20 septembre 2025

Participation au ujet N°153 de Mil et une suite :" Les flots de l'amer"

 

Sujet 153 - semaine du 13 au 20 septembre

Les flots de l'amer

J'ai souvent navigué
Sur les flots de l'amer
Mon esquif malmené
En a beaucoup souffert.

Le souffle des grands vents
L'a tant fragilisé
Que sa coque se fend,
Que son mât est brisé

Et sa voile autrefois
Si joliment gonflée,
Giflée par le noroît,
S'affale, déchirée.

Sur la toile les mots
Par les embruns trempés,
S'effaceront bientôt
Ou seront oubliés.

A l'angoisse enchaînée
Comme au banc de galère
Je rame fatiguée
Sur les vagues amères.

An'Maï
***
Ce poème, tristement d'actualité, fait écho à un autre, écrit en 2007
Les années se suivent et finissent toujours par se ressembler

Vague à l’âme

Je me sens mal,
Je vague à l’âme.
Je vogue triste
Sous les embruns
De mes larmes.
L’amer me griffe,
Mon cœur, fragile
Et frêle esquif
Craque et chavire.
Sa voile blanche
Que le vent déchire
En lambeaux sales,
S’affale.
Je coule,
La houle
M’avale…

A-M Lejeune

16 septembre 2025

Logorallye N°3 de Ghislaine

Ma chère Gigi, ne pas faire un de tes ateliers, ce serait comme te faire faux bond alors que tu as toujours été là pour moi, du coup je m'y suis mise pour te faire plaisir  même si mon histoire est aussi noire que mes pensées.
Bisous à toi ma copine.
***
L'assassin de la Saint -Jean

Subtile et sagace, telle est Philomène Larivière, chacun s'accorde à le dire. A cela, on peut ajouter tenace et dotée d'une patience à toute épreuve pour dénouer les fils d'une enquête difficile. Ces qualités conjuguées à la sagesse avec laquelle elle sait maintenir la cohésion dans son équipe, font d'elle une adversaire redoutable pour les voleurs, violeurs et assassins de tous poils qui ont le malheur de se retrouver un jour entre ses griffes acérées. L'auteur du crime sauvage qui venait d'être commis dans la petite station balnéaire ou elle se reposait d'une année difficile, ne savait pas encore que sa pire ennemie était dans la place, alors il dormait heureux son horrible forfait accompli.
Il n'en était pas à son premier meurtre et comme pour les quatre autres femmes qu'il avait déjà froidement trucidées, il s'était montré très habile. Il ne tuait jamais sur un coup de tête. Sans honte ni aucun état d'âme qui puisse le gêner aux entournures, il choisissait méthodiquement sa proie puis, aussi méthodiquement, il programmait sa mise à mort, à la Saint Jean, jour de la foire annuelle qui rassemblait une cohorte de colporteurs susceptibles de diriger sur eux les soupçons de la police. A dessein, il ne s'attachait pas à un style particulier, ni à une tranche d'âge définie. De la jeune fille à peine nubile à la mamie au dos voûté, de la très belle à la très moche, pourvu que ce soit une femme, il décidait qui serait sa prochaine victime et il s'en tenait là ! Premier magistrat de la commune, il n'avait pas besoin de se cacher pour les observer à loisir tout en échafaudant le plan machiavélique qui lui permettrait de commettre son crime en toute impunité. Paul Baraton était un quinquagénaire sympathique, pas mal de sa personne, liant, très aimé de ses administrés parce que toujours à l'écoute de leurs difficultés. Voilà quinze ans qu'il était marié à Jeannine Montout, la fille unique de l'ancien maire auquel il avait succédé. Ils avaient quatre enfants très bien élevés, deux garçons et deux filles qui faisaient leur fierté de parents. Il avait tout pour être heureux alors pourquoi le besoin de tuer des femmes sans aucun mobile apparent, s'était il emparé de lui sans crier gare cinq ans auparavant ?
Quand il s'est fait arrêter pour le meurtre de Mélanie Durieux, célibataire de 40 ans et secrétaire de  la mairie, au terme des investigations poussées de Philomène et de son équipe, le lieutenant Xavier Baudry et sa coéquipière Agathe Clermont, il a été incapable de répondre à cette question. Pour le reste, son avocat a bien tenté de lui conseiller de se taire, il a tout déballé d'un coup comme on vomit un flot de bile : les quatre premiers féminicides et celui là, le dernier de la série, élucidé par une femme qui plus est. Un comble pour lui. 
Quand les gendarmes l'ont emmené pour le conduire en détention, il hurlait des injures ordurières à faire rougir la plus coriace des commissaires. 
Durant son procès, la défense a plaidé la folie. Les jurés ne l'ont pas suivi. Paul Baraton a écopé de la perpétuité.

