N°326
Proposé par Annick,
Elle nous propose d'écrire un texte (prose ou poésie)
– soit en utilisant des titres de romans, de chansons, de fables ou de poèmes (ex: Les trois mousquetaires rendent visite à la Dame aux camélias. Ils partent visiter Notre Dame de Paris et… …)
– soit en utilisant les titres de chapitres d’un livre que vous avez particulièrement aimé.
A l'enterrement d'une feuille morte...
(Entre la fontaine et le pré vert)
C'était un beau matin quoique triste, rappelle-toi Barbara !
A l'enterrement d'une feuille morte ensemble nous allions. En tête du cortège, au milieu du pré vert, deux escargots marchaient, du crêpe autour des cornes.
Pour accompagner la défunte à sa dernière demeure entre le chêne et le roseau, nous chantions en chœur la chanson de l'oiseleur. C'était sa préférée, rappelle-toi Barbara !
Le lion et le rat chantaient faux mais bien moins que le loup et l'agneau. L'un hurlait pendant que l'autre bêlait ! Quelle cacophonie !
- Faites les taire ! C'est insupportable ! Coassa en se gonflant d'importance, la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf !
-Quelle prétentieuse celle-là ! S'écrièrent le meunier, son fils et l'âne lui bien sûr, se contenta de braire.
Le soleil commençait à taper fort, alors nous fîmes une halte au bord de la fontaine, le temps de nous désaltérer.
Il faut bien le dire, la cigale et la fourmi avaient du mal à suivre, les pauvres petites !
Après nous être rafraîchis, Nous reprîmes notre chemin. Qui en marmonnant des pater noster, qui en chantant à tue-tête la chanson de Prévert :"Les feuilles mortes" Un air de circonstance !
Sans attendre les autres, le lièvre et la tortue faisaient la course, arbitrés par le cancre qui pour une fois, avait la parole. Le corbeau et le renard se disputaient pour un bout de fromage, comme d'habitude.
- Ces deux-là ne savent rien faire d'autre ! Lança la laitière et le pot au lait en déséquilibre sur sa tête, tomba et se renversa sur le sol. Elle en fut bien marrie mais c'était un peu tard pour se plaindre !
- Adieu veau, vache, cochon, couvée ! Prononça sentencieux le laboureur. Et ses enfants qui fermaient la marche se mirent à rire comme des bossus !
-Travaillez, prenez de la peine et ne gaspillez pas comme elle le fruit de votre labeur, ajouta- le père à l'intention de ses fils un rien dissipés !
- Vous allez voir ce que vous allez voir, ça va être un bel enterrement ! Prédit l'amiral en renouant sa cravate.
- Eh bien moi, j'aurais préféré aller à la pêche à la baleine, même dans un petit bateau ! Grommela le dromadaire mécontent.
- Quand est-ce qu'on arrive ? J'ai mal aux pieds ! Se plaignit Barbara
- On y est ! Bavèrent les deux escargots qui menaient le cortège.
Au milieu de la prairie, debout sur une de ses longues pattes, près d'un trou proprement creusé dans l'herbe verte entre le chêne et le roseau, se tenait le héron au long bec, emmanché d'un long cou, chapeau haut-de-forme sur la tête et queue de pie noire oblige pour un maître de cérémonie funèbre.
- Prenez place ! Dit-il aux membres du cortège, nous allons commencer !
Sur une plaque était déjà gravée l'épitaphe de la défunte : "Ci-git la feuille morte ! Paix à son âme. In memoriam"

Bravo : quelle bonne idée de mélanger Prévert et La Fontaine dans cette fable si bien écrite qui m'a fait sourire.
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