Exceptionnellement, parce que les deux textes se font suite, je poste
l'Anagramme
n°14 de Nanou et mon "Un thème , quatre mots" N°6
Voici donc l'histoire de Mina et de Rodolphe
Mina
J'ai
porté trop longtemps l'énorme boulet de ma timidité, tout
autant que celui très pesant lui aussi, de mon statut somme toute, peu enviable, de fille du patron". J'en ai assez d'être un
meuble de prix qu'on admire sans jamais oser y toucher. J'en
ai assez d'avoir toujours la boule au ventre lors des
réceptions de fin d'année de l'entreprise de mon cher père. J'en ai
assez d'avoir le cœur embué de chagrin en regardant de loin
le "noble Rodolphe", comme je l'ai baptisé in
petto. Le beau, le merveilleux Rodolphe qui a obtenu sans même
le savoir la note maximale dans mon journal intime de
jeune fille un peu fleur bleue.
Je voudrais tant être l'émule de
Dorothée ma seule véritable amie qui elle, ne s'embête pas avec des préjugés d'un autre âge et drague sans complexe
tout homme qui passe à sa portée, au grand dam de ma mère que son
manque de tenue
scandalise ! Je suis tellement intouchable aux yeux des
collaborateurs de papa, que je ne risque pas de provoquer une émeute,
alors que je rêverais d'en voir au moins un- Rodolphe pour ne pas le nommer - se jeter dans la mêlée
pour me gagner, moi le gros lot que tous convoitent. Mais pas un ne
s'est encore risqué à une petite montée au filet pour
m'approcher ! Même ce grand benêt de Benoit avec sa tronche
blême de mulot de
bureau, qui se croit
pourtant irrésistible !
Rodolphe, mon élu
à moi ne m'invitera jamais à
danser le menuet de
la vie si je ne fais
rien pour forcer le destin.
C'est ce soir ou jamais ! Il
y a un léger bémol avec
cette décision ! Elle va
provoquer un éboulement
d'importance des valeurs ancestrales de notre microcosme familial !
***
6/ Le coup de la panne
Rejoindre
-Tournure - Propriétaire - Fragile
Rodolphe
Des
aventures, ,j'en ai connu quelques unes. L'année dernière par
exemple mes vacances ont failli prendre une très
fâcheuse tournure quand
je me suis perdu en pleine montagne. Mon portable ne passait pas !
Impossible d'appeler les secours ! Je n'ai pu rejoindre mon
hôtel que le lendemain, après une nuit éprouvante dans un refuge
abandonné ,ouvert au quatre vents. Heureusement, les trois copains
avec lesquels j'étais parti, se sont inquiétés de ne pas me voir
rentrer. Ils ont prévenu les autorités locales qui ont envoyé une équipe cynophile à ma recherche. J'en
ai été quitte pour une bonne bronchite !
Pas
plus tard que le mois précédent, j'ai dû déménager de mon
appart'. Le propriétaire de
l'immeuble voulait le démolir pour récupérer son terrain et faire
construire à sa place une résidence de luxe ! J'aurais pu me
retrouver à la rue vu l'augmentation du prix des loyers en ville ,
si un de mes meilleurs potes n'avait pas accepté de m'héberger
gratos , le temps que je me retourne !
Mais la plus belle de mes aventures, c'est celle que j'ai vécue après
la fête de fin d'année de mon entreprise. J'avais pas mal picolé
alors pas question de conduire dans mon état. J'étais prêt à
dormir sur place quand Mina, la fille de mon patron, m'a gentiment
proposé de me ramener chez moi Mina.. Une jolie rouquine
d'apparence fragile et
qu'on disait d'une timidité quasi maladive. Il ne lui manquait
qu'une pancarte "pas touche" accrochée au cou par son cher
papa. Alors comme les autres, je la guignais de loin sans oser
l'approcher. Je suis amoureux comme un collégien mais c'est la fille
du boss !
Nous
voilà donc partis, dans son luxueux coupé sport, moi à moitié
somnolent sur le siège passager, elle muette, absorbée par sa
conduite. Quand soudain, elle a ralenti et s'est arrêtée sans
préavis sur un parking au bord de la route Le cerveau embrumé par
l'alcool, j'ai senti une main hardie se poser sur ma cuisse, tandis
qu'une voix sensuelle susurrait tout près de mon oreille. "Rodolphe,
je suis à cours de carburant, je crains fort qu'on ne puisse aller
plus loin."
Je
n'osais y croire ! Ce n'était qu'un rêve ! La ravissante Mina me
faisait elle le coup de la panne ?
Ce genre de truc, ça ne pouvait arriver qu'à moi ! La jeune fille
prétendument introvertie, avait-elle jeté la pancarte "Pas
touche" aux orties et sa pudeur légendaire avec ? J'en ai été
totalement sûr quand la caresse sur ma cuisse est devenue d'une
précision diabolique.
La
suite, je ne peux la raconter !
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