12 août 2026

Quand j'écrivais pour Janedeau

 Mots proposés le 12 mars 2024

Beauté / croiser, éveiller / visage / pluie / courant / transporter / fougères / langueurs / habiter

La beauté

Je l'ai souvent croisée, l'éternelle beauté
Elle habite tout près et si haut nous transporte !
Un visage d'enfant vers sa mère levé,
Les parfums du printemps que le vent nous apporte,

Au jardin qui s'éveille la rose en bouton ,
Le vert tout frémissant des nouvelles fougères,
L'oiseau perché dans l'arbre, mésange ou pinson...
De l'aurore naissante la douce lumière,.

La pluie qui rafraîchit les langueurs de l'été,
Ce léger courant d'air qui vient gonfler la voile,
Ce couple d'amoureux tendrement enlacé,
Ce ciel noir où scintille la première étoile,

La lune et le soleil qui éclairent nos pas,
D'un ami le sourire qui touche et rassure,
Tous ceux que nous aimons et qui sont toujours là
Partageant nos bonheurs autant que nos blessures.

L'éternelle beauté un jour je l'ai trouvée
Dans le cœur de celui qui sait me rendre heureuse
Je l'ai saisie au vol et puis je l'ai gardée
Sans jamais  enfermer son aura lumineuse

Car la beauté ne peut être mise en prison
Enferme-t-on le vent qui pousse les nuages 
Ou le soleil couchant qui flambe à l'horizon ?
L'amour ne survit pas au milieu d'une cage.

15/03/2024
©A-M Lejeune
***
J'ai retrouvé Janedeau ici

11 août 2026

Quand j'écrivais pour Cricket

 1 - Des homonymes (au moins 3) à utiliser dans un texte libre : 
: L'AMI ( E)/ LA MIE/ LA MI- (temps, saison ...) et petit plus... Mettre des mots en MI
ou/et
2 - Un mot pour lequel il faut donner d'autres mots (au moins 4) auxquels ce mot peut faire penser, dans un texte libre : REVANCHE : ma inspiré : recommencer, renouveau, espoir, futur, se battre,
ou/et
3 – mettre le mot REVANCHE en acrostiche 


L’amitié

Toi l’amie de toujours, tu es plus tendre que la mie du meilleur pain. Avec toi je sais que je ne connaîtrai pas la mi saison des sentiments. L’amitié avec toi, ce n’est pas mi- figue mi- raisin. Tout comme moi, ce mot tu l’as mis très haut dans la liste de tes priorités.
Notre amitié, nous la mitonnons depuis des années comme on le fait pour un bon petit plat. Elle mijote et se bonifie avec le temps !
S’il est arrivé que nous nous fâchions un peu, nous nous sommes mises d’accord pour que ça ne dure pas plus que la mi -journée. Commencées le matin, à midi terminées, il en est ainsi de chacune de nos mini chamailleries ! Pour toi comme pour moi, la vie s’est parfois montrée cruelle ! Mille misères sous nos pas, soucis de santé, ennuis d’argent, miteuses vengeances d’ennemis misérables… Armées de notre amitié, nous nous sommes toujours épaulées. Chacune aidant l’autre à prendre sa revanche sur les mauvais coups du sort. Chacune tenant à son tour, la main de l’autre pour l’aider à se battre, à reprendre espoir, à recommencer chaque fois. Ainsi avançons-nous, mine de rien, vers de miraculeux renouveaux. Un futur commun où cette force qui nous unit, reprend d’année en année, la saveur d’un grand cru millésimé. Foin des minables qui minimisent ce beau sentiment ! Toi et moi, nous continuons à miser sur l’amitié !

06/01/2022

***

Revanche et résilience

Rendre coup pour coup au mauvais sort qui frappe
Et chaque fois se remettre debout ! Éternelle revanche
Vivre et vaincre la peur qui trop retient les pas !
Á chaque jour suffit sa peine, enfin c’est ce qu’on dit !
Nous ne naissons après tout, que pour mourir un jour,
Cela, nous le savons ! Mais pour autant devons-nous
Hurler comme des loups contre un destin inique ?
Être vivant, c’est se battre en acceptant l’inévitable fin.

08 août 2026

Une fable à ma façon

Image générée par IA à partir de mes indications

***

Le corbeau et le crapaud

 - Croâ !
Dit le corbeau,  Allez  grenouille
Écarte toi de mon chemin ! 
- Coâ ?
De toi crois tu que j'ai la trouille?
Répond  hautain le batracien.
- C'est sûr! Affirme le corbeau,
Tu en es verte et tu en crèves !
- Tu t'es trompé, je suis crapaud !
Et peur de toi, moi ? Dans tes rêves !
- Crapaud, grenouille, tu n'es rien
Qu'une bien vilaine bestiole
Clouée au sol, triste destin,
Alors que moi, tu vois, je vole !
- Ben justement, envole toi
Car ta présence m'indispose !
Sur ce chemin, je suis chez moi !
- Comment ? Tu m'envoies dans les roses !
- Ou les orties, comme tu veux !
 -Et moi, je veux que tu te casses !
Hors de ma vue, crapaud baveux !
Hurle l'oiseau qui en croasse
Ailes battant, colère au bec.
- Va te rafraîchir dans la mare
Je suis bien là, je reste au sec
Répond le crapaud qui se marre 
En coassant à qui mieux mieux.
Qui sortira de la querelle
En grand vainqueur entre les deux ?
Hargneux corbeau, crapaud rebelle ?
Nul ne le sait !Croâ! Coâ !
© A-M Lejeune
24/03/2025 

02 août 2026

Liste 116 - Ma participation

 Liste 116 :Distingué, postérité, trajectoire, écraser, honorer, rouge, mythique, musclé, maximum, parcours.

