Atelier N° 2/2026
Sujet 1) Chaos, rumeur, recul, mur, absent.
Sujet 2)Un texte avec des mots commençants par AB, au moins 5
Sujet 3) Texte sur le thème "Chaud, chaleur,"
Sujet 4) Un texte avec le prénom Alban
Sujet 5)Un texte avec un personnage connu , vivant ou décédé
Alban
Loin du chaos et de la rumeur permanente de la ville, Alban sent le chagrin qui l'abrutissait, abandonner peu à peu son corps et sa tête. Le sentier qui mène aux ruines de l'abbaye est abrupt. La chaleur qui s'abat sur lui est accablante et il n'y a pas le moindre petit arbre où s'abriter du soleil qui tape dur ! Cela rend encore plus éprouvante la montée vers la vieille bâtisse de pierres blanches.
Voilà trois heures qu'il crapahute et il fait de plus en plus chaud ! En vérité depuis deux semaines maintenant, l'été est caniculaire même pour cette région habituée à des températures assez élevées en cette saison. Marcher dans ce cagnard est une aberration, il le sait, comme il sait qu'il est en train d'abuser de ses forces. Il sait aussi que tout recul est absolument impossible ! Il pourrait revenir sur ses pas bien sûr mais il s'est promis d'aller au bout de ce pélerinage. Grimper jusque là haut, sur cette vieille route Napoléon qui n'est désormais plus empruntée que par de rares connaisseurs de la topographie originelle des lieux, aboutir après des heures de marche épuisante, à l'endroit même où, lui a-t-on raconté, l'empereur s'est arrêté lors de son retour de l'île d'Elbe, est le moyen qu'il a choisi non pas pour abolir son pire péché mais pour en demander l'absolution. Qu'importe que son idée soit absurde, Alban est sûr qu'au terme de sa randonnée, il pourra aborder cette nouvelle étape de sa vie avec un peu plus de sérénité. Voilà pouquoi il s'est mis aux abonnés absents de son boulot et a entrepris ce voyage, comme une forme de mea culpa douloureux pour avoir trompé Abigaïl, la femme de sa vie ! Que ne s'est il abstenu de plonger dans les abysses azur des yeux de sa secrétaire, avant de sombrer corps et biens dans ses draps et dans ses bras ? Un jour, alors qu'elle lui apportait à son bureau un dossier qu'il avait oublié, Abigaïl les a surpris en pleine action. Dabord abasourdie, elle est restée sans réaction, puis elle est sortie sans un mot et sans même claquer la porte derrière elle.. Pourquoi n'avait-il pas pensé à fermer à clé ? N'importe qui d'autre que sa femme aurait pu les surprendre. Quoi qu'il en soit,son incartade extra conjugale lui a coûté cher. Quand il est rentré, elle était partie.
Sur le bord du chemin, un mur de pierres sèches lui permet de se reposer quelques minutes et de s'abreuver à l'eau tiédasse de sa gourde. Dans le village en contrebas la cloche de l'église sonne et résonne dans son cœur telle un glas funèbre. Un chien aboie furieusement. Au bout du sentier caillouteux surchauffé par les rayons encore ardents du soleil de juillet, l'abbaye se profile. Délabrée comme l'est sa vie sans Abigaïl.
A bout de souffle, recru de fatigue,trempé de sueur, endolori de partout, Alban laisse alors les souvenirs heureux le submerger.
Et il pleure...

Un moment d'égarement qu'il paie cher, elle est partie.... il la pleure, peut-il espérer un retour...... va savoir, bises jill
RépondreSupprimerIl est peut-être un peu tard pour pleurer.
RépondreSupprimerJ'aimais beaucoup descendre dans le sud par la route Napoléon, bien plus que l'autoroute si monotone.
Je ne sais pas si nous saurions encore le faire avec les années qui s'accumulent.
Bonne semaine, attention à la chaleur.
Très beau texte émouvant. Merci. Bisous
RépondreSupprimerBonjour Ma copine
RépondreSupprimerCette route je la connais par coeur..J'ai habité 7 ans dans le 04 et je la traversais souvent..........
Je n'ai pas rencontré ton Alban, je lui aurait dit qu'il faut réfléchir avant d'agir !
Les mots une fois dits ou écrits ne s'envolent pas comme on le dit souvent
Ca va vous deux avec la chaleur ?? Nous on cuit de l'interieur espérons que cela ne dure pas trop
mais d'après les médias ça va durer.
J'ai juste inventé l'abbaye en ruines car je ne me souviens pas en avoir vu une sur cette vieille route. Encore très chaud aujourd'hui, l'orage très court accompagné d'une bonne drache, n' a pas suffi à rafraîchir l'atmosphère. On reste à l'intérieur, volets baissés. Et on boit, on boit, on boit. Courage ma copine, parce que chez vous ça doit être pire !
SupprimerChère Anne-Marie
RépondreSupprimerQuelle plume romanesque !
On ressent chaque pas d'Alban sous ce cagnard épouvantable et ce "mur" de pierres sèches devient le miroir de sa propre détresse.
Une aventure humaine bouleversante, entre déchirement et quête de sérénité.
La fin est d'une grande beauté poétique.
Un immense bravo !
Amitiés, Marie Sylvie