03 juin 2025

Ma liste 103 : La fourmi blessée

Liste 103 : Exagérer, appel, interruption, logique, détail, tisser, sauvetage, fable, harmonie, grandiose
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Une fable à ma façon

La fourmi blessée

Une fourmi blessée, loin de ses congénères
Criait à tous les vents qu'on vînt enfin l'aider
Un gros bousier pressé passa sans s'arrêter
En bougonnant de loin :"Ça, c'est pas mes affaires !"

Après tout les fourmis ne sont pas très aimables !
Ma collecte ne souffre aucune interruption,
Je poursuis mon boulot et rentre à la maison
Où mes enfants attendent pour se mettre à table !

A brailler comme ça, vraiment tu exagères !
S'indigna l'araignée occupée à tisser
Une toile solide afin d'y mieux piéger
Des insectes plus gras que ceux des fourmilières.

Ta chance le sais tu, bestiole misérable
C'est que pour moi tu n'es après tout qu'un détail !
Mais tes appels à l'aide gênent mon travail,
Du coup je pourrais bien devenir moins affable !

Dans ses fables jamais, contre toute logique
Monsieur de la Fontaine n'a mis d'araignée
Qu'importe ! Je n'en suis aucunement vexée
Je m'en vais ! Cessons-là ces vaines polémiques !

Les cris de la fourmi se transformaient en râles
Troublant de la forêt le calme et l'harmonie.
" Au secours ! Sauvez moi ! Je suis à l'agonie"
Pleurait-elle sans fin quand survint la cigale.

Cette folle qui chante, oubliant d'être sage
Qui de rêves grandioses par trop se nourrit,
Fut la seule qui vint en aide à la fourmi
Sans rien lui demander pour prix du sauvetage.

Moralité :
On a toujours besoin d'un plus petit que soi
Mais d'un plus grand aussi on a besoin parfois.

02 juin 2025

Anagramme N° 10 de Nanou - Salut Béa !

Anagramme n°10 : Abricotier


Salut Béa !

J'ai écrit à Bart pour lui faire le récit des dernières nouvelles d'ici. Je préfère ne plus l'appeler ! Quand je lui parle de tout ce qu'il a quitté, il se cabre et ne fait que crier qu'il n'en à plus rien à cirer de cette ville de m..., qu'il l'a rayée de sa carte personnelle, qu'il est heureux et libre  comme un cabri dans son petit abri côtier au milieu de son bric -à -brac , sous son arbre, un magnifique abricotier très prolifique !
En parlant de bric -à- brac, je suis en train de trier celui qu'il a laissé dans la colloc, j'y ai retrouvé son arc, un jeu de tric-trac, une photo de lui à ton bras, l'air béat et aussi ce mot rageur, seule trace de la dispute qui a amené à votre rupture. Je n'arrivais pas à m'ôter de l'esprit que c'était ma faute s'il s'était barré ! J'avoue tout à trac que j'ai été rassuré d'apprendre qu'il n'en est rien et que c'est toi la seule responsable ! Je comprends mieux maintenant qu'il ait eu envie de rebâtir sa vie loin de toi ! Il n'a fait qu'obéir à son instinct de survie ! En parlant de toi, il a dit, je le cite texto : "Je croyais que c'était une rose, j'aurais supporté, même avec les épines, mais non, Béa, c'est une saleté d'ortie ! Elle pique, elle irrite et le seul moyen de ne plus souffrir, c'était de l'arracher de mon cœur !"
Au fait, il m'a invité à l'inauguration de son resto-bar sur la côte. Au menu : crabe frais pêché, bar grillé et cocktail maison au jus d'abricot. On boira mais pas à ta santé. Ne viens pas ! Tu ne serais pas la bienvenue ! Il vit avec  Rita maintenant ! Tu peux tirer un trait sur lui !

N° 308 des Croqueurs de mots- "Qui suis-je ?" et "Potion philosophale"

 

N°308

Marie-Sylvie nous propose ce sujet : 

Des gastronomes de l'instant.*

Plongez dans l'esprit des " Bons Vivants "et explorez la philosophie du moment présent à travers les mots.  Ce défi vous invite à écrire un texte inspiré par la citation de François Garagnon .Laissez vos plumes célébrer les petits plaisirs et l'art de savourer la vie ...

