27 juin 2026

Mil et une - Sujet 192 - Semaine du 20 juin au 27 juin

La cabane
Un mot facultatif  ballon
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La cabane

Cabane au  Canada ou château en Espagne,
L'enfant grimpé là-haut a lâché le ballon
Et construit de ses mains, dans l'arbre sa maison.
Rêve-t-il ce gamin  au pays de cocagne

Où quand il sera grand, il cherchera fortune ?
De géantes cités sera-t-il bâtisseur
Ou  bien deviendra-t-il du ciel explorateur
Et ira-t-il un jour se poser sur la lune ?

A moins que simplement, il ne parte en voiture
Au gré de ses envies vers d'autres horizons
Sera-t-il sur une île un nouveau Robinson ?
 De Crusoë d'un trait, il a lu l'aventure.

En attendant il cloue une à une les planches
De sa maison perchée, de son palais de bois
Ce sera son domaine.  Il sera le seul roi
De la belle cabane calée  dans  les branches

Il y invitera ses amis et son père,
Son héros, son mentor qui lui a tout appris
Qui lui a fait confiance et prêté ses outils.
 Sans jamais s'en mêler , il l'a  seul laissé faire.

Ni cabane lointaine ou royale demeure...
L'enfant grimpé là-haut  reprendra son ballon
Et puis très sagement, apprendra ses leçons,
Les yeux sur la pendule où s'écoulent les heures.

An'Maï




 

22 juin 2026

Atelier N°2/2026 d'Ecridelle



 Atelier N° 2/2026

Sujet 1) Chaos, rumeur, recul, mur, absent.
Sujet 2)Un texte avec des mots commençants par AB, au moins 5 
Sujet 3) Texte sur le thème "Chaud, chaleur,"
Sujet 4) Un texte avec le prénom Alban 
Sujet 5)Un texte avec un personnage connu , vivant ou décédé

Alban

Loin du chaos et de la rumeur permanente de la ville,  Alban sent le chagrin qui l'abrutissait, abandonner peu à peu son corps et sa tête. Le sentier qui mène aux ruines de l'abbaye est abrupt. La chaleur  qui s'abat sur lui est accablante et  il n'y a pas le moindre petit arbre  où s'abriter du soleil qui tape dur ! Cela rend encore plus éprouvante la montée vers la  vieille bâtisse de pierres blanches. 
Voilà trois heures qu'il crapahute et il fait de plus en plus chaud ! En vérité depuis deux semaines maintenant, l'été est caniculaire même pour cette région habituée à des températures assez élevées en cette saison. Marcher dans ce cagnard est une aberration, il le sait, comme il sait qu'il est en train d'abuser de ses forces. Il sait aussi que tout recul est absolument impossible ! Il pourrait revenir sur ses pas bien sûr mais il s'est promis d'aller au bout de ce pélerinage. Grimper jusque là haut, sur cette vieille route Napoléon qui n'est désormais plus empruntée que par de rares connaisseurs de la topographie originelle des lieux, aboutir après des heures de marche épuisante, à l'endroit même où, lui a-t-on raconté, l'empereur s'est arrêté lors de son retour de l'île d'Elbe,  est le moyen qu'il a choisi non pas pour abolir son pire péché mais pour en demander l'absolution. Qu'importe que son idée soit absurde, Alban  est sûr qu'au terme de sa randonnée, il pourra aborder cette nouvelle étape de sa vie avec  un peu plus de sérénité. Voilà pouquoi il s'est mis aux abonnés absents de son boulot et a entrepris ce voyage, comme une forme de mea culpa douloureux pour avoir trompé Abigaïl, la femme de sa vie ! Que ne s'est il abstenu de plonger dans les abysses azur des yeux de sa secrétaire, avant de sombrer corps et biens dans ses draps et dans ses bras ? Un jour, alors qu'elle lui apportait à son bureau un dossier qu'il avait oublié, Abigaïl les a surpris en pleine action. Dabord abasourdie, elle est restée sans réaction, puis elle est sortie sans un mot et sans même claquer la porte derrière elle..  Pourquoi n'avait-il pas pensé à fermer à clé ? N'importe qui d'autre que sa femme aurait pu les surprendre. Quoi qu'il en soit,son incartade extra conjugale lui a coûté cher. Quand il est rentré, elle était partie.
Sur le bord du chemin, un mur de pierres sèches lui permet de se reposer quelques minutes et de s'abreuver à l'eau tiédasse de sa gourde.  Dans le village en contrebas  la cloche de l'église sonne et résonne dans son cœur telle un glas funèbre. Un chien aboie furieusement. Au bout du sentier caillouteux surchauffé par les rayons encore ardents du soleil de juillet, l'abbaye se profile.  Délabrée comme l'est sa vie sans Abigaïl.
A bout de souffle, recru de fatigue,trempé de sueur,  endolori de partout, Alban laisse alors les souvenirs heureux le submerger.
Et il pleure...

