06 mars 2025

Un conte pour rêver...


 La dernière fée
Au cœur le plus profond de la forêt, non loin  du petit village de Trégadec, vit en solitaire, la dernière fée du monde. Son nom, imprononçable pour un humain peut se traduire à peu près ainsi : Lleweelin. Plus aucun bois, aucune forêt nulle-part sur la planète n’abrite la moindre magie. Fées, lutins, trolls, elfes, gnomes, farfadets, licornes et autres membres du peuple féérique, ont tous fini par déserter les uns après les autres, ces lieux jadis si propices à leur existence ! Même la légendaire Brocéliande n’est désormais plus qu’une forêt comme les autres, seulement habitée par les hôtes habituels des sous-bois : oiseaux, cerfs et biches, sangliers... Des hôtes discrets et craintifs  généralement invisibles aux yeux des promeneurs. Nos frères animaux que l’on dit « sauvages » ont tendance à fuir les Humains, sûrement parce que pour eux, c’est nous qui sommes des sauvages !
Pour en revenir à la magie ancestrale, seule la forêt de Trégadec en abrite donc encore une  minuscule étincelle plus très loin de s’éteindre ! Et pour cause ! Car vous le savez bien, pour que vive la magie, il faut y croire ! Or, à Trégadec comme ailleurs la Technologie est reine ! Une souveraine froide,  impitoyable. Sans âme ! Le petit hameau oublié, perdu au fin fond de la Bretagne a  longtemps échappé à sa tyrannie, protégé qu’il était par les enchantements tissés par le peuple féérique caché dans sa forêt.  Des enchantements puissants, renforcés par l’imagination fertile de la plupart des enfants et par celle de certains adultes, férus de contes et de belles histoires qu’ils se plaisaient à raconter aux bambins pour les endormir.
Puis le progrès a fait son apparition.
D’abord, c’est la route qui est  venue jusqu’à Trégadec. Une belle route carrossable, bien loin du chemin plein d’ornières qu’il fallait emprunter auparavant pour y venir des autres villages ! Et cela sembla bel bon aux villageois, de ne plus avoir l’impression d’être isolés du arrivées les inventions de la grande cité. Les tracteurs  ont remplacé  bœufs et chevaux dans les champs. Les voitures ont remplacé les charrettes, les vélos et les pieds. L’eau courante  a remplacé les puits mais surtout, il y a  eu  de moins en moins de balades au cœur de la forêt pour aller boire l’eau de la source magique censée protéger de mille maux et favoriser la fécondité !
« Seulement censée ! Mais c’était vrai, dit Lleweelin puisqu’ils y croyaient »
Puis l’Électricité, l’arme la plus pernicieuse de la reine Technologie, est entrée dans tous les foyers ! Là encore,  cela a paru  merveilleux aux habitants de Trégadec ! Fini les bougies et autres lampes à huile pour s’éclairer ! Il leur suffisait désormais d’appuyer sur un interrupteur pour avoir de la lumière ! Magique ! Et ce n’était que le début ! L’invasion des braves soldats de sa majesté Technologie  allait se poursuivre jusqu’à la disparition totale de l’ancien mode de vie. S’installèrent en despotes dans les maisons, réfrigérateurs, lave-linge, lave-vaisselle, aspirateurs et autres petits robots ménagers pour simplifier la vie. Puis vinrent le téléphone,  la radio, la télévision, plus tyranniques encore… Adieu les veillées entre amis les beaux soirs d’été, les promenades du dimanche dans la forêt enchantée. On n’allait plus au muguet ou aux violettes le printemps venu ! C’était plus facile de se rendre en ville pour en acheter ! On n’en était pas encore aux loisirs programmés, clefs en main, mais on allait bientôt y arriver !
