouverne tout de là haut à t'entendre, aurait à ce point perdu le contrôle de ma misérable existence ? Lui, le grand manitou, Maître du vent et de la pluie, de la morte saison et du renouveau, de la chaleur du soleil et de la danse des étoiles, Lui, le créateur de la mosaïque humaine dans sa merveilleuse diversité, aurait été incapable de diriger mes pas sur la bonne voie ? Non Georgette! Si tant est qu'Il existe ainsi que tu me l'assures, il m'a mis à la place où je dois être. Au chant du marteau sur le fer, je préfère mille fois celui des oiseaux !
 

14 mars 2026

N°177 de Mil et une- Ma participation

 Avec le mot facultatif : Chaîne
 Je vous raconte ici un réel souvenir d'enfance revenu instantanément  à  ma mémoire en regardant cette image. J'ai sciemment omis le côté actuel donné par les voitures qui suivent  les roulottes.
***
Les romanichels

Je me souviens, quand j'étais petite, nous les gosses, nous attendions leur venue avec impatience. Avec eux, c'est un peu de rêve qui arrivait au village porté par ce vent de liberté qui pousse celles et ceux qui ont brisé les chaînes d'une société policée, établie, convenable. Leurs roulottes aux couleurs vives, tirées par des chevaux, attiraient nos regards. Nous les appelions les romanichels, les romanos comme on disait de façon péjorative. S'ils faisaient rêver les gamins, ils faisaient peur à la plupart des adultes Pour eux, les romanos étaient des pouilleux, des voleurs de poules, des pas grand chose qui n'amènent que des ennuis là où ils se pointent. 
Ahhh on allait la surveiller de près la maison tout le temps qu'ils seraient là !
Certains avaient des chaussures mais beaucoup allaient pieds nus, surtout leurs enfants qui étaient beaux comme des soleils mais qui faisaient presque aussi peur que leurs parents !
- Regardez moi ça m'âme Michel ces mioches dépenaillés et sales comme des peignes ! Y'en a sûrement pas un qui sait lire ou écrire là-dedans !
- Vous avez raison ! Une honte ! Et leur tignasse doit être pleine de poux ! Faut pas laisser nos enfants les approcher sinon ils en attraperont, ça c'est sûr ! Parole, c'est que d'la vermine ces gens là, j'vous l'dis !
- Et les femmes, vous avez vu comment elles exhibent leur poitrine ! Elles se croient où là ? On est des gens civilisés nous ! Des bons chrétiens, pas vrai monsieur le curé? 
Et de se signer à tout va pour se préserver des mauvais sorts que jettent "ces gens-là", c'est bien connu !
- Et je vous parle pas des hommes qui vous regardent de haut comme s'ils étaient les rois du monde alors que ce sont des voleurs, des bagarreurs, des moins que rien ! Il paraît même qu'ils volent les enfants !
Et bla bla bla et bla bla bla... Le pire soûlot du village faisait figure de saint homme face à " Ces étrangers venus d'on ne sait où monsieur le maire ! Faut faire quelque chose !"
Oh oui je me souviens de ce temps là ! Le soir nous allions en douce les voir installer leur campement. Ça riait, ça parlait fort avec un accent indéfinissable, ça chantait au son du violon et de l'accordéon. Les femmes et les petites filles dansaient autour du feu en faisant tournoyer leur longue jupe...
Je me souviens aussi que peu de villageois manquaient à l'appel quand les romanichels exécrés se transformaient en saltimbanques pour donner leur spectacle sur la place, entre l'église et la mairie. 
 -C'est qu'on a si peu de distraction ici , m'âme Michel !
Une chèvre, un chien savant, un cheval et sa jolie écuyère virevoltant au son du violon, quelques acrobaties et le tour était joué. On oubliait jusqu'à la prochaine fois les méchancetés prononcées à leur arrivée. On applaudissait et on mettait sa petite pièce quand le panier passait parmi les spectateurs. Pour un soir, ils devenaient les comédiens de la chanson d'Aznavour. Le lendemain, il repartaient comme ils étaient venus dans leurs roulottes colorées.


07 mars 2026

N°176 de Mil et une-Ma participation

***
avec le mot facultatif : silhouette
*
L'inconnue nue

A cette inconnue nue
Je lui tourne le dos.
Elle aurait au moins pu
Le garder son chapeau !
Mais non ! L'avez vous vu ?
Sur un porte -manteau
Au milieu de la rue,
Il est pourtant bien beau !