13 septembre 2025

Sujet N°152 de Mil et une suite-Hector et Caroline


Hector et Caroline

Un guéridon usé dont la peinture blanche quelque peu défraîchie. s'écaille, comme celle du mur derrière lui. Sur un livre posé, un vase où trois fleurs finiront fanées. Deux chaises de bistrot et leur galette bleue sur un parquet ancien qui ne dépare pas avec le reste... Le décor est brossé. Il attend les acteurs de la pièce qui va se jouer ici. Ils se sont donnés rendrez vous en ce lieu suranné qui les attend pour se réveiller.
Hector sera assis bien droit sur la chaise contre le mur. Pour la circonstance, il aura revêtu son costume le plus chic : noir à fines rayures blanches, chemise au col empesé rehaussé d'un nœud papillon. Sur la table, il posera son chapeau melon et ses gants, assortis à son complet des grands jours. Il aura apporté un bouquet de roses rouges, comme celle en bouton qui ornera la pochette de sa veste, côté cœur. En face de lui, Caroline émue, attendra le rouge aux joues qu'il se déclare. Plus belle que jamais dans son ensemble vieux rose, un adorable bibi à voilette sur son chignon dont quelques boucles blondes encadreront son visage, elle posera ses mains gantées de dentelle blanche sur ses genoux pour les empêcher de trembler.
Ce sera leur premier vrai rendez-vous, celui qui décidera de leur avenir commun à une époque où les codes très stricts, clament haut et fort qu'on ne badine pas avec l'amour.
Bientôt, les trois coups vont retentir et va pouvoir commencer l'histoire de Caroline et d'Hector.

12 septembre 2025

Lâcher prise

 Avant d'aller se coucher, en espérant pouvoir s'endormir, lâcher prise, lâcher du lest, lâcher les mots pour dire ras le bol !
Marre de faire semblant que tout va bien quand tout va mal ! Marre de tirer le diable par la queue juste pour survivre, pour garder la tête hors de l'eau.
Parce qu'avec mon mari, c'est ce qu'on fait, on ne vit plus, on survit, on surnage, pas loin de la noyade !
Pourtant, on mène une vie sans excès ! Pas de sortie, pas de ciné, plus de vacances dans notre vieille petite caravane. Une balade pas très loin de temps en temps. Les dernières que nous avons faites, c'était pour ramasser des prunes, puis on est passé au ramassage des pommes et des poires sauvages. Les prochaines, si on peut garder la voiture, ce sera pour aller aux noix et aux châtaignes ! On prend ce que la Nature veut bien nous donner gratuitement. de la promenade utile en somme.
Cette année, nous ne serons pas allés une seule fois à la mer qui n'est pourtant pas si loin de chez nous !
En fait nous passons notre vie à compter le moindre sou et finalement, on se retrouve quand même dans le rouge bien avant la fin du mois. Nous n'arrivons plus à nous en sortir. Et ça dure en fait depuis le mariage de notre fils que nous avons payé en partie et qui a abouti à un divorce 2 ans plus tard. Résultat de ce fiasco, le fiston  est revenu chez nous  sans un sou parce que sa garce d'ex femme l'a saigné à blanc. Ce foutu mariage nous a mis dedans comme dit mon homme et depuis, on n'arrive plus à remonter la pente. Notre fils nous donne un peu d'argent mais il n'a pas un gros salaire alors on ne peut lui en demander plus ! Et comme il est célibataire, il ne parvient pas à obtenir un logement malgré son emploi stabilisé. Pour essayer de nous en sortir, nous avons contracté de petits crédits à la consommation et nous avions réussi à nous maintenir sans incident de remboursement mais là, bing, ça nous est tombé dessus. En 52 ans de vie commune, ça ne nous était arrivé qu'une fois et nous avions pu régler rapidement le problème mais là, c'est le coup de massue. Mon mari a racheté une partie de son assurance vie pour rempoter les comptes mais tous calculs faits, ça bouche à peine une dent creuse. Il me reste à racheter une partie de la mienne mais là encore, c'est un tout  tout petit os à ronger pour nos créanciers. On se demande comment on a pu en arriver à cette extrémité alors qu'on ne fait aucune dépense somptuaire. Juste les courses pour manger ! Et on dit que les retraités sont riches ! Ils n'ont qu'à venir vivre chez nous ne serait-ce qu'un mois ceux qui disent ça et il verront comment vivent les petits retraités aujourd'hui alors que les produits de consommation courante ne cessent d'augmenter !
Voilà , j'ai vidé mon sac ! Qu'on me lise ou pas n'a pas d'importance en réalité ! , j'avais juste besoin de lâcher un peu de lest comme je le dis plus haut !  De mettre noir sur blanc mon mal être et mon angoisse permanente. Peut-être que ça m'aidera à m'endormir et si j'y parviens, j'espère ne pas retomber dans mes cauchemars habituels, parce que ça m'épuise.
Amies ou amis qui passez par ici, je vais me faire absente pendant quelque temps ! Je n'ai plus l'énergie ni l'envie de continuer à donner le change.
Je vous embrasse très fort
Anne-Marie

