06 avril 2026

Croqueurs de mots-Défi 324

 Jazzy nous propose d’écrire une page d’un roman qui n’existe pas, comme si c’était une page arrachée à un livre perdu. Rédiger le texte qui est écrit dessus en s'inspirant au besoin de certains genres littéraires (fantasy, romance, policier…).
Inclure cette phrase : La nature fait les hommes semblables et la vie les rend différents.



Trois frères

...en regardant sans cesse derrière lui dans la rue trop éclairée à son goût. Pourquoi ce foutu maire a t-il décrété de rallumer les lampadaires la nuit ? Cela risque de rendre ses petites occupations nocturnes illicites beaucoup plus périlleuses. Il peste intérieurement. La sécurité, la sécurité... Et sa propre sécurité alors ! Que le foutu maire en question soit Arnaud l'un de ses chers frères jumeaux, le fout encore plus en rogne ! Si totalement vêtu de noir dans une rue sombre, il devient presque invisible, en pleine lumière, autant s'accrocher direct dans le dos une pancarte avec en grosses lettres rouges le mot cambrioleur ! Le pire dans tout ça, c'est qu' Aristide, leur aîné de seulement quelques minutes, a eu l'idée géniale d'intégrer la gendarmerie ! Le pompon pour Anthony qui n'en mène pas large à l'idée de se retrouver un jour, ou plutôt une nuit, nez à nez avec son flic de frère.
Des trois, il est le seul à avoir comme qui dirait «mal tourné» ! Ah ça, pour sûr, il est loin, très loin d'être une copie conforme des deux autres ! Il a pourtant fini par dégoter un emploi stable et décent dans cette supérette de quartier mais ce n'est pas assez bien payé pour permettre à sa meuf de mener la vie de luxe dont elle rêve. Le jour, garnir des rayons et la nuit dégarnir des maisons momentanément vides, voilà à quoi il est condamné ! Heureusement, ses dignes frères et ses braves parents ignorent cette partie obscure de sa vie ! Sa mère et son père mourraient de honte s'ils savaient!
«La nature fait les hommes semblables et la vie les rend différents»
Il se rappelle fort à propos ce sujet de philo du bac qu'il avait su parfaitement développer à l'époque. Ça lui avait même valu un très honorable 13,5 ! Grâce à cette note, il avait été reçu avec la mention bien ! Il ne se doutait pas alors, à quel point l'avenir allait lui démontrer la justesse de cette assertion.
Trois frères jumeaux, élevés pareillement par des parents tout ce qu'il y a de bien, gentils, aimants, courageux, honnêtes comme on dit. Résultat des courses de cette éducation exemplaire : deux rejetons rangés, respectables et respectés, bons maris, bons pères, rien à redire ! Et lui le troisième larron, devenu voleur à la petite semaine pour satisfaire les gouts dispendieux d'une épouse aussi vénale qu'exigeante. On se pose des questions hein !
Il sursaute. Des pas résonnent dans son dos. Une voix l'interpelle. Cette fois...


 

05 avril 2026

Ma liste 109-Oscar

Klaxon, louper, manigances, nerveux oscar, patin, quelquefois, ruminer, saltimbanque, trépidant