Les seuls qui résistaient encore à la despotique reine, étaient les anciens, fermement attachés aux  « bonnes vieilles méthodes et valeurs » comme ils s’entêtaient à le répéter !
« Indécrottables ! » Se moquaient les plus jeunes.
Et il y avait les enfants. Leur belle imagination, leurs jeux, leurs rêves d’aventures extraordinaires…Tout cela, nourri par les livres et par les histoires fabuleuses que leur contaient leurs grands-parents, en faisait les meilleurs résistants et du même coup,  des alliés de poids pour le peuple féérique de la forêt de Trégadec. Mais les derniers indécrottables  ont fini par disparaître et les enfants ont grandi en même temps que le progrès gagnait du terrain  dans le village ! Le coup de grâce a été porté par le développement brutal de l’informatique : consoles de jeux,  ordinateurs, réseau internet, tablettes, smartphones high-tech…Plus de temps pour les livres et les belles histoires. Plus de temps pour les jeux d’aventure, les cabanes dans le bois. Plus de place pour les rêves et l’imaginaire. Plus de place pour les contes !
Plus de place pour les fées…
Voilà pourquoi dans la forêt, la magie s’est peu à peu éteinte ! Voilà pourquoi Il n’y  reste plus qu’une fée, vieille, triste, désespérée. Presque moribonde.Mais pas encore disparue, non pas encore ! Pourquoi ? Me demanderez-vous peut-être. Oui pourquoi ? Parce que  qu’à Trégadec, une fillette plus curieuse que les autres gamins du village,  vient de retrouver un vieux livre de contes au fond d’une malle. Elle a soufflé sur la poussière qui le recouvrait et  l’a ouvert…
C’est un bel après- midi de mai. La forêt embaume. Assise sur une souche moussue, le livre ouvert sur les genoux, Maiwenn rêvasse, les yeux mi-clos. L’histoire qu’elle vient de lire l’a transportée dans un autre monde. Un monde féérique !  Autour d’elle, la clairière se réveille. Toute la forêt se réveille. Les oiseaux chantent à tue-tête. Un cerf majestueux, une gracieuse biche et un adorable faon s’approchent d’elle sans aucune crainte.Soudain, une douce présence la tire de sa torpeur bienheureuse. Une voix chantante comme la source magique où elle a bu tout à l’heure, chuchote à son oreille :
-Bonjour Maïwenn !
Elle ouvre les yeux. Devant elle se  tient  une  merveilleuse et extraordinaire créature. Aussi belle que la fée de son livre. Plus même ! Et vivante ! Aussi vivante que le grand cerf qui la regarde avec affection, elle en jurerait. Comme la regardent la biche et le faon. Aussi vivante que les oiseaux qui piaillent joyeusement dans les branches. Aussi vivante que les arbres verdoyants de ce  jour de printemps !
-Ohhhh ! Fait-elle, les yeux écarquillés en découvrant l’incroyable spectacle qui se déroule juste derrière la jolie dame. Une fée comme celle de son livre, assurément !
-Oui, je  le suis ! On m’appelle Lleweelin. Lui répond la jolie dame alors qu’elle n’a même pas posé sa question. Et ce que tu vois là, c’est tout le peuple féérique de la forêt de Trégadec que tu viens de réveiller. Merci Maïwenn !
Enfants du monde et vous aussi les grands, sachez que la magie ne s’éteindra pas tant qu’un seul d’entre vous continuera à y croire.

