16 avril 2026

Jeu 117 de Filigrane et atelier d'écriture créative N°316

- Atelier d'écriture pour le mois d'avril - 
A partir de cette photo 
et de ce livre : 
"L'homme qui prenait sa femme pour un chapeau et autres récits cliniques"
d'Oliver Sachs
***

Rupture

L'homme l'a posée là comme on pose un chapeau
Ou comme un pardessus sur son porte-manteau.
Il l'a déposée là , l'aurait-il oubliée?
Depuis sa femme attend, la mine résignée.

Une tasse à la main, dans l'autre une revue
Qu'en le guettant, dix fois déjà elle a relue,
Elle fixe le vide, la belle élégante,
Cela lui donne en fait, une allure distante.

«Attends-moi, je reviens !» C'est ce qu'il a promis.
Mais son attente est vaine. Enfin elle a compris !
Sous son joli bibi, son étole de reine
La femme abandonnée à la mine lointaine,

Ne voit rien, n'entend rien, perdue dans ses tourments.
Son mari l'a quittée, d'un coup c'est évident !
Il a pris son chapeau, ses claques et ces cliques.
Voilà d'une rupture le récit clinique.

***
Proposition 316 : Quand e héros change de costume 

Pas si blanche 

Ma mère est morte quand j'étais bébé. Mon père s'est très vite remarié et m'a confiée à une nourrice à qui j'en ai fait voir de toutes les couleurs en grandissant. Petite fille modèle devant lui, je faisais les quatre cents coups dans son dos ! Ma belle-mère avait beau être adorable, je ne l'aimais pas. Elle m'avait volé l'amour exclusif de mon père et je rêvais de me venger d'elle ! Ma nounou satisfaisait le moindre de mes caprices. Je faisais tout ce que je voulais. Dormir jusqu'à pas d'heure, passer du temps à me pomponner devant mon miroir qui me disait toujours que j'étais la plus belle. Il faut avouer que j'avais menacé de le casser s'il osait me montrer une mauvaise image de moi. Capricieuse, coléreuse, égoïste, pas du tout blanche comme neige, voilà qui j'étais ! Et je poussais, comme poussait dans mon cœur une haine féroce contre ma belle-mère. Sitôt qu'elle tentait la moindre approche pour m'amadouer, je filais, dans les bois.
Un jour, j'y ai rencontré tout à fait par hasard sept copains dont le plus grand m'arrivait à la taille. Ils étaient tous à ma botte ces bonshommes ! Lors d'une visite chez eux, j'ai avalé de travers une pomme pourrie et j'en suis quasi morte ! Comme je ne rentrais pas, c'est ce qu'ils ont tous cru au château ! S'il n'y avait eu ce bécasson de Prince Charmant, j'en serais sûrement encore à subir les pleurs de mes copains nains au-dessus de mon cercueil de verre !
Le jour de mon mariage avec le Charmant nigaud, ma belle-mère et mon père ont été invités en tant que souverains du royaume voisin. Je ne vous dis pas leur stupéfaction quand ils ont découvert l'identité de la mariée ! Inénarrable ! Le mieux c'est que mon papounet a gobé les yeux fermés le conte que je lui ai servi en feignant de recouvrer la mémoire : une pomme empoisonnée apportée par la reine déguisée en sorcière ! Elle a eu beau jurer qu'elle n'y était pour rien, il ne l'a pas crue.
Jugée pour un crime qu'elle n'a pas commis, elle est condamnée à danser jusqu'à ce que mort s'ensuive dans des souliers de fer chauffés au rouge ! Et après ça on me dira que la vengeance est un plat qui se mange froid ! Je rigole !


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