09 septembre 2025

Le grand échiquier

 Poème posté sur Facebook en 2013


Le Grand Échiquier

Sur le grand Échiquier de la Terre,
Trace ta route mon frère
Va de l’avant droit et fier
Toi le pion anonyme
Parmi les anonymes pions
Redresse-toi
Lève le front
Fait face et fonce !
Fait face en évitant l’amer
Suis ton chemin sur le damier
Noir et blanc de l’échiquier
En prenant garde aux fous du roi,
Aux rois des fous,
Aux reines déchues,
Aux tours de garde
Où ne t’attend nulle sœur Anne
Aux quatre cavaliers
De l’Apocalypse annoncée.

Sur le grand Échiquier de la Terre
Trace ta route mon frère
Repose-toi sous l’arbre vert
Abreuve-toi à la rivière,
Aux rayons opales de la lune
Au flot scintillant
D’un ciel de nuit...
Si tu fatigues mon frère,
Besoin d’amour et de lumière
Besoin de pain et de chaleur
Demande asile
Dans la maison du bonheur,
L’humble chaumière
Où tu entendras la chanson
De la tendresse,
Des rires d’enfant heureux,
Des bûches craquant
Dans la cheminée.

Sur le grand Échiquier de la Terre
Trace ta route mon frère !
Et quelles que soient tes misères
Tes rancœurs tes colères
Quand vient le soir
Illuminé d'étoiles
Pense aux pièges que tu as évités
Aux rêves qui t’ont fait voler,
Aux mains que l’on t’a tendues
Aux joies que tu as reçues
À celles que tu as données…
Alors lève tes yeux émerveillés
Vers la voûte constellée
Et dis- toi que tu as ta place
Là-haut, avec la Terre
Dans la Voie Lactée.
Toi, le pion anonyme
Parmi les anonymes pions
Tu es, n'en doute pas
Une pièce unique et irremplaçable
Sur le Grand Échiquier

12/04/2013

©A-M Lejeune


08 septembre 2025

N°310 des Croqueurs de mots


Qu’avez vous fait pendant cette longue escale caliente ? Eh bien vous vous êtes baladés et vous avez trouvé au cours de votre rando une vieille chaussette. Elle était dans les fougères, sur la mousse, accrochée à une branche, au sommet du Ventoux ou dans la mare des canards. A vous de nous expliquer ce que cette banale chaussette pouvait bien faire là.
***

 