©A-M Lejeune
Ecrit le 3-06-2018 pour un défi d'Evy
NB : J'ai inventé Trégadec. Et pour le reste...


 

04 mars 2025

Mon ressenti pour l'image N°45 - Souffle

-Au pays des rêves
Vole  léger le ballon
De mes souvenirs-
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-Un souffle de vent
Et voilà que je m'envole
Vers ma folle enfance-
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-Souffler n'est pas jouer
Notre jeunesse envolée
Ne revient jamais-
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-Je voudrais pouvoir
A deux mains te retenir
Enfance envolée-

Ateliers créations de Séverine N°89


Avec des cadres personnels
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02 mars 2025

La liste 98 générée par IA

 Ici et là, très régulièrement on parle des tricheries en matière d'écriture lorsqu'on se sert d'une IA . C'est tellement facile de jouer à ce jeu-là. 
Une IA peut générer un texte plausible en 30 secondes avec des mots imposés et une courte ligne directrice. Voici deux exemples générés ce matin avec ma liste 98 et avec des titres appropriés s'il vous plait,  sur ce site :   https://www.wrizzle.ai/fr/ai-text-generator, ! Ceci  en moins de temps pour les deux textes, qu'il ne m'en a fallu pour écrire cette introduction !
Je ne peux interdire cette utilisation.de l'intelligence artificielle mais je vous fais confiance pour éviter cette facilité. Merci d'avance.

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**Titre donné par l'IA : Les Ombres du Futur**


Dans un monde où la technologie et l'humanité n'ont jamais été aussi connectées, la jeune Clara se tenait devant le portrait de son père, un homme dont les idéaux avaient façonné ses premières années. Ce tableau avait longtemps été une source d'inspiration, mais aujourd'hui, il était devenu le symbole des mutations profondes de la société.
Clara vivait dans une métropole où chaque instant de vie était enregistré, analysé, et partagé. Une contrainte invisible pesait sur ses épaules, celle de répondre aux attentes d'un monde en constante évolution. Il lui était difficile d'explorer ses propres rêves, tant la pression pour s'adapter à cette réalité était forte. Mais au fond d'elle-même, elle savait qu'elle devait endosser le rôle d'une pionnière.
Ce matin-là, sentant un souffle d'urgence la pousser à agir, Clara décida de quitter son appartement et d'arpenter les rues animées de la ville. Les visages passants, tous absorbés par leurs écrans, reflétaient les enjeux d'une humanité connectée mais isolée. Elle observa les jeunes, rivés sur leur réalité augmentée, perdus dans des mondes virtuels, tandis que les anciens, tels des fantômes d'une époque révolue, regardaient avec mélancolie.
Plongée dans ses pensées, Clara se remémora les paroles de son père : "Accepter ce que nous sommes tout en ayant le courage de changer ce que nous pouvons." C’était un équilibre délicat entre la nécessité de s’adapter et le désir de préserver son essence. À cet instant précis, elle comprit que sa mutation personnelle ne passerait pas par l'intégration des normes imposées, mais par une réinvention de soi.
Elle se mit alors en quête d'un espace, fût-il physique ou mental, où elle pourrait redécouvrir sa voix. Clara entra dans une librairie alternative, un sanctuaire de mots et d'idées, loin du tumulte numérique. Ici, entourée de livres, elle ressentit une connexion authentique avec l'humanité, une pulsation vibrante qui lui rappela pourquoi elle se battait.
Les heures passèrent, et chaque page tournée lui révélait des perspectives nouvelles, des histoires de luttes et de triomphes. Dans cette bibliothèque de souvenirs, elle sut qu'accepter sa condition humaine ne signifiait pas renoncer à ses aspirations. Au contraire, c'était une invitation à explorer l'inconnu et à embrasser les incertitudes.
Finalement, Clara sortit, le cœur léger. Elle savait maintenant que l'être humain d'aujourd'hui était en pleine transformation, tiraillé entre tradition et modernité. Sa mission serait de trouver cet équilibre, de transmettre l’importance de comprendre nos racines tout en avançant vers le futur.
Ainsi, son portrait, à côté de celui de son père, ne serait plus seulement un souvenir, mais une célébration de toutes les métamorphoses possibles. Clara était prête à écrire son propre chapitre dans cette histoire collective d'être humain.
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**Titre donné par l'IA : Portrait d'une Humanité Connectée**
(Ce texte ressemble au mien  pourtant totalement sorti de ma tête)