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Pour ce défi de Marie-Sylvie, j'ai choisi dans mon recueil "De la source à la mer", deux poèmes qui traduisent assez bien  à mon sens, mon côté "bonne vivante"
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Qui suis-je ?

À mots couverts je veux vous dire
Ce que je suis, à quoi j’aspire.
Je me sens jeune au fond du cœur
Malgré les années de labeur
Qui pèsent sur mon corps usé
Et sur mes os si fatigués.
Mais dans ma tête caracole
Une adolescente un peu folle
Qui joue le clown depuis longtemps
Pour amuser petits et grands.
Ronde comme mon caractère,
Je suis capable de colères
Que je m’applique à réprimer.
L’amour, je sais le tricoter,
Point après point, jour après jour
Et si pour moi avec toujours
Il rime encor vaille que vaille,
C'est qu’avec ardeur j’y travaille.
Car ma nature percheronne,
Papa normand, maman bretonne
A fait de moi une entêtée
Aux vraies valeurs très attachées.
J’aime la vie passionnément
Et je la croque à pleines dents !

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Potion philosophale 

Dans le chaudron de mon cœur
Je prépare ma potion :
Quelques pincées de bonheur,
Du concentré d’émotion,
Quatre kilos de sourires
Arrosés de bonne humeur,
Quelques morceaux de délire
Un gros bouquet de douceur,
Une poignée de tendresse
Émincée très finement,
J’ajoute de l’allégresse,
De l’humour, très largement.
Pour lier ce doux breuvage
À la fin je mets toujours,
-L’oublier serai dommage-
À profusion de l’amour.

Image N°50

Précision, c'est l'image dans le cadre qu'il faut illustrer avec votre ressenti

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01 juin 2025

Liste 103

 

Liste N°103

(tirée du magazine Diverto)

Exagérer, appel, interruption, logique, détail, tisser, sauvetage, fable, harmonie, grandiose

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"La mante" Chez Ghislaine
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"L'utopie" Chez Jill Bill
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"Harmonie suspendue" Chez Marie-Sylvie



31 mai 2025

Récap liste 102 et image 49


 Liste  N°102

"Le tapis rouge" De Ghislaine
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et  "Souffle d'un détour" Chez Marie-Sylvie
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"La fifty " Chez Jill Bill
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"Une belle déconvenue" Chez Annick Lotus
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"Le scénario" Chez Claudie
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"Porter  un masque" De Rose-Golondrina 63 
(postée en commentaire sous ma participation. je vous la joins telle quelle) :

"Ce printemps, le glamour a débarqué une fois de plus sur la Croisette, pour l’ouverture très attendue du Festival de Cannes. Stars et cinéastes se sont présentés dans leurs plus beaux atours, foulant le tapis rouge avec une élégance indémodable.
Mais cette année, derrière les projecteurs, une polémique a éclaté : faut-il encore porter un masque dans les salles ? La question, bien que jugée absurde par certains, relance le débat sur la santé publique. Le comité n’a pas hésité à convier les médias à une conférence, abordant le sujet sans détour.
Et si le cinéma est le miroir de notre époque, alors Cannes reflète complètement ses contradictions — entre tradition et modernité, paillettes et prise de conscience."
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Image N°49

Mil et une -Suite-Sujet N°141- Le jeu de l'amour et du hasard

 Sujet 141 - semaine du 24 au 31 mai


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Le jeu de l'amour et du hasard

C'est le jeu de l'amour et celui du hasard...
Il suffit d'un instant, d'un geste d'un regard
Pour qu'en deux cœurs croisés de tendres liens se tissent
Et qu'en un seul enfin, les deux se réunissent.

Hier ils était seuls et chacun d'eux vivait
Sans se soucier du temps qui si vite passait.
C'était chacun pour soi, chacun ses habitudes
Puis la foudre a frappé, brûlant leurs certitudes.

Est-ce elle que j'attends? Est-ce lui le bonheur ?
Je tremble devant elle... Il fait battre mon cœur...
C'est elle je le sais ! C'est lui sans aucun doute !
Et c'est main dans la main qu'ils vont prendre la route.

Désormais côte à côte, ils fixent l'horizon
Deux regards et deux vies enfin à l'unisson.
Qu'importe si le vent agite l'eau mouvante
Pour elle il est l'amant, pour lui elle est l'amante.