20 juin 2026

Mil et une-Sujet 191 – semaine du 13 juin au 20 juin

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sujet 191 – semaine du 13 juin au 20 juin

La Préhistoire, tout une Histoire

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La petite fille des temps anciens

Étendue sur sa couche d'herbe sèche, couverte d'une fourrure d'auroch, Ehi Sha se détend un peu en repensant à tout ce qu’elle a appris aujourd’hui : cueillir les baies comestibles dans les buissons piquants,  remplir une outre d'eau et la ramener sans en renverser une goutte, tanner les peaux que les anciennes assembleront pour en faire des vêtements... Tout cela en guettant le moindre bruit furtif annonçant l'approche d'une bête sauvage assoiffée de sang. Oubliant un instant ses craintes, elle sent le sommeil la gagner. Près d’elle, Sha Rah, sa mère, respire mieux. La toux qui lui déchire la poitrine  jour et nuit, semble vouloir se calmer. La bouche grande ouverte, elle ronfle si fort que c’en est rassurant. Elle n’est pas la seule à faire du bruit. Il y a aussi ceux qui parlent en rêvant, ceux qui se tournent et se retournent en grognant sur leur couche parce qu’ils ne peuvent dormir à cause de ceux qui s'accouplent bruyamment. Il y a Ouhm Rah, la plus ancienne du clan, qui psalmodie en veillant sur le feu. Il y a les nourrissons qui geignent contre leur mère…Tous ces sons autour d’elle, c’est la vie !
            Avant de fermer les yeux, elle regarde les parois sombres de la caverne faiblement éclairées par les braises rougeoyantes du foyer dans lequel Ouhm Rah remet du bois de temps à autre. Les dessins qui l’ornent sont si beaux ! Ils racontent les chasses qui ont vu périr tant d’hommes vaillants, jeunes et moins jeunes. Elle reconnaît le renne, le cheval, le bison ou l’auroch. Il y a d’autres animaux dont elle ne sait pas le nom. Il y a aussi des traces de mains. Beaucoup sont celles des chasseurs. Combien de ces empreintes sont celles de disparus ? Dans un petit coin connu d’elle seule, il y a les siennes. En voyant faire les grands, elle aussi a voulu laisser une trace pour se souvenir de l’avènement de son septième cycle.
            Nées du reflet des flammes, des ombres mouvantes dansent sur les sombres rochers redonnant la vie à ces animaux tués et mangés depuis longtemps. 
Apaisée, Ehi Sha s’endort enfin.

(Un court extrait de mon roman "Les rêves d'Élisa", remanié pour la circonstance)

19 juin 2026

Valse des mots N°19 de Nanou



Crépuscule, heureux, regarder, montagne, désir, secret, tristesse, manger, destin, maison.
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Léonard et Violette

Le crépuscule est le moment de la journée que Léonard préfère, celui où les sommets environnant se  découpent encore dans le ciel qui s'assombrit.  Il  est aime  les regarder s'estomper petit à petit  jusqu'à n'être plus que des ombres immenses et protectrices. Demain, il verra la montagne se réveiller, teintée d'or par les premiers rayons du soleil levant. C'est un spectacle grandiose, inouï, dont il ne se lasse pas. De la fenêtre de sa petite maison nichée dans le vallon, il est aux premières loges. Depuis qu'il s'est installé dans ce coin perdu des Alpes de Haute Provence, la tristesse qu'il ressentait en permanence,s'amenuise avec le temps qui passe. Le décès de sa femme l'a anéanti. Dans le secret de son cœur, il maudit toujours le Destin de la lui avoir enlevée. Ça fait deux ans maintenant que le crabe l'a vaincue, deux ans qu'elle l'a laissé seul à manger le pain noir du chagrin. Combien de fois a-t-il eu le désir de la rejoindre ? Il ne sait plus ! Ce qu'il sait en revanche c'est qu'il ne pouvait trahir la promesse qu'elle lui avait arrachée avant de s'éteindre :
«Tu dois vivre Léonard ! Tu dois vivre pour nous deux ! Et pour nos enfants surtout ! Promets le moi ! Tu as encore de belles années devant toi ! Profite !»
Il avait promis et tenu sa promesse même si parfois, l'envie d'en finir le tenaillait jusqu'à la souffrance. Vivre sans Violette lui paraissait impossible !
Demain ses enfants viennent le rejoindre pour deux semaines de vacances. Il y aura Marine, qui ressemble tellement à Violette, Jeffrey son bout en train de gendre et leurs deux enfants, Candice et Ewan. Viennent aussi Lucas, qui est son portrait craché au même âge et Antonin, son compagnon.
«Eh oui mon chéri, les temps changent ! L'important c'est qu'il soit heureux  pas vrai !»
Il se souvient ! C'est ce qu'a dit son épouse adorée quand leur fils a débarqué  chez eux avec l'homme de sa vie !
Demain, le chalet va s'animer, résonner de rires et d'éclats de voix.  Violette sera là, au milieu de la famille réunie. Au-dessus de la cheminée,  son portrait souriant les éclairera tous.
 