Dans un monde en perpétuelle mutation, le portrait de l'être humain d'aujourd'hui se dessine sous des formes inédites. À l'ère du numérique, chaque individu est connecté non seulement à ses pairs, mais également à une myriade d'informations qui le façonnent et l'influencent. Cette connectivité, bien que porteuse d'opportunités, entraîne également des contraintes importantes sur la manière dont les individus interagissent et perçoivent leur réalité.
Les enjeux de cette époque moderne sont multiples. D'une part, l'accès immédiat à l'information permet d'explorer des connaissances inégalées, d'approfondir des compétences et d'élargir des horizons. Les jeunes générations, souvent qualifiées de "digital natives", se retrouvent baignées dans un univers où chaque souffle d'air semble être drainé par l'angoisse de manquer une notification cruciale ou d'être déconnecté du monde virtuel. Dans ce contexte, l'urgence de maintenir une présence en ligne devient un impératif social.
Cependant, il est important de s'interroger : quel prix l'être humain paye-t-il pour cette connectivité incessante ? Endosser le rôle de participant actif dans cette sphère numérique peut engendrer un état d'épuisement. La nécessité de se conformer aux standards imposés par une société hyperconnectée pèse lourdement sur les épaules d'individus en quête d'authenticité. Accepter cette réalité exige de faire face à des défis psychologiques, parfois insurmontables.
Les réseaux sociaux, par exemple, se présentent comme des outils à double tranchant. Ils favorisent la création de liens et permettent des échanges enrichissants, mais ils peuvent également transformer le rapport à soi et aux autres. La quête de validation à travers des "likes" et des commentaires peut masquer un profond besoin d'acceptation, transformant les interactions humaines en transactions superficielles. Ainsi, qu’advient-il de l’authenticité dans nos relations lorsque chaque interaction est désormais filtrée par un prisme numérique ?
La mutation des comportements humains face à cette nouvelle réalité soulève des interrogations éthiques. Les individus sont-ils encore maîtres de leur destin ou deviennent-ils des marionnettes, manipulées par des algorithmes et des tendances éphémères ? Loin d’être résignée, la société doit apprendre à naviguer entre ces deux extrêmes, en explorant des moyens de rétablir un équilibre entre le virtuel et le réel.
Pour répondre à ces défis, un changement de perspective est nécessaire. Il devient essentiel d’adopter une posture critique face aux outils qui nous entourent. Reconsidérer notre rapport à la technologie ne doit pas signifier renoncer à ses bénéfices, mais plutôt apprendre à l’utiliser de manière judicieuse. En acceptant les enjeux qui naissent de cette transformation, les individus peuvent redécouvrir la beauté des interactions humaines dans leur forme la plus pure.
Ainsi, le portrait de l’être humain contemporain se construit dans cet espace complexe, où chaque mutation apporte son lot de promesses et de périls. En fin de compte, il appartient à chacun de définir sa place dans ce tableau mouvant, d’endosser la responsabilité de son existence numérique tout en préservant le souffle d’humanité qui nous lie les uns aux autres. Ce défi, bien que redoutable, est également une invitation à redéfinir ce que signifie véritablement être humain à l'ère de la connectivité.


Image N°45

Image N°45
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01 mars 2025

Ma liste 98 - Être humain aujourd'hui

 