C'est le jeu du hasard si le je devient nous.
C'est le jeu de l'amour qui vient au rendez-vous.
Il suffit d'un instant pour que des liens se tissent
Et qu'en un seul enfin, deux cœurs se réunissent.

An'Maï

26 mai 2025

Homonyme n°9 de Nanou - Correspondance

Homonyme n°9
Écrire un texte avec les homonymes : Ni – n’y – nid – nie(s/nt)
et/ou
Si je vous dis niaiserie vous pensez à quoi. Écrire un texte avec ce mot et ceux qui vous sont venus à l’esprit.
et/ou
Acrosticher le mot niaiserie
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Correspondance

Mon cher fils,

Si je te dis qu'Alice est un peu niaise, n'y vois ni méchanceté, ni jalousie d'une mère abusive. Je ne nie pas que je ne la porte pas vraiment dans mon cœur mais c'est ton choix et je le respecte. Pour autant j'aimerais te voir ouvrir les yeux sur sa propension à une naïveté qui frise la bêtise ! Rappelle-toi ! Quand vous êtes venus me voir à Pâques, elle m'a soûlée avec ses enfantillages ! Quand je l'ai vue grimper à l'échelle, avec ses talons hauts, jusqu'au nid dans le cerisier, juste pour vérifier si les œufs étaient de toutes les couleurs comme ceux des paquets qu'on achète pour les gosses, je me suis dit qu'avec elle, la niaiserie gagnait ses lettres de noblesse ! Et toi idiot, tu étais tellement ému par sa candeur que tu paraissais aussi niais qu'elle à rire comme un gamin attardé. Tu avais l'air béat du crétin satisfait aurait dit ton pauvre père ! Tant de sottise, tant de crédulité me confondent ! Je suis sûre qu'elle croit encore que le Père Noël existe. Quand vous aurez des enfants, je crains le pire ! Hériteront ils de la stupidité de leur mère ?
Mon Jérémy, toi si intelligent, je pense que tu es devenu plus sot que le bredin du village le jour où tu t'es entiché de cette donzelle de la ville plus bête qu'une oie. J'aurais tellement aimé que tu épouses une fille de chez nous !
Je suis triste pour toi mais je t'aime mon fils !
 
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Ma chère mère

Une fille de chez nous dis-tu. Je ne suis ni aussi candide ni aussi idiot que tu sembles le croire. Je sais bien que tu aurais préféré que je choisisse Blanche, la fille du boulanger qui m'a pourtant roulé dans la farine ! Mais ça, tu l'ignorais pas vrai ? Elle me faisait les yeux doux, se refusait à moi et couchait avec Jeannot. C'est même la raison pour laquelle je suis parti, désespéré de m'être fait avoir par cette oie pas si blanche que ça ! Oui, Alice est une fille de la ville. Oui, elle s'émerveille de tout ce qu'elle ne connaît pas de notre campagne: les champignons, les arbres, les fleurs sauvages, les oiseaux et leurs nids.. Elle te paraît niaise alors qu'elle est juste ignorante de notre monde comme j'étais ignorant du sien. Quand je suis arrivé à Paris, j'étais aussi perdu que le Petit Poucet dans la forêt ! Puis j'ai rencontré Alice dans son pays aux merveilles ! Je l'aime et tout ce que tu dis ou penses d'elle n'y changera rien !
Au fait, tu vas être grand-mère d'un petit gamin d'Paris !
Je suis triste pour toi mais je je t'aime maman.
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N'est pas niais le campagnard
Ignorant de la ville
Alors que dans  son monde
Il  est le plus habile.
Sa science merveilleuse
En fait le roi des champs.
Respectant les saisons
Il cultive la terre
Et nourrit ses semblables.

24 mai 2025

Mil et une -Suite - Sujet 140- Lecture

Semaine du 17 au 24 mai

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Lecture


Style :décontracté.
Les genoux relevés,
Deux sommets arrondis,
Installée sur son lit
Un livre entre les mains,
Elle se sent si bien !
Isolée, loin du Monde
Et des bruits à la ronde,
Tranquille elle voyage
Rien qu'en tournant les pages.
Elle lit

©A-M Lejeune

22 mai 2025

La boîte aux souvenirs

 

Souvenirs, souvenirs

Parfois je voudrais être une boîte vide
De regrets,
De souvenirs sépia…
Je voudrais que mes pas
Jamais
Ne retournent là-bas,
Vers ce passé brumeux
Qui souvent me fait mal.
Je voudrais que le vent
Sauvage
Balaie toutes les feuilles
Jaunies,
Bien trop mouillées de larmes
De pluie.
Je voudrais dire adieu
À l’enfance fanée,
À ces années gâchées
Si loin
De tous ceux que j’aimais.
Je voudrais avancer, guérie
Enfin !
Sans regard en arrière
Amer.
Pourtant,
Les yeux piquants, le cœur meurtri,
Tremblant,
Défiant le chagrin de m’engloutir
Encore,
J’ouvre la boîte lourde
De regrets,
De souvenirs sépia.