Oscar

Les manigances de son patron pour le virer, juste parce qu'il l'a surpris en train de rouler un patin à sa secrétaire particulière, ça le met hors de lui ! Mais fois d'Oscar, il ne va pas se laisser faire ! Pas question de perdre son boulot maintenant ! Il ne veut pas retourner à son existence de saltimbanque ! Non pas qu'il ait vécu comme les gens du voyage dont on croise parfois les longs convois sur les routes, mais avant de décrocher cet emploi peinard, il a pas mal roulé sa bosse et galéré un max avant de se poser. Un rythme trépidant qui lui convenait très bien jusqu'à ce que son père décède brutalement, laissant seule et perdue sa pauvre mère. Pour la soutenir, il a renoncé à ses errances. Quelquefois la vie vous rattrape, vous secoue les puces et vous remet la tête à l'endroit, heureusement ! Puis il a rencontré Émilie. L'amour a parachevé sa transformation.
A ruminer son parcours chaotique d'avant et l'avenir sombre qui se profile, il a failli louper sa sortie. Imprudemment, il recule sur l'embranchement pour reprendre la bonne voie. Un concert de klaxons nerveux, salue cette manœuvre à haut risque. Il se retient à grand peine de baisser sa vitre pour faire un doigt d'honneur à tous ces automobilistes furax à juste titre, il le sait parfaitement !
Ne pas perdre son flegme... Pas maintenant. A la maison Émilie l'attend. Et leur adorable Maëlys de tout juste 2 mois ! Devenir papa a fini de muer l'espèce de vagabond qu'il a été en un homme calme, posé, responsable. Il s'est bien tenu jusqu'à ce minable faux pas. Il aime sa femme alors pourquoi a-t-il fallu qu'il se laisse piéger par cette allumeuse de Magali? Les explications allaient être rudes avec sa chérie.

"Un cadre un tube" N°7

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Le cadre
*
Le tube
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ALLEZ VOIR



 

04 avril 2026

Défi créa d'Elle N°5

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Sujet 180 de Mil et une-Vieillir

Mot facultatif : cadeau
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Vieillir


Est ce un cadeau de vieillir ?
Avoir comme l'on dit
L'avenir dans le dos. 
Marcher péniblement
En s'aidant d'une canne
Sans attendre des autres
Une aide ou un regard.

Est ce un cadeau de vieillir ?
Marcher, continuer
A aller de l'avant,
Portant à bout de bras
Sa vie, le poids des ans
Et tous ses souvenirs
Au fond d'un sac jetable.

Est ce un cadeau de vieillir ?
Se dit la vieille dame.
Chapeau noir sur la tête
Et long manteau ouvert,
Sans sourire elle avance,
Légèrement courbée
Sur le trottoir hostile.

Est ce un cadeau de vieillir?

©An'Maï

03 avril 2026

Proposition N°110 de Nanou

- Phrases : pot d’échappement - un regard furieux - occasions spéciales - une vie naturelle – le regard vide - ses culottes courtes - une grande inspiration.
- Mots ou expressions : s’anuiter – correspondance - pardessus – douloureux – partiellement
- et/ou Thème : TRISTESSE

s'anuiter : s'obscurcir avec la tombée de la nuit
se laisser surprendre par la tombée de la nuit 
***

Oleksandr

Dans son vieux pardessus gris, le regard vide et le cœur douloureux, ombre parmi les ombres de cette fin de journée,  Oleksandr errait dans la rue qui s'anuitait . Déjà, il ne voyait plus que partiellement le ciel, à la faveur d'une trouée dans les hauteurs, entre les tours gigantesques de la nouvelle résidence en cours de construction pour laquelle il faisait partie de l'équipe des poseurs de fenêtres. Il avait raté la dernière correspondance pour rentrer chez lui après de longues heures d'un travail épuisant sur le chantier. Il faisait encore froid. le printemps tardait à s'installer. Il allait devoir se taper deux bonnes heures de marche et supporter la fumée des pots d'échappement mal réglés, avant de retrouver la maigre chaleur de son logement, au dernier étage sans ascenseur d'une tour assez semblable à celles sur lesquelles il travaillait. Ça lui laissait le temps pour réfléchir avec tristesse à tout ce qu'il avait laissé derrière lui, là-bas en Ukraine, la terre de son enfance : une vie naturelle avec Olena sa femme bien aimée et Kostia, leur fils de 8 ans. Il les revoyait tous les deux le jour de son départ pour la France. Sa jolie et courageuse Olena qui luttait pour retenir ses larmes et Kostia, fier et droit dans son jean troué aux genoux, qui lui promettait de prendre soin de sa maman. A cet âge-là, lui ne portait pas de jeans. Il avait dû supporter ses culottes courtes jusqu'à 12 ans ! Le pantalon c'était uniquement pour les occasions spéciales.
Un coup de klaxon rageur le tira brutalement de ses souvenirs heureux. Il se retrouva confronté à un regard furieux, celui du chauffeur de taxi qui avait pilé net pour éviter de le percuter de plein fouet !
-Tu peux pas faire attention connard !
-Layno ! (merde !) ! Vybach mene! (excusez-moi !)  Lâcha-t-il cœur battant.
Aussitôt, le regard de l'homme au volant s'adoucit.
- Alors comme ça, tu es ukrainien ! Moi aussi ! Tu m'as l'air crevé mon pote ! Allez monte, ça gueule derrière ! Je te ramène chez toi. On en profitera pour parler un peu du pays. Moi c'est Nikolaï et toi ?
-  Oleksandr.
- Si je t'appelle Olek, ça te dérange ?
-Va pour Olek, Nikolaï !
-Ben moi, pour les amis c'est Niko, je préfère !
-Ok Niko ! Et merci répondit Oleksandr en prenant une grande inspiration. Il sentait la tristesse l'abandonner. Il n'était plus seul.
-De rien frère !
Ainsi débuta l'amitié entre deux exilés loin de leur patrie natale.
 