18 juin 2026

Jeu 119 de Fligrane- Lettre d'une inconnue.


La dactylographe-Doisneau

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 Lettre d'une inconnue à un inconnu

Cher toi que je ne connais pas et pour lequel je suis aussi une inconnue, je t'écris aujourdhui cette lettre qui fort probablement ne te parviendra jamais puisque tu n'existes pas, si ce n'est dans mon imagination. A moins que ce ne soit dans mes plus profonds désirs .
Pour le faire, parce que j'avais envie de la dépoussiérer, j'ai sorti l'antique machine à écrire de ma grand-mère, certaine que mes doigts sur les touches usées du clavier, saurons trouver les mots.
Assise contre un mur sur les pavés d' un quai de Seine pas trop fréquenté, je me suis mise à l'aise. Pieds nus, en short et top d'été, lunettes de soleil sur le nez, je les cherche ces mots qui se refusent encore à moi.
Qu'écrire et surtout comment écrire ce qu'on a sur le cœur , à quelqu'un qu'on ne connaît pas, qu'on ne connaîtra probablement jamais?
Façon romantique ? «Je suis une jeune fille  un peu fleur bleue qui ne rêve que d'éclore à l'amour. Pour toi je serai la plus belle pour peu que tu consentes à me regarder.»
Ringard? Je ne vous le fais pas dire ! Mais c'est ainsi que devait parler ma grand-mère.  Dans sa folle jeunesse en tout cas ! Parce qu'elle a évolué Mamie ! Elle vit avec son temps et se sert de son ordi pour écrire ses histoires !
Je pourrais écrire :  «Ramène ta fraise beau gosse ! Brun, blond ou roux, je t'attends !»
Ça aussi c'est dépassé. Les jeunes d'aujourd'hui ne s'expriment pas ainsi d'après ce que j'entends ! Quand ils se parlent  en vrai  bien sûr !  Parce qu'en fait, ils communiquent  plus par portable interposé  et sur les réseaux sociaux que face à face ! Et je te jure,quand il leur arrive d'utiliser le français de madame et monsieur tout le monde, c'est bourré de fautes d'orthographe, de grammaire, de conjugaison... Ma pauvre mamie qui est de la vieille école en est outrée ! Au gré du temps, ils inventent et réinventent leur propre charabia ,afin de n'être compris qu'entre eux ! 
Du coup, je t'écrirais un truc du genre «Wesh bg ! Chuis deter, mais fais belek !  Je cherche pas un bail ni un charo ! Pas un kassos non plus ! Ni un mytho. Qu'tu dahek ou qu'tu m'deuh et j'te ban despi ! T'as capté ?»
Bon, d'accord, j'ai récolté ces expressions «djeuns» sur une page web qui date de 2024-2025, alors je ne suis déjà plus dans le coup tellement ça évolue vite !
Et puis qu'importe la manière dont je le fais, je ne t'écris  pas vraiment après tout puisque je ne fais que rêver à la personne que tu pourrais être. Je ne fais qu'imaginer notre possible rencontre après que tu auras lu cette lettre que je ne vais pas envoyer !
Je suis barge ? Certes avec cette antique machine à écrire sur les genoux, c'est ce que doivent penser les promeneurs.
Je m'en moque ! Je t'écris une lettre que je vais jeter dans l'eau de la Seine  après l'avoir glissée dans la canette de soda que je viens de boire, dérisoire bouteille à la mer des temps modernes. Si tu la repêches, réponds moi.
Je t'attends.






15 juin 2026

Liste 113 et image N°62-Ma participation

Les mots
Coulisses,enchanter, intensité, apparences, visiblement, subtilité, maintenir, décalé, ambiguïté, enthousiasme
*
L'image 