Anne-Marie Lejeune
(2008)
Extrait du recueil  : "De la source à la mer"

19 mai 2025

N°307 des Croqueurs de môts -L'heure du bain

Zaza nous propose !

Pensez à un objet usuel de la maison et écrivez une petite histoire en le faisant vivre et en insérant éventuellement des dialogues savoureux! L’humour est vivement conseillé.

L’heure du bain

Ouf ! C'’est l’heure du bain, enfin ! Après cette longue journée de boulot, c’est largement mérité ! Je suis sale comme mon pote Peigne qui vit à l’étage au-dessus et que je n’ai rencontré qu’en de rares occasions, tout à fait par hasard ! Soit dit en passant, je suis heureuse et soulagée que nous n’utilisions pas la même baignoire (Lol !)
Un vrai hippy celui- là ! Toujours plein de cheveux comme Brosse, sa meuf qui est encore plus chevelue que lui !
Bon, revenons-en à nos moutons ! Vous voulez savoir pourquoi je suis si dégueu en fin de journée ? C‘est à cause de mon taf : je suis touilleuse. C’est ma principale fonction même si mes patrons m’utilisent à d’autres tâches de bouche à l’heure du dessert en particulier, comme cela aurait dû être le cas aujourd’hui.
Que je vous raconte ma journée à présent.
Aujourd’hui donc, c’était réception des Grandes Occasions dans l’entreprise : le repas du nouvel an que les patrons fêtent chaque année avec toute la famille. Mes copines et moi, tout comme les autres membres de l’honorable confrérie de la Ménagère en Argent à laquelle je suis si fière d’appartenir, nous avons été sorties très tôt du grand dorbuffet quatre étoiles de la Salle-à-manger, puis retirées une à une avec beaucoup de ménagement, de la mallette-lit très confortable que nous partageons. Passage en revue des troupes, obligatoire !
La tenue se devait d’être parfaite : propreté impeccable, teint brillant, dos droit. Les tordus ou les ternis finissent inévitablement dans les casiers-lits de métal du dortiroir de la cuisine, réservé aux subalternes Un lieu horrible d’après que j’en sais par ouï-dire, où règne une abominable promiscuité ! Les exclus de la Ménagère en Argent y finissent leurs jours sans plus jamais connaître ces moments de gloire et d’intense satisfaction que nous autres, employés exclusivement pour ces grands moments, sommes les seuls à vivre !
Ouf, j’étais nickel chrome ! Les autres aussi ! Nous avons donc été disposés comme il se doit à la place qui nous revient. De même que mes amies Petites Cuillères d’Argent, on m’a installée au pied de deux potes des grandes occasions, Verre à Vin et Verre à Eau qui font partie de la confrérie des Verres en Cristal. Les membres particuliers de la joyeuse famille des Verres à Apéritif, ont été installés à part dans le salon. Quant aux gracieuses Flûtes à Champagne, elles ne nous ont rejoints qu’à la fin des agapes.
Verres en Cristal et Couverts en Argent, nous étions tous au garde-à-vous autour de celles qui dominent généralement la tablée de leur incontestable majesté, ces dames Assiettes en Porcelaine à Liseré d’Or, héritage sacré légué à son fils par la mère du patron.
Nous étions prêts pour le service ! Certains officièrent seuls, comme les Cuillères à Soupe, les Cuillères à Dessert et les Petites Cuillères, d’autres en doublon, comme les Fourchettes et les Couteaux, par catégorie et en respectant l’ordre donné.
Pour ma part, afin que vous compreniez mieux mon état de saleté avant ce bain tant attendu, il faut que je vous raconte finalement à quoi j’ai servi et à qui surtout !