Interrogatoire( Suite de l'affaire de l'énucléateur)

 Devant le miroir sans tain, Philomène ne perd pas une miette de la scène qui se déroule de l'autre côté.  Si elle ne connaissait pas la manœuvre, elle aurait de quoi s'inquiéter du comportement de Fanny qui joue à merveille la jeune fliquette impressionnable. Son parcours de formation l'a préparée un maximum à ce type de situation !.  Elle  suit donc sans dévier la trajectoire que l'équipe a préalablement fixée pour le premier interrogatoire du suspect en jouant la gentille.  Avec une parfaite maîtrise de la scénographie, elle  s'applique à honorer , en excellente comédienne, cette méthode éprouvée qui vise habituellement à mettre  d'abord le suspect en confiance et à le faire parler sans contrainte avant de l'écraser. C'est ce que ne manquera pas de faire Alexandre quand  il prendra la suite de l'interrogatoire, qui de gentil et rassurant, deviendra d'un seul coup, assez musclé ! Pour l'instant la technique  semble fonctionner à voir l'assurance du suspect ! Il n'est visiblement pas  destabilisé  par le petit bout de nana  qui,  le rouge au front, lui pose des questions sur son emploi du temps en bégayant presque. Il faut avouer que l'homme aurait de quoi intimider la jeune femme si elle n'était pas en train de jouer un rôle  écrit à l'avance !  Très grand, très beau, très distingué, vêtu avec une élégance raffinée qui cadre mal avec les horribles soupçons qui pèsent sur lui, il ressemble, en dépit de sa mise moderne, à un de ces dieux mythiques  de l'antiquité dont les  statues sculptées par les plus grands, ornent pour la postérité, les galeries  des  plus célèbres musées de la planète.
Elle en a terminé avec le suspect. Comme prévu, il ne s'est pas départi de son calme. Mais Alexandre va prendre la relève et ça risque de changer !  Au contraire d'elle qui est assez  menue, son collègue est baraqué comme une armoire à glace.
- Tiens ! Voilà le méchant ! Lance l'individu un demi  sourire ironique aux lèvres.
- Bingo ! Jubile Philomène.  Il vient de commettre sa première erreur ! Celle du type qui connaît nos méthodes et qui y a sûrement déjà été confronté ! Tu as fait du bon boulot pour ton collègue Fanny ! Bravo ! Grâce à toi ce salopard se sent fort et invincible !  Il va vite déchanter !

01 août 2026

Liste 116

 

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Distingué, postérité, trajectoire, écraser, honorer, rouge, mythique, musclé, maximum, parcours
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ALLEZ LIRE

"Un homme simple" Chez François
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25 juillet 2026

Incendies

Amies et amis b de la blogosphère,

J'espère que vous êtes toutes et tous à l'abri de ce fléau qui ravage certaines régions de notre pays. 

Mon dernier beau-frère, sa femme, leurs deux filles,  ainsi que leur fils, sa femme et leur petite fille, ont dû évacuer cette nuit à cause de l'incendie qui se rapprochait de chez eux. Ils habitent à Saint-Médard- en Jalle, près de Bordeaux. Ils sont partis en pleine nuit et ont trouvé refuge sur une aire d'autoroute à 50 kms de chez eux. Ce soir, ils dormiront à l'hôtel. S'ils arrivent à dormir car l'angoisse doit les tenailler.

Je pense à toutes celles et ceux qui ont déjà perdu leur maison ou qui risquent de la perdre dans les heures qui viennent.  Je pense à  ces  milliers dévacués en urgence, qui attendent rongés d'angoisse, de savoir s'ils pourront rentrer chez eux.

Je pense à tous ces courageux soldats du feu, hommes et femmes qui luttent avec acharnement depuis des jours et sont au-delà de l'épuisement. Je n'oublie pas que deux d'entre eux ont péri, que d'autres sont blessés. J'espère qu'aucun autre ne perdra la vie au cours de cet épuisant combat !

Je n'ai jamais autant souhaité qu'il pleuve à seaux !

Je vous embrasse toutes et tous du fond du coeur.

24 juillet 2026

Mil et une -Sujet 195

sujet 195 – du 11 juillet au 15 août -  La DS- Mot facultatif : Départ
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La Déesse de Lucien