01 avril 2026

Liste 109

Klaxon, louper, manigances, nerveux, oscar, patin, quelquefois, ruminer, saltimbanque, trépidant

***

"Affaire à suivre" Chez Ecridelle
*
"Arrête toi!" Chez Nanou
*
"Nerveux au volant" Chez François
*
"Oscar et Suzette" Chez Claudie
*
"Oscar" Chez moi


28 mars 2026

Sujet N°179 de Mil et une-Souvenirs

Mot facultatif : carton

***
Souvenirs

Passe, passe le temps.
Au fond d'un vieux carton
Mes souvenirs s'entassent.
Je crains que ne s'effacent
Les mots de la chanson
Et mes rêves d'antan.

Des livres poussiéreux
De dentelle entourés,
J'ai savouré les pages
Et ces blancs coquillages
Sagement alignés
Disent mes jours heureux.

Les aiguilles du Temps
De l'antique réveil
Ont cessé de tourner.
Allons ! Je dois ranger
Et remettre en sommeil
Ces restes émouvants.

Au fond d'un vieux carton
Des livres poussiéreux
Et cinq blancs coquillages,
Racontent d'un autre âge
Rêves et jours heureux.
Les mots de la chanson
Me reviennent. Je pleure...

An'Maï

27 mars 2026

L'Arc en ciel poétique d'Elea-Mars

***
Printemps

Pièges de cristal
Aux branches accrochés
Pour capturer le printemps.

Entends tu les trilles
Des oiseaux qui reviennent ?
Ils célèbrent son retour.

©A-M Lejeune

***

Hors atelier, juste pour le plaisir du partage, parce que le printemps m'inspire depuis toujours, je poste ici un vieux, vieux poème qui chante le renouveau

Je l'ai écrit il y a 59 ans, c'est dire que j'étais une jeunette de tout juste 16 ans !


Printemps (1967)

Le soleil
Brille dans le ciel
Bleu et blanc,
La neige tombe en fleurs,
C’est le printemps !
Le froid se meurt,
L’oiseau s’éveille,
La feuille pointe,
Le pré fleurit sa courtepointe
De verdure
Et la ramure
Enfin s’égaie de chants nouveaux.
La nature lève ses rideaux,
C’est le printemps !
Et l’hirondelle
De son aile
Caressant les nuages,
Nous revient en clamant
Son merveilleux message :
« Réveillez-vous, gens qui dormez,
Ouvrez fenêtres et volets,
Laissez entrer la brise fraîche !
Et toi, Hiver trop triste et trop revêche,
Va-t’en !
C’est le printemps !

 En ce temps là, je signais A-M B
Pour Anne-Marie Brouard

26 mars 2026