Moi, silhouette assise
Tout de rouge vêtue,
Ferais-je la bêtise
De me balader nue ?
Que nenni ! Ma hantise
Serait bien d'être vue
Sans robe ni chemise,
Au milieu de la rue !

An'Maï



28 février 2026

Sujet N°175 de Mil et une...Encore

***

Mot facultatif : Immobile
***
Le banc solitaire

Il est seul, immobile devant son reflet
Il attend le passant qui viendra se poser
Le simple promeneur ou l'amoureux transi,
Le vieillard fatigué par le temps qui s'enfuit...

C'est un vieux banc usé, tristement solitaire
Qu'on vienne s'y asseoir, c'est tout ce qu'il espère,
Mais il ne peut rien faire qu'attendre et attendre...
C'est un vieux banc de bois qui sent son cœur se fendre...

Et son reflet dans l'eau, aussi triste que lui
Ne le console pas de son mortel ennui !
Pas plus que ne le fait le murmure du vent
Qui ne ride que peu le miroir de l'étang.

Or voilà que soudain un joyeux bruit l'enchante
Des cris, des voix d'enfants... C'est la fin de l'attente
Heureux il tend les bras. "Venez !" Semble-t-il dire.
Tandis que son reflet, de joie tremble et s'étire

An'Maï


 

21 février 2026

Ma participation pour le sujet 174 de Mille et une... Encore

***

Revenons à la préhistoire avec le mot :tambouille
*
Façonner la vie

Les femmes d'autrefois, entre leurs mains habiles
Façonnaient avec soin les récipients d'argile
Qui allaient leur servir pour faire leur tambouille.
On en retrouve encore aujourd'hui dans les fouilles.
Éclats d'un temps lointain qu'on nomme préhistoire
Ces morceaux du passé sont un peu leur mémoire.
J'essaie d'imaginer leur vie si difficile.
Qu'auraient-elles pensé de nos rues, de nos villes,
De nos fours programmables, de nos casseroles
Qui cuisent nos repas à une allure folle ?
Nous vivons plus longtemps, nous croyons vivre mieux
Mais si nous regardions le Monde avec leurs yeux,
Nous verrions que courir sans cesse est inutile !
Le Temps se moque bien de nos courses futiles.
Façonnons chaque jour, sagement, avec soin
Comme disait ma mère :"Doucement va loin !"

An'Maï

07 février 2026

Mil et une suite - Sujet 172 -Ma participation

Le mot facultatif : instrument
*
Petit déj'

Petit déj, quatre bols
Pour les quatre petits trolls.
Il est tard, maman s'affole,
Pour les conduire l'école
C'est toujours ell' qui s'y colle.

L'instrument de torture
Pour elle c'est la voiture.
Caser sa progéniture
Puis filer à toute allure,
Ce n'est pas un' sinécure

Le papa lui, travaille,
Que ça chauffe ou que ça caille,
Pour gagner vaille que vaille
Des sous pour la boustifaille
Qui nourrira sa marmaille.

Et ce soir, plus que las
Bougonnant il rentrera.
Les quatre trolls seront là,.
Maman ouvrira les bras
Et lui taira ses tracas.

Ce sont là les moments
D'une famille d'antan.
Aujourd'hui, bien des parents
Bossent tous deux à plein temps.
Qui s'occupe des enfants ?

Quatre bols...Souvenir
Ne pourrait on revenir
En arrière et réunir,
Même le temps d'un soupir
 Autour de la table et des bols
Maman, papa et les trolls ?

20 septembre 2025

Participation au ujet N°153 de Mil et une suite :" Les flots de l'amer"

 

Sujet 153 - semaine du 13 au 20 septembre

Les flots de l'amer

J'ai souvent navigué
Sur les flots de l'amer
Mon esquif malmené
En a beaucoup souffert.

Le souffle des grands vents
L'a tant fragilisé
Que sa coque se fend,
Que son mât est brisé

Et sa voile autrefois
Si joliment gonflée,
Giflée par le noroît,
S'affale, déchirée.

Sur la toile les mots
Par les embruns trempés,
S'effaceront bientôt
Ou seront oubliés.

A l'angoisse enchaînée
Comme au banc de galère
Je rame fatiguée
Sur les vagues amères.

