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« La diabolique leçon de piano »D'après le dessin de Claude Serre
Trois mots imposés : Cacophonie - soupir – portée
Léonard et Monsieur Bastien
«Je pourrais jouer ce prélude de Bach les yeux fermés !» se rengorgeait Léonard devant ses camarades du cours de musique de Monsieur Bastien . Ce que ne savait pas le jeune prétentieux, c'est que son professeur était derrière la porte. Le brave homme, pourtant doté d'une patience infinie,, était las des vantardises de ce gamin insupportable.. Léonard se croyait le meilleur, alors qu'il était capable de transformer en cacophonie les morceaux les plus harmonieux du répertoire qu'il enseignait avec amour à ces gamins dont certains, il devait bien le reconnaître, était peu doués.
C'était le retour des vacances. Le professeur de piano allait retrouver, non sans crainte pour son ouïe, sa horde de barbares, incultes comme il appelait certains de ses élèves. Des barbares dont Léonard, qu'il avait en secret surnommé Attila, était assurément le pire ! Il redoutait l'instant où le gamin indiscipliné allait taper comme un sourd sur les touches et massacrer joyeusement le fameux prélude comme il avait déjà massacré "La lettre à Élise" , du grandiose Beethoven..
«Dommage pour la musique !» Se disait-il , fatigué d'avance, en faisant entrer Léonard.
Sans attendre sa permission, le gamin s'installa au piano.. Monsieur Bastien ne put retenir un soupir d'exaspération quand il commença à marteler les touches sans délicatesse,. D'un coup, il crut voir les notes noires s'envoler de la portée, telle une nuée d'oiseaux effarouchés par un coup de fusil ! L'illusion fut si forte qu'il dut enlever puis remettre ses lunettes pour la dissiper.
«Ça ne peut pas durer ainsi !» Pensait-il.
En écoutant les accords dysharmoniques s'élever du piano, il eut la sensation que l'instrument martyrisé criait sa souffrance.
«Stop !», Hurla le vieux professeur excédé ! Puis , sans laisser à Léonard le temps de réagir, il enchaîna, un sourire diabolique aux lèvres :« Tout à l'heuré, j'ai bien entendu que tu pouvais jouer le prélude de Bach les yeux fermés ? On va vérifier ça tout de suite !». Là-dessus il sortit le grand mouchoir blanc qu'il avait toujours dans la poche de sa veste et banda fermement les yeux du garçon éberlué !
«Joue maintenant, petit prodige méconnu !"
Sa stupéfaction atteignit des sommets quand il entendit la célèbre mélodie s'élever harmonieusement dans la salle, sans la moindre fausse note...
Ce que Monsieur Bastien ne peut deviner, c'est que Léonard a la phobie de ces touches noires et blanches.. C'est ce que lui a suggéré comme explication, Claudie, sa femme, psychologue Elle connait Léonard et son père qui est odontologue. .Le gamin lui a un jour confié que le clavier du piano lui fait penser à la bouche édentée d'un des patients de son père qu'il a vue un jour dans son cabinet. Chaque fois qu'il est en face des touches du piano, il perd ses moyens . S'il joue mal, c'est pour pour conjurer cette vision horrible pour lui. Désormais, chaque leçon de piano se fera pour lui les yeux bandés..

Bonjour An-Maï, ah ben oui, stupéfaction du coup, de bon à rien à génial ça change le son !! Merci, bon lundi croqueurs, amitiés jill
RépondreSupprimerQuelle belle histoire, chère Anne-Marie !
RépondreSupprimerJ'ai adoré le rebondissement final.
Léonard le petit prétentieux était donc bel et bien un prodige capable de jouer Bach les yeux bandés !
Monsieur Bastien a dû en rester comme deux ronds de flan.
Bravo pour ce récit si vivant et drôle !
Bien amicalement, Marie Sylvie
Quelle agréable fin, Anne-Marie !!! On ne pouvait s'y attendre et voila le petit prodige qui se manifeste !!! Bravo ! Bisous
RépondreSupprimerIl n'avait pas menti, les yeux fermés ça va mieux.
RépondreSupprimerIl a peut-être peur des touches.
Bonne journée.
Une explication plausible ! Merci ! Je m'empresse d'aller l'ajouter à mon texte. Bonne journée, bises.
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