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Leila

Comme les autres, Leila fixe avec intensité l'écran de son portable, comme les autres, elle est visiblement captivée par ce qu'elle regarde. Comme les autres ce qui capte toute son attention, ne provoque chez elle aucun enthousiasme. Ses mains selon toute apparence, ne semblent avoir d'autre fonction que de maintenir ce petit objet à portée de sa vision. Si encore ce qu'elle voit avait un tant soit peu le pouvoir de l'enchanter ! Mais non ! La subtilité machiavélique de cet appareil du quotidien, c'est cette faculté qu'il a de vous faire croire que vous êtes connecté aux autres alors qu'en réalité et sans ambiguïté, il vous en isole irrémédiablement ! J'en veux pour preuve la scène muette que j'ai vu se jouer hier. Leila était assise sur un banc public près de Carmen, sa meilleure amie. Non loin d'elles, en coulisses, je les ai observées. Tristement, je l'avoue, j'ai assisté à un dialogue totalement décalé, pour moi en tout cas ! Les deux jeunes femmes se parlaient à coups de pouces ultrarapides sur leur portable. Elles faisaient preuve d'une incroyable dextérité, j'en conviens, mais là, et pourtant côte à côte, elles auraient tout aussi bien pu être chacune sur une planète différente !
Nous sommes la multitude des esclaves de nos portables. Nous sommes les hyper connectés,seuls au milieu des autres. Nous ne les regardons plus, nous ne leur parlons plus comme nous le faisions avant l'apparition de ce Dieu minuscule mais omniprésent. Bientôt, nos pouces hypertrophiés remplacerons définitivement cette lanque, cette bouche, indispensables outils de chair qui nous servaient à communiquer entre êtres humains.
Demain, nous serons tous des robots asservis à nos portables. Ne le sommes nous pas déjà?
-Allo, Carmen ? Pourquoi ne me réponds-tu pas ?
Silence radio....
- Allo ! Allo ! Répètait Leila passablement énervée
Sur le banc, à côté d'elle, ne restait que le portable. 
Silencieux...


Liste 113 et image N° 62

 

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La liste 113
Coulisses,enchanter, intensité, apparences, visiblement, subtilité, maintenir, décalé, ambiguïté, enthousiasme
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L'image 62
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Vous pouvez traiter les deux propostions ensemble ou séparément
A vos plumes !
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Allez voir et lire

"Pour ses charmes abusifs" Chez François (Liste)
"Génération écran" Chez François (Image)
*
"Leila" Chez moi (Liste et image)
*
*
"Quelques grammes de technologie" Chez Claudie (Liste et image)
*
Chez Marie-Sylvie
*
"Confidences entre  voisines" Chez Jill Bill (Liste)
"L'ère du smartphone" Chez Jill BIll (Image)
*
"Hyperconnectés" Chez Jak (Liste et image)




14 juin 2026

Reprise

Bonjour amies et amis de plume et de coeur
Dès demain, reprise de ma petite vie de blogueuse.
Vos ateliers, les miens...
Je m'y remets en douceur et j'espère vous retrouver
Bisous à toutes et tous
Anne-Marie

 

31 mai 2026

Bonne fête à toutes les mamans

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Bisous d'An'Maï
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 La vieille mère

Aujourd'hui elle a mis sa jolie robe blanche,
Celle des jours de fête ou celle du dimanche...
Comme elle aimait ce temps béni, quand ses enfants
Lui récitaient émus,de jolis compliments !

"Tu es pour moi maman, la plus belle des roses
Dans ton cœur plein d'amour ces mots doux je dépose,
Pour te dire en ce jour :bonne fête maman !
Je t'aimerai toujours, même devenu grand"

Oh oui, ils ont grandi ses garçons et ses filles
Fondant l'un après l'autre leur propre famille !
Ils ont fait des enfants qui ont fait des enfants..
Elle se sent bien vieille,a-t-elle fait son temps ?

Dans sa robe de fête, impatiente elle guette.
Elle attend ses "petits" pour eux tous elle est prête,
Son cœur n'a pas vieilli, il bat pour ses enfants
Ceux qui lui récitaient de jolis compliments !

Du bruit sur le perron et derrière la porte,
Un joyeux hourvari qui soudain la transporte !
Ils sont là tous les fruits que son ventre à portés
C'est son plus beau cadeau :ils n'ont pas oublié.

© -A-M Lejeune
18/05/2024

 

21 mai 2026

Liste 112 et image 61-Ma participation

 

Les mots : 
Brillante, séparément, horoscope, galaxie, formuler, parfaite, absorber, icône, cosmopolite, végétation
*
L'image
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Un pont pour Sybil