An'Maï
***
Ce poème, tristement d'actualité, fait écho à un autre, écrit en 2007
Les années se suivent et finissent toujours par se ressembler

Vague à l’âme

Je me sens mal,
Je vague à l’âme.
Je vogue triste
Sous les embruns
De mes larmes.
L’amer me griffe,
Mon cœur, fragile
Et frêle esquif
Craque et chavire.
Sa voile blanche
Que le vent déchire
En lambeaux sales,
S’affale.
Je coule,
La houle
M’avale…

A-M Lejeune

13 septembre 2025

Sujet N°152 de Mil et une suite-Hector et Caroline


Hector et Caroline

Un guéridon usé dont la peinture blanche quelque peu défraîchie. s'écaille, comme celle du mur derrière lui. Sur un livre posé, un vase où trois fleurs finiront fanées. Deux chaises de bistrot et leur galette bleue sur un parquet ancien qui ne dépare pas avec le reste... Le décor est brossé. Il attend les acteurs de la pièce qui va se jouer ici. Ils se sont donnés rendrez vous en ce lieu suranné qui les attend pour se réveiller.
Hector sera assis bien droit sur la chaise contre le mur. Pour la circonstance, il aura revêtu son costume le plus chic : noir à fines rayures blanches, chemise au col empesé rehaussé d'un nœud papillon. Sur la table, il posera son chapeau melon et ses gants, assortis à son complet des grands jours. Il aura apporté un bouquet de roses rouges, comme celle en bouton qui ornera la pochette de sa veste, côté cœur. En face de lui, Caroline émue, attendra le rouge aux joues qu'il se déclare. Plus belle que jamais dans son ensemble vieux rose, un adorable bibi à voilette sur son chignon dont quelques boucles blondes encadreront son visage, elle posera ses mains gantées de dentelle blanche sur ses genoux pour les empêcher de trembler.
Ce sera leur premier vrai rendez-vous, celui qui décidera de leur avenir commun à une époque où les codes très stricts, clament haut et fort qu'on ne badine pas avec l'amour.
Bientôt, les trois coups vont retentir et va pouvoir commencer l'histoire de Caroline et d'Hector.

30 août 2025

Participation au défi N°150 de Mil et une-Suite - La fugue de Bouclette

 


Les mots inventés d'Emma
pour le Sujet 150 

La fugue de Bouclette

A force de barnouiller à toutes lertes par monts et par vaux pour retrouver ma fugueuse cabrette j'avais les didettes en codron et je grinfalais comme une feuille secouée par mille vents. J'avais eu beau parcourir la collouste dans tous les sens, pas la moindre trace de ma Bouclette ! Cette barnouille m'épuisait autant que l'angoisse qui m'étreignait à l'idée que peut-être le loup avait fait un festin de Bouclette. La calorte était étouffante et j'avais le fifalin qui battait la breloque. Soudain, j'entendis stricader à quelques jerses devant moi ! Un bêlement léger dans les gruniers environnants, touffus et chargés de baies en cette saison.

-Bouclette, c'est toi ma belle ? Criais-je, remplie d'espoir.

Nouveau bêlement plus fort cette fois ! Et je la vis sortir toute grinfalante de derrière les gruniers ma Bouclette chérie ! J'en aurais pleuré de soulagement ! «Quelle idée de se faire autant de mouron pour une cabrette aventureuse ! » Me dis-je tandis que mon fifalin malmené reprenait un rythme normal.

- Ne me rejoue jamais la petite chèvre de Monsieur Seguin ma follette, tu as bien compris ? Grondai-je gentiment ! Elle me gratifia d' un «bêêê !» que je pris pour un oui mais comme je connais Bouclette, qui n'en fait qu'à sa tête, ça pouvait tout aussi bien dire «Cause toujours, tu m'intéresses !»