Être humain aujourd'hui


Si les enjeux des sociologues étaient de dresser le portrait de l'‘être humain’ d'aujourd'hui, force leur serait d'accepter de regarder en face une réalité inquiétante. En pleine mutation, il est hyper connecté et passe plus de temps à explorer les univers artificiels ou à surfer sur la vague des réseaux sociaux, qu'à sortir et à s'enivrer du souffle de la brise sur sa peau. Sentir une fleur, guetter le retour des hirondelles, goûter la pomme ramassée au pied du pommier, aller par les bois et les champs faire provision de noix ou de noisettes quand en vient la saison.... Combien savent encore faire ces choses-là ? Combien ont adhéré à la journée sans portable qui vient d'avoir lieu ? Regardez les gens dans la rue et pas seulement les jeunes hein ! Penchés sur leur smartphone, liés à ce petit objet par la contrainte de ne manquer aucun message, il ne voient rien, n'entendent rien, pas même le vrai bonjour que vous leur lancez au passage.
Sans se rendre vraiment compte à quel point ils sont inféodés à ces moyens de communication si faciles, sauraient-ils encore avoir une conversation réelle avec leurs amis(es) ? Il faut bien l'avouer, toutes et toutes, à des degrés divers, nous tombons dans ce piège. Alors oui, je le reconnais, c'est bien utile pour garder le contact avec ceux qui vivent loin de nous, ou pour continuer à apprendre ou à s'informer mais à mon sens, il y a urgence à rétablir une vraie communication entre nous et à nous reconnecter à notre environnement. Nous sommes passés de l'ère de l'Homo sapiens à celle de l'homo "connecticus" ! Restons humains avant que les IA et autres robots sophistiqués ne prennent notre place.



Les couleurs du Monde



Image générée par IA selon mes indications sur ce site :https://fr.123rf.com/ai-image-generator/
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Et dieu créa le Monde...
Et Dieu créa le Monde. Et il vit que cela était triste.
Alors il le peignit et pour ce faire, il inventa les couleurs.
Il fit le bleu pour le ciel et pour la mer dans laquelle il se reflète. Et aussi le bleu-vert, pour l'océan.
Il fit le gris pour les jours de pluie, car sans la pluie, pas d'arc-en-ciel.
Il fit le bleu-nuit, qui n'a rien à voir avec le noir. Il y peignit l'argent et l'opale pour la lune, et l'or pour les étoiles...
Il fit un jaune si éblouissant pour le soleil, que même Lui ne pouvait le regarder en face sans brûler ses yeux divins.
Puis il fit le rouge flamboyant pour le soleil couchant. Cette couleur-là irait très bien aussi pour les volcans en éruption les coulées de lave, les flammes et les forêts d'automne. Il y ajouta des touches d'orange, de cuivre, de rouille...
Il fit toutes les sortes de nuances de vert qui se puisse imaginer, pour les feuilles des arbres, l'herbe, les mousses et les fougères, les tiges des fleurs, les milliards de plantes que son esprit immensément créatif avait fait pousser sur la planète.
Il composa une palette extraordinaire pour peindre les pétales des millions d'espèces de fleurs qu'il avait créées, pour habiller les millions d'espèces animales.
Pour la terre nourricière de toutes ces espèces, il fit des tons riches et chauds d'ocre, de bruns et de noirs.
Il fit le blond pour les blés murs, et les multiples tons de sable, pour les plages et les déserts de dunes.
Il fit le blanc pur et scintillant pour la neige, le givre et la glace, le blanc-bleuté pour la banquise.
Il fit le transparent pour l'eau...
Le monde minéral eut droit de sa divine part, à la même attention. Rochers, cailloux, pierres précieuses ou non, furent parés de mille couleurs.
Dieu débordait d'imagination. Et il avait le temps, tout le temps ! L'éternité !
Chaque jour il trempait son pinceau magique dans la palette irisée de l'arc-en-ciel et il inventait de nouvelles couleurs puis de nouvelles nuances à chacune d'elles. Et il peignait, peignait sans jamais se lasser...
Il mettait tant de cœur à l'ouvrage, que bientôt ce fut fini.
Lorsqu'il eut mis la dernière touche de couleur, il admira son tableau et vit que cela était beau !
Alors il créa les spectateurs de son œuvre magistrale, les Hommes.
A eux aussi il donna des couleurs différentes, mais pas trop ! Juste ce qu'il fallait pour qu'ils puissent se distinguer de leur décor multicolore… Il fit donc des blancs plus ou moins blancs, des noirs plus ou moins noirs, des rouges plus cuivrés que rouge au demeurant, des bronzés plus ou moins bronzés et des jaunes plus ou moins jaunes. C'était à son sens déjà pas mal ! De toute façon, il leur octroyait en plus une couleur invisible à l'œil nu : l'intelligence !
Quand ce fut fini, il se dit que l'ensemble de sa Création était bien belle et qu'il pouvait à présent se reposer.
Le problème, c'est qu'il se reposa tant et si longtemps, qu'il en oublia son tableau dans un coin de la Voie Lactée.
Quand il se réveilla enfin, les Humains, ses derniers coups de pinceau, avaient repeint le Monde à leur façon : rouge sang, couleur de guerre et de massacre, gris fumée, couleur de béton et de pollution, terre brûlée, noir de suie, couleur de forêts dévastées, de mort, de misère, de famine, de désespoir...
Il regarda et vit que cela était triste !
Où étaient ses merveilleuses couleurs ?
Alors il prit un gros chiffon, de l'essence térébenthine et il effaça à grands coups rageurs, les affreux barbouillages de ces sales gamins d'Hommes, et eux avec pendant qu'il y était !
Peut-être allait-il repeindre un nouveau Monde ?
Ailleurs...