Sur le ponton, la DS  est prête, lavée à l'eau de la rivière, astiquée. Plus qu'à y ranger nos valises. Demain c'est le grand départ vers la Bretagne, pour notre annuel séjour d'été  dans le Morbihan. Là bas, nous retrouverons mes parents mais aussi  ma soeur aînée, Camille, Yvon Le Bihan, mon beau-frère, Marie, Daniel, et François, leurs enfants.  Nous partons à cinq avec l'arrivée dans  la famille Dubrac, du petit Michel  né  le 11 Mars.  Ce bébé adorable et tant espéré après deux fausses couches successives, a été très bien accueilli par Claude 6 ans, Annick 5 ans et Pierre 3 ans, ses deux frères et sa sœur, tellement heureuse de rester la seule fille de la fratrie.  Michel est donc de loin l'évènement le plus important de cette année 1955. Mais ce n'est pas le seul. Et le second n'a pas été sans provoquer quelques remous dans notre couple. 
Jusqu'alors, nous nous casions tous sans problème, ou presque, dans notre vénérable 2CV, laquelle selon moi, avait encore de beaux jours devant elle. Je me disais qu'exceptionnellement, j'aurais pu  monter à l'arrière avec Annick et Pierre,  le bébé bien  calé sur mes genoux et si mon cher Lucien tiquait un peu, il acceptait néanmoins l'idée. Quand à Claude, notre aîné de 6 ans, il se rengorgeait déjà à l'idée de monter devant, comme un grand, à côté de son papa.
- Tu seras sage hein mon loupiot ! Lui a fait  promettre mon mari. Je n'aimerais pas avoir à m'énerver après toi au lieu de surveiller la route ! Je ne voudrais surtout pas être obligé de te laisser à la ferme de pépé et mémé Dubrac
- Juré craché  papa ! A promis le gamin en joignant le geste à la parole !
Je sais qu'il aurait tenu sa promesse. même s'il adore ses grands-parents de Normandie. Mais les vacances chez pépé et mémé Le Quellec avec tata Camille, tonton Yvon et  les cousins, c'est sacré  ! Pas question de les gâcher d'avance en  mettant papa en colère pendant le trajet.
Ça, c'était il y a deux mois ! Eh oui, chez nous les vacances ça ne se prépare pas à la dernière minute ! C'est qu'il y a tellement de détails à régler pour un voyage de plus de 400 kms en voiture  ! 
    C'est  à peine trois jours après cette dicussion qu'un autre événement  d'importance est venu bousculer nos habituels préparatifs.  Lucien a acheté un billet de loterie et  gagné le gros lot : un million ! J'ai failli tomber dans les pommes sous le coup de l'émotion puis très vite j'ai réfléchi à tout ce qu'on allait pouvoir faire avec tant de sous  ! Et là, voilà que Lucien me lance:
        -Simone, on va changer de voiture ! On va avoir une DS ! T'imagines quand on va débarquer en Bretagne avec une Déesse !  Yvon va en crever de jalousie !
- Tu es fou mon Lulu ! Tu sais ce qu'elle coûte cette bagnole. Plus de  200 000 francs !
- 230 000 ma chérie ! On peut se le permettre ! 
- La deux pattes roule encore bien ! Que fais-tu de notre projet d'agrandissement de la maison ? Avec cette somme, on pourrait même en acheter une  où les enfants auraient chacun leur chambre ! A quoi ça te sert de vouloir épater Yvon ? Il  faut arrêter avec ces gamineries Lucien !
-  Il n'y a pas que ça Simone ! Avec Michel en plus, le voyage risque d'être très fatigant pour toi La DS est plus large et confortable ! On pourra mettre un moïse pour Michou à l'arrière. Cest tout de même mieux   pour lui comme pour toi non ?
- On ne l'aura pas à temps pour partir  ta foutue DS !
- Euhhh C'est à dire que je l'avais déjà commandée tu vois ! Elle est disponible, y a plus qu'à aller la chercher !
- Tu avais fait ça dans mon dos ? Et avec quels sous  tu allais la payer hein ?
- A crédit tiens ! Comme tout le monde !
-Tout le monde comme tu dis, ne s'achète pas une voiture de luxe du jour au lendemain ! A crédit ! Non mais tu te rends compte !
- Le problème ne se pose plus pas vrai ? Et il restera assez pour ta maison plus grande. J'en ai une en vue pas loin d'ici. Le proprio est mort et ses enfants vendent !  J'ai mis une grosse option dessus. On va la voir ensemble demain si tu veux ! Et si elle te plaît, elle est à nous. On pourra y emménager après les vacances. 
- Tu décides de tout, comme d'habitude ! Tu te prends pour un nabab  maintenant ? Voiture neuve, maison... C'est quoi ta prochaine lubie ?  Un cheval de course peut-être ?
-Pourquoi pas ?
-  Tu me fatigues Lucien ! Tu te fous de moi là ?
- Un peu ma chérie ! Allez, arrête de m'engueuler et vois  les choses du bon côté pour une fois ! Ça fait des année que j'économise pour qu'on vive mieux, alors ce million, c'est  une chance inespérée.  Du coup, mes économies, on n'y touche pas !  Ce sera notre poire pour la soif. Bien sûr, on n'est pas devenus riches mais on va respirer plus à l'aise ! Et Yvon bavera devant ma Déesse ! 
Je me suis calmée et j'ai fini par me ranger à ses arguments ! J'avoue que je suis plus paragmatique que mon Lulu et qu'après des années à compter chaque centime de sa paye, j'ai  beaucoup de mal à voir les choses du bon côté comme il dit.
Finalement rassurée, demain  je m'installerai telle une reine dans son carosse, sur le siège passager de la  Déesse,  à côté de Monsieur le Président, comme je l'appelle maintenant en  me moquant gentiment de lui. Nous démarrerons sous le regard envieux de Raymond et Marie-Jeanne, nos chers voisins qui, il y a peu de temps encore se pavanaient dans leur grosse Traction noire en regardant notre "petite" voiture avec mépris.. Nul doute qu'ils ne tarderons pas à acquérir une DS eux aussi.
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19 juillet 2026

Liste 115 et image 63 - Ma participation

La liste :
Millésime, modeler, inestimable, enchanté, langage, chantier, adorateur,bannir,cérémonie,héritier.