©An'Maï

16 août 2025

N°149 -Mil et une-Suite - Luna mater

Sujet 149 - QUINZAINE du 9 au 23 août

 Luna mater

Suis-je née de la Lune,
Si belle Séléné
Qui berce tendrement
Bien trop de mes nuits blanches?
Parfois si blond croissant
Qu'enfant je voulais mordre
Et parfois médaillon
Sur un collier d'étoiles,
Qu'un pierrot amoureux
Offre à sa Colombine,
Je voudrais tant l'atteindre
Mais je suis prisonnière.
Sous la charpente obscure
De ma prison nocturne,
Mon lit est la cellule
Où les yeux grands ouverts
Je rêve d'évasion.
Et pendant que certains,
Croyant faciliter
Leur endormissement,
Recomptent les moutons
Épargnés par le loup,
Qui n'est qu'un chien courant
sur une morne plage,
Moi je compte les arbres
Pour trouver le sommeil.
Un deux trois...tous pareils !
Des arbres alignés
Sur fond de gris nuages...
Tourne tourne ma vie
Sur les rubans usés
D'une vieille cassette
Tournent tournent les pages
Avant que tout s'arrête...
Avant qu'au bout du bout,
Je traverse le pont
Qui mène à cet ailleurs
Auquel je crois si peu.
En attendant je nage
Comme tant d'autres nagent
Dans l'océan profond
De ces bizarres nuits
Où le sommeil me fuit.
Et quand enfin pourtant,
La cruelle me prend,
Je rêve en souriant
Que je suis un enfant
Endormi et confiant
Dans les bras de la Lune.

An'Maï


20 juillet 2025

N° 148, troisième édition pour Mil et une Suite - Le temps d'une vie

Sujet 148 - QUINZAINE du 12 au 26 juillet (ter)

Le temps d'une vie


Le temps la pique
Tic -tac
Et fatidique
La moud plus fin que du café

Bourdonnement
Sans fin,
Tumultueux
Dans la coquille de son crâne,

Le temps l’abime
La fripe
Et il éclipse
La jeune fille quelle était

Et l'araignée
Tranquille
Tisse sa toile
Sur sa vie morne qui défile

Elle est si seule !
Le banc
Sans elle hélas
Bientôt ne verra plus personne.

Un quai de gare..
Départ...
Le dernier train
Est sur le point de l'emporter.

An'Maï

 

18 juillet 2025

Mil et une -Suite- N°148 - Le temps et Vite, vite !

***

Participation N°1

(avec les 5 images et les 5 mots)

Le Temps


Passe passe le temps, au cadran de la vie
Et s'il en reste à moudre, c'est beaucoup moins qu'avant
Notre planète bleue un jour ne sera plus qu'une coquille vide
On n'y entendra plus le bourdonnement tumultueux
De notre humanité brouillonne et destructrice !
*
Profite jeune fille de ta belle jeunesse
Avant qu'elle ne se fane comme fanent les roses
Avant que la vieillesse n'éclipse ta fraîcheur
Avant que tes cheveux si blonds ne se ternissent...
Goûte de chaque instant la saveur éphémère
Profite de la vie, ce don inestimable
*
Le bonheur est fragile, qu'on le connaisse seul ou qu'on le vive à deux
Un triste jour hélas, le banc où l'on se pose
Pour rêver un instant ou pour se reposer
Reste vide et se meurt de ne voir plus personne
*
Tout comme l'araignée, le Temps tisse sa toile,
Nous piège entre ses fils et nous dévore tous
En dépit de nos peurs, nous nous y laissons prendre
Insectes consentants au cœur de l’œuvre magnifique
*
Dans le train qui nous mène au terme du voyage,
A l'heure fatidique où nous ne serons plus
Que poussière endormie au sein de l'éternel,
Défile de la vie, les mille paysages.
Sachons les regarder, sachons les savourer tant que roule le train,
Tant que tournent au cadran les aiguilles du Temps
Tant que coule en nos veines le sang qui nous fait vivre.
An'Maï
***

Participation N°2

(Avec les 5 images et les 5 mots


Vite, vite !


Oupssss ! Déjà c't'heure là ! Vite, vite ! Un p'tit kawa bien fort et j'y go ! Faut pas qu'j'fasse attendre ma blonde !
J'la connais, ! Pas du genre patient mon pt'it bout d'sucre ! Cinq minutes de r'tard et elle s'éclipse, c'est sûr ! Vite, vite mon Jeannot, sinon le banc s'ra vide quand tu te pointeras ! Ou alors elle sera encore là mais vu son tempérament tumultueux, tu risques plus qu'une engueulade ! Purée, j'ai du mal à sortir de ma coquille ce matin ! Et c'foutu bourdonnement dans ma tête qui veut pas s'arrêter ! J'me sens comme un moucheron englué dans une toile d'araignée. Ça balance et j'ai mal au cœur ! J'aurais pas dû boire autant hier soir ! J'ai bien peur que ce retard de plus ne soit fatidique ! Ho la là, vl'a que j'cause comme mon pote François qu'est prof de français ! J'ai vraiment, vraiment trop bu à c'te soirée d'anniv' ! Pas une excuse qu'elle me dira ma Julie ! Vite, vite !
Et voilà ! J'avais raison d'm'en faire, elle m'a pas attendu ! Sûr qu'elle est dans l'train et qu'elle le reprendra pas d'sitôt pour venir me voir ! T'as fait l'mariole une fois de trop mon Jeannot !
Bon ben faut qu'j'appelle mes potes ! J'vais avoir besoin d'noyer mon chagrin.