Au bout du pont de pierre,  la brillante lumière du soleil l'attirait irrésistiblement. Elle avait beau être légèrement voilée par une espèce de brûme impalbable, elle n'en représentait pas moins à ses yeux, l'ultime but à atteindre. Absorbée par les gros pavés raboteux, la lueur dorée paraissait lui indiquer le chemin à suivre. Le pont  était très étroit  et pas forcément très solide. Il était certainement préférable de ne l'emprunter  que séparément si l'on arrivait devant lui en groupe. Mais elle était seule et il était là, ouvert rien que pour elle, tentant, tel un portail temporel vers une autre galaxie. L'occasion parfaite pour Sybil d'échapper enfin à sa morne vie dans cette immense mégapole où elle se sentait si petite, si perdue, si seule  au milieu de la foule cosmopolite en perpétuel mouvement. Seule et sans autre ressouce que sa maigre indemnité de chômage. Elle avait beau chercher sans relâche, pas de travail pour elle depuis que la boîte où elle était secrétaire avait fermé.
De chaque côté, de ce passage, deux bouquets de cardères  semblaient monter la garde. Il n'y avait pas d'autre végétation que ces grands chardons et que quelques arbres en ce lieu hors du temps ! Pouvait elle le traverser sans risque ce pont étrange ? Devait elle formuler  un sésame magique pour gagner le droit d'y passer ? Dans la poche de sa veste légère, la petite icône de la vierge que sa mère lui avait donnée avant de mourir, se mit à vibrer. Interloquée, elle la sortit et la regarda. Elle brillait aussi fort que le soleil à l'autre bout du pont et le visage de sa mère avait remplacé celui de la Madone. Le portrait lui souriait. Dans sa tête une voix douce lui murmurait :«Va ma fille, traverse ! La vie est dure, le pont étroit mais tu vas y arriver. papa et moi, nous veillons sur toi !»  
Rassurée elle s'engagea sur le pont et se dirigea d'un pas ferme vers la lumière....
Alors elle se réveilla, le sourire aux lèvres et les yeux remplis de larmes. Comme d'habitude, elle sortit acheter son pain, le journal et déposer quelques CV ici et là. Machinalement, elle ouvrit le quotidien pour consulter son horoscope. Elle fut à peine étonnée d'y lire les prédictions pour son signe : vous êtes à un tournant de votre vie, une voie royale s'ouvre devant vous. Foncez ! Elle regagna sa chambrette sous les toits en chantonnant !  Elle ne fut pas  non plus très surprise quand son portable sonna. Une voix masculine des plus agréables lui proposait un entretien pour un CDI à la mairie. C'était demain ! Elle allait traverser le pont.

20 mai 2026

PropositionN°111 de Nanou



- Phrases : la surface de la mer - une bonne bouffée d’air - monticule de dossiers - ses opinions politiques - par le premier train - mots inaudibles - le flot des véhicules.
- Mots ou expressions : souvenir – ouvrir - tailler une bavette – minutieux – hebdomadaire.
- et/ou Thème : JUSTICE

Les vacances de Philomène

Sa journée de repos hebdomadaire ne suffit plus à lui faire oublier le monticule de dossiers entassés sur son bureau, d'autant plus qu'elle ne peut jamais s'empêcher d'ouvrir le premier sur la pile puis le second  et ainsi de suite jusqu'au dernier, celui du meurtre non élucidé de son mari. Un travail minutieux de relecture qui lui a parfois permis de remonter le fil ténu de quelques affaires classées ! «Classé»  Un mot qu'elle déteste ! Rien n'est jamais classé pour elle à part ses fameux dossiers ! Elle ne pense pas qu'elle est à elle seule le bras armé de la Justice ! Pas son genre ! C'est seulement  qu'elle ne lâche rien tant qu'il y a une petite chance de découvrir la vérité. Elle n'est pas non plus du genre à étaler ses opinions politiques comme le font certains de ses collègues ! Elle n'a pas de temps pour ça ! Ces discussions qui vont dans tous les sens et au cours desquelles en fait, chacun expose son point de vue sans vraiment s'intéresser à celui des autres, ça la gave ! Elle ne les écoute que d'une oreille distraite, uniquement quand elle y est obligée  et même dans ce cas, ce qu'elle capte n'est pour elle qu'une boullie de mots inaudibles.
En toute circonstance, elle reste fixée sur un  unique objectif : les enquêtes en cours et ses dossiers non résolus. Elle sait que dans la profession, on pense qu'elle est bornée, froide, voire hautaine Certains disent d'elle qu'elle est pire qu'un bull dog qui ne veut pas lâcher son os mais elle s'en moque ! Chacune des affaires qu'elle n'a pu résoudre, est une épine dans le pied de Philomène Larivière.  Et chacune de ces épines la ramène immanquablement à l'époque où elle était encore Philomène Demolin,  jeune policière prometteuse sous les ordres de son mari, un flic aguerri et pugnace. Un flic hors pair dont on a retrouvé le corps sans vie, criblé de balles dans une ruelle, le lendemain d'une filature qu'il avait effectuée seul. L'unique erreur de sa carrière ! Elle ne comprend toujours pas pourquoi ce jour -là,  il est parti sans elle,  sa coéquipière. Pourquoi il a décidé d'ignorer cette règle d'or :«jamais seul». Le souvenir de ce temps heureux auprès de l'homme qu'elle aimait plus que sa vie, ne lui laisse aucune trève.  
Elle est fatiguée ! 
Il a fallu qu'elle le  soit sacrément pour s'octroyer un congé d'une semaine et filer par le premier train vers la côte normande. Pas question pour elle de  prendre  sa voiture. Supporter le flot des véhicules sur la route en cette période estivale, l'aurait achevée. Pas question non plus de tailler une bavette avec un  autre voyageur. Pour être sûre d'éviter ça, elle a lu et dormi ou fait semblant de dormir  durant tout le trajet ! Ces vacances représentent une bonne bouffée d'air !  Elle en a besoin et elle les a bien méritées ! La justice, la police, les malfaiteurs, voleurs et assassins de tout poil, peuvent attendre ! Même son équipe devra se passer d'elle ! Elle a toute confiance en Alex pour juguler la naturelle impétuosité de Fanny et pour mettre dans les clous le jeune et prometteur Joël, sa nouvelle recrue. 
Il fait encore doux en dépit de l'heure tardive. Elle a la plage presque pour elle seule. Reposée, elle admire en silence la surface de la mer qu'illuminent les feux du couchant. Le murmure des vagues l'apaise. Oublier...oublier... Les crimes,les cambriolages, le sang, la mort...Oublier la  rébérbative commissaire Larivière et redevenir  pour un instant, la radieuse Philomène Demolin...
 Demain, il fera jour.Il paraît qu'une tempête se prépare. Un beau spectacle en perspective !