Trouvaille au bois

Le bois où j'aime me balader recèle parfois bien des mystères ! Enfin si c'est ainsi qu'on peut appeler les trucs pas très jolis qu'on y trouve, abandonnés là par des indélicats qui confondent la nature avec une poubelle : canettes de bière, boites de coca cabossées, emballages divers et variés, paquets de cigarettes vides... Une fois, avec une de mes petites filles, nos avons compté plus de cent déchets d'origine humaine sur moins d'un kilomètre de sentier ! C'est moche, pour ne pas dire dégueu, totalement irrespectueux du lieu et de la faune qui l'habite. Je déteste mais même si je désapprouve un tel irrespect, du moins la présence de ces déchets là est-elle explicable ! On boit un coup, on jette. On mange un bout, on jette ! Quoi de plus normal en somme ! Il semble que ce soit dans la nature humaine de dégueulasser son environnement ! Si je ne mâche pas mes mots, c'est que je suis colère comme disait ma grand-mère ! En revanche, voir une vieille chaussette accrochée à une branche qui n'en demandait pas tant, je ne comprends pas ! C'est l'étrange trouvaille que j'ai dernièrement faite ! Étrange parce qu'il n'y en avait qu'une et qu'on ne pouvait la manquer tant elle était bariolée. Vous savez, le genre de longue chaussette à rayures de toutes les couleurs, taille 45, qu'aurait pu porter un clown, pas une simple promeneur du dimanche. Et même si...Pourquoi aurait-il abandonné là une seule de ses chaussettes ? A moins que....Clown ou promeneur original, le monsieur en question se soit rhabillé un peu vite fait après une pause mouvementée avec sa belle et que dans la précipitation, il ait oublié d'enfiler sa deuxième chaussette ! J'ai failli cueillir cette drôle de fleur mais je l'ai laissée où elle était. Si le clown-promeneur repasse par ici, il retrouvera peut-être sa chaussette manquante à sa branche accrochée.

04 septembre 2025

Un thème-Quatre mots N°2-Ma participation

2/Déclaration d'amour
Survivre - Errances - Trempé - Cachette


Un amour éternel

Je t'aime vieille branche. Tes cheveux sont blancs tout comme les miens mais je t'aime autant qu'au premier jour. Ce que notre amour a perdu en fougue, il l'a gagné en profondeur. Sans toi, je ne ferais que survivre. Tu m'as sauvée de mes errances à une époque où je n'étais pas si loin de me perdre.
Je te revois encore le jour de notre premier rendez-vous. Tu m'attendais, trempé de pluie à la sortie de l'école où, toute jeune institutrice, j'enseignais l'orthographe, la conjugaison, le calcul et les bonnes manières à une bande de gamins pour lesquels le futur, ça semblait si lointain ! Nous nous étions à peine reconnus comme des âmes sœurs à jamais liées, que nous avons dû nous séparer. Une maudite guerre t'a emmené loin de moi. Nous nous écrivions au moins une fois par semaine. Je tremblais pour toi et toi pour moi quand tu as appris que j'étais enceinte. Nous n'étions pas mariés. Mes parents voulaient que je le fasse "passer" cet enfant de toi qui pour eux, était synonyme de honte pour notre famille. J'ai tenu bon, devant eux et à la face de tout le village qui me montrait du doigt. Ce petit dans mon ventre, était tout ce qu'il me resterait de toi si par malheur tu ne revenais pas. Je vivais chez mes parents en attendant ton retour. Chaque lettre que je recevais de toi rejoignait sa cachette : un coffret où j'avais mis la bague de pacotille que tu m'avais donnée avant de partir, en me promettant de m'en offrir une vraie dès que tu serais rentré. Et tu as fini par revenir mon Charles adoré. Notre Louis avait déjà trois ans. Nous nous sommes mariés. Marguerite, puis Marie et Guillaume, les jumeaux, ont suivi Louis. Nous sommes devenus grands-parents, et arrière-grands-parents. Le bonheur quoi !
Je t'aime vieille branche et je sais que pour toi, c'est pareil, même si ta pudeur légendaire t'empêche souvent de me le dire.


 

01 septembre 2025

Un thème, quatre mots N°2

N°2

Le thème : Déclaration d'amour
Les 4 mots : Survivre - Errances - Trempé - Cachette