L'image 
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Danser sous la pluie

    Ahhhh ! Danser  et chanter sous la pluie, quel inestimable cadeau du ciel  ! C'est probablement ce qu'ont pensé  beaucoup de gens qui auraient été enchantés de pouvoir le faire sans cérémonieHéritiers du grand monde, ou simples quidams, chefs de chantiers, ouvriers , employés de bureau ou paysans, jeunes et vieux... Nul n'a été épargné par la chaleur écrasante qui s'est abattue sur le pays du nord au sud et de l'est à l'ouest. Pour utiliser un langage plus populaire,  on crevait de chaud ! Et ne me parlez pas de climatisation !  Nous ne sommes pas tous climatisés dans nos logements, loin s'en faut et l'achat d'un climatiseur mobile ne fait pas forcément  partie de nos priorités !  J'en conviens volontiers,  cette année est un sacré millésime. Images à l'appui, les experts météo nous ont expliqué que cette vague de chaleur était due à un «Blocage en Oméga». On n'a quasiment parlé que de ça, en répétant que c'était un phénomène exceptionnel comme  s'il ne s'en était jamais produit de tels auparavant !  Ce n'est pourtant ni la première, ni la dernière fois !  
         Je me souviens  avec une certaine angoisse, je l'avoue, de tous ces champs qui brûlaient en 2019,  chez nous dans la Somme  et ailleurs,  à cause d'une chaleur et d'une sécheresse exceptionnelles de l'avis de tous cette année-là ! C'était impressionnant et ça faisait peur ! Un agriculteur cerné par les flammes est même mort, brûlé vif sur son tracteur !  Quelle fin épouvantable ! 
    On  a beau vouloir la modeler à notre convenance, la Nature est souveraine ! Elle fait ce qu'elle veut ! Je crois pouvoir dire sans me tromper, que durant cet éprouvant épisode caniculaire, les adorateurs du soleil tout puissant n'ont jamais eu aussi peu la cote ! Je pense pour ma part, qu'à ce moment -là,   en les écoutant dire et répéter: «C'est normal, c'est l'été !», j'ai eu plus d'une fois l'envie ..brûlante  de les bannir au milieu d'un désert  de sable sans la moindre goutte d'eau  ! 
    Tout le monde  aurait rêvé d'une averse salvatrice pour se rafraîchir et faire la fête dans les rues, de jour comme de nuit,  avec ou sans parapluie !
     Enfin, il a plu ! Pas longtemps ni beaucoup mais que c'est bon ! On n'étouffe plus !  Et aujourd'hui, il fait presque gris. Oserais-je dire «Pourvu que ça dure !» 
    Celles et ceux, dont je fais partie, qui se plaignaient hier de trop de soleil , vont ils râler demain et prier pour qu'il revienne ? Ça ne m'étonnerait pas !

15 juillet 2026

Liste 115 et image 63

 
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La liste 115
Millésime, modeler, inestimable, enchanté, langage, chantier, adorateur,bannir,cérémonie,héritier.
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L'image 63
Vous pouvez traiter les deux propostions ensemble ou séparément
A vos plumes !
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"Pour leur savoir-faire" Chez François (Liste)
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"Le millésime des coeurs" Chez Marie-Sylvie(Liste)
"Monsieur bricolage" Chez Claudie (Liste)
"Manque d'eau" ''(Image)
"Danser sous la pluie" Chez moi (Liste et image)
*
"L'héritage mystère" Chez Jill Bill (Liste)
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12 juillet 2026

Sujet N°120 de Filigrane- Un sac de billes

 La photo
Le livre :"Un, sac de billes" de Joseph Joffo
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Mes jeux d'enfance

Jouer à la marelle, je l'ai fait avec Isabelle, ma meilleure amie d'enfance.
Nous la tracions maladroitement à la craie au beau milieu de la route puis, chacune  à notre tour, nous sautions sur un pied de case en case, de la terre jusqu'au ciel. Avec elle j'ai aussi concocté des tambouilles aux herbes, à la terre et à l'eau de la rivière dans sa jolie dinette que je lui enviais. Puis nous faisions semblant de les manger. Un jour c'était elle la maman et moi l'enfant difficile, le lendemain nous inversions les rôles...
Mais c'est avec mes deux grands frères, mes cousins, ma cousine et toute  leur bande de casse-cou recrutés chez les gamins du village, que je préférais jouer à Tarzan, à d'Artagnan, aux ccw boys et aux indiens, entre autres héros  qui avaient le pouvoir d'inspirer notre imagination débordante.. Ceux  des films qui passaient le jeudi dans l'arrière-salle du café du village, ou ceux des BD que nous lisions.
Quand ils ne construisaient pas des cabanes  ou ne rejouaient pas «La guerre des boutons» à leur façon avec la bande des«Brouard-Pierre» comme on les appelait dans le village, mes frères   s'adonnaient à des jeux plus calmes ! Enfin, il faut le dire vite parce que  le calme cessait dès que leur petite sœur avait le malheur de vouloir participer. M'avoir dans  pattes, avait le don de les mettre sérieusement en boule ! Un sac de billes, un parcours compliqué entre parpaings, collines de sable et autres obstacles à franchir pour les billes de verre et d'agate, et mes deux frangins turbulents devenaient très sages et concentrés. Du coup, sitôt que je faisais mine de m'approcher,  ils devenaient pires que des bulldogs dont un misérable roquet aurait voulu piquer l'os. En l'occurence, le misérable roquet, c'était moi ! Ils ne voulaient pas de moi dans leurs batailles rangées de billes et de calots - mes frères disaient "gallots" - au terme desquelles le perdant cédait quelques uns de ses précieux trésors au gagnant.  
Pour les jeux de guerres et de batailles fictives entre deux camps ennemis, je n'avais de place qu'en tant que victime idéale : indienne prisonnière chez les cowboys, femme blanche attachée au poteau de torture chez les indiens, captive des méchants libérée par les mousquetaires... Et j'acceptais ce rôle ingrat parce que c'était pour moi, le seul moyen d'être intégrée à l'un ou l'autre des camps. Un rôle qui m'a valu pas mal de tirage de cheveux, quelques bleus et horions. De petites blessures de guerre dont j'étais en fait très fière parce qu'elles m'ont servi d'adoubement pour être acceptée dans la bande ! Une bande d'invincibles héros dont Isabelle qui n'aimait que nos gentils jeux de filles, n'a jamais fait partie.