19 mai 2026

Atelier N°1/2026 d'Ecridelle


Atelier n° 1/2026

J'ai choisi les sujets : 1 et 2 :

Sujet 1) 6 mots; Alerte, peur, ressentir, agir, calmer, tranquille.

Sujet 2)Un texte avec des mots qui finissent par "Aille, Ail " Au moins 5

Jojo


Tous les sens en alerte dans la rue en apparence tranquille, Jojo fait le guet comme  le patron le lui a demandé.  
- Ton unique travail sera de nous avertir si la volaille se pointe, c'est compris ? A commandé Bébert d'un ton aussi glacial que l'air qu'il respire, tapi dans l'encoignure du  haut portail  où il  est posté, totalement immobile et tout de noir vêtu pour se fondre dans l'ombre.
Bébert, c'est le chef ! Un dur de dur, dans le métier depuis un bail !  Il ne perd jamais son sang froid ! Sa devise c'est «agir et réagir au quart de tour» sans jamais se départir de son flegme légendaire. Tout le contraire de Paulo. Lui c'est un énervé de première, toujours le doigt sur la gachette de son calibre. Le genre qui défouraille et tiraille à tout va au moindre bruit suspect ! Paulo, c'est la faille dans le système, voilà pourquoi Bébert préfère l'avoir près le lui pour le calmer en cas de besoin. Pas pour rien que Bébert l'appelle «la Pagaille». Il connaît bien son frère le patron !
Jojo lui, est la dernière recrue de la petite bande. Il doit encore faire ses preuves et s'acquitter vaille que vaille  du rôle de guetteur qui lui est imparti. Quoi qu'il puisse ressentir, froid, peur, fatigue, faim, il est prêt à tout  pour réussir sa mission. 
«Il y a de la maille à l'arrivée ! A  juré Bébert ! Fais bien ton taf et tu en auras ta part !  Fini  pour toi d'être sur la paille  mon pote ! 
En attendant, pour ressentir, il ressent ! Ça caille sous ce porche imposant , du coup il se les pèle sous son chandail noir trop léger ! Ses entrailles gargouillent tellement il crève la dalle !  La préparation du cambriolage a duré trois semaines au cours desquelles il n'a que très peu dormi, alors il baille à s'en décrocher la machoire ! Pour couronner le tout, il tremble et il défaille autant d'appréhension que de froid ! Et si ça n'allait pas marcher !
«Faut que ça aille, faut que ça aille...» Se répète-t-il comme un mantra en serrant si fortement sa pièce fétiche qu'elle va sûrement finir par s'imprimer dans sa paume.
« Tu me fais marrer avec ton bout de ferraille ! » S'est moqué Paulo avant de s'engouffrer avec Bébert dans la luxueuse demeure. 
Qu'importe ce que pense ce demeuré ! Cette pièce d'un franc, une trouvaille de l'ancienne époque récupérée dans la maison de sa grand-mère maternelle, a le pouvoir de le rassurer !
La seule chose que Bébert  et Paulo n'ont pas prévue, c'est la présence de Philomène Larivière  et de son équipe qui les attendaient à la sortie. Une véritable souricière tendue pour arrêter les malfaiteurs dans le colimateur de la police depuis des mois! Un détail d'importance auquel le patron n'a pas pensé !  Comment aurait-il pu savoir ?
Un flag de toute beauté pour la flicaille comme dit Paulo avec mépris et une infiltration parfaitement réussie pour Jojo !
Menottes aux poignets,  Bébert le mitraille du regard. Quant à Paulo, il braille comme un putois. Mais ses injures et ses menaces de mort n'on aucun effet sur Jojo ! Mission accomplie ! Philo jubile et lui le jeune flic frais émoulu de son école de police, il va pouvoir enfin se reposer après ces trois longues semaines à jouer la taupe !
- Bravo Joël ! Tu as de l'avenir dans nos rangs !  Le félicite Philomène en le gratifiant d'une solide poignée de main.
- Merci Patron ! Répond il, plus fier qu'un paon !
Un compliment de Philomène Larivière, c'est la plus belle des récompenses !


