23 mars 2026

Croqueurs de mots-Défi N°323

Le monde à venir nous questionne. Ensemble inventons-le ! 
Les 10 mots : alunir, anticipation, continuum, dystopique, humanoïde, particule, programmer, sidéral, théorie, transmuter.
Il faut en utiliser au moins trois.
***
Dystopie ?

Je suis plongée dans un roman d'anticipation, un récit dystopique dont je ne parviens pas à m'extraire tant la théorie qu'il développe, me semble moins farfelue qu'il n'y paraît. Oui je sais, je suis moi même un brin farfelue ! l'histoire se déroule dans un futur pas si éloigné. Un tyran humanoïde règne sur les survivants d'une Humanité décimée par un terrible fléau : un nuage de particules gazeuses délétères, venu de l'espace sidéral, qui contraint hommes et femmes à vivre dans des bulles protectrices et à ne sortir que revêtus de scaphandres. Dans ce monde où vieillards et enfants en bas âge ont été les premiers à succomber au gaz mortel, ce sont les robots qui sont chargés de programmer le travail journalier des esclaves humains. Un cheptel stérilisé, corvéable à merci, qu'une technologie extraterrestre maintient en vie tant qu'on a besoin de lui. Tout manquement à la Loi, toute incartade, toute velléité de rébellion est sévèrement puni.
L'unique tâche des rares survivants est de maintenir ouvert le continuum espace-temps qui permet au Tyran de transmuter sur Terre le reste de son peuple, avant l'extinction de sa propre planète, brûlée par les radiations solaires dont elle se rapproche dangereusement. Pour ce faire et par roulement à travers le monde, ses soldats robots entassent les équipes hebdomadaires dans des vaisseaux à propulsion subluminique qu'ils font alunir sur la face cachée de notre satellite. Ils y déposent les esclaves humains qu'ils obligent alors à chanter, chanter, chanter jusqu'à épuisement. Que ce soit une cacophonie importe peu, c'est ce chœur de voix humaines qui garde ouverte la porte spatiotemporelle. Quand le dernier habitant de la planète en péril aura franchi le passage, qu'adviendra-t-il de l'Humanité ? 
Protégée par mon scaphandre, je chante, chante, chante avec les autres. Soudain, remplie d'une terreur sans nom, je réalise que j'ai intégré la dystopie que je suis en train de lire. 
Vite, vite, refermer le livre, revenir  à mon présent ! Ce monde n'est pas utopique mais c'est le mien !
Trop tard !




1 commentaire:

  1. Bravo. Un récit plein d'imagination. Qu'on est bien dans le présent, même si.... Bisous

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J'aime vos petits mots et j'y réponds avec plaisir. Merci