An'Maï.

Un article sur les jeux de billes qui m'a permis de rectifier une petite erreur dans cette narration de mes souvenirs. C'est calots et non pas gallots comme disaient mes frères, que j'aurais dû écrire.

https://www.ribambel.com/activites-en-exterieur/les-noms-des-billes-par-tailles-on-fait-le-point

11 juillet 2026

Mil et une -Sujet 194


Parasols

toile de Eduardo Ungar (clic) merci à Emma et en hommage

le mot facultatif : souvenir

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Réconciliation-Monopoly
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Les vieux amis

Rappelle toi mon ami, mon vieux copain d'enfance, ce baiser sur ta joue déjà ronde. Nous avions passé l'après midi à jouer au Monopoly avec mon frère et ta sœur. Tu guignais l'Avenue des Champs-Élysées et la Rue de la Paix. Je tes les avais soufflées sous le nez.  Tu m'en avais tellement voulu que ça avait fait rire les autres ! Énervé plus que de raison, tu avais balayé cartes et pions d'un revers de main rageur avant de quitter la table et d'aller bouder tout seul dans ton coin. Nous n'étions que des gosses mais ce souvenir reste gravé dans ma mémoire, tout comme celui de notre réconciliation avec ce baiser sur ta joue et ces mots de consolation que je t'avais murmurés à l'oreille :« Promis Jacquou, la prochaine partie je te les laisse !»
Nous avons grandi Jacques ! Les rondeurs, toi et moi, nous les avons prises de partout. Mais  qu'importe que les années nous aient changés, jusqu'à aujourd'hui, nous sommes parvenus à rester les meilleurs amis du monde.  Oh ! Comme je voudrais que rien ne change ! Assise à la terrase du Grand Café, sous l'un des parasols jaune et vert qui la fleurissent, je t'ai vu arriver, ton bouquet de fleurs caché dans le dos. Je sais ce que tu mijotes mon vieux pote ! Je sais que tu crèves d'envie d'entamer avec moi une partie  d'un tout autre genre que celles qui nous rassemblaient autour d'une carte de Monopoly. 
Depuis bien des jours, crois-moi, j'ai capté tous les signaux que tu m'envoies ! Déjà, quand tu étais môme, tu ne savais pas dissimuler tes sentiments !
 Mon cher Jacquou, comment te dire sans te blesser que ce que tu rêves d'emporter et qui est pour toi tellement plus important que l'Avenue des Champs-Élysées et la Rue de la Paix réunies, tu ne l'obtiendras pas. Notre amitié m'est précieuse, la perdre me ferait énormément souffrir ! Pourtant, je crains que cette fois, aucun baiser  sur ta joue ronde, ne puisse en recoller les morceaux quand je t'aurai dit ce qu'assurément,  tu ne souhaites pas entendre. 
Cigarette à la main, assise à cette table devant le verre que je m'apprêtais à siroter, je t'observe du coin de l’œil. Tu es si prévisible mon vieil ami, que j'entends déjà ce que tu veux me dire ! Et je vais t'arrêter avant que tu ne le fasses ! Je le dois au souvenir sacré de notre amitié d'enfance. J'ai quelqu'un dans ma vie alors Jacques, même si ça doit te   briser le cœur,il faut que tu acceptes le fait que nous ne serons jamais rien d'autre que de vieux amis.

An'Maï





 

04 juillet 2026

Liste 114 - Ma participation(Suite de l'affaire de l'énucléateur)

Liste 114 ::Sacrifier, clin d’œil, rugueux, naissance, adopter,  populaire, carrière, doute, fraichement, disparition.