16 mai 2026

Mil et une-Sujet N°186

Vous voyez ce que je vois !

Le mot facultatif :VOCALISE

L'âne

Naseaux à la fenêtre l'âne vocalise,
C'est que d'être enfermé, vraiment ça le fait braire
Dans sa prison coincé, il ne sait trop que faire
Et de claustrophobie, il redoute la crise.

«Voyez ce que je vois, là bas dans l'herbe tendre
Cette ânesse jolie qui sans moi fait bombance
Et de pousses bien grasses se remplit la panse,»
Semble dire la bête qui braille à cœur fendre.

«Qu'ai-je fait dites moi pour mériter ce sort ?
A son aise elle mange tandis que j'ai faim,
Je n'ai eu pour repas qu'un dur quignon de pain,
On m'a mis à la diète, voudrait on ma mort ?

Je suis l'âne si doux, marchant le long des houx...
Vous savez, celui là, dans cette poésie
Dont vous disiez les vers si sagement appris !
Avez vous oublié ? Allez, souvenez vous ! »

Naseaux à la fenêtre, l'oreille tendue
L'âne guette l'ânesse qui festoie au loin
Il brait à fendre l'âme, elle ne répond point,
Trop occupée qu'elle est à brouter l'herbe drue.

14/05/2026
An'Maï


15 mai 2026

Liste 112 et image N°61

***
Pour cette quinzaine, vous avez  4 choix :
-Choix 1 :  un texte avec la liste de mots 
-Choix 2 :  un texte à partir de l'image avec vos propres mots
- Choix 3 deux textes , l'un avec la liste, l'autre avec l'image, les deux traités séparément 
-Choix 4 La liste de mots  et l'image traités ensemble en un seul texte
***
La  liste 112
Brillante, séparément, horoscope, galaxie, formuler, parfaite, absorber, icône, cosmopolite, végétation
*
L'image N°61

***







 

12 mai 2026

Reprise en main

Bonjour, bonjour,

Je récupère tranquillou d'un long et merveilleux Week -end en Ardèche ,à Vogüé dans un très joli village où notre famille s'est réunie pour fêter joyeusement les noces d'or d'un frère de mon mari et de sa femme
 11 heures de route à l'aller, 10 heures au retour, plus le séjour festif, donc pas vraiment reposant, plus la découverte du village aux ruelles escarpée bâti à flanc de falaises... Mon dos en a pris un rude coup !
Mais quel bonheur que ces retrouvailles 
Un ascenseur émotionnel  extraordinaire !
Voila en gros l'explication de mon silence radio.
Je vois où j'en suis ici et ailleurs avec les ateliers et je m'y remets !
Bisous bisous d'An'Maï

*

Photos de Vogüé prises par mon fils Olivier

05 mai 2026

Ma participation pour la liste 111

Discipline, vendredi, commettre, scandale, luxueux, hors-normes, destructeur, sous-entendus, échecs, peindre

La discipline de Philomène

Pour  entretenir sa forme hors-normes et garder l'esprit aussi affuté qu'une lame de rasoir, Philomène Larivière s'astreint à une stricte discipline fondée sur quatre piliers essentiels : sport, alimentation, réflexion, loisirs. Son SARL comme elle dit, aussi efficace que bienfaisant. Pas question d'y déroger ! Le laisser-aller serait pour elle aussi destructeur que l'ouragan émotionnel qui a failli avoir sa peau quand son mari a été tué. Le sport, c'est la salle  chaque vendredi soir quand elle n'est pas amenée à enquêter loin de sa sphère géographique. Pour l'alimentation, rien de luxueux. Juste des repas sains, équilibrés et aussi réguliers que possible. Bien sûr, c'est encore trop souvent qu'elle est contrainte de manger vite fait, sur le pouce, pourtant, elle  se voit mal se gaver de hamburgers -frites comme le font Fanny et Alexandre, ses deux nouvelles recrues dont les sous-entendus sur cette "vieille peau de Philo et sur ses éternelles salades composées" ne lui ont pas échappé. Elle n'en fera pas un scandale mais elle les a  à l’œil ces deux morveux qui ont remplacé Agathe et  Xavier. Comme elle la regrette son équipe de choc ! De la Réunion où ils sont désormais en poste, les tourtereaux récemment mariés, lui envoient régulièrement de leurs nouvelles. Pour la réflexion, en dehors des cold cases qu'elle compulse  toujours dans l'espoir de résoudre enfin ces affaires classées, Philomène se livre à des parties d'échecs acharnées avec son ordi. Quand elle arrive à le battre, elle jubile ! Pour ce qui est de ses loisirs, rares mais apaisants, elle les occupe à peindre la nature autour d'elle. Pour l'heure, c'est le boulot qui l'appelle. Un tueur ou une tueuse machiavélique, vient de commettre un crime particulièrement odieux : une famille entière massacrée. Les parents et leurs trois enfants, une fillette de  deux ans et deux garçonnets de quatre et six ans, ont été retrouvés ligotés, baignant dans leur sang au milieu de leur salon. Une véritable boucherie ! Un détail horrible retient son attention: ils ont tous été énucléés !  Cette enquête qui risque d'être éprouvante, va servir de mise à l'épreuve pour Fanny et Alexandre dont c'est la première grosse affaire. Elle va surtout être pour Philomène, l'occasion  de tester leurs capacités.