J’étais à la disposition d’un enfant ! Ceci explique cela ! Il ne connaissait pas les règles en usage pour une Petite Cuillère en Argent digne de ce nom ! Il m’a trempée dans la mayonnaise, vous vous rendez compte ! Moi, dans de la mayonnaise ! Beurk ! Et plusieurs fois je vous prie ! Quel petit malotru ! Ils auraient dû lui prêter une des Cuillères en inox de la cuisine ! Pour pouvoir continuer à se servir de moi à sa guise, il m’a trempée dans son verre d’eau. Gloupsss ! J’ai horreur d’être ainsi baignée dans de l’eau froide sans savon ! Ensuite, il m’a essuyée sans délicatesse avec un coin de sa serviette !
Et ça a continué ! Après le saumon mayonnaise, j'ai eu droit au foie-gras généreusement tartiné par le sale gosse -avec mon aide bien sûr- de compotée de figue et d'oignons confits et hop, trempette dans le verre d'eau !
Puis ce fut la sauce du civet de sanglier "Grand-Veneur"! Nouvelle baignade forcée ! Pomme de terre en papillote tout juste sortie du four, ouille ! Ça brûle ! Vinaigrette, aïe ! Ça pique ! Il y a même un chien qui m’a léchée ! Dégoûtant ! Et chaque fois un tour dans Verre à Eau dont le contenu devenait de plus en plus infâme ! J’étais écœurée, lui aussi ! Pauvre Verre à Eau bafoué de la plus horrible des façons ! Servir de baignoire occasionnelle à une petite cuillère fût elle en argent, quelle indignité pour un verre en pur cristal de Baccarat !
Et je ne vous dis pas l’état de Serviette Blanche ! Tachée de partout, humide, froissée ! Comme tous les employés temporaires de ce sale gamin, elle avait hâte que ça se termine. Même Verre à Vin n’en pouvait plus ! Censé ne pas servir pour cet invité-là, on l’avait rempli d’un infâme jus de fruit trop sucré qui l’avait rendu aussi poisseux qu’un pot de miel ! Il déteste ça ! Quel déshonneur pour lui qui n’aime rien autant qu’être rempli comme il se doit, de grands crus millésimés  !
Pour en revenir à moi, j’ai terminé barbouillée de mousse au chocolat, de coulis de framboise et de crème Chantilly ! Je n’ai même pas eu droit à un bon café bouillant qu’on amène aux grands invités dans ces jolies demoiselles Tasses à Café, en porcelaine blanche assortie à celle de leurs aînées Assiettes ! J’aurais touillé avec un plaisir intense ce délicieux breuvage fumant !
Le petit sagouin m'a posée sans ménagement dans Assiette à son service, encore pleine de reliquats peu ragoûtants, en compagnie de Fourchette et de Couteau aussi sales que moi ! Il s’est essuyé une dernière fois avec Serviette Blanche si crasseuse qu’elle en aurait pleuré de honte, comme nous tous ! Puis il a quitté la table sans attendre d’en avoir la permission, en faisant tomber Chaise et en hurlant comme un goret qu’on égorge !
Vous comprenez mieux à présent, je l’espère, pourquoi j’ai attendu l'heure du bain avec impatience ! Un bain de luxe réservé uniquement à nous autres, dignes membres du Service des Grandes Occasions ! Dans une jolie baignoire remplie d’eau chaude, parfumée, savonneuse à souhait. Nous y sommes lavés puis essuyés avec une délicatesse infinie, avant d’être déposés dans nos mallettes-lits capitonnées de satin champagne, elles -mêmes ramenées avec moult précautions jusqu’à l’imposant dorbuffet fleurant bon la cire d’abeille. Là, nous profitons alors enfin d’un long repos bien mérité jusqu’à la prochaine Grande Occasion !
Tout compte fait, en dépit de ce type de désagrément pas si fréquent ma fois, je suis une touilleuse heureuse !
Je pense parfois à nos collègues de la cuisine !
Moins bien lotis que nous, ils doivent se contenter de la douche commune où ils sont lavés sans les douces mains de Maria et où ils sèchent seuls, enfermés jusqu’à ce que des mains secourables se rappellent qu’ils sont là. Parfois, c’est inimaginable pour moi, ils y passent même la nuit !
Ça y est, c’est le tour des membres de la Ménagère en Argent ! En douceur, nous sommes plongés dans la baignoire …
Ahhhh quel délice !