Courir et réfléchir

 Outre la salle chaque vendredi soir, sacrifier à son jogging matinal n'est plus un problème depuis longtemps pour Philomène. La naissance du jour lui semble  le moment idéal pour recharger ses batteries à plat.  C'est aussi et surtout pour elle une façon  de faire un clin d’œil quotidien à son défunt mari qui adorait se livrer avec elle à ce rituel si bénéfique pour le corps autant que pour l'esprit. Après sa disparition, elle a laissé tomber le sport, s'est négligée et a pris beaucoup de poids. Dans le même temps, elle a commencé à adopter un ton très rugueux avec ses collègues qui ont pris assez fraichement sa nouvelle attitude à leur égard. La populaire Philomène  Demolin au caractrère si avenant  est devenue  tellement invivable que sa carrière a failli en prendre un sérieux coup d'arrêt ! Plus personne ne voulait faire équipe avec elle. En haut lieu, on commençait même à avoir des doutes sur sa capacité à mener une enquête sans péter un plomb à la moindre anicroche. Alors elle s'est obligée à se reprendre en main. D'abord, elle a demandé un congé sabbatique que ses supérieurs lui ont octroyé, trop heureux de se débarrasser d'elle ne serait-ce qu'un temps !. Puis elle a  recommencé à courir à l'aube en souvenir de son homme dont le regard accusateur la poursuivait  jusque dans ses rêves. A la suite de son congé, elle a obtenu le droit de reprendre l'école pour devenir commissaire, tout en continuant à s'astreindre à un régime strict  afin de retrouver sa forme de jeune flic dynamique. Quand tous ses objectifs ont été atteints, elle a demandé sa mutation  pour un commissariat où nul ne la connaisait et  elle a repris son nom de jeune fille. Exit Philomène Demolin, bonjour Philomène Larivière. 
Elle n'oublie pas son mari mais désormais, elle ne laisse plus le chagrin de son absence interférer dans sa vie professionnelle. La seule chose qu'elle a conservée de ce temps-là, c'est son jogging à l'aube et par tous les temps. Ce matin ne fait pas exception. Courir l'aide à réfléchir. Les rouages bien huilés de son cerveau tournent à plein régime. L'affaire de «l'énucléateur» comme on  a baptisé l'horrible criminel, n'est toujours pas bouclée. Une autre famille a été massacrée mais le modus opérandi est différent. Le père, la mère et leurs trois enfants, ont été tués d'une balle dans la tête avant d'être éviscérés. On ne peut donc pas imputer ce crime odieux à l'énucléateur même si les deux affaires ont un point commun, le sexe et l'âge des enfants : une fillette de  deux ans et deux garçonnets de quatre et six  ans. C'est là qu'il faut creuser se dit Philomène : les victimes, pas le mode opératoire.

01 juillet 2026

Liste 114

Liste 114 tirée du Télé magazine  du 27 juin au 3 juillet

Sacrifier, clin d’œil, rugueux, naissance, adopter,  populaire, carrière, doute, fraichement, disparition
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Allez lire

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"Dissonance" Chez Jill Bill




29 juin 2026

N°329 des Croqueurs de mots

Défi 329 mené par Annick Lotus : Vacances j'oublie tout !!!

 Écrire un texte (prose, poésie…) avec pour thème « Les vacances  » mais avec deux contraintes:
1- Ecrire votre texte avec l’anaphore « C’est le temps… » (répétition en tête de phrase ou de paragraphe). 
2 – Et avec 5 mots obligatoires: transhumance, farniente, rire, soucis, heure
***

C'est le temps

C'est le temps des vacances,
Des grandes transhumances
Sur les routes de France.

C'est le temps de l'oubli,
Du travail, des soucis... 
On se vide l'esprit.

C'est le temps des balades,
Plus d'heure, montre en rade
Et du rire en salade.

C'est le temps des voyages, 
Du farniente en partage,
Allez, fais tes bagages ! 

C'est le temps, c'est le temps !
Le soleil nous attend,
Montagne ou océan ?
On s'en fout, c'est le temps ! 

27 juin 2026

Mil et une - Sujet 192 - Semaine du 20 juin au 27 juin

La cabane
Un mot facultatif  ballon
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La cabane

Cabane au  Canada ou château en Espagne,
L'enfant grimpé là-haut a lâché le ballon
Et construit de ses mains, dans l'arbre sa maison.
Rêve-t-il ce gamin  au pays de cocagne

Où quand il sera grand, il cherchera fortune ?
De géantes cités sera-t-il bâtisseur
Ou  bien deviendra-t-il du ciel explorateur
Et ira-t-il un jour se poser sur la lune ?

A moins que simplement, il ne parte en voiture
Au gré de ses envies vers d'autres horizons
Sera-t-il sur une île un nouveau Robinson ?
 De Crusoë d'un trait, il a lu l'aventure.

En attendant il cloue une à une les planches
De sa maison perchée, de son palais de bois
Ce sera son domaine.  Il sera le seul roi
De la belle cabane calée  dans  les branches

Il y invitera ses amis et son père,
Son héros, son mentor qui lui a tout appris
Qui lui a fait confiance et prêté ses outils.
 Sans jamais s'en mêler , il l'a  seul laissé faire.

Ni cabane lointaine ou royale demeure...
L'enfant grimpé là-haut  reprendra son ballon
Et puis très sagement, apprendra ses leçons,
Les yeux sur la pendule où s'écoulent les heures.

An'Maï




 

22 juin 2026

Atelier N°2/2026 d'Ecridelle



 Atelier N° 2/2026

Sujet 1) Chaos, rumeur, recul, mur, absent.
Sujet 2)Un texte avec des mots commençants par AB, au moins 5 
Sujet 3) Texte sur le thème "Chaud, chaleur,"
Sujet 4) Un texte avec le prénom Alban 
Sujet 5)Un texte avec un personnage connu , vivant ou décédé

