16 mars 2025

Ma liste 99 - Rosalinde

Liste 99 : Particularité, lancement, témoigner, mode d'emploi, drôle, embrasser, purgatoire, carrefour, odyssée, guignols

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Rosalinde

Propulsée hors de son monde paisible par un maléfique enchantement, Rosalinde peut témoigner mieux que quiconque, que les remords ne servent à rien. Un lancement brutal et instantané dans un futur si lointain qu'elle n'aurait jamais pu l'imaginer avant de se retrouver tremblante de frayeur au milieu d'un carrefour où s'entrecroisent à une vitesse folle, de monstrueuses et bruyantes machines sur de larges chemins gris et lisses. Est-ce là le purgatoire dont lui a parlé sa mère ? Pour elle ça ressemble plutôt à l'enfer même si ce n'est pas ainsi qu'on le lui a décrit. Où sont les flammes que le curé lui promet chaque fois qu'elle commet un péché ? Les particularités de cette époque où elle a été envoyée et dont elle ne possède pas le mode d'emploi, sont si nombreuses qu'elle serait bien incapable d'en faire le compte. Quel est ce lieu où elle est tombée ? Il ne ressemble en rien à son village ? Où sont les arbres ? Où est la colline ? Le château seigneurial entouré de remparts où elle est servante a disparu ! A sa place il y a ces immenses tours de Babel qui semblent vouloir atteindre le ciel. A-t-elle mérité une punition aussi terrible, juste pour s'être laissée embrasser par le Seigneur du fief même si elle y a trouvé beaucoup de plaisir ?
- Eh ma jolie ! Ils sont où les autres guignols ? Et les caméras ? Lui lance un homme qui circule perché sur une machine à deux roues si fines qu'il parait impossible qu'il y tienne en équilibre. Il pose un pied à terre et s'approche d'elle.
Effrayée, elle essaie de s'enfuir, se prend les sabots dans sa longue jupe et s'étale de tout son long sur le sol dur. Avant de sombrer dans un trou noir, elle se dit qu'il est bien étrange qu'elle ait compris son langage.
Elle se réveille, encore étourdie par le choc brutal. Qui sont ces gens qui la regardent bizarrement alors que ce sont eux qui sont bizarres avec leurs drôles d'accoutrements et leurs coiffures extravagantes ? Elle va leur raconter son extraordinaire odyssée. Peut-être la croiront-ils !
- Je..je. Commence-t-elle.
- Hola Rosalinde ! Que fais tu donc là ? Lui demande un homme perché sur un cheval noir et vêtu comme on l'était au Moyen-âge.
Dieu du ciel ! Ça ne finira donc jamais ? Pense Roselyne en retombant dans les pommes !

Image N°46

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Image N°46

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"Les mots perdus" Chez François
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"Lettres égarées" Chez Marie -Sylvie
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"Tourbillon de mots" Chez Elea Laureen
"Mots en vrac " Chez Annick Lotus
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15 mars 2025

Récap' liste98 et image 45

Récap' liste 98
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Liste 98 -Une participation bis

Portrait, mutation, connecté, contrainte, souffle, endosser, urgence, accepter, explorer, enjeux 

Retour à la case départ ? 

Et voilà ! Je me suis fait refaire le portrait ! Une mutation si totale que vous aurez peine à me reconnaître. Peut-être même en aurez vous le souffle coupé. Vous explorerez mes nouveaux traits pour essayer d'y retrouver l'ancien moi mais il vous faudra bien finir par m'accepter telle que je suis redevenue. Les enjeux de la célébrité m'avait contrainte à endosser l'apparence d'une personne qu'en réalité, je ne suis pas. Je n'étais plus connectée avec mon moi profond. Il y avait urgence à ce que je me retrouve avant de me perdre complètement. Désormais, quand je me regarde dans un miroir, je reconnais celle que j'étais avant de passer par la chirurgie esthétique pour coller aux critères de la mode. 
«Elle est folle !» Direz vous. Peu m'importe, je suis moi ! Le bistouri avait fait de moi une BB au temps de sa gloire, je suis redevenue une Alice Sapritch et ça me va !

Zut ! Ce n'était qu'un rêve ! En me réveillant, j'ai filé me regarder dans la glace et j'ai vu BB ! Aucun retour possible à la case départ !

Liste 99

Liste personnelle

Particularité, lancement, témoigner, mode d'emploi, drôle, embrasser, purgatoire, carrefour, odyssée, guignols

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"Les arnaqueurs" Chez Ghislaine
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    "Pauvre guignol" Chez François 
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"Rosalinde" Chez moi
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"Tant que..." Chez Jill Bill
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'L'odyssée de la vie" Chez Annick Lotus
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"Guignol" Chez Emma
         




 

14 mars 2025

Valse des mots N°10 de Nanou

 

Valse des mots N°10

Nager – femme – savoir - intelligent - sérénité - espace – énergie - lire - optimisme – pourtant.