Les participations : 

https://defisetmoidanmaimistic.blogspot.com/2026/05/liste-111.html

Allez lire...

Chez  "Les histoires d'Elle"
Cliquez sur l'image et hop, vous y êtes !
Bonne lecture

04 mai 2026

N°326 des Croqueurs de mots



 N°326
Proposé par Annick, 
Elle nous propose d'écrire un texte (prose ou poésie)
– soit en utilisant des titres de romans, de chansons, de fables ou de poèmes (ex: Les trois mousquetaires rendent visite à la Dame aux camélias. Ils partent visiter Notre Dame de Paris et… …)
– soit en utilisant les titres de chapitres d’un livre que vous avez particulièrement aimé. 

A l'enterrement d'une feuille morte...
(Entre la fontaine et le pré vert)

C'était un beau matin quoique triste,  rappelle-toi Barbara !
A l'enterrement d'une feuille morte ensemble nous allions. En tête du cortège, au milieu du pré vert,  deux escargots marchaient, du crêpe autour des cornes.
Pour accompagner la défunte à sa dernière demeure entre le chêne et le roseau, nous chantions en chœur la chanson de l'oiseleur. C'était sa préférée, rappelle-toi Barbara !
Le lion et le rat chantaient faux mais  bien moins que le loup et l'agneau. L'un hurlait pendant que l'autre bêlait ! Quelle cacophonie ! 
- Faites les taire !  C'est insupportable ! Coassa  en se gonflant d'importance, la grenouille  qui veut se faire aussi grosse que le bœuf !
-Quelle prétentieuse celle-là ! S'écrièrent le meunier, son fils et l'âne  lui bien sûr, se contenta de braire.
Le soleil  commençait à taper fort, alors nous fîmes une halte au bord de la fontaine, le temps de nous désaltérer.
 Il faut bien le dire, la cigale et la fourmi avaient du mal à suivre, les pauvres petites !
 Après nous être rafraîchis, Nous reprîmes notre chemin. Qui en marmonnant des pater noster, qui en chantant à tue-tête la chanson de Prévert :"Les feuilles mortes" Un air de circonstance !
Sans attendre les autres, le lièvre et la tortue faisaient la course, arbitrés par le cancre qui pour une fois, avait la parole. Le corbeau et le renard se disputaient pour un bout de fromage, comme d'habitude.
- Ces deux-là ne savent rien faire d'autre ! Lança la laitière et le pot au lait en déséquilibre sur sa tête, tomba et se renversa sur le sol.  Elle en fut bien marrie mais c'était un peu tard pour se plaindre !
- Adieu veau, vache, cochon, couvée ! Prononça sentencieux le laboureur. Et ses enfants qui fermaient la marche se mirent à rire comme des bossus ! 
-Travaillez, prenez de la peine et ne gaspillez pas comme elle le fruit de votre labeur, ajouta- le père à l'intention de ses fils un rien dissipés !
- Vous allez voir ce que vous allez voir, ça va être un bel enterrement !  Prédit l'amiral en renouant sa cravate.
- Eh bien moi, j'aurais préféré aller à la pêche à la baleine, même dans un petit bateau ! Grommela le dromadaire mécontent.
-  Quand est-ce qu'on arrive ? J'ai mal aux pieds  ! Se plaignit Barbara
- On y est ! Bavèrent les deux escargots  qui menaient le cortège.
Au milieu de la prairie, debout sur une de ses longues pattes, près d'un trou proprement creusé dans l'herbe verte entre le chêne et le roseau, se tenait le héron au long bec, emmanché d'un long cou, chapeau haut-de-forme sur la tête et queue de pie noire oblige pour un maître de cérémonie funèbre.
- Prenez place ! Dit-il aux membres du cortège, nous allons commencer !
Sur une plaque était déjà gravée l'épitaphe de la défunte : "Ci-git la feuille morte ! Paix à son âme. In memoriam"