Alban

Loin du chaos et de la rumeur permanente de la ville,  Alban sent le chagrin qui l'abrutissait, abandonner peu à peu son corps et sa tête. Le sentier qui mène aux ruines de l'abbaye est abrupt. La chaleur  qui s'abat sur lui est accablante et  il n'y a pas le moindre petit arbre  où s'abriter du soleil qui tape dur ! Cela rend encore plus éprouvante la montée vers la  vieille bâtisse de pierres blanches. 
Voilà trois heures qu'il crapahute et il fait de plus en plus chaud ! En vérité depuis deux semaines maintenant, l'été est caniculaire même pour cette région habituée à des températures assez élevées en cette saison. Marcher dans ce cagnard est une aberration, il le sait, comme il sait qu'il est en train d'abuser de ses forces. Il sait aussi que tout recul est absolument impossible ! Il pourrait revenir sur ses pas bien sûr mais il s'est promis d'aller au bout de ce pélerinage. Grimper jusque là haut, sur cette vieille route Napoléon qui n'est désormais plus empruntée que par de rares connaisseurs de la topographie originelle des lieux, aboutir après des heures de marche épuisante, à l'endroit même où, lui a-t-on raconté, l'empereur s'est arrêté lors de son retour de l'île d'Elbe,  est le moyen qu'il a choisi non pas pour abolir son pire péché mais pour en demander l'absolution. Qu'importe que son idée soit absurde, Alban  est sûr qu'au terme de sa randonnée, il pourra aborder cette nouvelle étape de sa vie avec  un peu plus de sérénité. Voilà pouquoi il s'est mis aux abonnés absents de son boulot et a entrepris ce voyage, comme une forme de mea culpa douloureux pour avoir trompé Abigaïl, la femme de sa vie ! Que ne s'est il abstenu de plonger dans les abysses azur des yeux de sa secrétaire, avant de sombrer corps et biens dans ses draps et dans ses bras ? Un jour, alors qu'elle lui apportait à son bureau un dossier qu'il avait oublié, Abigaïl les a surpris en pleine action. Dabord abasourdie, elle est restée sans réaction, puis elle est sortie sans un mot et sans même claquer la porte derrière elle..  Pourquoi n'avait-il pas pensé à fermer à clé ? N'importe qui d'autre que sa femme aurait pu les surprendre. Quoi qu'il en soit,son incartade extra conjugale lui a coûté cher. Quand il est rentré, elle était partie.
Sur le bord du chemin, un mur de pierres sèches lui permet de se reposer quelques minutes et de s'abreuver à l'eau tiédasse de sa gourde.  Dans le village en contrebas  la cloche de l'église sonne et résonne dans son cœur telle un glas funèbre. Un chien aboie furieusement. Au bout du sentier caillouteux surchauffé par les rayons encore ardents du soleil de juillet, l'abbaye se profile.  Délabrée comme l'est sa vie sans Abigaïl.
A bout de souffle, recru de fatigue,trempé de sueur,  endolori de partout, Alban laisse alors les souvenirs heureux le submerger.
Et il pleure...

20 juin 2026

Mil et une-Sujet 191 – semaine du 13 juin au 20 juin

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sujet 191 – semaine du 13 juin au 20 juin

La Préhistoire, tout une Histoire

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La petite fille des temps anciens

Étendue sur sa couche d'herbe sèche, couverte d'une fourrure d'auroch, Ehi Sha se détend un peu en repensant à tout ce qu’elle a appris aujourd’hui : cueillir les baies comestibles dans les buissons piquants,  remplir une outre d'eau et la ramener sans en renverser une goutte, tanner les peaux que les anciennes assembleront pour en faire des vêtements... Tout cela en guettant le moindre bruit furtif annonçant l'approche d'une bête sauvage assoiffée de sang. Oubliant un instant ses craintes, elle sent le sommeil la gagner. Près d’elle, Sha Rah, sa mère, respire mieux. La toux qui lui déchire la poitrine  jour et nuit, semble vouloir se calmer. La bouche grande ouverte, elle ronfle si fort que c’en est rassurant. Elle n’est pas la seule à faire du bruit. Il y a aussi ceux qui parlent en rêvant, ceux qui se tournent et se retournent en grognant sur leur couche parce qu’ils ne peuvent dormir à cause de ceux qui s'accouplent bruyamment. Il y a Ouhm Rah, la plus ancienne du clan, qui psalmodie en veillant sur le feu. Il y a les nourrissons qui geignent contre leur mère…Tous ces sons autour d’elle, c’est la vie !
            Avant de fermer les yeux, elle regarde les parois sombres de la caverne faiblement éclairées par les braises rougeoyantes du foyer dans lequel Ouhm Rah remet du bois de temps à autre. Les dessins qui l’ornent sont si beaux ! Ils racontent les chasses qui ont vu périr tant d’hommes vaillants, jeunes et moins jeunes. Elle reconnaît le renne, le cheval, le bison ou l’auroch. Il y a d’autres animaux dont elle ne sait pas le nom. Il y a aussi des traces de mains. Beaucoup sont celles des chasseurs. Combien de ces empreintes sont celles de disparus ? Dans un petit coin connu d’elle seule, il y a les siennes. En voyant faire les grands, elle aussi a voulu laisser une trace pour se souvenir de l’avènement de son septième cycle.
            Nées du reflet des flammes, des ombres mouvantes dansent sur les sombres rochers redonnant la vie à ces animaux tués et mangés depuis longtemps. 
Apaisée, Ehi Sha s’endort enfin.