La revanche de Fédora

Fédora nage dans le bonheur et la sérénité. En redonnant sa forme humaine à l'homme qu'elle aime, elle est redevenue une femme comme les autres. Amoureuse, optimisme, pleine d'une inépuisable énergie. Une fois de plus, son savoir et son pouvoir de sorcière bénéfique, ont fait des merveilles. Il lui suffit pourtant de fermer les yeux l'espace d'un instant, pour revoir le regard intelligent d'un adorable toutou levé vers elle, rempli d'amour,  de confiance et d'espoir. Rodolphe, son Rodolphe bien aimé transformé en chien par sa pire ennemie. Elle n'oubliera jamais la haine intense qu'elle a pu lire dans les yeux de la sorcière noire qui leur a fait tant de mal, juste avant que par un sort ultime, elle ne la métamorphose en crapaud. Désormais, elle ne peut plus entendre un croassement sans penser à cette horrible et malfaisante créature. 

«J'aurais dû.." Se dit-elle parfois. Mais non, impossible ! Une sorcière bénéfique ne peut tuer sans risquer de devenir à son tour une sorcière noire !

La punition est assez lourde comme ça ! Tabita ne jettera plus de mauvais sorts ! Crapaud elle est, crapaud elle restera jusqu'à la fin de ses jours.

-Crôaaaaa ?

Prologue du roman : Les Duals

 L'étrange poème que j'ai partagé avec vous hier, fais partie du prologue des Duals que j'ai commencé à rédiger en 2017 et que je crains de na jamais terminer.

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« Fafaouchë ëbë ëlë dïbëlë,fafaouchï ëboï neï. Nüp münlïeï ëbenï ïlï dibëleï,nüp münliä ëbä yë. Fafaouchä ëkë ëlë trivalek, ëkë ëlë brovolek. Rögä ëkë älä rögädükä. Übränä ëkë älä bräbökä. Fafaouchä ëbä yë. Dïbëlä ëbä yë. Nivor sünraï fafaouchëkä kümä yë. Nivor maoum sïrä kümä yë. Man’dek ë’ Yëowl alä vïdikä dïbak dëbä. Antë mordankä yë. Antë cüneë münlië ïmtörë Yëowl.Plörëmë moë amkë. Plörëmä yë. Kin ïmvendrë Yëowl,nivor öcraëa ëbrä yë. Prïdmë ! Ü ! Prïdmë Yëowl ! Maoumä tö yë… »

Les mots résonnent comme une mélopée dans la cabane sombre à peine éclairée par l’âtre rougeoyant.
Une femme presque aussi vieille que le chêne qui domine la pauvre masure est assise près de la cheminée. Les mains tendues paumes en bas vers les flammes elle récite la mystérieuse incantation en se balançant d’avant en arrière. Dans son œil bleu, le droit, brille une larme, D’un doigt furtif, comme prise en faute, elle l’essuie avant qu’elle ne se fraie un chemin dans les rides profondes de sa joue parcheminée. Dans l’œil gauche qui est aussi noir qu’un ciel les soirs d’orage, c’est la colère qui brille comme si elle se reprochait sa sensiblerie.
Au-dessus du feu crépitant, ses mains tremblent.
Elle a entendu les pas légers de l’enfant. Avant même qu’il n’ait prononcé le moindre mot, elle sait ce qu’il va dire. Elle entend les questions qu’il n’a pas encore posées.
Entre ses lèvres desséchées, les mots ne sont plus qu’un murmure ténu :
- Fafaouchä ëbä yë... Dïbëlä ëbä yë… alä vïdikä… Antë mordankä yë. Kin ïmvendrë Yëowl,nivor öcraëa ëbrä yë.
-Mä Kaë, pourquoi tu dis que je dois revenir ? Je ne suis pas parti ! Et pourquoi tu dis que tu vas mourir ? Dis Mä Kaë, tu ne vas pas mourir hein ? Tu n’es pas malade…
Il a utilisé le langage ancien...Mä Kaë. Elle savoure la douce sonorité de ces mots tendres dans la bouche enfantine. Grand-mère… Grand’ Ma comme il dit le plus souvent. Elle aime cet enfant bien plus qu’elle n’a jamais aimé quiconque au cours de sa trop longue existence.
Trop longue oui ! Pourtant il lui reste du chemin à parcourir avant de remettre son âme aux mânes de ses ancêtres. Long et douloureux puisqu’il passe par une terrible vérité. Il n’a pas tout compris car elle a utilisé le langage ancien-ancien. Elle est la seule à l’utiliser encore dans ses incantations. Non, il n’a pas tout compris…
Demain, il va falloir lui dire…
- Viens sur mes genoux moë sokülük que je te raconte une belle histoire.
L’enfant ne se fait pas prier. S’entendre appelé « mon trésor » par cette voix rocailleuse qui gronde si souvent les autres gamins, le fait chavirer. Il se sent si bien contre le cœur de la vieille femme. L’odeur de son châle de laine imprégnée de celle du bois qui brûle dans l’âtre le rassure.
-Maoumä yek tuyo Yëowl… Maoumä yek tuyo…Lui murmure-t-elle tandis qu’il se blottit contre son giron.
-Moi aussi je t’aime Grand’Ma
«Man’dek …Demain… » Se dit-elle. Et la goutte salée qu’elle tentait encore de retenir s’échappe malgré elle de la paupière rageusement serrée. Doucement, elle glisse et va se perdre dans les sillons de sa joue….