An'Maï


12 juillet 2025

Mil et une Suite-N°147 - Aspiration


***


Aspiration

Quelle est l'aspiration de cette pâle enfant
A la robe si rouge, au visage si blanc
Qu'on le dirait vidé, de sa vie, de son sang,
Qu'on le croirait privé du moindre sentiment ?

Le souvenir d'avant, dans sa tête défile...
Entre les quatre murs de sa prison hostile,
Les mains sur les genoux, silencieuse, immobile
Son regard semble fixe mais au loin s'exile.

Accroupie devant elle, une femme-robot
Attentive l'observe. Elle cherche les mots.
Elle en connait si peu ! On ne parle pas trop
Sur la planète froide du peuple Techno.

Dans sa grise cellule, à jamais prisonnière
Privée de sa famille, arrachée à le Terre
La fillette prostrée décidée à se taire
Pour la femme-robot, demeure un grand mystère.

A son roi insensible elle doit obéir
Qu'importe que l'enfant finisse par souffrir
Des mauvais traitements qu'on lui fera subir
Des Technos en danger, l'Humain est l'avenir.

Elle ignore pourquoi, tout son Monde décline,
Et s'arrête de battre le cœur des machines
De ce mal qui les tue, nul ne sait l'origine
Mais ce sang pur et jeune en est la médecine.

C'est l'huile des rouages de leur corps d'airain
Une goutte suffit pour qu'il vive sans fin,
Privé de l'élixir, le mécanisme geint
Il vibre encore un peu puis d'un seul coup s'éteint.

Alors peu leur importe la tendre fillette
Qui finira sa vie au fond d'une oubliette
En aspirant en vain retrouver sa planète,
Cette Terre qui tourne et tourne dans sa tête.

©An'Maï

06 juillet 2025

Mil et une suite N°146,version 2-Déception(2)

 

Cette fois, j'ai respecté l'itinéraire des mots du "logo-rallye". Est-ce ainsi que ça doit être fait ?

Déception 2

- Me trainer dans la boue au saut du lit après notre nuit de passion, ce n'est vraiment pas prudent Vanessa !
-Ben, c'est que tu n'as pas été très lumineux mon pauvre Fred ! On était loin de la folie promise !
- Tu abuses là Vanessa ! T'as de la chance que je ne sois pas un violent parce que du coup, je pourrais te battre là, tellement je suis vénère !
-Désolée pour toi si ça te vexe, mais crois moi, le souvenir de cette nuit va vite s'évanouir et tu sais très bien pourquoi !

05 juillet 2025

Mil et une suite- N°146 - Déception

 


        - Vanessa, dis moi pourquoi après notre nuit d'amour tu me traînes ainsi dans la boue ? J'aurais presque envie de te battre tellement je suis vénère !
        - Ben mon pauvre Fred, comment t'expliquer sans te froisser ? En fait, tu n'as pas été très lumineux ! Tu m'avais promis la folie au lit, du coup je m'attendais à beaucoup mieux, genre atteindre le septième ciel, s'évanouir de plaisir, grimper aux rideaux.. Enfin tout ce qu'on dit sur le sujet quoi ! Je t'imaginais en fougueux capitaine au milieu de la tempête de nos draps emmêlés, je n'ai eu droit qu'à un piéton hyper prudent, qui s'arrête trois plombes au passage protégé et qui regarde douze fois avant d'oser traverser ! Je voulais la passion qui explose, à la place je n'ai eu qu'un ballon dégonflé !
        -Là tu exagères Vanessa !
      -A peine ! De la part d'un pilote d'essai, j'aurais pu espérer un vol en Rafale, je n'ai même pas eu droit à un petit looping en Mirage, tout juste à un survol rapide en avion furtif ! Grosse déception pour quelqu'un qui aime les sensations fortes ! Dire que j'ai quitté mon pilote de ligne pour toi, parce que je le trouvais trop père tranquille ! Je ne suis pas loin de penser que j'ai perdu au change !