(Un court extrait de mon roman "Les rêves d'Élisa", remanié pour la circonstance)

19 juin 2026

Valse des mots N°19 de Nanou



Crépuscule, heureux, regarder, montagne, désir, secret, tristesse, manger, destin, maison.
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Léonard et Violette

Le crépuscule est le moment de la journée que Léonard préfère, celui où les sommets environnant se  découpent encore dans le ciel qui s'assombrit.  Il  est aime  les regarder s'estomper petit à petit  jusqu'à n'être plus que des ombres immenses et protectrices. Demain, il verra la montagne se réveiller, teintée d'or par les premiers rayons du soleil levant. C'est un spectacle grandiose, inouï, dont il ne se lasse pas. De la fenêtre de sa petite maison nichée dans le vallon, il est aux premières loges. Depuis qu'il s'est installé dans ce coin perdu des Alpes de Haute Provence, la tristesse qu'il ressentait en permanence,s'amenuise avec le temps qui passe. Le décès de sa femme l'a anéanti. Dans le secret de son cœur, il maudit toujours le Destin de la lui avoir enlevée. Ça fait deux ans maintenant que le crabe l'a vaincue, deux ans qu'elle l'a laissé seul à manger le pain noir du chagrin. Combien de fois a-t-il eu le désir de la rejoindre ? Il ne sait plus ! Ce qu'il sait en revanche c'est qu'il ne pouvait trahir la promesse qu'elle lui avait arrachée avant de s'éteindre :
«Tu dois vivre Léonard ! Tu dois vivre pour nous deux ! Et pour nos enfants surtout ! Promets le moi ! Tu as encore de belles années devant toi ! Profite !»
Il avait promis et tenu sa promesse même si parfois, l'envie d'en finir le tenaillait jusqu'à la souffrance. Vivre sans Violette lui paraissait impossible !
Demain ses enfants viennent le rejoindre pour deux semaines de vacances. Il y aura Marine, qui ressemble tellement à Violette, Jeffrey son bout en train de gendre et leurs deux enfants, Candice et Ewan. Viennent aussi Lucas, qui est son portrait craché au même âge et Antonin, son compagnon.
«Eh oui mon chéri, les temps changent ! L'important c'est qu'il soit heureux  pas vrai !»
Il se souvient ! C'est ce qu'a dit son épouse adorée quand leur fils a débarqué  chez eux avec l'homme de sa vie !
Demain, le chalet va s'animer, résonner de rires et d'éclats de voix.  Violette sera là, au milieu de la famille réunie. Au-dessus de la cheminée,  son portrait souriant les éclairera tous.
 

18 juin 2026

Jeu 119 de Fligrane- Lettre d'une inconnue.


La dactylographe-Doisneau

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 Lettre d'une inconnue à un inconnu

Cher toi que je ne connais pas et pour lequel je suis aussi une inconnue, je t'écris aujourdhui cette lettre qui fort probablement ne te parviendra jamais puisque tu n'existes pas, si ce n'est dans mon imagination. A moins que ce ne soit dans mes plus profonds désirs .
Pour le faire, parce que j'avais envie de la dépoussiérer, j'ai sorti l'antique machine à écrire de ma grand-mère, certaine que mes doigts sur les touches usées du clavier, saurons trouver les mots.
Assise contre un mur sur les pavés d' un quai de Seine pas trop fréquenté, je me suis mise à l'aise. Pieds nus, en short et top d'été, lunettes de soleil sur le nez, je les cherche ces mots qui se refusent encore à moi.
Qu'écrire et surtout comment écrire ce qu'on a sur le cœur , à quelqu'un qu'on ne connaît pas, qu'on ne connaîtra probablement jamais?
Façon romantique ? «Je suis une jeune fille  un peu fleur bleue qui ne rêve que d'éclore à l'amour. Pour toi je serai la plus belle pour peu que tu consentes à me regarder.»
Ringard? Je ne vous le fais pas dire ! Mais c'est ainsi que devait parler ma grand-mère.  Dans sa folle jeunesse en tout cas ! Parce qu'elle a évolué Mamie ! Elle vit avec son temps et se sert de son ordi pour écrire ses histoires !
Je pourrais écrire :  «Ramène ta fraise beau gosse ! Brun, blond ou roux, je t'attends !»
Ça aussi c'est dépassé. Les jeunes d'aujourd'hui ne s'expriment pas ainsi d'après ce que j'entends ! Quand ils se parlent  en vrai  bien sûr !  Parce qu'en fait, ils communiquent  plus par portable interposé  et sur les réseaux sociaux que face à face ! Et je te jure,quand il leur arrive d'utiliser le français de madame et monsieur tout le monde, c'est bourré de fautes d'orthographe, de grammaire, de conjugaison... Ma pauvre mamie qui est de la vieille école en est outrée ! Au gré du temps, ils inventent et réinventent leur propre charabia ,afin de n'être compris qu'entre eux ! 
Du coup, je t'écrirais un truc du genre «Wesh bg ! Chuis deter, mais fais belek !  Je cherche pas un bail ni un charo ! Pas un kassos non plus ! Ni un mytho. Qu'tu dahek ou qu'tu m'deuh et j'te ban despi ! T'as capté ?»
Bon, d'accord, j'ai récolté ces expressions «djeuns» sur une page web qui date de 2024-2025, alors je ne suis déjà plus dans le coup tellement ça évolue vite !
Et puis qu'importe la manière dont je le fais, je ne t'écris  pas vraiment après tout puisque je ne fais que rêver à la personne que tu pourrais être. Je ne fais qu'imaginer notre possible rencontre après que tu auras lu cette lettre que je ne vais pas envoyer !
Je suis barge ? Certes avec cette antique machine à écrire sur les genoux, c'est ce que doivent penser les promeneurs.
Je m'en moque ! Je t'écris une lettre que je vais jeter dans l'eau de la Seine  après l'avoir glissée dans la canette de soda que je viens de boire, dérisoire bouteille à la mer des temps modernes. Si tu la repêches, réponds moi.
Je t'attends.