Sujet N°110 pour Filigrane

Retour vers le futur

        Avec leur cher papa, Meg, Jo, Beth et Amy, les quatre filles du Docteur March, qui soit dit au passage, n'est pas docteur mais pasteur, font un voyage dans le Temps totalement inattendu. En manteaux à carreaux et chapeaux élégants, les quatre demoiselles font la queue devant un guichet pour reprendre un train qui les ramènera à Concord où elles ont vécu leur enfance et connu les heures sombres d'une terrible guerre fratricide.
        Cette étonnante aventure a commencé tout à fait par hasard. Ayant fait leur vie chacune de leur côté, les quatre sœurs ont décidé d'entreprendre ensemble un genre de pèlerinage à Concord, la ville qui les a vu naître. Elles ont accepté que Robert, leur père les accompagne. Lui aussi voulait revoir la ville où il avait été pasteur. Elles sont donc parties de Washington où se sont installés leurs parents. Mary March n'a pas voulu se lancer dans un tel périple ! 
        En route pour le Massachussets, à mi-chemin de leur destination, leur train brinquebalant a été pris dans un violent orage. Il faisait tellement sombre qu'on aurait pu croire que la nuit était tombée. De gros dégâts sur la voie ont obligé le train à s'arrêter dans une gare perdue...presque un siècle plus tard ! Tout a changé sans même qu'elles s'en soient rendu compte : le train, le décor, leurs tenues à la pointe d'une mode qui n'a plus rien à voir avec leurs longues robes si peu commodes...Elles sont descendu de leur wagon pour en avoir le cœur net. Leur père les a suivies, aussi bouleversé qu'elles. Il faut reconnaître que commencer un voyage en 1868 et être catapulté en cours de route près d'un siècle plus tard, a de quoi terrifier même quelqu'un d'aussi téméraire que Jo par exemple ! Laquelle aurait pourtant bien aimé explorer un peu plus cette époque bizarre, image d'un futur qu'elle n'aurait jamais pu aborder sans cette défaillance du flux temporel ! Un sacré roman à écrire ! Mais ses trois sœurs et son père n'ont qu'une envie, retrouver leur monde, leur siècle, leur vie bien rangée. Dans celui-ci ils ne se sentent pas à leur place ! Le journal qu'a acheté Robert avec l'argent qu'il a trouvé dans une des poches de sa veste, parle d'un conflit mondial qui a eu lieu quelques années auparavant. Une guerre tellement plus cruelle et meurtrière que celle qu'il a connue ! Les hommes de ce temps sont devenus fous !
        «Nous devons rentrer à Washington ! Votre mère, vos époux nous attendent ! » A-t-il décrété. Montrer son autorité paternelle lui fait oublier sa terreur grandissante à l'idée que ce soit impossible !
        Amy s'occupe des billets de retour. Meg et Beth tournent le dos . Regardent-elles vers ce passé qu'elles ont quitté, alors que Jo, la plus intrépide des quatre est résolument tournée vers le futur ? Le nez dans son journal, leur père prie intérieurement qu'aucun orage ne vienne perturber leur retour. Sans savoir d'où lui vient cette idée, il soupçonne en effet cet épisode météorologique tumultueux d'avoir changé le cours du Temps.
         Le train arrive enfin ! Les cinq voyageurs égarés en 1950 s'y engouffrent, soulagés. Ils sont si épuisés par leur étrange aventure qu'ils ne tardent pas à sombrer dans un sommeil de plomb.
        Ni les quatre jeunes femmes ni leur père ne se doutent que ce voyage de retour va effectivement les ramener à Washington en...2025 !

©An'Maï


30 août 2025

Participation au défi N°150 de Mil et une-Suite

 


Les mots inventés d'Emma
pour le Sujet 150 

La fugue de Bouclette

A force de barnouiller à toutes lertes par monts et par vaux pour retrouver ma fugueuse cabrette j'avais les didettes en codron et je grinfalais comme une feuille secouée par mille vents. J'avais eu beau parcourir la collouste dans tous les sens, pas la moindre trace de ma Bouclette ! Cette barnouille m'épuisait autant que l'angoisse qui m'étreignait à l'idée que peut-être le loup avait fait un festin de Bouclette. La calorte était étouffante et j'avais le fifalin qui battait la breloque. Soudain, j'entendis stricader à quelques jerses devant moi ! Un bêlement léger dans les gruniers environnants, touffus et chargés de baies en cette saison.

-Bouclette, c'est toi ma belle ? Criais-je, remplie d'espoir.

Nouveau bêlement plus fort cette fois ! Et je la vis sortir toute grinfalante de derrière les gruniers ma Bouclette chérie ! J'en aurais pleuré de soulagement ! «Quelle idée de se faire autant de mouron pour une cabrette aventureuse ! » Me dis-je tandis que mon fifalin malmené reprenait un rythme normal.

- Ne me rejoue jamais la petite chèvre de Monsieur Seguin ma follette, tu as bien compris ? Grondai-je gentiment ! Elle me gratifia d' un «bêêê !» que je pris pour un oui mais comme je connais Bouclette, qui n'en fait qu'à sa tête, ça pouvait tout aussi bien dire «Cause toujours, tu m'intéresses !»

©An'Maï