©A-M Lejeune

Liste 98

Liste 98
Tirée du magazine Diverto
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Portrait, mutation, connecté, contrainte, souffle, endosser, urgence, accepter, explorer, enjeux
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"Mutation sauvage" Chez Marie-Sylvie
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"Trois croix" Chez Claudie
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"Le squatteur" Chez Jill Bill
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Homonyme n°7 de Nanou - Fédora


Chaud-chaux-show – chaut (3ème personne du singulier de l’indicatif présent de chaloir)
et/ou
Si je vous dis Chaudron vous pensez à quoi. Écrire un texte avec ce mot et ceux qui vous sont venus à l’esprit.
et/ou
Acrosticher le mot Chaudron

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Fédora

Dans sa chaumière blanchie à la chaux, Fédora s'active. Dans la cheminée brûle un feu d'enfer. Il fait chaud, très chaud dans la cuisine mais peu lui chaut. Elle ne transpire même pas. Au dessus des flammes bouillonne un grand chaudron d'où s'échappe un fumet peu ragoûtant dont l'odeur ferait probablement fuir un promeneur égaré. Et si par hasard ,au lieu de fuir, ce promeneur se montrait un peu curieux voire même carrément téméraire et osait regarder à travers les vitres de la fenêtre, il verrait une femme étrange et magnifique se livrer à une espèce de show incompréhensible pour tout être humain normal. Mais nul promeneur ne s'aventure en ce lieu, comme s'il était protégé des intrus par un invisible bouclier. C'est donc tout à fait tranquillement que Fédora peut pratiquer l'ancestrale magie. Autour de la table où sont alignés pots et fioles, elle exécute sa danse rituelle avant de choisir l'un des récipients et d'aller en vider le contenu dans la marmite fumante. Puis elle touille soigneusement avec sa baguette en prononçant les formules consacrées. Elle ajoute une pincée de ci, trois pincées de ça dans le bouillon. Contrairement à tout cuisinier qui se respecte, elle ne goûte pas, même du bout des lèvres. Encore quatre gouttes, pas une de plus, d'une potion dont elle seule a le secret, un dernier tour de baguette avant de couvrir et de laisser mijoter. Enfin, elle va pouvoir se reposer. Couché à ses pieds, je la regarde avec adoration. Je sais moi que ce n'est pas un ragoût qui est en train de cuire dans le chaudron magique de Fédora. Demain, je boirai le philtre censé me redonner forme humaine. Je croise les pattes ! Alors ma bien aimée et moi, nous irons punir la sorcière noire qui par jalousie, m'a jeté cet horrible sort. Wouaffff !

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CHAUDRON

Chaudron magique
Humons , goûtons
Avec prudence !
Une odeur .. Mais...
De quoi , de quoi ?
Ragoût, bouillon
Ou bien potion ?
Nul ne le sait.

28 février 2025